Le kaki est un fruit charnu de couleur orangée, issu de l'arbre Diospyros kaki, dont la consommation s'est largement diffusée en Europe et en France au cours des dernières décennies. Récolté de l'automne au début de l'hiver, il occupe une place particulière dans le paysage des fruits saisonniers, à la fois pour son profil sensoriel et pour sa composition nutritionnelle riche en caroténoïdes, fibres et polyphénols [1].
Étudier les bienfaits du kaki suppose d'examiner ses différentes variétés (Fuyu, Hachiya, Sharon), son apport énergétique modéré et la diversité de ses micronutriments, sans négliger certaines précautions de consommation. Ce dossier propose une synthèse rigoureuse de la composition, du profil nutritionnel et des conseils pratiques, en s'appuyant sur les bases de données nutritionnelles et la littérature scientifique disponible [2].

Le kaki, ou plaqueminier du Japon, appartient à la famille des Ébénacées et au genre Diospyros, étymologiquement « fruit des dieux » en grec ancien. L'espèce Diospyros kaki est cultivée depuis plusieurs millénaires en Chine, où l'on trouve les premiers témoignages d'exploitation horticole, avant une diffusion progressive au Japon, en Corée, puis dans le pourtour méditerranéen à partir du XIXᵉ siècle [2]. L'arbre, caduc, atteint 6 à 12 mètres et se distingue par son feuillage d'automne très coloré et par ses fruits qui demeurent suspendus aux rameaux après la chute des feuilles.
En France, la production se concentre dans le sud-est (Provence-Alpes-Côte d'Azur, Occitanie) et le sud-ouest, avec une saison de récolte qui s'étend principalement d'octobre à décembre. Les fruits parviennent ensuite sur les étals jusqu'en début d'année, en fonction des conditions de conservation. Le kaki s'inscrit ainsi parmi les fruits de fin d'automne et d'hiver, période où la diversité fruitière fraîche se réduit, ce qui en fait un complément intéressant des agrumes et des fruits secs de saison [1].
Le fruit est une baie sphérique ou aplatie, d'un diamètre de 5 à 9 cm, à peau lisse et jaune-orangé à rouge cuivré selon la maturité. La pulpe, gélatineuse à pâteuse une fois mûre, contient de zéro à huit graines selon les cultivars. Le calice persistant, charnu, sert de point de repère pour la maturité : un calice qui se détache facilement signale un fruit prêt à être consommé.

Le grand public confond souvent les différents kakis. Or, ces fruits diffèrent fortement par leur texture, leur teneur en tanins et leurs usages culinaires. On distingue traditionnellement deux grands groupes horticoles : les variétés astringentes, dont les tanins solubles ne se polymérisent qu'à pleine maturité, et les variétés non astringentes, consommables fermes [2].
| Variété | Type | Texture à consommation | Tanins / astringence | Usage recommandé |
|---|---|---|---|---|
| Fuyu | Non astringente | Croquante, ferme | Faible astringence à maturité, consommable ferme | À croquer, en salade, tranchée |
| Hachiya | Astringente | Très molle, gélatineuse | Élevés tant que le fruit n'est pas blet | À la cuillère, pâtisserie, confiture |
| Sharon (Triumph) | Astringente détannisée | Ferme, type pomme | Réduits par traitement post-récolte | À croquer, sans pelage obligatoire |
| Rojo Brillante | Astringente | Variable selon traitement | Élevés à l'état frais, réduits après CO₂ | Souvent vendu détannisé (Persimon®) |
Pour les variétés astringentes, plusieurs procédés permettent de réduire la teneur en tanins solubles, responsables de la sensation de bouche pâteuse. Les méthodes traditionnelles incluent le mûrissement prolongé jusqu'à l'état blet, le passage au congélateur pendant 24 à 48 heures, ou la cohabitation avec des fruits dégageant de l'éthylène (pomme, banane). À l'échelle industrielle, le traitement au dioxyde de carbone en chambre étanche (méthode mise au point au Japon puis reprise en Espagne) provoque une polymérisation rapide des tanins, qui deviennent insolubles : le fruit conserve alors une texture ferme tout en perdant son astringence [3]. Le cultivar Rojo Brillante, lorsqu'il est détannisé selon le cahier des charges concerné, est commercialisé sous la marque Persimon®.
