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La créatine fait partie des compléments alimentaires les plus consommés dans le monde par les sportifs. Une question revient pourtant régulièrement : entraîne-t-elle une chute de cheveux ? La rumeur tient à une seule étude de 2009 chez des joueurs de rugby. Un essai randomisé publié en 2025 vient désormais y répondre directement, en mesurant à la fois la DHT et la densité capillaire sur 12 semaines. Voici l'état actuel des connaissances, les limites de chaque étude et les conseils de prudence à retenir.

La créatine est un dérivé d'acide aminé naturel présent dans le cerveau et les fibres musculaires du corps humain. L'organisme la fabrique à partir d'acides aminés (production endogène), et l'alimentation en apporte aussi via la viande et le poisson. Une fois synthétisée, elle se stocke dans les muscles sous forme de phosphocréatine.
La créatine joue son rôle dans la resynthèse rapide de l'ATP, la molécule d'énergie utilisée par les muscles pendant un effort. Elle est surtout utile pour les efforts brefs, intenses et répétés : sprints, séries de musculation, sports de combat, sports collectifs explosifs. Pour les efforts d'endurance longue durée, son intérêt direct sur la performance est plus modeste. Pour aller plus loin, notre guide complet sur la créatine monohydrate détaille la posologie usuelle, les formes disponibles et les bénéfices attendus.
L'inquiétude remonte à une étude publiée en 2009 par van der Merwe et ses collègues, menée chez 20 jeunes joueurs de rugby sud-africains. Les chercheurs avaient observé une hausse du rapport DHT/testostérone après trois semaines de supplémentation, avec une phase de charge à 25 g par jour pendant la première semaine (1). Ce signal a fait le tour des forums de musculation et est progressivement devenu une certitude partagée sur les réseaux sociaux.
Plusieurs limites importantes méritent pourtant d'être rappelées. L'étude portait sur 20 sujets, sur une durée courte, dans un contexte d'entraînement intensif de rugby. Surtout, elle n'a jamais mesuré ni la chute de cheveux, ni la densité capillaire, ni l'état des follicules. Elle a observé une variation hormonale, pas une perte de cheveux. La distinction est essentielle.

La DHT, ou dihydrotestostérone, n'est pas une forme de testostérone. C'est un métabolite plus puissant, produit par l'enzyme 5-alpha-réductase à partir de la testostérone circulante. Dans l'alopécie androgénétique, la DHT se fixe sur les récepteurs androgéniques des follicules pileux chez les personnes génétiquement prédisposées. Elle raccourcit la phase de croissance du cheveu, miniaturise progressivement le follicule et conduit à des cheveux plus fins, plus courts, moins denses (2).
Ce mécanisme n'est pas universel. Toutes les personnes exposées à la DHT ne perdent pas leurs cheveux. L'alopécie androgénétique combine au moins trois éléments : un terrain génétique, des récepteurs androgéniques sensibles et une activité enzymatique propre à chaque individu. Une variation isolée de DHT ne suffit donc pas à provoquer une calvitie chez quelqu'un qui n'y est pas prédisposé.
L'inverse est vrai aussi : une chute de cheveux n'est pas toujours liée à la DHT. Le stress, une carence en fer, un trouble thyroïdien, un effluvium télogène saisonnier, certains médicaments ou des pathologies du cuir chevelu peuvent expliquer une chute, parfois plus rapidement qu'un facteur hormonal. Pour distinguer ces situations, notre dossier sur les causes médicales d'une chute de cheveux passe en revue les pistes à explorer avec un dermatologue.

