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Le clou de girofle est le bouton floral séché du giroflier (Syzygium aromaticum), un arbre tropical originaire d’Indonésie, dont on apprécie l’arôme chaud et boisé autant que les usages traditionnels en cuisine et en phytothérapie. On aime ou on déteste son parfum : le clou de girofle est une épice unique en son genre. Mais si ses usages en cuisine sont particulièrement diversifiés, on ignore souvent qu’il possède des propriétés considérables sur la santé. Et pourtant, cela fait des siècles qu’elle fait partie des épices les plus utilisées dans certaines médecines traditionnelles, notamment en Indonésie. Voici tout ce qu’il faut savoir sur les clous de girofle : bienfaits, contre-indications, utilisations en cuisine, etc.
Sommaire
Le clou de girofle (Syzygium aromaticum) est une épice originaire d’Indonésie, de Madagascar et de Tanzanie. On le trouve sur un arbre aux feuilles persistantes et pouvant atteindre quinze à vingt mètres de hauteur : le giroflier. Ce dernier appartient à la famille botanique des Myrtacées et possède de délicates fleurs blanc rosé. Le bouton floral du giroflier (le clou de girofle) dispose d’une morphologie spécifique, qui le rend reconnaissable entre mille. On sèche le bouton floral jusqu’à l’obtention d’une teinte brun-rouge et on l’utilise alors dans les cadres de la cuisine et de la phytothérapie traditionnelle.
Le parfum des clous de girofle est unique et au Moyen-âge, on le payait à prix d’or en raison de sa rareté. À notre époque, il est disponible tout au long de l’année en raison de la diversité de ses lieux de culture. Au Tibet, on l’appelle « fleur des Dieux » en raison de ses nombreuses vertus sur la santé. Il y est d’ailleurs utilisé dans des soins oculaires traditionnels. En phytothérapie, ce sont les boutons floraux et l’huile essentielle qui en est extraite qui sont majoritairement utilisés.
Le bouton floral, que l’on appelle couramment « clou de girofle », contient une part importante d’huile essentielle (18 à 20 %), ainsi que des phénols (propényl phénols). On y trouve également des composés aromatiques, aliphatiques, terpéniques et hétérocycliques. Le clou contient par ailleurs des flavonoïdes courants (kaempférol et quercétol) ainsi que des tanins et stérols végétaux. Cette composition est complétée par des acides-phénols carboniques et des triterpènes (acide ursolique, acide oléanolique). Ce profil, riche en polyphénols antioxydants, explique la plupart de ses usages traditionnels ; dans la famille des épices, il partage plusieurs affinités aromatiques avec la cannelle.

L’huile essentielle présente dans les clous de girofle possède aussi une composition digne d’intérêt. On y trouve de l’eugénol, le principe actif majeur du clou de girofle et de son huile essentielle, ainsi que du bêta-caryophyllène, quelques cétones et des composés apparentés au bouton floral.
Le clou de girofle possède de nombreuses vertus pour la santé, tout comme son huile essentielle. Voici une liste assez détaillée, mais très certainement non exhaustive, des bienfaits du clou de girofle sur la santé.
Le clou de girofle est utilisé depuis des siècles à des fins diverses dans ses régions d’origine, et maintenant à travers le monde entier. Ses effets anti-inflammatoires et immunomodulateurs figurent parmi les plus étudiés(1). En effet, les antioxydants présents dans le clou de girofle participent à la neutralisation des radicaux libres et de leurs effets dans l’organisme. Au-delà, ils participent aussi à apaiser les inflammations de bas grade.
Dans une autre mesure, les composés présents dans l’épice participent à la régulation de l’immunité. On dit du clou de girofle qu’il est immunomodulateur(2). Cela signifie qu’il aide à moduler la réponse immunitaire de l’organisme face aux affections extérieures et aux infections(3). En plus de cette modulation immunitaire, les composés du clou de girofle soutiennent les mécanismes de défense antioxydants. À noter que le clou de girofle est également un antiviral traditionnellement reconnu ; il participe à la défense immunitaire face aux agressions virales.

Le clou de girofle possède des propriétés antibactériennes étudiées, décrites comme à large spectre d’action. Les données expérimentales rapportent son activité sur des bactéries de Gram positif (Listeria monocytogenes, Staphylococcus aureus) et Gram négatif (Pseudomonas aeruginosa, Escherichia coli) selon les études menées à ce sujet. Et elles sont nombreuses ! En outre, cette épice particulière a pour effet d’inhiber le biofilm de certains champignons, germes et bactéries(4).
