Créatine : quels dangers possibles pour la santé ?

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    La créatine est l'un des compléments alimentaires les plus consommés dans le sport. Son intérêt sur la force, la prise de masse et les efforts brefs et intenses est documenté depuis plus de trente ans. Pourtant, les questions sur les effets secondaires reviennent à intervalles réguliers : risques rénaux, atteinte hépatique, chute de cheveux, tolérance digestive. Ce dossier fait le point sur les dangers réels, sépare les mythes des preuves, et identifie les profils qui méritent une vigilance particulière.

    L'objectif est simple. Reconnaître ce qui est solidement démontré. Écarter ce qui relève du folklore. Signaler les situations qui justifient un avis médical avant supplémentation.

    Créatine monohydrate en poudre avec dosette, complément pour efforts courts et intenses
    À retenir : la créatine n'est ni une hormone, ni un produit dopant, ni un anabolisant. C'est un nutriment énergétique dont la consommation alimentaire est physiologique. La supplémentation amplifie un mécanisme déjà présent dans l'organisme.

    Qu'est-ce que la créatine ?

    La créatine est une molécule azotée naturellement présente dans le corps. Les muscles squelettiques en concentrent près de 95 % des stocks. Le reste se répartit dans le cerveau, le cœur, et en moindre quantité dans le foie, le pancréas et les testicules. Elle intervient dans la production rapide d'énergie lors d'efforts brefs et intenses, via le système ATP-phosphocréatine. C'est la voie énergétique sollicitée sur les premières secondes d'un effort maximal.

    L'organisme synthétise 1 à 2 g de créatine par jour, dans le foie et les reins, à partir de trois acides aminés : arginine, glycine et méthionine. Cette production endogène est complétée par l'apport alimentaire, principalement issu des produits animaux. Un steak de bœuf de 200 g apporte environ 1 g de créatine, le hareng près de 1,5 g pour 200 g, et le porc autour de 1 g. Les végétariens, et surtout les végétaliens, ont des apports faibles à nuls. Leurs stocks musculaires sont en moyenne 20 à 30 % inférieurs à ceux des omnivores, ce qui en fait des candidats particulièrement réactifs à la supplémentation.

    Le pool intramusculaire moyen d'un adulte tourne autour de 120 mmol/kg de muscle sec, avec un plafond physiologique vers 160 mmol/kg. La supplémentation en créatine monohydrate permet de saturer ce pool. Les stocks de phosphocréatine augmentent alors de 10 à 40 % selon les profils, ce qui se traduit par des gains mesurables en force, en explosivité et en endurance musculaire sur les efforts courts. C'est l'effet ergogénique le mieux établi de toute la littérature en nutrition sportive (1). Pour un panorama plus large sur la molécule et ses usages, voir notre guide général sur la créatine.

    Bénéfices établis et pistes de recherche

    Sportive en entraînement de force, contexte d’utilisation de la créatine monohydrate

    La créatine monohydrate dispose d'un niveau de preuve solide sur un terrain précis : les efforts courts, répétés et de haute intensité, en particulier associés à un entraînement de force. C'est d'ailleurs l'indication qui figure dans le registre européen des allégations de santé autorisées. La formulation officielle reconnaît une amélioration de la performance physique lors de séries successives d'exercices brefs et intenses, pour une consommation de 3 g par jour chez l'adulte pratiquant ce type d'effort.

    D'autres pistes sont étudiées sans atteindre ce niveau de preuve. Fatigue mentale, vieillissement musculaire, contextes de privation de sommeil, apports alimentaires faibles chez les végétariens : les essais existent, certains résultats sont encourageants. Ces données restent hétérogènes.

