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Une figue fraîche de saison apporte environ 74 kilocalories pour 100 grammes. La même figue, séchée, en pèse trois à quatre fois plus une fois rapportée au poids sec. C'est tout l'enjeu de cette page : distinguer ce que la figue peut réellement apporter selon sa forme, et démêler ce qui relève de la nutrition documentée de ce qui tient de l'allégation traditionnelle. Les figues fraîches arrivent sur les étals français entre fin août et mi-octobre. Le reste de l'année, on les trouve surtout sous forme séchée, importée principalement de Turquie, de Grèce ou d'Iran.
Fibres, potassium, calcium, polyphénols : la composition de la figue mérite un examen détaillé. Son index glycémique aussi, particulièrement sous forme séchée. Et certains usages traditionnels (latex frais, infusions de feuilles) demandent à être recadrés, parce qu'ils continuent de circuler sans nuance dans la littérature grand public.


Sécher une figue, c'est en évacuer l'eau et concentrer presque tout le reste : minéraux, fibres, sucres. La vitamine C, sensible à la chaleur et à l'air, fait exception et se réduit à des traces. Une figue séchée pèse entre 8 et 12 grammes et concentre l'équivalent nutritif d'environ 2,5 à 3 figues fraîches une fois rapportée au poids sec.
Le tableau ci-dessous compare les deux formes pour 100 grammes. Les valeurs sont reprises de la table de composition Ciqual de l'Anses, dans son export courant (1).
| Pour 100 g | Figue fraîche crue | Figue séchée |
|---|---|---|
| Énergie | ≈ 74 kcal | ≈ 250 kcal |
| Eau | ≈ 79 g | ≈ 25 g |
| Glucides assimilables | ≈ 16 g | ≈ 58 à 64 g |
| Sucres simples | ≈ 16 g | ≈ 48 g |
| Fibres alimentaires | ≈ 3 g | ≈ 9 à 10 g |
| Protéines | ≈ 0,8 g | ≈ 3,3 g |
| Calcium | ≈ 57 mg | ≈ 160 mg |
| Potassium | ≈ 232 mg | ≈ 845 mg |
| Magnésium | ≈ 22 mg | ≈ 68 mg |
| Fer | ≈ 0,4 mg | ≈ 2,0 mg |
| Vitamine C | ≈ 2 mg | traces |
| Index glycémique estimé | bas (≈ 35) | modéré (≈ 60) |
La figue séchée concentre donc presque tous les minéraux par un facteur trois et fait grimper la densité énergétique dans la même proportion. Les fibres sont multipliées par trois à quatre, ce qui en fait l'un des fruits secs les plus intéressants à ce titre, devant les pruneaux. Revers de la médaille : la charge glycémique d'une portion devient sensiblement plus élevée, point développé plus bas.
Pour 100 grammes de figue fraîche crue, la table Ciqual de l'Anses retient en moyenne 74 kilocalories, 19 grammes de glucides totaux dont environ 16 grammes de sucres simples (fructose et glucose pour l'essentiel), 3 grammes de fibres alimentaires, 0,8 gramme de protéines et 0,3 gramme de lipides (1). Côté micronutriments, on retrouve environ 57 mg de calcium, 232 mg de potassium, 22 mg de magnésium, 14 mg de phosphore, 0,4 mg de fer, ainsi que de la vitamine B6 (0,11 mg), un peu de vitamine C (2 mg) et de la vitamine K1.
Avec environ 16 g de glucides assimilables pour 100 g, la figue fraîche est un fruit naturellement sucré. Sa teneur en eau (près de 80 %) limite la densité énergétique : on reste loin des fruits à coque ou des fruits secs. Les fibres représentent environ 3 g/100 g, un niveau honorable pour un fruit frais, partagé entre fibres solubles (pectines) et fibres insolubles (cellulose, hémicelluloses). Cette mixité contribue à modérer la cinétique d'absorption des sucres.
Le potassium est le minéral le plus présent : 232 mg/100 g dans la forme fraîche, près de 845 mg/100 g dans la forme séchée. Le calcium végétal est notable pour un fruit (57 mg dans la fraîche, 160 mg dans la séchée), même si sa biodisponibilité reste inférieure à celle des produits laitiers du fait de la présence d'oxalates et de phytates. Le magnésium et la vitamine B6 participent au fonctionnement musculaire et nerveux, sans qu'on puisse présenter la figue comme une source majeure de ces deux nutriments.

