Les bienfaits de la banane

Accès rapide

    Fruit le plus consommé au monde, la banane occupe une place singulière dans l'alimentation humaine, à mi-chemin entre la collation pratique et l'aliment fonctionnel. Issue de plantes herbacées géantes du genre Musa, elle se distingue par une composition glucidique évolutive : son profil change de manière marquée selon le stade de maturité, ce qui modifie aussi bien son index glycémique que ses effets digestifs. Les bienfaits de la banane reposent sur une combinaison cohérente de potassium, de vitamine B6, de magnésium, de tryptophane et de polyphénols, dans un format calorique modéré [1].

    Voici ce que vous allez découvrir sur cette page : description botanique, composition pour 100 g, variations selon la maturité, bénéfices documentés sur la pression artérielle, l'humeur, le sport et le microbiote, précautions, et conseils pratiques de consommation au quotidien. La banane n'aura bientôt plus aucun secret pour vous !

    Origine botanique et description

    La banane est le fruit de plantes herbacées vivaces du genre Musa, appartenant à la famille des Musaceae. Les variétés cultivées pour la consommation humaine descendent principalement de deux espèces : Musa acuminata, à l'origine des bananes dessert classiques, et Musa balbisiana, dont les hybrides ont donné naissance aux bananes plantain et à des cultivars rustiques regroupés sous le nom de Musa × paradisiaca [2]. Contrairement à une représentation courante, le bananier n'est pas un arbre : son « tronc » est en réalité un pseudo-tronc formé par l'imbrication serrée des gaines foliaires.

    Une origine asiatique, une diffusion mondiale

    Les ancêtres sauvages du bananier sont originaires d'Asie du Sud-Est, principalement de la zone comprise entre le nord-est de l'Inde, la Birmanie, la Malaisie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée. La domestication remonte à plusieurs millénaires : des traces archéobotaniques attestent une culture organisée dès le néolithique. La banane a ensuite gagné l'Afrique, le bassin méditerranéen, puis les Amériques à partir du XVIe siècle. Aujourd'hui, elle est cultivée dans toutes les zones tropicales et subtropicales, et figure parmi les premiers fruits produits au monde en volume.

    Bananes dessert et bananes à cuire

    On distingue deux grands usages alimentaires. Les bananes dessert, dont la variété Cavendish domine largement le commerce international, se consomment crues à maturité. Les bananes à cuire, plus riches en amidon et moins sucrées, regroupent les plantains et certains hybrides utilisés bouillis, frits ou rôtis dans de nombreuses cuisines tropicales. Cette distinction culinaire correspond aussi à un profil nutritionnel différent : les bananes à cuire sont plus denses en amidon et restent fermes après cuisson, tandis que les bananes dessert mûres concentrent davantage de sucres simples.

    Composition nutritionnelle pour 100 g

    La banane crue à maturité fournit en moyenne 89 kcal pour 100 g, soit environ 105 kcal pour un fruit de taille moyenne (120 g pelés). Son profil est dominé par les glucides, avec une fraction non négligeable de fibres et un éventail intéressant de micronutriments. Le tableau ci-dessous synthétise les valeurs de référence rapportées par les bases de composition alimentaire [1].

    Nutriment (pour 100 g de banane crue mûre) Valeur moyenne Remarque
    Énergie ~89 kcal Densité énergétique modérée pour un fruit frais
    Eau ~75 g Fruit plutôt sec comparé à pomme ou pastèque
    Glucides totaux ~23 g Mélange amidon + sucres simples (proportion variable selon maturité)
    Sucres ~12 g Fructose, glucose, saccharose
    Fibres alimentaires ~2,6 g Pectines + amidon résistant (banane peu mûre)
    Protéines ~1,1 g Faible, mais contient du tryptophane
    Lipides ~0,3 g Négligeable
    Potassium ~358 mg Contribution intéressante aux apports quotidiens
    Magnésium ~27 mg Apport d'appoint
    Vitamine B6 ~0,4 mg Apport élevé pour un fruit (≈25 % AR)
    Vitamine C ~8,7 mg Modéré, sensible à la maturation et au stockage
    Folates (B9) ~20 µg Apport d'appoint
    Tryptophane ~10 mg Précurseur de la sérotonine
    Polyphénols présents Dopamine, catéchines, tanins, surtout dans la peau
    À retenir : la banane est un fruit relativement énergétique parmi les fruits frais, mais sa densité calorique reste inférieure à celle des fruits secs. Sa richesse en potassium et en vitamine B6 constitue sa signature nutritionnelle la plus marquée.

