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La mandragore figure parmi les plantes les plus célèbres et les plus mystérieuses du bassin méditerranéen. Solanacée à racine pivotante d'apparence anthropomorphe, elle a alimenté l'imaginaire des médecins, des sorciers et des écrivains pendant deux millénaires. Sur le plan strictement pharmacologique, c'est une plante très toxique, riche en alcaloïdes tropaniques (hyoscyamine et atropine en premier lieu), dont l'usage médical traditionnel comme anesthésique et antalgique a été abandonné par la médecine moderne au profit de molécules purifiées, mieux dosables (1).
Le terme mandragore recouvre en réalité plusieurs espèces du genre Mandragora, dont les profils chimiques diffèrent sensiblement. Point essentiel à garder en tête avant toute lecture phytochimique de la plante : M. officinarum au sens strict et M. autumnalis n'accumulent pas les mêmes alcaloïdes, et la scopolamine en particulier n'est pas répartie de manière uniforme dans le genre.

La mandragore désigne plusieurs espèces du genre Mandragora, principalement Mandragora officinarum (mandragore officinale) et Mandragora autumnalis (mandragore d'automne). Toutes deux appartiennent à la famille des Solanacées, comme la belladone, le datura, la jusquiame, mais aussi la pomme de terre ou la tomate. Cette famille botanique présente une diversité chimique très large : certaines espèces sont alimentaires, d'autres redoutablement toxiques.
Plante vivace, la mandragore se reconnaît à sa rosette de grandes feuilles ovales étalées au sol, à ses fleurs en clochette blanc-violacé, et surtout à sa racine pivotante volumineuse, souvent fourchue. Sa forme évoque grossièrement une silhouette humaine. C'est cette ressemblance fortuite qui a alimenté l'essentiel du folklore qui l'entoure depuis l'Antiquité.
Sur le plan médical, son utilisation traditionnelle est aujourd'hui obsolète. Ses principes actifs ont été identifiés, isolés, et sont désormais utilisés sous forme purifiée et dosée précisément en pharmacie moderne. L'atropine, par exemple, reste un médicament courant en ophtalmologie. Mais la plante entière n'a plus de place reconnue dans une phytothérapie raisonnée.
Peu de plantes ont laissé une empreinte aussi profonde dans la culture occidentale. Mentionnée dans la Genèse et dans le Cantique des Cantiques, décrite par Théophraste, Dioscoride et Pline l'Ancien, la mandragore traverse l'Antiquité gréco-romaine comme un remède puissant et une plante magique à la fois (1). Au Moyen Âge, la légende dit que la racine pousse un cri mortel lorsqu'on l'arrache du sol. Pour la récolter sans risque, on devait l'attacher à un chien lâché à l'aube, sacrifié à sa place.
Cette mythologie a nourri une iconographie abondante : manuscrits enluminés représentant des racines humanoïdes, traités de sorcellerie, grimoires médiévaux. La littérature s'en est emparée jusqu'à l'époque moderne. Shakespeare la mentionne dans Roméo et Juliette, et plus récemment l'univers d'Harry Potter en a redonné une version populaire. Le statut culturel de la plante a longtemps coexisté avec un usage médical réel, parfois mal distingué de ses prétendus pouvoirs surnaturels.
Cette riche tradition explique pourquoi la mandragore reste, encore aujourd'hui, l'une des plantes médicinales les plus reconnues du grand public. Alors même que son emploi a été quasi totalement remplacé par des médicaments de synthèse depuis le XIXe siècle.

La mandragore officinale au sens strict est originaire d'une aire relativement restreinte, plus étroite que celle souvent attribuée à la plante. Selon Kew (Plants of the World Online), M. officinarum est native du nord-est de l'Italie aux Balkans occidentaux. C'est M. autumnalis qui couvre l'essentiel du pourtour méditerranéen (Grèce, Crète, Levant, Afrique du Nord). Les usages traditionnels et la littérature ancienne ne distinguent pas toujours ces deux taxons.
Elle pousse spontanément sur les collines pierreuses, dans les fourrés clairs, à basse et moyenne altitude. C'est une plante de plein soleil, peu exigeante en eau, qui supporte des sols pauvres et caillouteux.
