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Charnue, sucrée et parfumée, la mangue est l'un des fruits les plus consommés au monde — le cinquième le plus produit à l'échelle de la planète. Cultivée depuis plus de 4 000 ans en Inde et en Asie du Sud-Est, elle s'est répandue sous tous les climats tropicaux. Au-delà de son goût, c'est un fruit nutritionnellement intéressant : elle est à la fois riche en vitamine C et en vitamine B9, et source de vitamine A et de vitamine E. Voici ses propriétés, sa composition détaillée et nos repères pour en profiter au quotidien.
La mangue est le fruit du manguier (Mangifera indica), un arbre de la famille des Anacardiacées — la même que la noix de cajou et la pistache. Originaire du nord-est de l'Inde et de la Birmanie, le manguier est aujourd'hui cultivé dans la plupart des régions tropicales (Inde, premier producteur mondial, Asie du Sud-Est, Amérique latine, Afrique de l'Ouest). La production française, marginale, se situe exclusivement en Outre-Mer.
Il en existe des centaines de variétés, de la petite mangue jaune « Ataulfo » à la grosse mangue verte et rouge « Kent » ou « Keitt », chacune avec sa texture et son parfum propres. C'est un fruit climatérique : il continue de mûrir après la récolte, ce qui explique qu'on le trouve souvent encore ferme à l'achat. La couleur de la peau (verte, jaune ou rouge selon les cultivars) dépend surtout de la variété et n'indique pas toujours la maturité.
La mangue est composée à plus de 80 % d'eau. Elle est modérément énergétique pour un fruit et se distingue surtout par sa vitamine C, sa vitamine B9 et ses caroténoïdes. Voici sa composition moyenne pour 100 g de chair crue, d'après la table de référence Ciqual de l'ANSES (1) et la fiche nutritionnelle de l'Aprifel (2). Ces valeurs sont des ordres de grandeur : elles varient selon la variété, la saison et le degré de maturité.
| Composant (pour 100 g) | Valeur moyenne | Repère |
|---|---|---|
| Énergie | ≈ 60 à 75 kcal | Modérée pour un fruit |
| Eau | ≈ 81 g | Fruit désaltérant |
| Glucides (dont sucres) | ≈ 14,3 g (dont ≈ 12,9 g) | Sucres naturels du fruit |
| Fibres | ≈ 1,6 g | Apport modeste |
| Protéines | ≈ 0,6 g | Très faible (comme la plupart des fruits) |
| Lipides | < 0,5 g | Ne contient pas de matières grasses |
| Vitamine C | ≈ 25 mg | ≈ 31 % de la VNR → riche en |
| Vitamine B9 (folates) | ≈ 70 µg | ≈ 35 % de la VNR → riche en |
| Provitamine A (β-carotène) | ≈ 860 µg (≈ 144 µg éq. vit. A) | ≈ 18 % de la VNR → source de vit. A |
| Vitamine E | ≈ 2 mg | ≈ 17 % de la VNR → source de |
| Potassium | ≈ 150 mg | Minéral (≈ 7,5 % VNR) |
Une portion courante (environ 150 à 200 g, soit une demi-mangue à une mangue moyenne) couvre donc une bonne partie des apports quotidiens en vitamine C et en folates, pour environ 110 à 150 kcal. C'est ce profil — peu calorique, riche en eau, dense en micronutriments — qui vaut à la mangue un Nutri-Score A. On peut d'ailleurs la comparer à d'autres fruits intéressants comme les atouts nutritionnels de la figue.
C'est l'un des atouts nutritionnels les plus marquants de la mangue. Avec environ 25 mg de vitamine C aux 100 g, soit près de 31 % de la valeur nutritionnelle de référence, elle peut être qualifiée de riche en vitamine C au sens de la réglementation européenne. Les allégations de santé autorisées par l'Union européenne (règlement UE 432/2012) précisent que la vitamine C contribue à un métabolisme énergétique normal, à réduire la fatigue, au fonctionnement normal du système immunitaire, à la formation normale de collagène et à protéger les cellules contre le stress oxydatif (3).
La vitamine C de la mangue accroît par ailleurs l'absorption du fer d'origine végétale consommé au même repas : c'est pourquoi associer un fruit riche en vitamine C à un plat de légumineuses est une bonne habitude, comme on l'explique dans notre article sur le duo fer et vitamine C. Ces allégations encadrent les communications autorisées ; elles ne valent pas indication thérapeutique. La vitamine C étant sensible à la chaleur, mieux vaut consommer la mangue crue et bien mûre pour préserver sa teneur. Pour aller plus loin, voyez aussi notre tour d'horizon des meilleures sources alimentaires de vitamine C.