La figue est citée depuis longtemps parmi les aliments favorisant le transit. Un essai clinique de 2016 publié dans Asia Pacific Journal of Clinical Nutrition a évalué l'effet d'une pâte de figue chez des adultes coréens souffrant de constipation fonctionnelle. La consommation de 300 g/jour pendant 8 semaines a amélioré la fréquence des selles, la consistance et le temps de transit colique par rapport au placebo (3). L'effet repose sur la combinaison de fibres insolubles, qui augmentent le volume du bol fécal, et de fibres solubles, qui retiennent l'eau et facilitent la progression intestinale.
L'Anses recommande aux adultes 30 g de fibres par jour, cible rarement atteinte en France (moyenne autour de 20 g) (1). Trois figues séchées apportent à elles seules environ 3 g de fibres, soit 10 % de l'objectif quotidien. C'est un appoint utile, à condition d'être réparti dans une alimentation déjà variée. Pour situer la figue parmi d'autres options, voir notre dossier sur les fruits riches en fibres alimentaires.

Le profil minéral de la figue, particulièrement marqué dans sa forme séchée, justifie sa réputation d'aliment « reminéralisant » dans la littérature nutritionnelle traditionnelle. Trois minéraux méritent une attention particulière, sans qu'aucun ne fasse de la figue une source isolée suffisante.
Augmenter ses apports en potassium est associé à une légère baisse de la pression artérielle, surtout chez les personnes hypertendues dont l'alimentation est riche en sodium. L'OMS recommande au moins 3 510 mg/jour pour un adulte (4). Avec environ 845 mg pour 100 g, la figue séchée contribue utilement à cet objectif. Pour autant, la pression artérielle dépend du rapport sodium/potassium global, et non d'un seul fruit. Un dossier dédié reprend les principales autres sources alimentaires concentrées en potassium.
La figue séchée fait partie des fruits les plus riches en calcium (environ 160 mg/100 g). La biodisponibilité de ce calcium végétal dépend de la matrice alimentaire : présence d'oxalates, de phytates, de fibres. Elle reste un appoint pertinent pour les personnes limitant ou excluant les produits laitiers, en complément d'autres apports végétaux (amandes, légumes verts à feuilles, eaux minérales calciques). La figue ne remplace pas les principales sources de calcium dans l'alimentation.
Le magnésium intervient dans plus de 300 réactions enzymatiques, dont la production d'énergie cellulaire et la transmission neuromusculaire. La figue séchée en apporte environ 68 mg pour 100 g, soit près de 18 % des apports nutritionnels conseillés pour une femme adulte. Là encore, c'est la régularité d'un apport global qui compte, pas la portion isolée.
La figue, surtout dans ses variétés violettes ou noires, contient une fraction notable de polyphénols : anthocyanes (cyanidine-3-rutinoside notamment), flavonoïdes (rutine, quercétine), acides phénoliques (chlorogénique, gallique) (2). Ces composés sont étudiés in vitro et sur modèles animaux pour leur activité antioxydante. Les données chez l'humain restent toutefois limitées et ne permettent pas d'affirmer qu'une consommation de figues exerce à elle seule un effet anti-inflammatoire clinique.
La concentration en polyphénols est nettement plus élevée dans la peau que dans la pulpe. Pour une variété violette, la majeure partie des anthocyanes se trouve dans la couche colorée externe. Conclusion pratique : consommer la figue entière après un simple rinçage, sans éplucher, optimise l'apport en composés bioactifs.
Le bon réflexe consiste à intégrer la figue dans une alimentation riche en antioxydants naturels, variée et globalement orientée vers les fruits, les légumes, les légumineuses, les noix et les huiles de qualité, plutôt que de lui attribuer un effet santé isolé.
Le latex blanchâtre qui s'écoule du pédoncule d'une figue fraîchement cueillie contient des enzymes protéolytiques regroupées sous le nom de ficine ou ficaïne, de la même famille que la papaïne du papayer et la broméline de l'ananas (6). Sa fonction biologique est principalement défensive : elle dissuade certains insectes phytophages.