Il faut aussi souligner les propriétés antifongiques du clou de girofle vis-à-vis d’Aspergillus fumigatus, Candida albicans, et Cryptococcus neoformans. Ses propriétés antioxydantes et antifongiques participent à l’action contre ces champignons. Ses vertus sont telles qu’il présente un intérêt dans l’accompagnement des inconforts liés aux vaginites mycosiques(5).
Le clou de girofle est une épice aux vertus puissantes, notamment sur le système digestif. On peut le consommer pour soutenir l’équilibre du microbiote intestinal et contribuer à un confort digestif accru(6). En outre, ses propriétés participent à soutenir le processus de digestion, dans la lignée d’autres plantes traditionnellement appréciées pour le confort digestif comme le gingembre. Des aliments mieux digérés sont synonymes de nutriments mieux absorbés !
Il est intéressant de souligner ici que le clou de girofle se consomme en infusion pour aider à apaiser les ballonnements et les maux de ventre. Il est aussi utilisé traditionnellement en cas de cystites, qui désignent les infections urinaires. Il suffit d’en placer quelques-uns dans une tasse d’eau bouillante et d’attendre cinq à dix minutes pour profiter des bienfaits de l’épice ! Dans une logique globale d’équilibre du transit, d’autres approches comme l’aloe vera pour la digestion peuvent compléter l’infusion de clous de girofle.
Sachez également que cette épice est traditionnellement décrite comme parasiticide, vermifuge et acaricide. On peut l’utiliser pour participer à l’action antiparasitaire, en interne comme en externe. Enfin, cette épice possède des vertus gastro-protectrices en raison de sa teneur en eugénol : elle soutient la synthèse du mucus gastrique.

Le bouton floral du giroflier est un antalgique traditionnellement reconnu, comme le suggèrent plusieurs études à son sujet(7). Anti-inflammatoire, il est aussi utilisé pour contribuer au confort face à différentes douleurs. L’un de ses usages traditionnels est à mâcher pour apaiser les douleurs dentaires ! Le clou de girofle a une action analgésique par voie locale, en raison de la présence de bêta-caryophyllène et d’eugénol dans sa composition(8). Il anesthésie la cavité buccale avec beaucoup d’efficacité ; on l’utilise d’ailleurs comme cautérisant pulpaire dans ses usages traditionnels.
De manière complémentaire, le clou de girofle est utilisé pour soulager les inconforts liés aux rhumatismes, à la goutte, aux inconforts urinaires et aux tensions musculaires. Il en est de même pour les douleurs dentaires, l’hydropisie et le lumbago. Le champ d’action de ce bouton floral est très large.
Cela fait longtemps que le clou de girofle est utilisé traditionnellement pour apaiser une rage de dents. Il est traditionnellement apaisant sur les douleurs buccales, quelles qu’elles soient. En usage traditionnel, on l’utilise pour apporter un confort local, dans l’attente d’une consultation auprès d’un professionnel de santé qui identifiera la cause des douleurs ressenties. En tant qu’analgésique, le bouton floral contribue à apaiser les douleurs, comme un anesthésiant local naturel. Pour élargir le panorama des approches traditionnelles, voir notre dossier sur les remèdes naturels contre les douleurs dentaires.
En outre, ses propriétés antibactériennes contribuent à une haleine plus fraîche. On peut donc mâcher des clous de girofle pour soutenir l’équilibre de la flore buccale au quotidien.

Le clou de girofle se présente souvent comme un aliment aphrodisiaque, en raison de ses propriétés toniques sur l’organisme. Cette épice est traditionnellement utilisée pour soutenir la libido, en tant qu’aphrodisiaque naturel(9). Le bouton floral entre dans la composition de remèdes traditionnels visant à contribuer au confort de la vie intime, chez l’homme comme chez la femme, dans le cadre d’une hygiène de vie globale.
| Usage traditionnel | Forme recommandée | Posologie indicative | Précautions |
|---|---|---|---|
| Confort digestif / ballonnements | Infusion post-repas | 1 à 2 clous / 250 ml, 5 à 10 min | 2 à 3 jours de cure, puis fenêtre d’arrêt |
| Apaisement buccal ponctuel | Clou mâché lentement | 3 à 4 clous / jour | Usage ponctuel ; consulter en cas de douleur persistante |
| Tonique général / libido | Infusion ou cuisine (plat) | 1 à 3 clous / jour | Éviter les doses élevées (effet biphasique) |
| Usage externe / dilution aromatique | Huile essentielle très diluée | 1 à 2 % dans une huile végétale | Jamais pure sur la peau ; avis pharmacien |
Comment utiliser au mieux le clou de girofle sous toutes ses formes ?
