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Beaucoup de personnes prennent des plantes ou des compléments alimentaires en même temps qu’un traitement, sans toujours mesurer que « naturel » ne veut pas dire « sans interaction ». Or certaines associations entre plantes et antidépresseurs sont déconseillées, voire dangereuses. Cette page fait le point sur les interactions possibles entre les plantes les plus citées et les médicaments antidépresseurs, à titre informatif et sans se substituer à l’avis de votre médecin.
Les médicaments peuvent interagir entre eux, mais aussi avec les aliments, les plantes et les compléments alimentaires. Lorsqu’on suit un traitement médical, il faut tenir compte de ce risque d’interaction. Une association entre un médicament et un produit naturel n’est pas anodine du seul fait que ce produit est « naturel » : elle peut modifier l’effet du médicament ou favoriser des effets indésirables, parfois sérieux. C’est particulièrement vrai pour les médicaments du système nerveux, dont les antidépresseurs.
Si l’on peut recourir à de nombreuses solutions naturelles pour accompagner son bien-être au quotidien, la prudence s’impose dès qu’un traitement médical entre en jeu. Pour la dépression comme pour tout autre trouble, l’avis du médecin traitant est indispensable. Les approches naturelles relèvent au mieux d’un accompagnement complémentaire, jamais d’un substitut. Les avis des professionnels de santé divergent d’ailleurs sur l’usage des plantes en parallèle d’un traitement antidépresseur : certains le déconseillent, d’autres ne l’envisagent que dans des cas précis. Chaque situation est différente et mérite une prise en charge personnalisée. Pensez toujours à signaler à votre médecin et à votre pharmacien l’ensemble des plantes et compléments que vous consommez.
Selon les revues de pharmacologie, certaines plantes présentent une probabilité d’interaction médicamenteuse jugée plus faible que d’autres. On cite notamment le ginseng américain, le ginkgo biloba, la canneberge ou le chardon-Marie [2]. Cette mention reste toutefois relative : « faible probabilité » ne signifie pas « absence de risque », et aucune de ces plantes n’a vocation à traiter l’anxiété ou la dépression. Aucune plante prise en complément d’un traitement antidépresseur ne peut être considérée comme sûre tant qu’un médecin ne l’a pas validée — pas même celles réputées peu sujettes aux interactions. Là encore, informez votre médecin et votre pharmacien des solutions naturelles que vous utilisez.
Le ginkgo biloba est l’une des plantes les plus étudiées : il a fait l’objet de nombreux travaux au cours des dernières décennies, notamment sur les fonctions cognitives. Dans les revues d’interactions plante-médicament, le ginkgo est présenté comme ayant un potentiel d’interaction globalement modéré, sans effet majeur démontré sur les principales enzymes du cytochrome P450 [1]. Des cas isolés d’interaction ont néanmoins été rapportés, en particulier avec des médicaments fluidifiant le sang et certains psychotropes. Le ginkgo conserve donc ses propres contre-indications, et un avis médical reste recommandé avant toute association à un traitement.

Le ginseng (Panax ginseng) est une plante adaptogène traditionnellement consommée pour accompagner les périodes de fatigue et de tonus en baisse. Sur le plan des interactions, les revues rappellent qu’il peut interagir avec plusieurs médicaments : des cas de modification de l’effet de la warfarine et une interaction avec un antidépresseur de la famille des IMAO (la phénelzine) ont été décrits [1]. Associé à un traitement stimulant le système nerveux, le ginseng pourrait majorer certains effets. Il n’a pas d’allégation de santé autorisée en Europe et ne se substitue à aucun médicament : sa prise en parallèle d’un antidépresseur doit être discutée avec un professionnel de santé.
Le Griffonia simplicifolia est riche en 5-HTP (5-hydroxy-tryptophane), une molécule que l’organisme utilise comme précurseur de la sérotonine. C’est précisément ce point qui appelle à la prudence : de nombreux antidépresseurs agissent eux aussi sur la sérotonine. L’association d’une source de 5-HTP et d’un médicament sérotoninergique peut, en théorie, conduire à un excès de sérotonine — un risque de syndrome sérotoninergique qui peut être grave. Cette association ne doit donc jamais être entreprise en automédication : seul un médecin peut juger de sa pertinence et adapter, le cas échéant, le traitement et la posologie. Ne modifiez rien sans son accord.