    Cognition. Les données ne permettent pas de conclure. L'EFSA, dans un avis de 2024, a jugé que la relation cause-effet entre créatine et amélioration de la fonction cognitive n'était pas établie (6). Cela ne veut pas dire qu'aucun effet n'existe. Cela veut dire que les preuves disponibles ne suffisent pas à formuler une allégation santé. Les contextes de fatigue intellectuelle, de manque de sommeil ou de faibles apports alimentaires en créatine peuvent rester intéressants à explorer, sans pour autant justifier de présenter la créatine comme un complément cognitif.

    Personne âgée et sarcopénie. Plusieurs méta-analyses suggèrent que la combinaison créatine et entraînement de résistance produit chez le sujet âgé des gains de force supérieurs à l'entraînement seul. Une dose de 3 à 5 g par jour, associée à deux ou trois séances de renforcement hebdomadaires, semble améliorer la force de préhension et la vitesse de marche. Les résultats varient selon les protocoles et la durée des essais. La piste reste cohérente avec la lutte contre la sarcopénie, sans pour autant constituer une indication thérapeutique formelle.

    Femmes. Longtemps absentes des protocoles de recherche, les femmes adultes en bonne santé répondent à la supplémentation aux mêmes doses usuelles (3 à 5 g par jour). Les bénéfices sur la force et la masse musculaire sont comparables à ceux observés chez l'homme. Les pistes sur la cognition, l'humeur ou la péri-ménopause méritent d'être suivies, mais elles restent à confirmer par des travaux plus larges. La grossesse et l'allaitement font exception : faute de données suffisantes, la supplémentation est déconseillée dans ces deux situations.

    Recherche neurologique. La créatine fait l'objet de programmes de recherche dans la maladie de Parkinson, certaines dépressions résistantes, ou les traumatismes crâniens légers. Les résultats préliminaires existent. Aucune recommandation clinique ne peut en être tirée à ce stade.

    Une réputation contrastée

    La créatine traîne depuis les années 1990 une réputation ambiguë, alimentée par plusieurs facteurs distincts.

    • Premiers usages spectaculaires. Son explosion médiatique dans les années 90 a coïncidé avec des prises de masse rapides chez les athlètes, ce qui a entretenu l'amalgame avec les produits dopants.
    • Effets secondaires anecdotiques. Crampes, déshydratation, parfois troubles digestifs, rapportés par des utilisateurs sans confirmation à l'examen scientifique.
    • Vulgarisation imprécise. La presse généraliste a longtemps mélangé créatine et stéroïdes anabolisants.
    • Études anciennes de faible qualité. Quelques publications des années 90 ont suggéré des risques rénaux, désormais largement révisés par les travaux récents (2).

    À la fin des années 1990, des cas isolés d'athlètes universitaires américains ayant développé des problèmes rénaux sous créatine ont été massivement relayés. Les enquêtes ultérieures ont révélé une polyconsommation de compléments, parfois associée à des stéroïdes anabolisants et à une déshydratation sévère. Aucun cas n'a pu être directement attribué à la créatine elle-même. Le mal médiatique était fait.

    La position stand de l'International Society of Sports Nutrition publiée en 2017 reste l'une des références majeures sur l'efficacité et la sécurité de la créatine monohydrate (1). Une revue de 2021 a ensuite répondu à plusieurs idées reçues fréquentes (reins, crampes, déshydratation, perte de cheveux), sans constituer une nouvelle position officielle remplaçant celle de 2017 (2).

    Sur le plan réglementaire européen, l'allégation santé autorisée concerne précisément la performance physique lors d'efforts courts, répétés et intenses, avec 3 g de créatine par jour chez l'adulte pratiquant ce type d'effort. Les autres bénéfices, et notamment ceux qui touchent à la cognition, doivent être présentés comme des pistes de recherche et non comme des effets établis.

    La créatine est-elle dangereuse pour les reins ?