En phytothérapie, le clou de girofle est traditionnellement employé dans les inconforts digestifs (dysenteries, diarrhées), les sensibilités gastriques et les ulcérations. En outre, il est utilisé en appoint sur les petites plaies et inconforts cutanés, sans se substituer à un soin médical adapté. Antalgique, il contribue à apaiser les inconforts de l’oropharynx et de la cavité buccale. Quelques clous de girofle sont aussi réputés, dans certaines traditions, favoriser la préparation à l’accouchement ; cet usage doit faire l’objet d’un avis médical.
L’huile essentielle possède de nombreuses indications : n’hésitez pas à consulter un spécialiste avant de l’utiliser.
Pour bénéficier des bienfaits des clous de girofle, on peut en mâcher trois ou quatre par jour. Cette posologie vise le confort ponctuel. On peut aussi l’utiliser en tisanes, entier, en poudre ou en épice. En cuisine, les épices ne sont jamais utilisées à outrance. La posologie de l’huile essentielle dépend de son utilisation et doit faire l’objet d’une grande vigilance.
Le clou de girofle est une épice relativement sécuritaire : il suffit de l’utiliser normalement sans en abuser. On recommande de ne pas l’associer avec des anticoagulants, en raison de ses possibles interactions avec la warfarine. L’huile essentielle est irritante par voie locale ainsi que sur les muqueuses : il faut l’utiliser avec la plus grande prudence. Une intoxication avec l’huile essentielle est possible et peut entraîner des atteintes hépatiques, de la coagulopathie et le coma. Il faut absolument respecter les conseils d’utilisation pour ce produit. Enfin, le clou de girofle contient de l’eugénol : aux doses alimentaires, cette molécule ne présente pas de risque particulier.
Par ailleurs, le clou de girofle est contre-indiqué en usage interne aux enfants de moins de douze ans, aux femmes enceintes et aux femmes allaitantes.

On utilise le clou de girofle entier, sous sa forme séchée, en poudre ou en huile essentielle de bouton floral. Il est également possible de trouver de la teinture mère dans le commerce et des compléments alimentaires.
Pour savoir si les clous de girofle sont de qualité, on peut les plonger dans l’eau. S’ils flottent à la verticale, cela signifie qu’ils sont aromatiques. En revanche, s’ils flottent à l’horizontale ou s’ils ne flottent pas, ils ont perdu leur parfum et une part de leurs bienfaits. L’idéal est de choisir des clous de girofle biologiques, originaires d’Indonésie et respectueux du commerce équitable. On peut aussi en profiter sous forme d’extraits liquides ou en poudre.
En cuisine, on trouve cette épice dans bon nombre de préparations culinaires : marinades, pot au feu, vinaigres, conserves, bouillons, charcuteries, viandes pochées, choucroute… On peut même l’utiliser pour aromatiser des desserts et des préparations sucrées. Le clou de girofle peut également parfumer les tisanes et servir d’ingrédient aux mélanges d’épices comme le curry, le massale, le colombo ou le ras al hanout. Ses usages sont très nombreux : vous en trouverez forcément quelques-uns qui vous plairont. Les biscuits parfumés aux clous de girofle sont délicieux, n’hésitez pas à essayer une recette qui en contient.
La bonne posologie du clou de girofle dépend avant tout de l’usage recherché. En infusion, on compte généralement un à deux clous dans 250 ml d’eau frémissante, laissés à infuser cinq à dix minutes, à raison d’une à deux tasses par jour sur de courtes cures de deux à trois jours. Pour un usage local buccal, trois à quatre clous mâchés lentement au cours de la journée constituent une approche traditionnelle, dans une logique de confort ponctuel plutôt que d’automédication prolongée.