    Micronutriments et composés mineurs

    Au-delà des macronutriments, la banane apporte de petites quantités de manganèse, de cuivre, de vitamines du groupe B (B1, B2, B5) et de bêta-carotène. Elle contient également des amines biogènes (dopamine, sérotonine présentes dans la pulpe et la peau), des polyphénols dont les flavonoïdes, ainsi que des phytostérols. Ces composés n'apparaissent pas systématiquement dans les étiquetages mais participent au profil global du fruit [3].

    Variations selon le stade de maturité

    L'un des traits les plus singuliers de la banane est la transformation profonde de sa composition glucidique au cours de la maturation. Pendant que la chlorophylle se dégrade et que la peau passe du vert au jaune puis au brun, l'amidon se convertit progressivement en sucres simples sous l'action enzymatique. Cette évolution modifie l'index glycémique (IG) du fruit, sa digestibilité, son goût et ses effets métaboliques.

    Stade Aspect Glucides dominants IG indicatif Particularités
    Verte (peu mûre) Peau verte, chair ferme Amidon, dont amidon résistant ~30 (bas) Saveur peu sucrée, effet prébiotique, satiété accrue
    Jaune (mûre) Peau jaune homogène Sucres simples + amidon résiduel ~51 (modéré) Texture moelleuse, digestion facilitée
    Tigrée à brune (très mûre) Peau tachetée à brunie Sucres simples, fructose élevé ~60+ (modéré-élevé) Goût très sucré, digestion rapide, intérêt en pâtisserie

    Pourquoi l'index glycémique change-t-il ?

    Une banane verte peut contenir jusqu'à 70 à 80 % de son poids sec sous forme d'amidon, dont une fraction notable d'amidon résistant non digéré dans l'intestin grêle. À mesure que le fruit mûrit, des amylases endogènes hydrolysent l'amidon en glucose, fructose et saccharose. La quantité de sucres rapidement assimilables augmente, ce qui élève la réponse glycémique post-prandiale [4]. Pour une lecture plus complète de cette notion, vous pouvez consulter notre page dédiée à la glycémie et son régulation.

    Repère pratique : une banane peu mûre conviendra mieux à une personne cherchant un index glycémique bas et un effet satiété prolongé, tandis qu'une banane bien mûre sera plus indiquée pour une recharge énergétique rapide avant un effort physique.

    Potassium et pression artérielle

    Avec environ 358 mg de potassium pour 100 g, la banane figure parmi les fruits frais les mieux pourvus en cet électrolyte, sans atteindre le sommet du classement (épinards, haricots, certains poissons en contiennent davantage par portion). Le potassium contribue au fonctionnement normal du système nerveux et des muscles, et à la régulation de la pression artérielle. Une consommation suffisante de potassium est associée, dans plusieurs méta-analyses d'études d'intervention, à une réduction modeste mais significative de la pression artérielle systolique et diastolique chez les adultes hypertendus [5].

    Équilibre sodium/potassium

    L'effet bénéfique du potassium s'exprime particulièrement dans le cadre d'une alimentation par ailleurs riche en sodium. Le rapport potassium/sodium influence l'excrétion rénale, le volume plasmatique et la sensibilité vasculaire. Augmenter la part de fruits, légumes et légumineuses dans l'alimentation, dont la banane peut faire partie, contribue à rééquilibrer ce rapport sans qu'il soit nécessaire d'isoler un aliment unique.

    Équilibre hydro-électrolytique au quotidien

    Le potassium est l'électrolyte intracellulaire majeur. Avec le sodium et le chlorure, il régule l'hydratation cellulaire, la conduction nerveuse et la contraction musculaire. Une alimentation pauvre en potassium et riche en sodium est associée à une rétention hydrosodée et à un risque accru de crampes et de fatigue musculaire. La banane, en collation ou en complément de repas, fournit un apport régulier sans excès calorique majeur.

