La chute des cheveux est une situation que beaucoup de femmes et d'hommes connaissent. Très fréquente et parfois inquiétante, elle a des causes multiples : stress, fatigue, saisonnalité, carences nutritionnelles, ou encore facteurs génétiques et hormonaux dans le cas de l'alopécie androgénétique. Cette page fait le point sur le rôle de l'alimentation et des nutriments dans le maintien de cheveux normaux, en s'appuyant sur les allégations de santé reconnues par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).
Le stress, la fatigue, les chocs psychologiques, la prise de certains médicaments et les changements de saison sont des facteurs associés à la chute de cheveux. Il en est de même pour les carences et les déficits en nutriments : plusieurs vitamines et minéraux contribuent au maintien de cheveux normaux, et un apport insuffisant peut se traduire par des cheveux plus fragiles et cassants. La composition de l'alimentation joue donc un rôle important pour le capital capillaire. Une alimentation saine, variée et équilibrée reste la base pour préserver la santé générale de l'organisme, cheveux compris.
Un apport en fer insuffisant est un facteur régulièrement associé à la chute de cheveux. Ce minéral doit être apporté en quantité suffisante à travers l'alimentation quotidienne. Des compléments alimentaires riches en fer peuvent aussi aider à compléter les apports (nous y revenons plus bas). Le fer contribue au transport normal de l'oxygène dans l'organisme et à la réduction de la fatigue — deux fonctions physiologiques utiles au bon fonctionnement du follicule pileux. Cet oligo-élément, présent à l'état de trace dans l'organisme, n'en reste pas moins indispensable.
Les principales sources de fer de l'alimentation sont les produits animaux : viande, abats, fruits de mer… On en trouve aussi dans les végétaux : le persil, les épinards, les noisettes, les amandes et les céréales complètes sont de bonnes sources de fer, tout comme les cacahuètes et les légumineuses (haricots, pois chiches, etc.) ([1]). Le fer contenu dans les végétaux est moins bien absorbé que celui de la viande ; l'associer à une source de vitamine C améliore son absorption, la vitamine C contribuant à l'absorption normale du fer ([1]).

Le cheveu se compose en majeure partie de kératine, une protéine dont les principaux constituants sont des acides aminés (méthionine et cystéine). Seules des sources alimentaires de protéines apportent ces acides aminés essentiels, l'organisme n'étant pas capable de les synthétiser lui-même. Il existe de nombreuses sources de protéines animales et végétales : poissons, viandes, volailles, œufs, mais aussi légumineuses, céréales et certains fruits oléagineux. Varier les sources de protéines est une bonne pratique nutritionnelle générale, utile au maintien d'une masse musculaire normale comme à l'apport en acides aminés pour les cheveux.
Mis à part le fer, d'autres minéraux sont utiles à l'équilibre nutritionnel des cheveux : le magnésium et le zinc. Le zinc contribue au maintien de cheveux normaux, c'est l'une des allégations de santé autorisées par l'EFSA pour ce nutriment, et il intervient dans la synthèse de la kératine évoquée plus haut. Le magnésium, de son côté, contribue à des fonctions psychologiques normales et à la réduction de la fatigue, deux dimensions qui comptent quand le stress est identifié comme facteur associé à la chute de cheveux ([2]).
On trouve du magnésium et du zinc dans différents aliments : fruits de mer, jaune d'œuf, viandes, fromages à pâte pressée, bananes ([3]), céréales complètes et pain complet. Certains compléments alimentaires apportent aussi du zinc et du magnésium en quantité significative pour aider à compléter les apports quotidiens.
Les vitamines du complexe B comptent aussi parmi les nutriments utiles aux cheveux, en particulier les vitamines B3, B5, B6 et B8 (biotine). La biotine contribue au maintien de cheveux normaux — c'est l'allégation de santé EFSA associée à ce nutriment — tandis que les autres vitamines B participent au métabolisme énergétique normal et à la réduction de la fatigue, deux fonctions qui soutiennent indirectement la croissance capillaire.