Son cycle végétatif est inversé par rapport à beaucoup de plantes européennes. Elle entre en repos l'été, reprend sa croissance à l'automne, fleurit en hiver et fructifie au printemps. Les fruits sont des baies sphériques jaune-orangé à maturité, dégageant une odeur sucrée caractéristique qui rappelle la pomme. D'où son nom anglais ancien de love apple.
| Caractéristique | Description |
|---|---|
| Famille botanique | Solanacées |
| Type de plante | Vivace herbacée acaule (sans tige aérienne visible) |
| Hauteur | 15 à 30 cm en rosette |
| Floraison | Octobre à mars selon l'espèce et la latitude |
| Racine | Pivotante, charnue, souvent fourchue, jusqu'à 60 cm de profondeur |
| Fruit | Baie globuleuse jaune-orangé, 2 à 3 cm, parfumée mais toxique |
| Habitat principal | Bassin méditerranéen pour M. autumnalis, aire plus étroite pour M. officinarum |
| Statut de conservation | Protégée dans plusieurs pays, cueillette réglementée |
Toutes les parties de la plante contiennent des alcaloïdes. La racine en concentre le plus, suivie des fruits et des feuilles. La récolte traditionnelle visait la racine, séchée puis râpée pour préparer des décoctions, des macérations alcooliques ou des onguents.
La signature pharmacologique de la mandragore tient à sa richesse en alcaloïdes tropaniques, un groupe de molécules azotées que l'on retrouve aussi chez la belladone, le datura et la jusquiame (2). La teneur totale en alcaloïdes de la racine sèche peut atteindre environ 0,4 % dans certains échantillons, avec une composition variable selon l'espèce, la zone géographique, l'organe analysé et le moment de la récolte.
| Alcaloïde | Présence dans le genre Mandragora | Action pharmacologique principale |
|---|---|---|
| Hyoscyamine | Présente chez les espèces étudiées, majoritaire dans la racine fraîche | Antimuscarinique puissant, antispasmodique, mydriatique |
| Atropine | Issue de la racémisation de la hyoscyamine selon les conditions de séchage, d'extraction et de conservation | Bloqueur des récepteurs muscariniques, utilisée en pharmacie pour la mydriase et la cycloplégie, en urgence cardiaque pour la bradycardie |
| Scopolamine (hyoscine) | Accumulée chez M. autumnalis, peu présente chez M. officinarum sens strict | Sédatif central, amnésiant, antiémétique |
| Apoatropine, belladonine | Traces | Métabolites secondaires de la voie tropanique |
| Cuscohygrine, calystégines | Traces | Alcaloïdes mineurs sans action thérapeutique notable |

Dans la médecine antique, la mandragore occupait une place de premier plan parmi les plantes anesthésiques et antalgiques. Dioscoride, au Ier siècle, décrit l'usage du « vin de mandragore » administré avant les opérations chirurgicales pour endormir le patient ou soulager les douleurs de fractures et de brûlures. Les médecins arabes médiévaux ont prolongé cet usage. Les « éponges soporifiques » du Moyen Âge, imbibées d'un mélange de mandragore, de pavot et de jusquiame, faisaient partie des rares moyens de pratiquer une chirurgie tolérable jusqu'à la découverte de l'éther au XIXe siècle (5).
Outre l'anesthésie, la mandragore était prescrite pour la mélancolie, l'insomnie, les douleurs articulaires, les spasmes digestifs, ou les ulcères cutanés en application locale. Ces indications recouvrent celles que la phytothérapie moderne traite avec des plantes infiniment plus sûres. Pour les douleurs articulaires, par exemple, l'harpagophytum, plante de référence contre les douleurs articulaires, a pris le relais d'une partie des usages antalgiques végétaux historiques.
Pour la sédation et l'apaisement nerveux, la médecine traditionnelle a remplacé la mandragore par des plantes douces et bien tolérées. La passiflore, plante calmante au profil de sécurité largement validé, est devenue le standard moderne dans ce registre. La mandragore, elle, n'a pas survécu à la révolution de la pharmacologie analytique du XIXe siècle. Dès que les chimistes ont su isoler ses principes actifs un par un, la plante entière est devenue obsolète.