    Analyse sanguine pour surveiller la fonction rénale avant une supplémentation en créatine

    La crainte la plus répandue. Elle découle d'une observation simple : la créatine est métabolisée en créatinine, marqueur biologique utilisé pour évaluer la fonction rénale. La supplémentation peut faire monter modérément la créatininémie. Sans atteinte rénale derrière. Mais un résultat de prise de sang peut alors être interprété à tort comme une insuffisance rénale débutante.

    Chez l'adulte en bonne santé, les études disponibles ne montrent pas d'altération de la fonction rénale aux doses usuelles. Une méta-analyse récente confirme l'absence d'effet délétère sur les marqueurs rénaux, y compris en supplémentation prolongée (3). La hausse de créatininémie observée est physiologique. Elle reflète un turnover accru, pas une lésion.

    En cas de doute lors d'un bilan, le médecin peut compléter l'évaluation par d'autres marqueurs. La cystatine C est l'un d'eux : elle dépend moins de la masse musculaire que la créatinine, ce qui la rend utile chez les sujets très musclés ou supplémentés. Elle s'interprète médicalement, comme tous les paramètres biologiques.

    Les personnes atteintes d'insuffisance rénale, suivies pour une pathologie rénale, ou exposées à des traitements potentiellement néphrotoxiques (anti-inflammatoires non stéroïdiens à fortes doses, cyclosporine, méthotrexate) doivent demander un avis médical avant supplémentation. La même prudence s'applique aux situations de polymédication ou de surveillance biologique en cours. Pour aller plus loin sur la question des compléments protéinés et de la fonction rénale, voir notre analyse sur les protéines en poudre et la santé rénale.

    Bon réflexe : avant un bilan sanguin de routine, signaler la prise de créatine à son médecin. Cela évite une interprétation erronée du taux de créatinine et des examens complémentaires inutiles.

    La créatine est-elle dangereuse pour le foie ?

    Bilan biologique hépatique et suivi médical lors de la prise de compléments alimentaires

    Les craintes hépatiques reposent sur une logique similaire : tout ce qui est absorbé par voie orale passe par le foie. En pratique, aucune étude n'a démontré d'effet toxique de la créatine monohydrate aux doses usuelles (3 à 5 g par jour) sur la fonction hépatique.

    Les transaminases (ASAT, ALAT) peuvent légèrement augmenter chez certains sportifs. Cette élévation est surtout liée à l'effort musculaire intense, qui libère ces enzymes, et non à la créatine elle-même. Les bilans hépatiques de sportifs supplémentés ne montrent pas de différence significative par rapport à ceux de sportifs non supplémentés.

    Les revues récentes confirment l'absence de signal hépatique préoccupant chez l'adulte en bonne santé aux doses standards (4). La gamma-GT, la bilirubine et la phosphatase alcaline restent dans les valeurs normales, y compris chez les sujets âgés ou les sportifs en surcharge d'entraînement.

    Autres effets secondaires possibles

    Quelques effets indésirables sont occasionnellement rapportés. Ils restent modérés et faciles à gérer.

    Prise de poids initiale. Un à deux kilos dans les premières semaines, principalement liée à une rétention d'eau intracellulaire. Effet recherché par les pratiquants en force, parfois indésirable pour les sports à catégories de poids.

    Troubles digestifs. Crampes abdominales, nausées, diarrhée à fortes doses ou en cas de prise concentrée. La solution est simple : fractionner les prises au cours de la journée.

    Crampes musculaires. Souvent attribuées à la créatine, elles ne sont pas confirmées par les études contrôlées. Les causes possibles sont multiples : charge d'entraînement, hydratation, équilibre électrolytique, sommeil, parfois carences. Chercher la bonne explication évite de pointer la créatine à tort.

    Acné aggravée. Effet rapporté de façon anecdotique, sans preuve scientifique. La hausse de testostérone associée à l'entraînement intense pourrait expliquer l'observation, indépendamment de la créatine.

    Maux de tête. Peu fréquents, le plus souvent liés à un apport hydrique insuffisant. Une hydratation adaptée suffit à les prévenir dans la plupart des cas.