La rhodiole (Rhodiola rosea) est une plante adaptogène traditionnellement employée pour accompagner l’organisme dans les périodes de stress et de fatigue. Elle figure parmi les plantes citées dans les revues d’interactions en neuropsychiatrie : ses effets stimulants peuvent potentiellement s’additionner à ceux d’autres plantes ou de médicaments agissant sur le système nerveux [3]. La prudence est donc de mise si vous envisagez de l’associer à un traitement antidépresseur, car une mauvaise association pourrait favoriser des effets indésirables. Comme pour les autres plantes, un avis médical préalable s’impose.
Si vous êtes sous traitement antidépresseur, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien avant toute cure de plantes. Certaines associations sont déconseillées, et l’une d’elles fait l’objet d’un consensus particulièrement net : celle du millepertuis avec les antidépresseurs. Du fait de ses effets sur le métabolisme des médicaments, le millepertuis ne doit pas être pris en parallèle d’un traitement antidépresseur.

Le millepertuis (Hypericum perforatum) est l’une des plantes les plus documentées pour ses interactions médicamenteuses [4]. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il occupe une place à part sur cette page : son association à un traitement antidépresseur est déconseillée.
Deux mécanismes expliquent cette contre-indication, décrits dans les revues cliniques. D’une part, le millepertuis active des enzymes du foie (notamment le cytochrome CYP3A4) et un transporteur, la glycoprotéine P : il accélère ainsi l’élimination de nombreux médicaments et peut réduire leur concentration sanguine, donc leur efficacité [4]. D’autre part, combiné à un antidépresseur sérotoninergique (de type ISRS), il peut au contraire favoriser un excès de sérotonine et un syndrome sérotoninergique [4]. Dans les deux cas, l’association n’a pas d’intérêt et expose à un risque réel. Le millepertuis interagit par ailleurs avec beaucoup d’autres médicaments (anticoagulants, contraceptifs oraux, immunosuppresseurs, etc.).
En pratique, si vous prenez déjà un antidépresseur, le millepertuis est à éviter. Et si vous en consommez par ailleurs, signalez-le impérativement à votre médecin et à votre pharmacien avant toute nouvelle prescription. Parmi les approches nutritionnelles parfois évoquées dans l’accompagnement de l’humeur, les oméga-3 (EPA/DHA) font l’objet de recherches : le DHA contribue au fonctionnement normal du cerveau (à partir de 250 mg par jour, allégation EFSA, Règl. UE 432/2012). Cela reste une allégation nutritionnelle, qui ne constitue ni un traitement ni un substitut à un médicament, et tout changement doit être validé par un professionnel de santé.
Une idée reçue tenace consiste à croire qu’il suffit d’ajouter des plantes « pour l’humeur » à son traitement pour en renforcer l’effet. C’est faux, et cela peut même s’avérer dangereux. La première règle reste la même : demandez conseil à votre médecin. Voici quelques repères de bon sens à garder en tête, qui ne remplacent pas un avis personnalisé.
Lorsqu’un changement entre médicaments et plantes est envisagé — toujours sous supervision médicale — il faut tenir compte du temps d’élimination des molécules. Un médicament ne disparaît pas instantanément de l’organisme : ses résidus peuvent y rester plusieurs semaines, et une interaction reste possible durant cette période. C’est pourquoi un délai d’attente, souvent de l’ordre de trois semaines, peut être recommandé par le médecin avant d’introduire certaines plantes. Ce délai dépend du médicament concerné : seul votre professionnel de santé peut le déterminer pour votre situation.

Face à une baisse de moral passagère, à un stress ou à une période de fatigue, beaucoup se tournent d’abord vers des plantes ou des compléments traditionnellement associés au bien-être. Cet usage relève de l’accompagnement du quotidien, pas du soin d’une maladie. Si le mal-être s’installe, s’aggrave ou s’accompagne de signes inquiétants, ces approches ne suffisent pas : une prise en charge médicale devient nécessaire. La dépression caractérisée est un trouble qui se diagnostique et se soigne avec un professionnel de santé, le plus souvent par une psychothérapie et/ou un traitement adapté à chaque personne. Parlez-en directement à votre médecin : lui seul peut poser un diagnostic et définir le parcours de soins approprié.