Les alcaloïdes tropaniques de la mandragore agissent en bloquant les récepteurs muscariniques de l'acétylcholine, neurotransmetteur du système nerveux parasympathique. Cette action parasympatholytique (ou anticholinergique) produit un ensemble d'effets caractéristiques qui constituent ce que les toxicologues appellent le syndrome atropinique (4).
Concrètement, l'inhibition de l'acétylcholine entraîne :
La scopolamine traverse particulièrement bien la barrière hémato-encéphalique et provoque un effet sédatif et amnésiant plus marqué que l'atropine. C'est cette propriété qui explique l'usage historique du « vin de mandragore » comme préanesthésique, puis l'emploi de la scopolamine en obstétrique pour les « accouchements sous crépuscule » au début du XXe siècle. Pratique abandonnée en raison de ses effets indésirables et de la précarité du contrôle du dosage.
La mandragore n'est pas la seule solanacée à contenir des alcaloïdes tropaniques. Trois autres plantes du même groupe ont une histoire médicale et toxicologique parallèle, avec des caractéristiques distinctes utiles à connaître pour identifier correctement une intoxication ou différencier des préparations traditionnelles.
Belladone (Atropa belladonna). Plante haute de 50 cm à 1,5 m, à fleurs pourpres en clochette et baies noires brillantes très toxiques. Plus répandue en Europe tempérée que la mandragore, elle a longtemps été utilisée en cosmétique antique pour dilater les pupilles (d'où son nom de « belle dame »). Sa composition est dominée par l'atropine et la hyoscyamine ; la scopolamine est minoritaire.
Datura (Datura stramonium, Datura metel). Plante annuelle à grandes fleurs en trompette blanches ou pourpres, à fruits épineux contenant de nombreuses graines noires. Originaire des Amériques et largement naturalisée. Sa composition est inversée par rapport à la belladone : la scopolamine domine, ce qui lui confère un effet hallucinogène marqué. Les intoxications volontaires à but récréatif sont particulièrement dangereuses, avec un risque élevé de décès.
Jusquiame noire (Hyoscyamus niger). Plante annuelle ou bisannuelle à fleurs jaunâtres veinées de violet, dégageant une odeur désagréable. Présente dans une grande partie de l'Eurasie. Composition équilibrée entre hyoscyamine, atropine et scopolamine. Toxicologie identique aux autres solanacées tropaniques.
Toutes ces plantes partagent la même cible pharmacologique (les récepteurs muscariniques) et provoquent un syndrome atropinique de tableau clinique très similaire. Leur différenciation botanique reste indispensable, mais leur prise en charge toxicologique est identique : surveillance hospitalière, et physostigmine en cas d'intoxication sévère sous indication stricte.

L'usage médicinal des solanacées tropaniques ne s'est pas limité au monde méditerranéen. Plusieurs traditions médicales anciennes ont employé des plantes apparentées à la mandragore pour des indications proches.
Ethnobotanique himalayenne. Mandragora caulescens, présente dans l'Himalaya, a été utilisée localement pour des indications similaires (sédation, douleurs articulaires). Cet usage reste très limité aujourd'hui et n'a pas été intégré aux pharmacopées modernes.
Médecine chinoise. Le Hyoscyamus niger (jusquiame) est mentionné dans des traités anciens comme remède de la douleur intense, mais n'a jamais pris la place centrale qu'occupent l'opium ou les plantes amères dans la pharmacopée chinoise.
Tradition andine et amazonienne. Plusieurs Datura sud-américains (Brugmansia, Datura inoxia) ont été utilisés dans des contextes rituels et chamaniques, leur effet hallucinogène étant recherché plutôt que la sédation pure. Ces usages culturels restent vivaces dans certaines populations, mais s'accompagnent d'intoxications régulières.
L'évolution est convergente dans tous les cas. La médecine moderne, à mesure qu'elle a pu isoler et purifier les molécules actives, a abandonné l'usage de la plante entière au profit de médicaments standardisés. La mandragore et ses analogues n'ont aujourd'hui plus de place dans une pharmacopée raisonnée.