    Sur l'ensemble des essais cliniques, la tolérance de la créatine monohydrate aux doses standards est bonne. Le taux d'abandon pour effets indésirables est comparable à celui d'un placebo dans la plupart des protocoles (4). Les rares plaintes proviennent presque toujours de protocoles de chargement intensifs (20 g par jour) ou de prises massives en une fois, situations facilement évitables en fractionnant les doses.

    Créatine et cheveux : que sait-on vraiment ?

    Cheveux sains en gros plan, question fréquente sur créatine et perte de cheveux

    L'idée que la créatine accélérerait la chute de cheveux trouve son origine dans une seule étude. Publiée en 2009, elle a observé chez une vingtaine de rugbymen sud-africains une hausse transitoire du ratio DHT/testostérone après trois semaines de chargement. Cette étude ne mesurait pas la perte de cheveux. Elle mesurait une hormone. Et elle n'a jamais été reproduite avec la même méthodologie.

    Les données plus récentes vont dans l'autre sens. Un essai randomisé contrôlé de 2025, portant sur les hormones androgéniques et les marqueurs folliculaires capillaires, n'a pas confirmé l'hypothèse DHT chez les utilisateurs de créatine (5). Le bon message à retenir n'est pas « preuve d'absence de risque », mais « absence de preuve causale solide » entre supplémentation et chute capillaire.

    Pour les personnes déjà suivies pour une alopécie androgénétique, ou présentant des antécédents familiaux marqués, une surveillance individuelle reste possible. Aucune contre-indication formelle ne se déduit toutefois des données actuelles. Le sujet est détaillé dans notre dossier dédié sur la créatine et la perte de cheveux.

    Formes de créatine et différences réelles

    Le marché propose aujourd'hui une dizaine de formes de créatine, présentées comme supérieures au monohydrate classique. Examiner objectivement leurs prétentions évite des dépenses inutiles.

    Forme Atout supposé Réalité scientifique
    Monohydrate Référence historique Forme la plus étudiée, biodisponibilité supérieure à 95 %, profil de sécurité bien documenté à doses standards.
    Créatine HCl Meilleure solubilité Solubilité accrue confirmée. Aucun avantage clinique démontré sur les performances ou la saturation musculaire par rapport au monohydrate.
    Kre-Alkalyn (tamponnée) Stabilité gastrique supérieure Les études indépendantes ne montrent pas de supériorité sur le monohydrate, malgré un prix plus élevé.
    Ethyl-Ester Absorption renforcée Au contraire : se dégrade rapidement en créatinine inactive avant absorption, donc moins efficace.
    Créatine liquide Forme prête à l'emploi Instabilité en solution prolongée, perte d'efficacité progressive selon le pH et la durée de conservation.
    Magnésium-créatine chélatée Synergie magnésium Effet modeste. Intéressant si carence en magnésium documentée, mais le surcoût n'est pas toujours justifié.

    La position de l'International Society of Sports Nutrition est claire : la créatine monohydrate reste la forme de référence, en raison de son rapport efficacité/prix imbattable, de sa pureté maîtrisable, et de l'ampleur de la littérature scientifique qui la soutient (1). Les formes alternatives ont surtout un intérêt marketing. Elles offrent rarement un bénéfice clinique mesurable et coûtent deux à quatre fois plus cher au gramme de créatine effectivement assimilable. Pour une comparaison détaillée, voir notre analyse des différents types de créatine.

    Contre-indications et précautions

    Certaines situations méritent une vigilance réelle et un avis médical avant supplémentation.