L'étude la plus complète à ce jour vient d'être publiée en 2025. Lak et ses collaborateurs ont mené un essai randomisé contrôlé de 12 semaines sur 45 hommes entraînés en résistance, âgés de 18 à 40 ans. Un groupe a reçu 5 g de créatine monohydrate par jour, l'autre 5 g de maltodextrine en placebo. Les chercheurs ont mesuré la testostérone totale, la testostérone libre, la DHT, le rapport DHT/testostérone, ainsi que la densité folliculaire, le nombre de follicules et l'épaisseur cumulée des cheveux. Aucune différence significative n'a été observée entre les deux groupes, ni sur les paramètres hormonaux, ni sur la santé du follicule (3). C'est la première fois qu'une étude évalue directement les cheveux après supplémentation, et non un marqueur intermédiaire comme la DHT.
Cette conclusion rejoint celle de la grande revue publiée par Antonio et ses co-auteurs en 2021, qui passe en revue les idées reçues sur la créatine. La revue indique qu'aucune publication n'a confirmé l'effet de 2009 sur la DHT de façon reproductible, et qu'aucune donnée ne relie la créatine monohydrate à une perte de cheveux mesurable (4). Les auteurs précisent que les différentes formes de créatine disponibles sur le marché ne changent pas ce constat : la forme monohydrate reste la mieux étudiée, et c'est celle utilisée dans l'essai de 2025.
| Étude | Effectif / durée | Ce qui a été mesuré | Résultat |
|---|---|---|---|
| van der Merwe 2009 | 20 rugbymen, 3 semaines | DHT, testostérone (pas la chute de cheveux) | Hausse du rapport DHT/testostérone |
| Antonio 2021 (revue) | Synthèse de la littérature | Idées reçues sur la créatine | Aucun lien causal créatine et perte de cheveux |
| Lak 2025 (essai randomisé) | 45 hommes entraînés, 12 semaines | DHT, testostérone, densité folliculaire | Aucune différence avec le placebo |
La position de référence en nutrition sportive est celle de l'International Society of Sports Nutrition (ISSN). Elle confirme que la créatine monohydrate aux doses usuelles (3 à 5 g par jour) est sûre et bien tolérée à court et long terme, y compris sur plusieurs années chez l'adulte sain (5). Les seules précautions standards concernent l'insuffisance rénale, les femmes enceintes ou allaitantes et les traitements chroniques, où un avis médical reste préférable.
Si vous êtes déjà concerné par une alopécie androgénétique connue, une chute rapide ou un terrain familial marqué, l'approche pragmatique consiste à : demander un avis dermatologique avant de commencer une cure, vérifier en amont les causes les plus fréquentes de chute (carences nutritionnelles, thyroïde, stress) et suivre l'évolution avec des critères objectifs plutôt qu'une impression. Le rôle du fer dans la santé capillaire mérite par exemple d'être vérifié en priorité chez les femmes, où une carence en fer reste la première cause non hormonale de chute diffuse.
Dans tous les cas, le réflexe « j'arrête tout par précaution » à la moindre chute saisonnière n'est pas justifié par les données actuelles. Une chute de 50 à 100 cheveux par jour reste physiologique, et un effluvium passager (changement de saison, fatigue, post-infection virale) se résout souvent en quelques semaines.
Le finastéride est un médicament inhibiteur de la 5-alpha-réductase, généralement prescrit à 1 mg par jour par voie orale dans l'alopécie androgénétique masculine. Il existe aussi sous forme topique en spray cutané en Europe. Ce n'est pas un gel destiné à compenser un effet supposé de la créatine. Aucune étude ne valide d'association créatine et finastéride dans le but de prévenir une perte de cheveux liée à la supplémentation (6). L'association relève d'un détournement, pas d'un protocole reconnu.
Le finastéride peut entraîner des effets indésirables : baisse de libido, dysfonction érectile, troubles de l'humeur. Ces effets ont fait l'objet de réévaluations récentes par les autorités sanitaires européennes. Pour toutes ces raisons, le finastéride ne se prend ni en automédication, ni en parallèle d'une cure de créatine « par précaution ». S'il existe une vraie alopécie installée, la discussion se mène avec un dermatologue.

La dose courante est de 3 à 5 g par jour de créatine monohydrate, prise quotidiennement, avec ou sans phase de charge initiale. Une phase de charge à 20 g par jour pendant 5 à 7 jours est possible mais pas obligatoire, et n'apporte pas de bénéfice durable supplémentaire passées quelques semaines. Pour les sportifs qui souhaitent optimiser leur prise, à quel moment de la journée la prendre fait l'objet d'un dossier dédié : matin, autour de l'entraînement ou en soirée, l'essentiel reste la régularité de la prise.
Du côté capillaire, l'attention se porte plutôt sur la nutrition globale : apports suffisants en protéines, fer, zinc, biotine, oméga-3, vitamines du groupe B. Ces nutriments soutiennent la phase de croissance du cheveu et limitent les chutes liées à des carences. Notre sélection de compléments nutritionnels favorables à la pousse détaille les options pertinentes selon votre profil, sans transformer une cure beauté en traitement de l'alopécie.
Les données actuelles ne montrent pas que la créatine cause une perte de cheveux. L'hypothèse vient d'une étude de 2009 sur la DHT chez 20 rugbymen, qui ne mesurait pas la chute de cheveux. Un essai randomisé de 2025 mené sur 12 semaines a directement évalué la DHT et l'état des follicules, sans observer de différence avec le placebo.
Une seule étude, publiée en 2009 chez des joueurs de rugby, a rapporté une hausse du rapport DHT sur testostérone après trois semaines de supplémentation. L'étude n'a jamais évalué la chute de cheveux ni la densité capillaire. Ce signal isolé n'a pas été reproduit depuis.
Aucune preuve solide ne permet de l'affirmer. Si vous êtes déjà suivi pour une alopécie androgénétique, l'avis d'un dermatologue est utile avant de commencer une cure. Un suivi objectif (photographies, comptage, examen du cuir chevelu) reste préférable à une attribution intuitive à la créatine.
Pas systématiquement. Une chute peut provenir d'un stress, d'une carence en fer ou en ferritine, d'un trouble thyroïdien, d'un médicament ou d'un effluvium saisonnier. Si la chute est rapide, diffuse, localisée ou s'accompagne d'autres symptômes, l'avis médical reste la première étape avant toute conclusion.
La dose de référence est de 3 à 5 g par jour de créatine monohydrate, en cure continue. Les personnes atteintes d'une maladie rénale, sous traitement chronique, enceintes ou allaitantes doivent demander un avis médical avant toute supplémentation.
Cette association n'est pas une stratégie sportive validée. Le finastéride est un médicament soumis à prescription, prescrit dans certains cas d'alopécie androgénétique, avec des effets indésirables documentés. Le détournement à visée de « précaution » face à la créatine ne repose sur aucune donnée scientifique.