Le terme « Sharon » désigne historiquement une variété israélienne (du nom de la vallée du Sharon), proche du cultivar Triumph, dont les fruits sont systématiquement détannisés avant commercialisation. Dans le langage courant, le mot tend à englober tous les kakis fermes et non astringents au moment de l'achat, ce qui peut prêter à confusion avec la Fuyu, génétiquement différente.

Les valeurs ci-dessous proviennent de la ligne « Persimmons, japanese, raw » du jeu de données USDA FoodData Central, identifiant FDC 169941 [1]. Les valeurs ci-dessous concernent la pulpe crue d'un fruit pleinement mûr et peuvent varier sensiblement selon la variété, le terroir et la maturité.
| Nutriment | Valeur pour 100 g | Remarque |
|---|---|---|
| Énergie | ~70 kcal (293 kJ) | Densité énergétique proche du raisin, supérieure à celle de la pomme |
| Eau | ~80 g | Fruit hydratant |
| Glucides totaux | ~18 g | Principalement fructose, glucose, saccharose |
| Fibres alimentaires | ~3,6 g | Solubles (pectines) et insolubles |
| Protéines | ~0,6 g | Apport faible |
| Lipides | ~0,2 g | Négligeables |
| Vitamine C | ~7 mg | ~9 % de la référence nutritionnelle adulte |
| Vitamine A | ~81 µg ER | Champ « Vitamin A, RAE » de la base retenue, activité provitaminique incluse |
| Manganèse | ~0,4 mg | Cofacteur enzymatique |
| Potassium | ~160 mg | Participe à l'équilibre hydro-électrolytique |
| Polyphénols totaux | Variable (élevé) | Tanins condensés, flavonoïdes. Valeur absente de la base nutritionnelle, documentée par la revue scientifique [2] |
| Caroténoïdes spécifiques | Bêta-cryptoxanthine, lycopène, lutéine | Concentration accrue à pleine maturité. Source : revue scientifique [2] |
Les valeurs sont arrondies, le signe ~ signalant cet arrondi.
Les sucres simples (fructose, glucose, saccharose) représentent la quasi-totalité des glucides du kaki. Cette teneur, plus élevée que celle de la pomme ou de la poire, justifie d'associer le fruit à une portion de protéines ou de matières grasses pour modérer la réponse glycémique. La maturité influe directement : un fruit pleinement mûr concentre davantage de sucres simples, son indice glycémique augmentant alors par rapport au fruit ferme.
La couleur orangée du kaki traduit une concentration notable en pigments caroténoïdes, parmi lesquels le bêta-carotène, la bêta-cryptoxanthine, la lutéine et le lycopène. Ces molécules liposolubles font l'objet d'un intérêt soutenu en nutrition, notamment parce que certaines d'entre elles sont des précurseurs de la vitamine A [2].
Le bêta-carotène et la bêta-cryptoxanthine sont convertis partiellement en rétinol par l'organisme, ce qui participe au statut en vitamine A. Avec environ 81 µg ER pour 100 g, soit environ 10 % de la référence nutritionnelle adulte, le kaki n'atteint pas le seuil requis pour être présenté comme source de vitamine A.
Le kaki réunit des caroténoïdes, de la vitamine C et des polyphénols, des composés dont les propriétés antioxydantes sont mesurées in vitro. Avec environ 7 mg de vitamine C pour 100 g, soit environ 9 % de la référence adulte, le seuil de la mention « source de vitamine C » n'est pas atteint non plus. Cette diversité de composés est l'un des arguments pour intégrer régulièrement des fruits colorés à l'assiette, à condition d'en consommer une variété plutôt que de miser sur un aliment unique. Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre dossier sur les aliments riches en antioxydants naturels.
Avec environ 3,6 g de fibres pour 100 g, le kaki figure parmi les fruits frais les mieux pourvus en fibres alimentaires, à comparer aux 2,4 g de la pomme et aux 3,1 g de la poire crue [1]. Ces fibres se répartissent entre une fraction soluble, riche en pectines, et une fraction insoluble issue notamment de la peau.
Le kaki apporte des fibres solubles et insolubles. Leur effet dépend de la quantité totale de fibres consommée, de l'hydratation et de la tolérance individuelle. Une consommation régulière de fruits riches en fibres, dont le kaki, contribue à l'apport quotidien recommandé, détaillé dans notre page sur le rôle des fibres alimentaires.