    • Insuffisance rénale connue : éviter la supplémentation hors avis néphrologique.
    • Pathologie hépatique chronique active : avis médical préalable.
    • Grossesse et allaitement : données insuffisantes, supplémentation déconseillée.
    • Mineurs (enfants et adolescents) : usage à éviter hors encadrement médical ou sportif qualifié. Les données de sécurité chez les non-adultes restent moins établies que chez l'adulte.
    • Personne âgée : indication potentielle intéressante (force, fonction physique), sous réserve d'une hydratation suffisante et d'un suivi médical.
    • Diurétiques en cours : surveiller l'hydratation et les électrolytes.
    • Traitements néphrotoxiques : avis médical en cas de traitement néphrotoxique connu, de pathologie rénale ou de surveillance biologique en cours.

    Chez le sportif diabétique de type 1, la supplémentation reste possible, mais nécessite une surveillance glycémique attentive, notamment si la créatine est combinée à des glucides en post-entraînement. Aucune contre-indication n'est établie chez le diabétique de type 2.

    Important : la créatine n'est pas un produit anodin parce qu'elle est en vente libre. Elle reste un complément alimentaire qui modifie un paramètre métabolique. Tout usage prolongé ou à doses non standards justifie une discussion avec un professionnel de santé.

    Risques liés à la qualité du produit

    Les vrais risques sanitaires liés à la créatine viennent souvent moins de la molécule elle-même que de la qualité du produit consommé. Trois risques distincts méritent d'être anticipés.

    Contamination par des métaux lourds. Certaines créatines synthétisées dans des unités peu contrôlées peuvent contenir des traces de plomb, mercure ou cadmium au-dessus des limites recommandées. Ces contaminants s'accumulent dans l'organisme et peuvent à terme affecter la fonction rénale, neurologique ou immunitaire.

    Présence de substances dopantes. Risque réel pour les athlètes en compétition, avec des cas documentés de contamination croisée dans des laboratoires multi-produits. Plusieurs sportifs professionnels ont été contrôlés positifs à des stéroïdes ou stimulants à cause de compléments alimentaires non certifiés, alors qu'ils ne consommaient officiellement que de la créatine.

    Doses ou pureté incorrectes. Produits dosés en dessous des valeurs affichées, ou contenant des sous-produits issus d'une synthèse imparfaite (créatinine, dicyandiamide, dihydrotriazine). Ces impuretés réduisent l'efficacité et peuvent provoquer des troubles digestifs.

    La forme « Creapure » (créatine monohydrate fabriquée en Allemagne par AlzChem) reste une référence en matière de pureté et de traçabilité. Sa fiche technique garantit une teneur minimale de 99,95 % de créatine, avec des seuils maximaux très bas pour les impuretés (créatinine inférieure à 0,05 %, dicyandiamide inférieure à 50 ppm, dihydrotriazine indétectable). Les analyses de chaque lot sont publiées par le fabricant et accessibles publiquement.

    Les certifications indépendantes apportent une garantie supplémentaire, particulièrement utile pour les sportifs de compétition soumis à la lutte antidopage. Informed Sport (LGC Group, Royaume-Uni) teste chaque lot sur plus de 250 substances interdites, avec un protocole reconnu par l'AMA. NSF Certified for Sport (États-Unis) applique un cahier des charges équivalent. La Cologne List, gérée par le centre olympique allemand, référence les produits ayant passé une analyse négative sur les substances dopantes les plus courantes.

    Pour choisir une créatine sans risque, vérifier successivement : la mention « Creapure » ou un fabricant traçable et reconnu, au moins une certification indépendante visible sur le packaging, une fiche technique disponible mentionnant les analyses de lot, et un fournisseur transparent sur l'origine. À l'inverse, les produits vendus au prix le plus bas sans aucune référence de pureté ni d'origine méritent une grande prudence, indépendamment du marketing déployé.

    L'aspect physique du produit donne aussi des indices. Une créatine monohydrate de qualité se présente en poudre blanche, fine, parfaitement homogène, sans grumeaux ni traces de jaunissement. Un grain coloré ou un aspect collant peut signaler une dégradation par humidité ou une synthèse imparfaite.

