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Les femmes enceintes sont sujettes à de nombreux troubles et maux, dont certains affectent particulièrement leur système digestif. Les probiotiques sont souvent présentés comme une solution pour lutter contre. Pourtant, on omet souvent de citer l’ensemble de leurs avantages pour la femme enceinte et le bébé. Alors, pourquoi associer probiotiques et grossesse ?
Nous possédons tous des colonies de micro-organismes qui vivent et évoluent à l’intérieur de notre corps. Ils composent le microbiote intestinal. Ils sont aussi présents dans les poumons, sur la peau ainsi que dans les muqueuses de la bouche ou du vagin.
On sait depuis plusieurs années maintenant que le microbiote intestinal joue un rôle clé sur la santé. Il influence notamment le système immunitaire et les fonctions métaboliques.
Ce que l’on sait aussi, c’est que le tube digestif du bébé est stérile dans le ventre de sa mère. Il l’est encore dans les jours qui suivent sa naissance. Des milliards de bactéries le colonisent ensuite et forment le microbiote au cours de ses trois premières années de vie. Évidemment, plus il est diversifié (plusieurs espèces de bactéries) et riche (nombre de bactéries), et plus il est efficace ! La flore intestinale des bébés se développe par le biais de leur alimentation. Mais également grâce à la flore de leur mère.
La prise de probiotiques durant la grossesse et avant l’accouchement a une incidence bénéfique sur la flore intestinale de la mère. Mais cela peut aussi avoir un intérêt pour le développement du microbiote de l’enfant. Le microbiote qui, on le rappelle, est un élément majeur du système immunitaire et des défenses naturelles.
La prise de probiotiques chez la femme enceinte permet d’autre part de prévenir l’apparition d’allergies chez l’enfant (1). En effet, les probiotiques pris au cours de la grossesse et donnés aux nourrissons contribuent à limiter les risques d’eczéma atopique jusqu’à l’âge de quatre ans (jusqu’à 22 %) (2). Et quand on sait que l’eczéma est un précurseur d’allergies alimentaires et d’asthme, on comprend que l’enjeu est de taille ! D’autre part, certains probiotiques seraient susceptibles de réduire les allergies au lait de vache.

Les femmes enceintes sont nombreuses à souffrir de troubles digestifs et de problèmes de transit durant la grossesse. La prise de probiotiques aide les intestins à mieux fonctionner et à limiter ces désagréments et autres petits soucis, qui sont autant de sources d’inconfort et de fatigue pour la future maman. Les professionnels de santé sont unanimes : il est capital d’apporter à l’organisme une alimentation riche et diversifiée. Et ce, dans le but de prévenir et de soulager ces désagréments. La prise de probiotiques sert à réguler la flore intestinale, notamment lorsqu’il est difficile d’apporter au corps uniquement des aliments sains. De même, ils interviennent lorsque les aliments riches en probiotiques ne peuvent être consommés.
Le diabète gestationnel touche énormément de futures mamans (une grossesse sur dix) et représente une menace pour la santé des bébés. zIl correspond au stade où le corps d’une femme fait preuve de résistance à l’insuline, ce qui rend la régulation de la glycémie plus difficile. Le glucose présent en excès ne parvient plus à être éliminé correctement. Un traitement à base de probiotiques au cours de la grossesse permet de limiter le risque de diabète gestationnel pour deux femmes sur trois ! La prise de probiotiques réduit considérablement la résistance à l’insuline (3).
On le sait : de manière générale, le contrôle du taux de sucre dans le sang est amélioré par la prise de probiotiques durant la grossesse. Les femmes qui ont pris des probiotiques durant la grossesse présentent une meilleure tolérance au glucose ainsi qu’un meilleur contrôle glycémique.
La prise de probiotiques en fin de grossesse aide à réduire les risques de complications, parmi lesquelles figurent l’accouchement prématuré et la pré-éclampsie (4). En effet, les bienfaits de la supplémentation en probiotiques se manifestent à partir de la trentième semaine dans ce cadre. Elle permettrait de réduire de près de 20 % le risque de pré-éclampsie à partir de ce stade. Pour ce qui est de l’accouchement prématuré, son risque est réduit de près de 27 % grâce à la prise de probiotiques en fin de grossesse. Pour celles qui en ont pris au début de la grossesse, la réduction du risque est de 11 %.