Sa teneur en fibres participe à la densité du fruit et peut contribuer à la satiété dans le cadre d'un repas complet. Un fruit fibreux comme le kaki, consommé en collation ou en dessert, peut ainsi contribuer à une meilleure régulation de l'appétit, dans le cadre d'une alimentation globalement équilibrée. L'effet est comparable à celui observé avec d'autres fruits riches en pectines, telle la figue fraîche ou séchée ou la pomme.
Le kaki est l'un des fruits frais les plus riches en tanins condensés, en particulier dans sa forme astringente non mûre. Ces tanins, principalement des proanthocyanidines, font l'objet d'un nombre croissant de travaux de recherche [2]. À ce jour, ces données proviennent surtout d'études in vitro et de modèles animaux, parfois de petites études chez l'humain ; elles explorent le métabolisme des polyphénols sans qu'un effet santé soit démontré chez le consommateur. Notre guide des principales sources de polyphénols replace le kaki parmi les autres aliments concernés.
Si les tanins suscitent l'intérêt de la recherche, leur concentration élevée dans les kakis immatures pose deux problèmes pratiques : l'astringence prononcée, désagréable en bouche, et le risque de formation de bézoards gastriques en cas de consommation importante à jeun (voir section précautions). La maturation, la détannisation au CO₂ ou la cuisson abaissent fortement la teneur en tanins solubles.
L'apport en vitamine C du kaki (~7 mg/100 g) reste modeste comparé à un kiwi ou à un agrume, mais il s'ajoute aux polyphénols et caroténoïdes du fruit.
Le kaki apporte, dans une alimentation variée, une combinaison de fibres solubles, de potassium, de polyphénols et de caroténoïdes [2]. Ces apports s'additionnent à ceux des autres aliments de la journée, sans qu'aucun fruit pris isolément ne joue un rôle déterminant.
Avec environ 160 mg de potassium pour 100 g, le kaki couvre environ 8 % de la valeur nutritionnelle de référence, fixée à 2 000 mg. Cet apport est commun à de nombreux fruits frais et n'est pas spécifique au kaki ; le kaki n'est pas, à lui seul, une source concentrée de potassium, mais il s'ajoute aux autres apports alimentaires.
Une partie des fibres du kaki peut être fermentée dans le côlon. Cet effet dépend de la nature des fibres et de l'alimentation globale, sans permettre d'attribuer au kaki un bénéfice spécifique sur le microbiote.
Le kaki, malgré son profil nutritionnel intéressant, n'est pas un fruit anodin. Plusieurs précautions doivent être connues pour en faire un usage sûr, en particulier pour certaines catégories de personnes.
Le kaki apporte surtout des sucres simples, environ 18 g de glucides pour 100 g. La réponse glycémique dépend de la portion, de la maturité du fruit et de la composition du repas. Les personnes vivant avec un diabète, ou concernées par une gastroparésie, gagnent à en parler avec leur équipe soignante pour un conseil adapté à leur situation.
Des allergies au kaki ont été décrites, notamment chez des personnes sensibilisées au pollen de bouleau [5]. Toute réaction inhabituelle justifie l'arrêt de la consommation et un avis médical. La sensation d'astringence des kakis mal mûrs n'est pas une allergie : il s'agit d'une réaction physico-chimique des tanins avec les protéines salivaires.

Le kaki se prête à des préparations très variées, à condition de respecter sa maturité. Les variétés consommables fermes, comme Fuyu et le Sharon détannisé, s'apprécient à la manière d'une pomme. Les variétés astringentes, comme Hachiya, doivent atteindre une maturité très avancée avant consommation.
À l'achat, le calice doit être bien vert et adhérer au fruit ; la peau, lisse et brillante, sans taches sombres. Pour faire mûrir un kaki astringent, on peut le placer dans un sac papier avec une pomme ou une banane pendant deux à cinq jours. À pleine maturité, le fruit se conserve quelques jours au réfrigérateur. La congélation 24 à 48 heures puis la décongélation lente est une méthode traditionnelle pour réduire l'astringence des Hachiya.
Dans le cadre des repères du Programme national nutrition santé (cinq portions de fruits et légumes par jour), un kaki de calibre moyen peut compter comme une portion de fruit [6]. Il n'existe pas de quantité quotidienne universelle : la fréquence dépend de la variété alimentaire, de la tolérance et des facteurs de risque digestifs. La diversité reste préférable à la répétition d'un même fruit, afin de varier les apports en micronutriments et en fibres.