En cuisine, la ficine est utilisée empiriquement comme attendrisseur de viande. C'est aussi elle qui explique pourquoi une figue fraîche placée dans une préparation lactée peut faire « cailler » le lait, en hydrolysant les caséines.
Sur le plan digestif chez l'humain, en revanche, son rôle après consommation de figues fraîches ou séchées n'est pas établi. Le latex est largement inactivé par l'acidité gastrique. Les allégations sur une « digestion facilitée des protéines » par la consommation de figues ne reposent pas sur des données cliniques solides. La ficine intéresse surtout la recherche, l'industrie alimentaire et certains usages technologiques. Le latex frais reste irritant pour la peau et les muqueuses : il ne doit pas être présenté comme un ingrédient alimentaire bénéfique.

L'index glycémique classe les aliments selon la vitesse à laquelle ils élèvent la glycémie postprandiale. La figue fraîche se situe dans la fourchette des fruits à index glycémique bas. La figue séchée, en revanche, monte sensiblement, autour de 61 selon les tables internationales de référence, dans la zone des aliments à index glycémique modéré (5). Cette valeur ne s'applique pas à toutes les figues séchées : elle a été mesurée sur une figue séchée tenderized et peut varier selon le produit. C'est la portion qui pèse le plus lourd dans l'effet réel sur la glycémie. Pour situer ces variations dans une logique d'alimentation et équilibre glycémique au quotidien, notre dossier dédié replace la figue dans le tableau global.
L'index glycémique ne fait sens qu'associé à la quantité d'aliment réellement consommée, via la charge glycémique (CG = IG × glucides assimilables / 100). Une figue fraîche moyenne (50 g) apporte environ 8 g de glucides pour une CG d'environ 3, considérée comme basse. Trois figues séchées (30 g) apportent environ 18 g de glucides pour une CG autour de 11, considérée comme modérée. Cette comparaison illustre l'intérêt de raisonner en portions réelles plutôt qu'en index glycémique seul.
Les feuilles de figuier sont utilisées dans certaines traditions méditerranéennes, sous forme d'infusion ou de décoction. Quelques travaux anciens ont exploré leur effet potentiel sur la glycémie, dont une petite étude conduite chez des patients diabétiques de type 1, qui avait observé une diminution de la glycémie postprandiale après consommation régulière d'un extrait de feuilles (2). Les données restent limitées et ne permettent pas d'en faire une recommandation générale.
La figue fraîche est un fruit fragile, qui se conserve seulement deux à quatre jours au réfrigérateur dans son bac à légumes. Mieux vaut la sortir une demi-heure avant dégustation pour qu'elle retrouve ses arômes. Choisir des fruits souples au toucher, à la peau intacte, légèrement parfumés au niveau du pédoncule. Les fruits trop fermes n'achèvent pas leur maturation après cueillette. La figue séchée se conserve plusieurs mois dans un récipient hermétique, à l'abri de la lumière et de l'humidité.
Consommée crue, la figue préserve sa vitamine C et l'intégralité de ses polyphénols. Cuite, rôtie au four quelques minutes avec un filet de miel ou poêlée avec une noisette de beurre, elle développe des arômes plus caramélisés mais perd une partie de ses composés thermosensibles. Les deux préparations restent intéressantes nutritionnellement.
La figue est globalement bien tolérée. Quelques situations appellent malgré tout une vigilance.
La figue est classée parmi les fruits associés au syndrome latex-fruit, en raison de protéines homologues à celles du caoutchouc naturel. Les personnes allergiques au latex peuvent présenter des réactions croisées : démangeaisons buccales, gonflement des lèvres, plus rarement des réactions sévères. Les allergies isolées à la figue, hors contexte latex, restent peu fréquentes mais possibles. En cas d'antécédent allergique, un avis allergologique est recommandé avant consommation régulière.
Comme indiqué plus haut, la figue séchée demande une attention particulière chez les personnes diabétiques ou présentant un syndrome métabolique, du fait de sa charge glycémique. Privilégier la forme fraîche en saison et limiter les portions de figue séchée à 20 ou 30 g par prise reste la règle la plus simple.