Les intoxications par la mandragore sont aujourd'hui rares mais bien documentées. Elles font généralement suite à une confusion avec d'autres végétaux comestibles (racine de bourrache, scorsonère ou consoude), à une ingestion volontaire à but récréatif, ou à l'ingestion accidentelle de baies par un enfant (6).
Le tableau clinique débute le plus souvent dans l'heure qui suit l'ingestion, parfois jusqu'à plusieurs heures après. Il associe les signes périphériques du syndrome anticholinergique (bouche sèche, mydriase, peau rouge et chaude, tachycardie, rétention urinaire) à des signes centraux dose-dépendants : agitation, hallucinations visuelles, désorientation, puis stupeur, convulsions et coma dans les formes sévères. Le décès, rare aujourd'hui grâce aux soins de réanimation, survient par insuffisance respiratoire ou collapsus cardiovasculaire.
Quatre profils concentrent l'essentiel des intoxications. Les enfants attirés par les baies en premier lieu. Les personnes âgées présentant des troubles cognitifs et confondant les plantes du jardin. Les usagers récréatifs cherchant un effet hallucinogène. Les phytothérapeutes amateurs récoltant à tort dans la nature. Il n'existe aucun usage de la mandragore en automédication qui soit aujourd'hui justifié.

Malgré son abandon comme plante médicinale entière, la mandragore et plus largement les solanacées tropaniques restent l'objet de recherches contemporaines, dans deux directions principalement.
Pharmacologie ciblée. Les chimistes continuent de développer des dérivés et analogues de l'atropine et de la scopolamine, plus sélectifs et mieux tolérés. Le tiotropium et l'ipratropium, dérivés synthétiques utilisés en pneumologie comme bronchodilatateurs dans la BPCO et l'asthme, sont issus de cette filiation. La scopolamine sous forme de patch transdermique reste utilisée pour le mal des transports et les nausées postopératoires (4).
Recherche en neurologie. Le blocage des récepteurs muscariniques par la scopolamine est aujourd'hui utilisé comme modèle expérimental d'induction de troubles mnésiques chez l'animal et l'humain volontaire, afin de tester de nouvelles molécules contre la maladie d'Alzheimer. Paradoxe intéressant : la plante symbole de l'oubli et du sommeil profond sert aujourd'hui à modéliser ce qu'on cherche à traiter.
Phytochimie et biodiversité. Quelques équipes continuent d'étudier la composition complète des différentes espèces de Mandragora, et identifient régulièrement de nouveaux composés mineurs (calystégines, glycoalkaloïdes). Ces molécules sont étudiées pour des propriétés annexes (anti-inflammatoires, antitumorales) à un stade très préclinique. Aucune application thérapeutique pratique n'est attendue à court terme.
En France, la mandragore officinale est inscrite sur la Liste B de la Pharmacopée française, qui regroupe les plantes médicinales utilisées traditionnellement mais dont les effets indésirables potentiels sont supérieurs au bénéfice thérapeutique attendu. Cette inscription ne vaut pas recommandation d'usage. Toute préparation à base de mandragore doit être considérée comme une substance à risque.
La cueillette dans la nature est par ailleurs réglementée dans plusieurs régions, la plante étant protégée au titre de la conservation des espèces. Les formes rencontrées ou encadrées sur le marché légal sont les suivantes.
| Forme | Statut | Usage |
|---|---|---|
| Granules homéopathiques (Mandragora officinarum, dilutions hautes) | Vente libre en pharmacie | Pratique homéopathique, doses infinitésimales sans effet pharmacologique |
| Teinture mère homéopathique | Réservée au pharmacien | Usage très limité, encadré |
| Atropine, scopolamine, hyoscyamine purifiées | Médicaments sur prescription | Ophtalmologie, prémédication, mal des transports (scopolamine) |
| Racine séchée ou poudre | Vente strictement réglementée | Manipulation à risque, automédication formellement déconseillée |
Pour les usages historiques de la mandragore (douleur, spasmes, insomnie, anxiété), la pharmacopée végétale moderne offre des alternatives sûres, dosables et bien étudiées. Le coquelicot, traditionnellement utilisé pour le sommeil et la détente nerveuse, occupe une place de choix dans le registre du sommeil léger.