Les vitamines du complexe B sont présentes dans les végétaux (fruits et légumes), les fruits de mer et les poissons, ainsi que les volailles et les jaunes d'œuf. On peut aussi citer les champignons, les figues, les choux-fleurs, les bananes et la plupart des fruits et légumes. Le meilleur moyen de diversifier ses apports en vitamines B est de varier les sources alimentaires, en privilégiant des fruits et légumes de saison.
Le stress oxydatif, lorsqu'il est présent en excès dans l'organisme, est étudié comme l'un des facteurs pouvant affecter les follicules pileux. Consommer des fruits et légumes variés, notamment ceux riches en vitamine C (agrumes, baie d'argousier ([4]), camu camu, acérola…), participe à un apport suffisant en nutriments qui protègent les cellules contre le stress oxydatif — c'est l'allégation de santé autorisée pour la vitamine C et la vitamine E. Ces deux vitamines se trouvent dans la majeure partie des fruits et légumes. Limiter l'alcool, le tabac et l'exposition à la pollution fait aussi partie d'une hygiène de vie favorable au capital capillaire.
Certains compléments alimentaires sont riches en nutriments utiles aux cheveux. Ils permettent de compléter une alimentation qui n'apporterait pas suffisamment de zinc, de fer, de biotine ou de sélénium, nutriments associés au maintien de cheveux normaux par l'EFSA.

La spiruline est une source intéressante de nutriments pour les cheveux ([5]). Cette cyanobactérie est particulièrement riche en fer et en zinc, deux oligo-éléments qui contribuent au maintien de cheveux normaux et à la réduction de la fatigue. La spiruline bio apporte aussi plusieurs vitamines (A, E, D, K, B1, B2, B3, B6, B8, B9 et B12) ainsi que du magnésium. Elle se consomme facilement au quotidien, en cure, en complément d'une alimentation équilibrée.
Les huiles végétales, le beurre de karité, les fruits de mer et les poissons ont un point commun : leur teneur en oméga 3. Ces acides gras oméga-3 sont étudiés dans le contexte capillaire, y compris dans l'alopécie (la perte de cheveux, aux causes multiples), en tant que nutriment participant à la structure des membranes cellulaires. Sous forme de capsules d'huile de poisson, les oméga-3 EPA/DHA sont faciles à intégrer au quotidien et complètent les apports en vitamine B6 et en zinc utiles à la chevelure.
Certains compléments alimentaires comme le guarana ou l'acérola apportent de la vitamine C en quantité significative. Ce nutriment protège les cellules contre le stress oxydatif et contribue à la réduction de la fatigue (allégations EFSA). Argousier, camu camu, orange, pamplemousse, citron… ces sources naturelles de vitamine C s'associent bien avec le fer, dont elles favorisent l'absorption. Le guarana, quant à lui, est traditionnellement utilisé pour son apport en énergie ; la fatigue fait partie des facteurs couramment associés à la chute de cheveux ([6]) ([7]).
Le stress et la fatigue sont deux facteurs régulièrement associés à la chute de cheveux. Certaines plantes adaptogènes sont traditionnellement utilisées pour accompagner l'organisme face aux périodes de stress passager. C'est le cas du ginseng asiatique et de la rhodiola rosea, dont l'effet sur la fatigue liée au stress a été étudié dans des essais contrôlés ([8]) ([9]).
Certaines habitudes alimentaires peuvent peser sur la santé des cheveux. Les sucres raffinés à index glycémique élevé (pain blanc, sodas, pâtes trop cuites…) et les produits ultra-transformés apportent peu de nutriments utiles au capital capillaire. Nos cheveux ont besoin de nutriments variés en quantité suffisante, et l'alimentation reste le premier levier pour les leur apporter.

Apporter aux cheveux les nutriments dont ils ont besoin passe aussi par une bonne circulation sanguine au niveau du cuir chevelu, puisque ces nutriments y voyagent par le sang. Masser régulièrement le cuir chevelu est un geste simple pour stimuler cette microcirculation locale. On peut y associer des huiles nourrissantes — beurre de karité, huile de ricin, huile de coco, huile d'olive — qui apportent confort et brillance au moment du massage. Privilégier des huiles biologiques limite l'exposition à des résidus indésirables.