Comparer le kaki à d'autres fruits saisonniers permet de mieux situer son intérêt nutritionnel. Le tableau suivant rassemble quelques indicateurs pour des fruits typiques de la période octobre-décembre, à partir de la même base que le tableau précédent [1]. Les fruits sont crus, sauf mention contraire.
| Fruit (pour 100 g) | Énergie (kcal) | Fibres (g) | Vit. C (mg) | Particularité |
|---|---|---|---|---|
| Kaki mûr | ~70 | ~3,6 | ~7 | Caroténoïdes, tanins |
| Pomme | ~52 | ~2,4 | ~5 | Pectines, polyphénols |
| Poire | ~57 | ~3,1 | ~4 | Fibres, faible IG |
| Raisin | ~70 | ~1,0 | ~4 | Resvératrol, sucres simples |
| Clémentine | ~47 | ~1,7 | ~49 | Vitamine C, bêta-cryptoxanthine |
| Coing (cuit) | ~57 | ~6,0 | ~15 | Très riche en pectines (valeur après cuisson) |
Le kaki ne se substitue pas à un agrume sur le plan de la vitamine C, ni à un coing pour les fibres, mais il apporte une combinaison originale de caroténoïdes orangés et de tanins polyphénoliques que peu d'autres fruits frais d'automne possèdent à ce niveau. Associé sur la semaine à des pommes, des poires, des clémentines et des fruits à coque, il contribue à un panier saisonnier diversifié et complet.
Le kaki occupe une place singulière parmi les fruits d'automne et d'hiver : densité modérée en énergie, apport notable en fibres, présence remarquable de caroténoïdes orangés et richesse en tanins polyphénoliques. Ces caractéristiques justifient son intégration régulière dans une alimentation diversifiée, en gardant à l'esprit la nécessité de distinguer les variétés astringentes des variétés non astringentes, et de respecter les précautions liées au risque de bézoard chez certaines populations [4]. Le kaki peut s'intégrer à une alimentation variée. Les personnes ayant un antécédent de chirurgie gastrique ou un trouble de la vidange gastrique doivent demander un avis médical avant une consommation importante de kaki astringent. Comme pour tout aliment, la variété et la modération priment sur la consommation excessive d'un fruit unique.
Avec environ 70 kcal pour 100 g, le kaki présente une densité énergétique comparable à celle du raisin et supérieure à celle de la pomme ou de la poire. Son effet sur le poids dépend de la quantité consommée et de l'équilibre énergétique global. Les fibres qu'il contient participent à la satiété.
La peau des variétés consommables fermes est fine et comestible, à condition de bien laver le fruit. Pour les variétés très mûres et molles (Hachiya), la peau est le plus souvent écartée ou consommée avec la pulpe à la cuillère.
L'astringence provient de tanins solubles, principalement des proanthocyanidines, qui précipitent avec les protéines salivaires et produisent une sensation de bouche râpeuse. Elle est typique des kakis immatures, en particulier des variétés Hachiya et Rojo Brillante non traitées. La maturation, la congélation 24-48 h ou le mûrissement avec une pomme permettent de la réduire.
Le kaki apporte surtout des sucres simples, et la réponse glycémique varie selon la portion, la maturité du fruit et la composition du repas. Une personne vivant avec un diabète a intérêt à intégrer ce fruit dans le cadre défini avec son équipe soignante. En cas de gastroparésie diabétique, cet avis médical est d'autant plus utile.
Le diospyrobézoard est un agrégat compact formé dans l'estomac à partir des tanins du kaki, qui se polymérisent au contact de l'acide gastrique et des protéines alimentaires. Il survient principalement après consommation de grandes quantités de fruits immatures à jeun, ou chez des personnes présentant un trouble de la vidange gastrique. Il s'agit d'une complication rare mais documentée, qui peut nécessiter une prise en charge endoscopique.
Le « Sharon » désigne au sens strict une variété israélienne issue du cultivar Triumph, systématiquement détannisée avant commercialisation, qui peut donc être croquée ferme. Dans le langage courant, le terme tend à englober tous les kakis non astringents (incluant la Fuyu), génétiquement différents mais commercialisés avec un usage similaire.
Le kaki contribue à l'apport quotidien en fibres. La tolérance digestive varie selon la quantité consommée, la maturité du fruit, l'hydratation et l'alimentation globale.
Il n'existe pas de quantité quotidienne universelle. Un kaki de calibre moyen (150-200 g) peut compter comme une portion de fruit. En cas de pathologie digestive ou métabolique particulière, ce repère peut être ajusté en concertation avec un professionnel de santé.
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