Pour l'apaisement nerveux et le tonus cardiaque léger, l'aubépine, plante d'apaisement nerveux léger, reste un classique de la phytothérapie raisonnée. Ces plantes douces n'ont rien à envier, en matière d'efficacité réelle, aux préparations historiques bien plus dangereuses.
La culture ornementale est possible dans le bassin méditerranéen pour les amateurs de plantes historiques, sous réserve de connaître la réglementation locale et de tenir la plante hors de portée des enfants et des animaux. Toutes les parties (racine, feuilles, baies) sont toxiques. Les baies, à l'apparence de petites pommes jaunes parfumées, attirent particulièrement les enfants. Si vous cultivez de la mandragore, ne consommez aucune partie de la plante et envisagez de retirer les fruits avant maturité pour éviter les accidents.
Sur le plan pharmacologique, oui : la scopolamine présente chez certaines espèces (notamment M. autumnalis) est un sédatif central reconnu, encore utilisé en médecine sous forme purifiée. Sur le plan pratique, non : l'extrait végétal entier présente une marge thérapeutique tellement étroite et une teneur tellement variable qu'aucun usage en automédication ne peut être recommandé. Pour un soutien naturel du sommeil, la valériane, sédative végétale moderne mieux étudiée que les anciens narcotiques, reste un choix raisonnable. Notre dossier sur les plantes toxiques à éviter en automédication contre l'insomnie détaille les pistes documentées.
La forme anthropomorphe parfois prise par sa racine pivotante a frappé les imaginations dès l'Antiquité. À cela s'ajoutent ses effets pharmacologiques spectaculaires (hallucinations, perte de la sensation de douleur, sommeil profond) qui, à une époque où la chimie n'existait pas, paraissaient surnaturels. Le récit du « cri mortel » poussé par la racine arrachée est probablement une métaphore protectrice destinée à dissuader la cueillette anarchique d'une plante très toxique.
Les deux sont des solanacées riches en alcaloïdes tropaniques et toutes deux très toxiques. La belladone (Atropa belladonna) est une plante haute à baies noires, plus répandue en Europe tempérée. La mandragore est méditerranéenne, basse, à baies jaunes, et possède une racine pivotante caractéristique. Sur le plan chimique, elles se distinguent par les proportions relatives d'hyoscyamine et de scopolamine, mais leur toxicité et le tableau clinique d'intoxication sont très proches.
Appeler immédiatement le centre antipoison régional ou le 15. Ne pas faire vomir, ne pas donner à boire. Conserver le sachet ou les baies pour identification. Les premiers signes (bouche sèche, pupilles dilatées, agitation) peuvent apparaître en 30 à 60 minutes, parfois plus tard. Une prise en charge hospitalière permettra la surveillance des fonctions vitales et la discussion d'un antidote (physostigmine) si l'état le justifie. La récupération est généralement complète si la prise en charge est précoce.
Non, plus aujourd'hui. L'atropine utilisée en médecine moderne provient en majorité de la synthèse chimique ou de cultures industrielles de solanacées spécialisées (notamment Duboisia en Australie). L'extraction à partir de la mandragore sauvage a été quasiment abandonnée, en raison de la variabilité des teneurs, des contraintes de conservation et des risques de contamination.
Oui, à fortes doses elle provoque des hallucinations visuelles intenses, mais d'une nature très différente des hallucinogènes sérotoninergiques (LSD, psilocybine). Les hallucinations atropiniques sont typiquement réalistes, désagréables, accompagnées de confusion et d'amnésie ultérieure. Elles s'inscrivent dans un tableau d'intoxication grave et ne peuvent en aucun cas constituer un usage récréatif raisonnable.
Une manipulation prolongée à mains nues de racine en poudre fine peut entraîner une légère absorption percutanée des alcaloïdes, particulièrement si la peau est lésée. Symptômes possibles : sécheresse buccale, mydriase, palpitations. Il est recommandé de porter des gants lors de toute manipulation, de se laver soigneusement les mains après contact, et d'éviter d'inhaler la poussière de racine sèche.