    Vitamine B6, tryptophane et humeur

    La banane est l'un des fruits les plus denses en vitamine B6 (pyridoxine), avec environ 0,4 mg pour 100 g, soit près de 25 % des apports de référence pour un adulte. La vitamine B6 intervient comme cofacteur dans plus de 140 réactions enzymatiques, dont la synthèse de plusieurs neurotransmetteurs : sérotonine, dopamine, noradrénaline et GABA. Ces molécules jouent un rôle central dans la régulation de l'humeur, de la motivation et du cycle veille-sommeil [6].

    Tryptophane, précurseur de la sérotonine

    Bien que la banane contienne peu de protéines au total, elle apporte du tryptophane, acide aminé essentiel précurseur de la sérotonine. La conversion du tryptophane en sérotonine puis en mélatonine passe par des étapes dépendantes de la vitamine B6. La présence simultanée de tryptophane, de B6 et de glucides (qui favorisent le passage du tryptophane à travers la barrière hémato-encéphalique via la sécrétion d'insuline) explique pourquoi la banane est parfois citée comme aliment de soutien de l'humeur. L'effet reste modéré et s'inscrit dans un contexte alimentaire global, sans qu'aucun fruit isolé ne puisse être considéré comme un traitement.

    Sensibilité hormonale et besoins individuels

    Les besoins en vitamine B6 sont accrus en cas de prise prolongée de certains médicaments, de régime hyperprotéique, de grossesse ou d'allaitement. Une consommation régulière de fruits, dont la banane, contribue à couvrir ces besoins parallèlement aux apports issus des poissons, viandes, céréales complètes et oléagineux.

    Magnésium, stress et sommeil

    Avec environ 27 mg de magnésium pour 100 g, la banane ne se place pas parmi les meilleures sources alimentaires de ce minéral, mais sa consommation fréquente permet une contribution régulière. Le magnésium participe à plus de 300 réactions enzymatiques, à la production d'ATP, à la transmission neuromusculaire et à la régulation du système nerveux. Un statut adéquat en magnésium est associé à une meilleure tolérance au stress et à une qualité de sommeil plus stable [7]. Pour une vision détaillée de ce minéral, voir la page À quoi sert le magnésium pour notre organisme.

    Fonction musculaire et récupération

    Le magnésium intervient dans la relaxation musculaire après contraction, en s'opposant à l'entrée de calcium dans la cellule. Un déficit chronique peut favoriser crampes, contractures et sensation de tension. Associée à d'autres aliments riches en magnésium (oléagineux, légumineuses, céréales complètes, eaux minérales spécifiques), la banane contribue à un apport quotidien cohérent.

    Banane et activité physique

    La banane est largement utilisée par les sportifs, et cet usage repose sur des bases nutritionnelles cohérentes. Son profil glucidique (mélange amidon, glucose, fructose, saccharose) fournit une énergie progressive et facilement disponible. Sa teneur en potassium aide à compenser les pertes électrolytiques liées à la transpiration, et son format pratique en fait une collation transportable.

    Avant l'effort

    Consommée 30 à 60 minutes avant un entraînement d'endurance ou de musculation, une banane de maturité moyenne à élevée apporte une charge glucidique modeste (~20 à 25 g de glucides) bien tolérée. Elle complète le repas précédent sans alourdir la digestion. Pour les efforts longs, elle peut être associée à d'autres sources glucidiques (pain complet, flocons d'avoine) afin d'allonger la disponibilité énergétique.

    Pendant l'effort

    Pour les sports d'endurance dépassant 90 minutes (cyclisme, trail, marathon), la banane bien mûre constitue une alternative aux gels énergétiques. Sa digestibilité s'améliore avec la maturité, et son apport en potassium est utile en cas de transpiration importante. Une étude souvent citée a comparé banane et boisson glucidique chez des cyclistes : la performance et plusieurs marqueurs métaboliques étaient comparables, avec un profil polyphénolique plus riche dans le groupe banane [8].

    Après l'effort

    En récupération, la banane fournit des glucides utiles à la resynthèse du glycogène musculaire et un apport potassique appréciable. Associée à une source de protéines (yaourt, fromage blanc, poudre de protéine, oléagineux), elle compose une collation équilibrée pour la fenêtre métabolique post-exercice.

    Pratique sportive : en endurance prolongée, une banane bien mûre toutes les 45 à 60 minutes, associée à une hydratation régulière, peut suffire à couvrir une grande partie des besoins glucidiques d'efforts d'intensité modérée.