Moins connu, c'est pourtant un point fort de la mangue : elle apporte environ 70 µg de folates (vitamine B9) aux 100 g, soit près de 35 % de la VNR. Elle figure ainsi parmi les fruits les mieux pourvus en vitamine B9 et peut, là aussi, porter la mention riche en vitamine B9. Selon le règlement UE 432/2012, les folates contribuent à la formation normale du sang, au fonctionnement normal du système immunitaire, à des fonctions psychologiques normales, à réduire la fatigue, ainsi qu'à la croissance des tissus maternels pendant la grossesse (3). Ils interviennent aussi dans le processus de division cellulaire.
C'est notamment ce dernier point qui fait de la vitamine B9 un nutriment particulièrement suivi avant et pendant le début de grossesse. La mangue peut y contribuer au sein d'une alimentation variée, sans pour autant se substituer à une éventuelle supplémentation prescrite : sur ce sujet, l'avis d'un professionnel de santé prime.
La belle couleur orangée de la chair vient des caroténoïdes, en particulier le β-carotène, un précurseur de la vitamine A. La mangue en est l'un des fruits les mieux pourvus (environ 860 µg de β-carotène aux 100 g, soit l'équivalent de 144 µg de vitamine A) : elle peut donc être qualifiée de source de vitamine A. À ce titre, les allégations européennes autorisées indiquent que la vitamine A contribue au maintien d'une peau normale, au maintien d'une vision normale et au fonctionnement normal du système immunitaire (3).
Au-delà du β-carotène, la pulpe contient une vingtaine d'autres caroténoïdes (lutéine, α-carotène, violaxanthine…) (5). Tous ces pigments sont liposolubles : ils sont mieux assimilés en présence d'un peu de matière grasse — une mangue dans une salade avec un filet d'huile, ou associée à quelques oléagineux, par exemple.
Fait peu connu : la mangue est, après le cassis, l'un des fruits les plus riches en vitamine E d'après la table Ciqual (2), avec environ 2 mg aux 100 g (soit près de 17 % de la VNR, ce qui la classe comme source de vitamine E). Cette vitamine liposoluble est rare dans les fruits frais. L'allégation autorisée correspondante est sobre : la vitamine E contribue à protéger les cellules contre le stress oxydatif (3). Comme pour les caroténoïdes, sa présence va de pair avec l'intérêt de consommer la mangue dans le cadre d'un repas comportant un peu de matières grasses.
Avec environ 1,6 g de fibres et plus de 80 % d'eau aux 100 g, la mangue participe, comme les autres fruits, à un apport en fibres et à une bonne hydratation. Son apport en fibres reste toutefois modeste comparé à d'autres fruits (la moyenne des fruits frais avoisine 2,8 g/100 g) : c'est la variété globale des fruits et légumes — l'objectif des « 5 par jour » — qui compte, plus qu'un fruit en particulier. Manger la mangue en morceaux plutôt qu'en jus permet de conserver ces fibres et de favoriser la satiété.
La mangue a un goût très sucré (près de 13 g de sucres aux 100 g), mais son index glycémique reste modéré. Les tables internationales de référence situent l'IG de la mangue entre environ 41 et 60 selon la variété, l'origine et la maturité (4) — il augmente à mesure que le fruit mûrit. Du fait de sa teneur en eau, la charge glycémique d'une portion reste par ailleurs faible. Ses sucres s'accompagnent de fibres et d'eau, ce qui limite l'élévation de la glycémie par rapport à un sucre isolé.
Cela n'en fait pas pour autant un fruit « libre » : en cas de diabète, il s'intègre dans la ration de fruits de la journée, en surveillant les portions et idéalement en l'associant à une source de protéines ou de bonnes graisses. On peut aussi privilégier une mangue pas trop mûre et l'inscrire dans une alimentation misant sur des glucides à index glycémique plus bas. En cas de doute, demandez conseil à un professionnel de santé ou à un diététicien.
La mangue contient divers polyphénols, dont la mangiférine, l'acide gallique et la quercétine, surtout présents dans la peau et le noyau (5). On leur attribue des propriétés antioxydantes mesurées en laboratoire. Il faut toutefois rester nuancé : la teneur en polyphénols de la pulpe est en réalité modeste (2), et ces données proviennent surtout d'études in vitro ou sur l'animal. Elles ne permettent pas, en l'état, d'en conclure un bénéfice santé démontré chez l'humain.
Autrement dit, la mangue reste avant tout un fruit savoureux et nutritif, pas un remède. Si le sujet des composés antioxydants de l'alimentation vous intéresse, nous l'abordons plus largement dans notre article sur les aliments riches en composés antioxydants.