Dans les boutiques spécialisées, on trouve des complexes d'huiles et de produits naturels à appliquer sur le cuir chevelu : huiles végétales, beurre de karité, lotions toniques, hydrolats, masques aux poudres capillaires traditionnelles. Ces soins s'inscrivent dans une routine capillaire douce, sans promesse de résultat garanti — l'évolution des cheveux dépend de nombreux facteurs individuels.
Il est utile de rester vigilant sur la composition des produits de synthèse, parfois chargés d'agents chimiques peu désirables, et de privilégier des produits naturels issus de l'agriculture biologique.
Une alimentation variée, riche en sources de fer, zinc, biotine, vitamine C et vitamine E, apporte à l'organisme les nutriments associés au maintien de cheveux normaux par l'EFSA. Ces allégations encadrent les communications autorisées ; elles ne valent pas indication thérapeutique. Avant d'envisager des compléments, tournez-vous d'abord vers une alimentation variée et équilibrée : c'est la base la plus solide pour le capital capillaire, comme pour la santé générale.
Tableau récapitulatif des allégations de santé EFSA (Règl. UE 432/2012) réutilisables pour les nutriments les plus pertinents dans le cadre capillaire.
| Nutriment | Allégation EFSA associée | Apport de référence |
|---|---|---|
| Zinc | Maintien de cheveux, peau et ongles normaux | 11-15 mg/j |
| Sélénium | Maintien de cheveux et ongles normaux ; protège les cellules contre le stress oxydatif | 70 µg/j |
| Biotine (B8) | Maintien de cheveux normaux | 50 µg/j |
| Fer | Transport normal de l'oxygène ; réduction de la fatigue | 14 mg/j (femme), 9 mg/j (homme) |
| Vitamine C | Protège les cellules contre le stress oxydatif ; améliore l'absorption du fer | 110 mg/j |
| Vitamine E | Protège les cellules contre le stress oxydatif | 12 mg/j |
| Oméga-3 (EPA+DHA) | Fonction cardiaque normale (250 mg/j) | 500-1000 mg/j |
Les causes les plus fréquentes sont le stress, la fatigue, les changements de saison, une carence en fer, en zinc ou en vitamines du groupe B, une période post-accouchement, ou des facteurs génétiques et hormonaux dans le cas de l'alopécie androgénétique.
Le fer, le zinc, la biotine (vitamine B8) et le sélénium sont les nutriments dont l'EFSA reconnaît le rôle dans le maintien de cheveux normaux. Le magnésium et les vitamines B contribuent par ailleurs à réduire la fatigue, un facteur souvent associé aux périodes de chute plus marquée. Une alimentation variée reste la première source de ces nutriments, les compléments alimentaires venant en appui si les apports sont insuffisants.
Un complément alimentaire ne fait pas repousser les cheveux au sens d'un traitement : son rôle est d'apporter des nutriments (fer, zinc, biotine, sélénium…) qui contribuent au maintien de cheveux normaux lorsque l'alimentation seule ne suffit pas à couvrir les besoins.
La chute saisonnière (souvent au printemps et à l'automne) est temporaire, diffuse et se résorbe généralement en quelques semaines. L'alopécie androgénétique évolue plus progressivement selon un schéma typique (golfes, vertex chez l'homme ; raie élargie chez la femme), tandis que la pelade se manifeste par des plaques localisées.
Il est conseillé de consulter si la chute est brutale, en plaques, s'accompagne de démangeaisons ou de rougeurs du cuir chevelu, persiste au-delà de quelques mois, ou survient dans un contexte de fatigue importante, de trouble thyroïdien suspecté ou de grossesse/post-partum. Le médecin traitant ou un dermatologue pourra rechercher une cause spécifique et orienter la prise en charge.
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