Autre problème courant pendant la grossesse : l’apparition de mycoses et de cystites (infections urinaires). Les femmes enceintes sont nombreuses à développer ces problèmes de façon régulière en raison des bouleversements hormonaux. Les probiotiques sont bénéfiques pour la flore intime et la renforcent. De même, ils la rendent plus résistante face aux infections vaginales.
Les bienfaits de la prise de probiotiques durent au-delà de l’accouchement, notamment en cas d’allaitement. En effet, cette supplémentation permet de réduire les risques de mastites, un mal courant qui affecte les femmes allaitantes et qui constituent une source de souffrance. De même, la prise de probiotiques participe au maintien de la santé du système digestif de l’enfant. Son système digestif va davantage développer sa flore bactérienne. Les probiotiques vont aider son organisme à se protéger des bactéries pathogènes à l’origine des infections. Ils participent aussi au développement de son système immunitaire. Enfin, il semblerait que la prise de probiotiques en cours de grossesse favorise la perte de poids et réduit le risque d’obésité post-accouchement.
Les besoins nutritionnels évoluent significativement pendant la grossesse et l'allaitement.
| Nutriment | Grossesse | Allaitement / remarque |
|---|---|---|
| Énergie | +340 kcal (T2) à +452 kcal (T3) | +500 kcal pendant l'allaitement |
| Protéines | +10 g/j à partir du T2 | +20 g/j pendant l'allaitement |
| Acide folique B9 | 400-600 µg/j | Pré-conception et T1 +++ |
| Fer | 20-27 mg/j | T2-T3 |
| Calcium | 1000 mg/j | Stable |
| Iode | 200-250 µg/j | Crucial pour la thyroïde fœtale |
| Vitamine D | 15 µg/j | Souvent à compléter |
| DHA | 250 mg minimum/j | Cerveau et rétine fœtale |
Plusieurs plantes et compléments sont déconseillés pendant la grossesse et/ou allaitement par principe de précaution.
| Substance | Risque | Recommandation |
|---|---|---|
| Sauge officinale (forte dose) | Effet emménagogue | À éviter |
| Persil (huile essentielle) | Effet abortif possible | À éviter |
| Réglisse | Effet sur tension | À éviter |
| Vitamine A (rétinol >3000 µg) | Tératogène | À éviter pendant la grossesse |
| Phytothérapie en général | Données toxicologiques limitées | Avis médical |
| Caféine | Limite à 200 mg/j | Modération |
| Alcool | Tératogène | Abstinence totale |
Pour aller plus loin — Découvrez aussi alimentation pendant la grossesse, gelee royale et allaitement, plantes galactogenes.
L'article détaille les précautions spécifiques à grossesse, qui modifie les besoins nutritionnels et physiologiques. Adapter le probiotiques à votre profil personnel reste essentiel. L'avis d'un professionnel de santé qualifié (médecin, sage-femme, médecin du sport selon le cas) est recommandé avant tout changement.
Plusieurs paramètres conditionnent la pertinence : antécédents médicaux, statut nutritionnel, traitement en cours, déroulement physiologique. Les pages spécialisées et l'avis médical individualisé restent indispensables. Démarrer avec prudence et écouter les signaux du corps.
Les besoins varient selon le contexte : alimentation diversifiée, hydratation suffisante (1,5 à 2 L/jour), apports protéiques adaptés, micronutriments spécifiques (fer, calcium, iode, B9 pendant la grossesse par exemple). Adapter avec un professionnel selon votre profil personnel.
Toute douleur inhabituelle, gêne fonctionnelle, fatigue intense inexpliquée, modifications cutanées ou digestives, perturbations du sommeil. Ne pas tarder à consulter en cas de doute. Les contextes physiologiques particuliers (grossesse, allaitement, ménopause) imposent une vigilance accrue.
L'adaptation passe par : intensité ou dose modérée, écoute du corps, ajustements progressifs en fonction de l'évolution physiologique, accompagnement par un professionnel formé. Les recommandations générales doivent être individualisées selon les caractéristiques personnelles et le moment du cycle physiologique.