Les compléments alimentaires à base de plantes sont souvent très concentrés en principes actifs, ce qui augmente le risque d’interaction avec les médicaments. Lorsqu’un usage de plantes est envisagé pendant un traitement et validé par le médecin, les infusions, généralement moins concentrées qu’un extrait sec, peuvent être préférées. Elles ne sont pas pour autant anodines : respectez les quantités d’usage de chaque plante, et signalez systématiquement à votre médecin et à votre pharmacien ce que vous consommez.
Face à une dépression ou à tout autre trouble de l’humeur, la première démarche est d’en parler à son médecin : lui seul peut poser un diagnostic et proposer une prise en charge adaptée. Les plantes ne sont ni un traitement ni un substitut : tout au plus un accompagnement de bien-être, à n’associer à un médicament que dans un cadre médical strict. Certaines associations — au premier rang desquelles le millepertuis et les antidépresseurs — sont à éviter, car elles peuvent provoquer des effets indésirables sérieux sans bénéfice attendu. La règle d’or tient en une phrase : ne jamais combiner plantes et médicaments au hasard, et toujours demander l’avis d’un professionnel de santé.
Les plantes existent sous plusieurs formes, plus ou moins concentrées. Ces repères sont indicatifs et ne dispensent pas d’un avis médical en cas de traitement en cours.
| Forme | Caractéristique | Posologie usuelle |
|---|---|---|
| Gélules d'extrait sec titré | Dosage précis et reproductible ; concentré | 1 à 3 par jour |
| Poudre totale | Spectre complet (totum) | 1-3 g par jour |
| Teinture-mère | Concentré alcoolique | 15-30 gouttes 1-3 fois/j |
| EPS (extrait fluide) | Forme moderne très concentrée | 5-10 mL/j |
| Tisane / décoction | Usage traditionnel doux, moins concentré | 1-3 tasses par jour |
| Macérat huileux | Usage externe surtout | Selon indication |
Une cure de plantes nécessite un cadre clair, en particulier lorsqu’un traitement est en cours.
| Critère | Repère |
|---|---|
| Durée de cure | 4 à 12 semaines selon objectif |
| Pause inter-cure | 2 à 4 semaines |
| Moment de prise | Variable selon plante (matin ou soir) |
| Démarrage | Dose minimale la 1ère semaine |
| Femme enceinte/allaitante | Avis médical impératif |
| Enfants <12 ans | Pédiatre uniquement |
| Traitement en cours | Vérifier les interactions avec un professionnel de santé |
| Signe d'arrêt | Effet indésirable inhabituel |
Uniquement après avis de votre médecin. Certaines plantes ont une faible probabilité d’interaction, d’autres sont franchement déconseillées avec les antidépresseurs (millepertuis en tête). « Naturel » ne signifie pas « sans interaction » : signalez toujours à votre médecin et à votre pharmacien ce que vous consommez.
Le millepertuis active des enzymes du foie qui accélèrent l’élimination de nombreux médicaments et réduisent leur efficacité. Associé à un antidépresseur sérotoninergique, il peut aussi favoriser un excès de sérotonine (syndrome sérotoninergique). Cette association est donc à éviter.
Non. Aucune plante ni complément ne se substitue à un traitement médical. La dépression est une maladie qui se diagnostique et se soigne avec un professionnel de santé. N’arrêtez jamais un traitement de votre propre initiative.
Souvent, oui. Les résidus d’un médicament peuvent rester plusieurs semaines dans l’organisme et une interaction reste possible durant cette période. Un délai (de l’ordre de trois semaines pour certains médicaments) peut être recommandé, mais seul votre médecin peut le fixer selon votre traitement.
Parlez-en à votre médecin traitant, qui pourra vous orienter. En cas de détresse ou de pensées suicidaires, le 3114 (gratuit, 24h/24) ou le 15 sont joignables à tout moment.