Comme pour toute plante concentrée en principes actifs, la régularité prime sur la quantité. Une cure courte, bien observée, apportera davantage qu’un usage quotidien relâché sur plusieurs semaines. Il reste préférable de ménager des fenêtres d’arrêt et d’écouter les signaux de son organisme, plutôt que de chercher à intensifier les prises.
Certaines situations appellent en revanche une vigilance particulière. L’usage régulier du clou de girofle, et a fortiori de son huile essentielle, est déconseillé en cas de grossesse ou d’allaitement, chez les enfants de moins de douze ans, lors de la prise d’anticoagulants ou d’anti-inflammatoires non stéroïdiens, en présence d’antécédents d’ulcère gastrique, d’épilepsie ou d’insuffisance hépatique sévère. En cas de doute, un avis médical ou pharmaceutique reste le bon réflexe, le clou de girofle venant compléter une hygiène de vie et non s’y substituer.
Le clou de girofle est le bouton floral séché du Syzygium aromaticum, un arbre tropical de la famille des Myrtacées qui peut atteindre 12 à 20 mètres de haut. L'espèce est originaire des îles Moluques, dans l'archipel indonésien, longtemps surnommées « îles aux épices » en raison de leur monopole historique sur cette ressource. Les premières traces écrites de son usage remontent à l'Antiquité chinoise : sous la dynastie Han (206 av. J.-C. – 220 ap. J.-C.), les courtisans devaient en mâcher avant de s'adresser à l'empereur, vraisemblablement pour rafraîchir leur haleine.
Importé en Europe via les routes commerciales arabes puis portugaises, néerlandaises et françaises à partir du XVIe siècle, le clou de girofle a longtemps été une marchandise de luxe au prix exorbitant, comparable à l'or et à l'argent au poids. Au XVIIIe siècle, Pierre Poivre, intendant de l'île de France (Maurice), brisa le monopole hollandais en introduisant des plants à La Réunion puis à Zanzibar et Madagascar, qui sont aujourd'hui les principaux pays producteurs avec l'Indonésie et le Sri Lanka.
En médecine ayurvédique, le clou de girofle est classé comme épice « réchauffante » (ushna) et a été employé en infusion ou en décoction pour accompagner la digestion. La médecine traditionnelle chinoise lui prête des propriétés tonifiantes pour le « yang » des reins et de la rate. En Europe, jusqu'au début du XXe siècle, son huile essentielle entrait couramment dans la composition de baumes dentaires artisanaux, un usage qui a précédé sa validation moderne pour le confort buccal.
Le clou de girofle est l'une des épices les plus concentrées en composés actifs. Son huile essentielle représente 15 à 20 % du poids sec du bouton floral, ce qui en fait l'une des sources botaniques les plus riches en composés phénoliques. Le tableau ci-dessous récapitule les principales molécules identifiées.
| Composé | Fraction (% de l'HE) | Famille | Rôle étudié |
|---|---|---|---|
| Eugénol | 70 – 90 % | Phénylpropanoïde | Antioxydant, antimicrobien, modulation des canaux TRPV1 |
| Acétate d'eugényle | 5 – 17 % | Ester phénolique | Activité aromatique, complément de l'eugénol |
| β-caryophyllène | 3 – 12 % | Sesquiterpène | Activité étudiée sur les récepteurs CB2 du système endocannabinoïde |
| α-humulène | 1 – 3 % | Sesquiterpène | Profil anti-inflammatoire étudié in vitro |
| Tanins, flavonoïdes (kaempférol, rhamnétine) | traces (extrait sec) | Polyphénols | Antioxydants étudiés en complément alimentaire |
L'eugénol est aussi naturellement présent dans la cannelle, la noix de muscade ou le basilic, mais à des concentrations cinq à dix fois plus faibles. Cette densité phytochimique explique pourquoi quelques clous suffisent à parfumer un plat, et pourquoi le dosage doit rester mesuré dans tout usage prolongé.
Les recherches in vitro et précliniques publiées sur PubMed depuis vingt ans ont précisé plusieurs voies par lesquelles l'eugénol et ses dérivés sont étudiés. Sa structure phénolique lui permet de capter les espèces réactives de l'oxygène, ce qui contribue à son activité antioxydante observée dans les tests ORAC et DPPH où le clou de girofle obtient régulièrement les meilleurs scores parmi les épices courantes.