    Amidon résistant, microbiote et satiété

    La banane peu mûre (verte ou à peine jaune) contient une fraction notable d'amidon résistant, c'est-à-dire un amidon qui n'est pas digéré dans l'intestin grêle et qui parvient intact au côlon. Cet amidon résistant constitue un substrat fermentescible pour le microbiote intestinal, qui le transforme en acides gras à chaîne courte, notamment l'acétate, le propionate et le butyrate. Le butyrate est la source d'énergie préférentielle des cellules épithéliales du côlon et contribue à la santé de la muqueuse intestinale [9].

    Effet prébiotique documenté

    L'amidon résistant est considéré comme un prébiotique : il favorise la croissance de bactéries bénéfiques comme certaines bifidobactéries. Les bananes peu mûres, la farine de banane verte et les préparations utilisant la pulpe non mûrie sont étudiées dans ce contexte. À titre individuel, intégrer ponctuellement une banane peu mûre dans une journée alimentaire contribue à diversifier les substrats apportés au microbiote.

    Satiété et régulation glycémique

    Plus dense en amidon résistant et en fibres pectiques, la banane peu mûre ralentit la digestion gastrique et module la réponse glycémique post-prandiale. Elle augmente la sensation de satiété par rapport à une banane très mûre de poids équivalent. Cet effet est intéressant pour les personnes cherchant à espacer les prises alimentaires ou à stabiliser leur glycémie, dans une logique d'ensemble qui n'isole pas un aliment unique.

    Digestibilité de la banane mûre

    À l'inverse, la banane bien mûre est plus rapidement digérée. Sa charge en amidon est faible et ses sucres sont directement assimilables. Cette caractéristique en fait un aliment toléré dans la plupart des situations digestives sensibles (sortie d'épisode gastro-intestinal, alimentation des jeunes enfants, alimentation des personnes âgées), à condition de tenir compte de sa charge sucrée.

    Précautions, idées reçues et allergies

    La banane bénéficie d'un profil de sécurité satisfaisant pour la grande majorité de la population. Quelques points méritent toutefois d'être précisés afin de remettre en perspective certaines croyances tenaces.

    Banane et diabète

    L'idée selon laquelle la banane serait à proscrire en cas de diabète relève d'une approximation. Son index glycémique est modéré (de l'ordre de 51 pour une banane jaune mûre), sa charge glycémique pour une portion habituelle reste raisonnable, et sa richesse en fibres et en potassium présente un intérêt cardiovasculaire. Consommée en quantité maîtrisée (un fruit moyen), en privilégiant des bananes peu à moyennement mûres et en l'associant à une source de protéines ou de lipides (yaourt, oléagineux), elle peut s'intégrer à une alimentation adaptée au diabète. Un encadrement diététique individualisé reste recommandé. Le contexte plus large de la régulation du sucre dans le sang est détaillé sur notre page glycémie.

    « La banane fait grossir » : une idée à nuancer

    Aucun aliment ne fait grossir en lui-même : c'est la balance énergétique sur la durée qui détermine l'évolution du poids. Une banane apporte environ 90 à 105 kcal selon sa taille, soit une charge comparable à celle d'une grosse pomme. Dans le cadre d'une alimentation équilibrée, sa consommation quotidienne n'est pas associée à une prise de poids. Elle peut au contraire favoriser la satiété et limiter le recours à des collations plus denses en énergie et plus pauvres en micronutriments [3].

    Allergie à la banane et syndrome latex-fruit

    L'allergie à la banane est rare mais documentée. Elle s'observe parfois dans le cadre du syndrome latex-fruit, qui désigne une réactivité croisée entre les protéines du latex naturel et certaines protéines présentes dans la banane, l'avocat, le kiwi ou la châtaigne. Les manifestations vont du syndrome oral (picotements, démangeaisons buccales) à des réactions systémiques rares. Une suspicion d'allergie doit être confirmée par un allergologue [10].

    Important : en cas d'insuffisance rénale chronique avec restriction potassique prescrite, la banane fait partie des fruits dont la quantité doit être adaptée selon les recommandations du néphrologue ou du diététicien. Il s'agit d'une situation médicale spécifique, distincte du grand public.