    Bonnes pratiques d'utilisation

    Pour bénéficier des effets de la créatine sans s'exposer à des risques inutiles, quelques règles simples résument l'essentiel.

    • Choisir une créatine monohydrate de qualité (Creapure ou équivalent certifié). Éviter les formes exotiques (HCl, ethyl-ester, etc.), plus coûteuses et sans bénéfice clinique démontré.
    • Dose standard : 3 à 5 g par jour chez l'adulte en bonne santé, en continu, sans phase de chargement obligatoire.
    • Hydratation adaptée à l'effort, à la chaleur, à l'alimentation et aux signaux de soif. Pas de prescription générique en litres : les besoins varient selon les profils et les conditions.
    • Prise continue : la régularité quotidienne est plus efficace que les cycles avec pauses.
    • Prise post-entraînement de préférence, avec un repas contenant des glucides pour optimiser l'absorption.
    • Suivi médical occasionnel : un bilan sanguin annuel suffit chez l'adulte en bonne santé.

    Timing pré ou post entraînement ? La question agite la communauté depuis vingt ans. Les comparaisons directes, notamment chez les pratiquants en force, montrent un léger avantage de la prise post-séance sur la masse maigre, sans que la différence soit toujours statistiquement significative. En pratique, l'écart reste mineur. La régularité quotidienne prime largement sur le moment précis de la prise. Pour aller plus loin sur ce point, voir notre dossier sur le bon moment pour prendre la créatine.

    Faut-il combiner la créatine avec d'autres compléments ? Les synergies les mieux documentées concernent les glucides, qui augmentent l'absorption via l'insuline, et les protéines en post-entraînement. La combinaison créatine et whey est cohérente pour la prise de masse, créatine et bêta-alanine pour les sports de combat et de force-endurance. À l'inverse, la caféine à fortes doses (supérieure à 5 mg/kg) pourrait modestement réduire l'effet ergogénique aigu de la créatine, sans pour autant impacter les bénéfices chroniques d'une supplémentation continue. Le sujet est creusé dans notre analyse sur créatine et caféine.

    Réponse individuelle à la supplémentation. Tous les utilisateurs ne réagissent pas de la même manière. La réponse varie selon les stocks musculaires initiaux, l'alimentation, le type d'effort, la masse musculaire et l'observance. Elle est souvent plus visible chez ceux dont les stocks sont initialement bas : végétariens, végétaliens, femmes peu sportives, certains débutants. Pour évaluer son propre profil, un cycle de 8 à 12 semaines à 5 g par jour avec quelques marqueurs concrets (performance sur un exercice étalon, récupération entre séries, poids corporel matinal) donne une idée claire.

    Stockage et conservation. La créatine monohydrate en poudre se conserve longtemps lorsqu'elle reste au sec, dans un contenant fermé, à l'abri de la chaleur et de l'humidité. Une fois diluée, sa stabilité dépend du pH, de la température et du temps de conservation. Par simplicité, mieux vaut préparer la boisson au moment de la prise et éviter les mélanges acides ou conservés plusieurs jours à l'avance.

    FAQ : créatine et effets secondaires

    La créatine est-elle dangereuse à long terme ?

    Non, selon les données disponibles. Les études de longue durée n'ont pas mis en évidence d'effets délétères chez l'adulte en bonne santé aux doses standards (3 à 5 g par jour). La prise continue à ces doses est aujourd'hui considérée comme sûre par la communauté scientifique (4).

    Faut-il faire une phase de chargement ?

    Pas nécessairement. Le chargement classique (20 g par jour pendant 5 à 7 jours) accélère la saturation musculaire, mais il provoque plus souvent des troubles digestifs et de l'inconfort. Une prise régulière de 3 à 5 g par jour atteint le même état de saturation en 3 à 4 semaines, sans effet indésirable particulier.

    La créatine fait-elle perdre les cheveux ?