La richesse en fibres et en sorbitol (un polyol naturel) de la figue séchée peut provoquer ballonnements, flatulences voire diarrhées en cas de consommation excessive, au-delà de cinq ou six unités par jour. L'introduction progressive et une bonne hydratation limitent ces désagréments.
En usage alimentaire classique, la figue convient à partir de 12 mois, sous forme écrasée pour éviter le risque de fausse route avec la peau et les graines. Chez la femme enceinte, elle constitue un fruit pratique pour couvrir les besoins accrus en fer et en calcium, en restant raisonnable sur les portions. En revanche, les préparations à base de feuilles de figuier sont à éviter sans avis médical pendant la grossesse et l'allaitement.
Ce que nous appelons « fruit » n'est pas un fruit unique mais une infrutescence : une enveloppe charnue (le sycone) qui renferme de très nombreuses petites fleurs, devenues à maturité les minuscules grains croquants caractéristiques de la pulpe. Certaines variétés cultivées (celles dépendantes du blastophage, une petite guêpe spécifique) coexistent avec des variétés communes parthénocarpiques, qui produisent des fruits sans pollinisation. C'est notamment le cas de nombreuses figues vendues fraîches en France.
La figue n'est pas un super-aliment au sens où certaines listes le laissent entendre. C'est un fruit méditerranéen intéressant pour ses fibres, ses minéraux et ses polyphénols, à condition d'être lue pour ce qu'elle est : la forme fraîche, peu sucrée et fragile, à privilégier d'août à octobre ; la forme séchée, concentrée en énergie comme en nutriments, à consommer en portions raisonnables le reste de l'année. La promesse anti-inflammatoire, la digestion facilitée par la ficine ou la détente du soir tiennent davantage du folklore nutritionnel que d'une démonstration clinique. La promesse, plus modeste mais solide, est ailleurs : un fruit dense, polyvalent en cuisine, et qui s'intègre sans difficulté à une alimentation déjà variée.
Reste une question pratique. La prochaine fois que vous achèterez des figues fraîches en saison, gardez-en la peau, et goûtez deux variétés différentes (une violette, une verte) côte à côte. C'est là que la nutrition cesse d'être abstraite.
Pour un adulte en bonne santé, deux à trois figues fraîches en saison, ou trois à quatre figues séchées (environ 30 à 40 g) constituent une portion raisonnable, équivalente à une portion de fruit. Au-delà, l'apport calorique et glucidique devient significatif, surtout sous forme séchée.
Aucun aliment ne fait grossir isolément : c'est le bilan énergétique global qui compte. La figue fraîche, à 74 kcal/100 g, reste un fruit modéré. La figue séchée, à 250 kcal/100 g, demande plus de vigilance sur la portion, comme les autres fruits secs (dattes, abricots secs, raisins secs).
Non, sauf préférence personnelle. La peau de la figue est comestible, fine et riche en polyphénols et en fibres. Un simple rinçage à l'eau froide suffit avant consommation.
Oui, une petite portion de figues fraîches peut s'inscrire dans un repas du soir équilibré. Les figues séchées, plus concentrées en sucres et en fibres, gagnent à être limitées en cas de sensibilité digestive ou de surveillance de la glycémie.
Elles concentrent les minéraux (calcium, potassium, magnésium, fer) et les fibres, mais perdent l'essentiel de la vitamine C et augmentent fortement leur densité énergétique et leur charge glycémique. Les deux formes sont complémentaires : la fraîche en saison, la séchée le reste de l'année, en portions adaptées.
Les variétés blanches (chair claire) et noires ou violettes ont une composition globalement comparable. Les variétés sombres contiennent davantage d'anthocyanes (polyphénols colorés) dans leur peau, ce qui leur confère un profil antioxydant légèrement supérieur.
Les infusions de feuilles relèvent d'un usage traditionnel et ne constituent pas un remède standardisé. Elles sont déconseillées sans avis médical chez les personnes traitées pour diabète, les femmes enceintes ou allaitantes. Le latex frais du figuier peut provoquer des irritations cutanées et des réactions de photosensibilisation.
Oui, la figue est naturellement exempte de gluten, qu'elle soit fraîche ou séchée. Vérifier simplement l'absence de traces sur les produits transformés contenant de la figue (barres de céréales, confiseries) en cas de maladie cœliaque.