    Interactions médicamenteuses possibles

    Chez les personnes traitées par diurétiques épargneurs de potassium, inhibiteurs de l'enzyme de conversion ou antagonistes des récepteurs de l'angiotensine II, un apport très élevé et soudain en potassium peut être à surveiller. Les apports issus d'une consommation alimentaire usuelle de bananes ne posent en règle générale pas de problème, mais il est utile d'évoquer ce point avec le médecin traitant en cas de doute.

    Conseils de consommation

    La banane se prête à de nombreuses utilisations culinaires, du petit-déjeuner au dessert. Son profil sucré et sa texture moelleuse à maturité en font un fruit polyvalent, qui s'associe aussi bien à des préparations sucrées qu'à certaines recettes salées (curry, accompagnement de plats antillais ou africains).

    Au petit-déjeuner

    Associée à du son d'avoine ou à des flocons d'avoine, la banane compose un petit-déjeuner riche en fibres, à index glycémique modéré et durablement rassasiant. L'apport en glucides est étalé dans le temps grâce à la combinaison amidon-fibres solubles. On peut y ajouter des fruits rouges, comme la framboise, pour diversifier les polyphénols et augmenter la densité en vitamine C.

    En smoothie

    Mixée avec un produit laitier ou une boisson végétale, la banane apporte une texture onctueuse qui réduit le recours aux sucres ajoutés. Elle se marie bien avec le cacao, le beurre de cacahuète, les graines de lin, les fruits rouges et les fruits secs comme l'abricot ou la figue séchée. Les smoothies à base de banane sont une option de récupération post-sport pratique.

    En dessert ou en pâtisserie

    Très mûre, la banane peut remplacer une partie du sucre dans des pâtisseries maison (banana bread, muffins, pancakes). Sa charge en sucres simples étant déjà élevée à ce stade, on veille à ajuster la quantité totale d'aliments sucrés sur la journée. Cuite (au four, en poêle, en papillote avec un peu d'épices), elle développe des notes caramélisées.

    Conservation

    La banane se conserve à température ambiante, à l'écart d'autres fruits sensibles à l'éthylène (qu'elle accélère). Pour ralentir le mûrissement, il est possible de séparer les fruits et d'envelopper la base du régime dans un film alimentaire. Une fois mûres, les bananes peuvent être pelées, coupées et congelées : cette astuce est utile pour les smoothies. La réfrigération noircit la peau mais préserve la chair quelques jours.

    Quantité repère : une à deux bananes par jour s'intègrent sans difficulté dans une alimentation équilibrée chez l'adulte en bonne santé, dans le cadre des recommandations générales de cinq fruits et légumes par jour.

    Questions fréquentes : banane

    La banane fait-elle vraiment grossir ?

    Non, aucun aliment ne fait grossir pris isolément. Une banane apporte environ 90 à 105 kcal, soit une charge comparable à une grosse pomme. C'est la balance énergétique sur la durée qui détermine l'évolution du poids. Dans une alimentation équilibrée, sa consommation quotidienne est compatible avec un poids stable, voire avec un objectif de perte de poids grâce à son effet satiétogène.

    Une personne diabétique peut-elle consommer de la banane ?

    Oui, en quantité raisonnable. L'index glycémique d'une banane jaune est modéré (≈ 51) et sa charge glycémique pour un fruit moyen reste maîtrisée. Privilégier une banane peu à moyennement mûre, en l'associant à une source de protéines ou de lipides, et adapter la quantité au plan alimentaire global. Un avis individualisé par un professionnel de santé est recommandé.

    Quelle est la différence entre une banane verte et une banane mûre ?

    La maturation transforme l'amidon en sucres simples. La banane verte est riche en amidon, dont une part d'amidon résistant prébiotique, son IG est bas (~30) et sa saveur peu sucrée. La banane jaune mûre contient davantage de sucres simples (IG ~51) et se digère plus facilement. La banane brune est très sucrée (IG > 60), avec une fraction élevée de fructose.

    Quand consommer une banane par rapport à une séance de sport ?

    30 à 60 minutes avant un effort d'endurance ou de musculation, elle apporte des glucides bien tolérés. Pendant un effort prolongé (> 90 min), une banane bien mûre peut servir de collation énergétique. En récupération, associée à une source de protéines, elle participe à la resynthèse du glycogène et à la compensation des pertes potassiques.

    La banane contient-elle vraiment beaucoup de potassium ?