    À ce jour, aucun lien causal solide n'a été établi entre créatine et chute de cheveux. Une petite étude de 2009 a observé une hausse du ratio DHT/testostérone chez des rugbymen, mais elle ne mesurait pas la perte de cheveux. Les données plus récentes, dont un essai randomisé de 2025, n'ont pas confirmé l'hypothèse (5). Chez les personnes déjà suivies pour une alopécie androgénétique, une surveillance individuelle reste possible.

    Peut-on prendre de la créatine sans faire de sport ?

    Oui, aux doses standards. Les effets restent toutefois plus marqués chez les pratiquants réguliers d'effort physique intense. Sans entraînement de fond, les bénéfices musculaires se limitent à la simple saturation des stocks, sans hypertrophie supplémentaire.

    Faut-il arrêter la créatine avant un examen sanguin ?

    Pas obligatoirement, mais signaler la prise à son médecin reste la bonne attitude. La supplémentation peut faire monter modérément la créatininémie sans signification pathologique. Le médecin pourra demander un dosage de cystatine C en complément : ce marqueur dépend moins de la masse musculaire et de la prise de créatine que la créatinine.

    La créatine est-elle adaptée aux femmes ?

    Oui, aux doses usuelles (3 à 5 g par jour) chez la femme adulte en bonne santé. La grossesse et l'allaitement font exception, faute de données suffisantes. Les bénéfices sur la force et la masse musculaire sont comparables à ceux observés chez l'homme. Les pistes sur la cognition, l'humeur ou la péri-ménopause restent à confirmer par d'autres travaux.

    Créatine monohydrate ou créatine HCl : laquelle choisir ?

    Le monohydrate reste la forme de référence, avec le meilleur rapport efficacité/prix et un recul scientifique sans équivalent. La créatine HCl est plus soluble dans l'eau, mais cette propriété n'équivaut pas à un bénéfice clinique supérieur ni à une dose efficace plus faible. À budget équivalent, le monohydrate Creapure offre une qualité supérieure pour un prix souvent inférieur.

    La créatine améliore-t-elle la cognition chez les non-sportifs ?

    À ce stade, les preuves disponibles ne permettent pas de l'affirmer. L'EFSA a conclu en 2024 que la relation cause-effet entre créatine et amélioration de la fonction cognitive n'était pas établie (6). Quelques contextes spécifiques (fatigue mentale, manque de sommeil, faibles apports alimentaires en créatine) restent étudiés. Aucun ne permet à ce jour de recommander la créatine à visée cognitive.

     

    Références scientifiques

    1. Kreider RB, Kalman DS, Antonio J, Ziegenfuss TN, Wildman R, Collins R, et al. International Society of Sports Nutrition position stand: safety and efficacy of creatine supplementation in exercise, sport, and medicine. J Int Soc Sports Nutr. 2017;14:18. PMID 28615996. pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5469049.
    2. Antonio J, Candow DG, Forbes SC, Gualano B, Jagim AR, Kreider RB, et al. Common questions and misconceptions about creatine supplementation: what does the scientific evidence really show? J Int Soc Sports Nutr. 2021;18(1):13. PMID 33557850. pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7871530.
    3. Naeini EK, Mirzaei K, Saadati S, et al. Effect of creatine supplementation on kidney function: systematic review and meta-analysis. 2025. PMID 41199218. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41199218.
    4. Kreider RB, Jäger R, Purpura M, et al. Safety of creatine supplementation: prevalence of side effects in clinical trials. 2025. pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11983583.
    5. Lak M, Saidpour A, et al. Does creatine supplementation cause hair loss? A randomized trial on androgenic hormones and hair follicle markers. 2025. pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12020143.
    6. EFSA NDA Panel. Scientific opinion on creatine and improvement in cognitive function: cause-effect relationship not established. EFSA Journal. 2024. efsa.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.2903/j.efsa.2024.9100.