L'eugénol agit également sur les récepteurs TRPV1, les mêmes canaux ioniques que ceux ciblés par la capsaïcine du piment. Cette interaction explique la sensation de chaleur locale ressentie après ingestion ou application topique. Plusieurs travaux ont par ailleurs documenté son activité antimicrobienne sur un large spectre de bactéries Gram + et Gram −, ainsi que sur certaines levures du genre Candida, par déstabilisation des membranes lipidiques et inhibition d'enzymes microbiennes essentielles.
Au niveau enzymatique, des travaux ex vivo suggèrent une inhibition partielle des cyclo-oxygénases (COX-1, COX-2) et des lipoxygénases (5-LOX), enzymes clés de la cascade inflammatoire. L'eugénol participerait également à la modulation du facteur de transcription NF-κB, un régulateur central de la réponse inflammatoire. Ces données restent essentiellement précliniques et ne permettent pas, à elles seules, de revendiquer un effet thérapeutique chez l'humain : elles éclairent toutefois la pertinence des usages traditionnels qui en sont faits.
Plusieurs travaux récents méritent d'être mentionnés pour situer l'état des connaissances. Une revue systématique publiée dans Phytotherapy Research (2021) a compilé 32 études cliniques et précliniques sur l'eugénol et ses applications en santé bucco-dentaire ; les auteurs concluent à un niveau de preuve modéré pour l'usage en gel ou bain de bouche, et appellent à des essais cliniques de plus grande envergure pour standardiser les concentrations.
Une étude croisée randomisée parue dans Nutrients (2019) a évalué l'effet d'une supplémentation en extrait de clou de girofle (250 mg/jour pendant 30 jours) sur des marqueurs du stress oxydatif chez 40 adultes en bonne santé. Les chercheurs ont observé une augmentation significative du glutathion plasmatique et une baisse des marqueurs de peroxydation lipidique, sans effet indésirable rapporté. La taille d'échantillon et la durée restent toutefois limitées.
Un travail in vitro publié dans Molecules (MDPI, 2020) a comparé l'activité antimicrobienne de l'huile essentielle de clou de girofle à celle d'antiseptiques de référence sur plusieurs souches buccales (Streptococcus mutans, Lactobacillus acidophilus). L'activité était comparable à concentration équivalente, ce qui appuie l'intérêt étudié dans la formulation de produits d'hygiène buccale d'origine naturelle.
Enfin, une revue narrative dans Journal of Functional Foods (2022) a passé en revue les travaux sur l'eugénol et le confort digestif post-prandial. Les auteurs notent une convergence des données précliniques sur la stimulation des sécrétions digestives, mais soulignent qu'aucune étude clinique de grande ampleur n'a encore validé un usage en complément alimentaire chez l'adulte sain.
Le clou de girofle se présente sous plusieurs formes, chacune ayant ses indications propres. Le bouton floral entier est privilégié pour les infusions, les décoctions et la cuisine ; il a une durée de conservation de 12 à 24 mois quand il est stocké à l'abri de la lumière dans un récipient hermétique. La poudre offre une libération aromatique plus rapide mais s'oxyde plus vite : il est conseillé de la consommer dans les 6 mois suivant le broyage.
L'huile essentielle, obtenue par hydrodistillation, est la forme la plus concentrée. Elle titre généralement entre 75 et 88 % d'eugénol selon la chémotypage. Son usage est strictement encadré : elle ne s'emploie qu'en application locale très diluée (1 à 5 %) dans une huile végétale, jamais pure sur la peau ou les muqueuses, et son ingestion doit être réservée à un cadre thérapeutique encadré par un professionnel formé en aromathérapie scientifique.
Les extraits secs standardisés en eugénol, présentés en gélules, offrent un dosage reproductible et sont utilisés en complément alimentaire. La biodisponibilité de l'eugénol oral a été évaluée à environ 30-50 % avec une demi-vie plasmatique courte (1 à 2 heures), ce qui justifie la prise en plusieurs fois par jour pour les protocoles de cure.
La qualité d'un clou de girofle se juge à plusieurs critères organoleptiques et analytiques. Visuellement, un bon clou présente une couleur brun foncé uniforme, un calice charnu (la « tête » de l'épice) bien renflé et non desséché, et une longueur de 12 à 16 mm. Pressé entre les doigts, il doit légèrement humidifier la peau d'huile essentielle : un clou trop sec a perdu une partie de ses composés actifs. Plongé dans un verre d'eau, il doit tomber tête en bas ou rester verticalement immergé, signe d'une bonne densité aromatique.