La forme sous laquelle on consomme la mangue change beaucoup son intérêt nutritionnel. Fraîche, elle reste l'option la plus intéressante : peu calorique, riche en eau et en vitamine C.
Séchée, elle perd son eau : sucres et calories se concentrent fortement (souvent plus de 300 kcal et 60 g de sucres aux 100 g), et une partie de la vitamine C est dégradée. C'est un en-cas pratique, mais à consommer en petite quantité, d'autant que certaines mangues séchées du commerce sont additionnées de sucre. En jus ou en smoothie, on perd une partie des fibres et l'effet de satiété : la glycémie monte plus vite qu'avec le fruit entier. Mieux vaut donc privilégier la mangue fraîche, en morceaux, et garder les versions séchées ou liquides pour le plaisir occasionnel.
Une mangue mûre cède légèrement sous une pression douce et dégage un parfum agréable au niveau du pédoncule. La couleur de la peau n'est pas un indicateur fiable : elle varie selon les variétés et n'indique pas toujours la maturité. Une mangue encore ferme finira de mûrir à température ambiante en quelques jours ; on peut accélérer le processus en la plaçant dans un sac en papier avec une pomme ou une banane, qui dégagent de l'éthylène. Une fois mûre, elle se conserve deux à trois jours et peut être placée au réfrigérateur pour ralentir son évolution.
Côté cuisine, elle se déguste nature, en salade de fruits, en smoothie, mais aussi dans des plats salés (avec du poisson, de la volaille, dans un chutney ou un curry) et se marie très bien avec l'avocat. Pour la découper facilement, taillez de part et d'autre du noyau plat, puis quadrillez la chair sans percer la peau et retournez la « joue » obtenue.
Pour la grande majorité des gens, la mangue se consomme sans souci, dans le cadre d'une alimentation variée. En cas de diabète, tenez compte de sa teneur en sucres dans la ration de fruits de la journée. Éplucher le fruit avant de le manger limite par ailleurs le contact avec l'urushiol de la peau.
La mangue est un fruit tropical savoureux, riche en eau, riche en vitamine C et en vitamine B9, et source de vitamine A et de vitamine E — un profil micronutritionnel rare pour un fruit, qui lui vaut un Nutri-Score A. Elle apporte aussi des caroténoïdes et des polyphénols. Son index glycémique modéré et son apport calorique raisonnable en font un fruit qui a toute sa place dans une alimentation équilibrée, en restant attentif aux portions en cas de diabète et en privilégiant le fruit frais plutôt que séché ou en jus. Comme pour tous les fruits, c'est la régularité et la variété qui comptent, plus que les vertus prêtées à un « super-aliment ».
Non, pas en soi. Avec environ 60 à 75 kcal aux 100 g, la mangue est un fruit modérément énergétique. Comme pour tout aliment, c'est la quantité totale et l'équilibre global de l'alimentation qui comptent, pas un fruit isolé. La mangue séchée, en revanche, est bien plus concentrée en sucres et en calories.
Oui, en surveillant les portions. Son index glycémique est modéré (entre 41 et 60 selon la maturité), mais elle reste sucrée : elle s'intègre dans la ration de fruits de la journée, idéalement associée à des protéines ou de bonnes graisses, et de préférence pas trop mûre. En cas de doute, demandez conseil à un professionnel de santé.
Une portion d'environ 150 à 200 g (une demi-mangue à une mangue moyenne) correspond à une portion de fruit. Elle s'inscrit dans l'objectif de variété des fruits et légumes au quotidien.
Oui. Avec environ 25 mg aux 100 g (près de 31 % de la VNR), elle peut être qualifiée de « riche en vitamine C » : une portion couvre une bonne partie des apports quotidiens. La vitamine C étant sensible à la chaleur, privilégiez la mangue crue.
Outre la vitamine C, la mangue est riche en vitamine B9 (folates) et source de vitamine A (via le β-carotène) et de vitamine E — une combinaison peu courante chez les fruits. Elle apporte aussi un peu de potassium et des caroténoïdes.
Pas tout à fait. En séchant, le fruit perd son eau : sucres et calories se concentrent (souvent plus de 300 kcal/100 g) et une partie de la vitamine C est dégradée. C'est un en-cas pratique mais à consommer en petite quantité, surtout s'il est additionné de sucre.
C'est possible, surtout chez les personnes allergiques aux fruits à coque (cajou, pistache), de la même famille botanique. La peau, qui contient de l'urushiol, peut aussi provoquer une dermite de contact chez les personnes sensibles. En cas de réaction, consultez un médecin.