    Avec environ 358 mg pour 100 g, la banane est une bonne source parmi les fruits frais, sans être au sommet du classement (épinards, haricots, certains poissons en contiennent davantage par portion). Sa pertinence vient surtout de sa consommation fréquente et de son format pratique, qui en font un contributeur régulier aux apports quotidiens en potassium.

    Peut-on être allergique à la banane ?

    L'allergie à la banane est rare. Elle s'inscrit parfois dans le syndrome latex-fruit, qui regroupe des réactions croisées entre latex naturel et fruits comme la banane, l'avocat, le kiwi ou la châtaigne. Les manifestations vont du syndrome oral à des réactions plus marquées. Toute suspicion doit être confirmée par un allergologue.

    Combien de bananes par jour est-il raisonnable de consommer ?

    Pour un adulte en bonne santé, une à deux bananes par jour s'inscrivent sans difficulté dans une alimentation diversifiée. Au-delà, l'apport reste sans danger en l'absence de pathologie particulière, mais il convient de veiller à la diversité des fruits consommés pour bénéficier d'un éventail varié de vitamines, minéraux et polyphénols.

    La banane aide-t-elle à mieux dormir ?

    Indirectement, oui. Sa teneur en tryptophane (précurseur de la sérotonine puis de la mélatonine), en vitamine B6 (cofacteur de cette conversion) et en magnésium peut soutenir la régulation du cycle veille-sommeil. L'effet reste modéré et s'inscrit dans une hygiène de vie globale, sans qu'un aliment isolé ne puisse remplacer les mesures comportementales d'hygiène du sommeil.

    Conclusion

    La banane illustre la manière dont un fruit simple, accessible et largement disponible peut conjuguer densité micronutritionnelle, intérêt fonctionnel et tolérance digestive. Son profil singulier (potassium, vitamine B6, magnésium, tryptophane, fibres et amidon résistant variable selon la maturité) en fait un aliment polyvalent : énergétique pour les sportifs, satiétogène pour les personnes attentives à leur glycémie quand elle est consommée peu mûre, digeste pour les terrains sensibles quand elle est consommée bien mûre. Aucun fruit ne se substitue à une alimentation équilibrée et variée, mais la banane y trouve naturellement sa place, sans nécessité de promesses excessives. Comprendre ses variations selon la maturité, ajuster la portion à son contexte (effort physique, repas, sensibilité glycémique) et la diversifier avec d'autres fruits permet de tirer le meilleur parti de ses qualités nutritionnelles.

    Références

    Sources scientifiques et institutionnelles
    1. Anses. Table Ciqual de composition nutritionnelle des aliments. Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail. Disponible en ligne : https://ciqual.anses.fr/
    2. Simmonds N.W., Shepherd K. The taxonomy and origins of the cultivated bananas. Journal of the Linnean Society of London, Botany. 1955;55(359):302-312.
    3. Singh B., Singh J.P., Kaur A., Singh N. Bioactive compounds in banana and their associated health benefits — A review. Food Chemistry. 2016;206:1-11.
    4. Hermansen K., Rasmussen O., Gregersen S., Larsen S. Influence of ripeness of banana on the blood glucose and insulin response in type 2 diabetic subjects. Diabetic Medicine. 1992;9(8):739-743.
    5. Filippini T., Naska A., Kasdagli M.I., et al. Potassium intake and blood pressure: a dose-response meta-analysis of randomized controlled trials. Journal of the American Heart Association. 2020;9(12):e015719. https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/JAHA.119.015719
    6. Stach K., Stach W., Augoff K. Vitamin B6 in health and disease. Nutrients. 2021;13(9):3229.
    7. Boyle N.B., Lawton C., Dye L. The effects of magnesium supplementation on subjective anxiety and stress — A systematic review. Nutrients. 2017;9(5):429.
    8. Nieman D.C., Gillitt N.D., Henson D.A., et al. Bananas as an energy source during exercise: a metabolomics approach. PLoS ONE. 2012;7(5):e37479.
    9. Birt D.F., Boylston T., Hendrich S., et al. Resistant starch: promise for improving human health. Advances in Nutrition. 2013;4(6):587-601.
    10. Wagner S., Breiteneder H. The latex-fruit syndrome. Biochemical Society Transactions. 2002;30(Pt 6):935-940.