Privilégiez les origines Madagascar (variété typée, eugénol élevé), Indonésie (Java, Sumatra, eugénol plus modéré et acétate d'eugényle plus marqué), Sri Lanka ou Tanzanie (Zanzibar, Pemba). Une certification biologique européenne (label AB ou Eurofeuille) garantit l'absence de pesticides et d'irradiation, fréquente dans la filière conventionnelle pour limiter les contaminations microbiennes du séchage.
Pour l'huile essentielle, exigez une mention « 100 % pure et naturelle », « HEBBD » ou « HECT » (chémotypée), avec un certificat d'analyse de chromatographie indiquant le profil exact en composés et l'absence de solvants résiduels. Le rapport bouton/feuille doit être précisé : l'HE de boutons est plus précieuse, plus douce et plus chargée en eugénol que l'HE de feuilles, moins chère mais plus irritante.
En cuisine comme en complément alimentaire, le clou de girofle s'associe naturellement à d'autres épices et plantes dont les effets étudiés se complètent. Le mélange clou de girofle, cannelle de Ceylan et gingembre, traditionnel des chai indiens, combine trois antioxydants phénoliques aux profils complémentaires (eugénol, cinnamaldéhyde, gingérol) et participe au confort digestif après les repas riches.
L'association avec le curcuma est étudiée pour ses synergies anti-oxydantes : la curcumine et l'eugénol agissent sur des voies enzymatiques voisines (NF-κB, COX), avec une potentialisation rapportée in vitro. L'ajout de poivre noir (pipérine) à ce trio améliore l'absorption de la curcumine et reste cohérent dans une logique d'épices fonctionnelles.
En aromathérapie, l'huile essentielle de clou de girofle est souvent associée en synergie cutanée diluée à la lavande vraie (apaisante) ou au tea tree (purifiant) pour atténuer son action chauffante. Une goutte de chacune dans 30 ml d'huile végétale de calophylle inophyle compose un macérât d'usage occasionnel, à réserver à l'adulte et après test cutané préalable.
En usage alimentaire courant, un à trois clous par jour, en infusion ou en cuisine, restent largement dans une fourchette raisonnable. Pour un usage plus ciblé, on se limitera à deux ou trois jours de cure consécutifs avant une fenêtre d’arrêt. L’huile essentielle, elle, obéit à des règles nettement plus strictes et ne se prend pas sans avis d’un professionnel.
Le clou de girofle est traditionnellement associé au confort bucco-dentaire : son principal composé, l’eugénol, est connu depuis longtemps pour son effet anesthésiant local, ce qui explique sa place dans certains soins dentaires d’autrefois. Dans l’attente d’une consultation, mâcher doucement un clou près de la zone sensible peut apporter un confort passager, sans remplacer le diagnostic d’un dentiste.
Consommé avec mesure, le clou de girofle n’expose pas à de risques particuliers pour la majorité des adultes en bonne santé. C’est l’excès, ou l’emploi prolongé de l’huile essentielle, qui appelle le plus de prudence : intolérances digestives, réactions cutanées, sensibilité accrue chez les personnes sous anticoagulants. L’avis d’un professionnel s’impose en cas de traitement en cours ou de terrain fragile.
En infusion après le repas, il est traditionnellement réputé soutenir la digestion en contribuant au confort digestif et en apaisant les sensations de lourdeur. Il s’inscrit alors dans une logique globale, aux côtés d’une alimentation équilibrée et d’une bonne mastication, sans prétendre corriger seul des troubles qui mériteraient d’être évalués.
Non. Très concentrée en eugénol, elle est irritante pure sur la peau et les muqueuses, et totalement contre-indiquée chez la femme enceinte, allaitante, et chez l’enfant de moins de douze ans. Toute utilisation doit faire l’objet d’un avis pharmaceutique et d’une dilution appropriée dans une huile végétale.
Antibactérien, antifongique, anti-inflammatoire, immunomodulant, antalgique, anti-infectieux, antiviral… Le clou de girofle revêt bien des fonctions et contribue, en usage traditionnel, au confort global de l’organisme. D’autant que cette épice est très facile à consommer au quotidien et relativement sécuritaire, si nous en avons une utilisation correcte.