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Traitement des varices des jambes : options et méthodes

Traitement des varices des jambes : options et méthodes

Bas de compression, gels frais, plantes dites « veinotoniques », injections, laser, chirurgie : face à des varices des jambes, les options annoncées ne manquent pas, et il n'est pas simple de distinguer ce qui apporte un simple confort de ce qui agit réellement sur la veine malade. Cet article passe en revue les différentes méthodes de traitement des varices, des gestes du quotidien aux techniques médicales, en précisant à chaque fois leur niveau d'action, leurs limites et la place que peuvent occuper les approches naturelles en complément.

Varices, d'abord une histoire de reflux

Une varice est une veine superficielle anormalement dilatée, dans laquelle le sang circule à contre-sens. En temps normal, de petites valvules situées le long des veines des jambes empêchent le sang de redescendre entre deux contractions musculaires. Quand ces valvules ferment mal, une partie du sang reflue vers le bas, stagne, et la pression qui s'accumule finit par déformer durablement la paroi veineuse. Le phénomène est loin d'être marginal : en France, l'insuffisance veineuse chronique concernerait au moins 18 millions de personnes, dont une dizaine de millions présenteraient des varices [1].

Cette mécanique du reflux explique une distinction essentielle pour la suite : certaines approches agissent sur les conséquences de la stagnation veineuse — sensation de jambes lourdes, gonflement en fin de journée — tandis que d'autres s'attaquent à sa cause, c'est-à-dire à la veine qui reflue. Les deux registres ne s'opposent pas, mais ils ne sont pas interchangeables.

L'écho-Doppler veineux : le point de départ de toute décision

Aucune méthode sérieuse ne se choisit sans un bilan préalable. L'examen de référence est l'écho-Doppler veineux des membres inférieurs, un examen d'imagerie indolore et sans injection, qui visualise le réseau veineux et mesure le sens et la vitesse de circulation du sang [2]. Il permet de cartographier les veines atteintes, d'identifier l'origine du reflux — une varice isolée ne se traite pas comme un reflux d'un tronc saphène — et d'orienter vers la technique la mieux adaptée à chaque situation. Deux personnes présentant des varices d'apparence comparable peuvent ainsi se voir proposer des prises en charge différentes, en fonction de la cartographie de leur réseau veineux, de leur état artériel, de leurs antécédents et de leur mode de vie.

La compression élastique, socle de la prise en charge

Avant même d'envisager un geste sur la veine, la compression élastique — bas, chaussettes ou collants prescrits par le médecin — reste le traitement de fond de la maladie veineuse. En exerçant une pression dégressive de la cheville vers le haut de la jambe, elle réduit le calibre des veines dilatées et améliore le retour du sang vers le cœur. Portée durant la journée, elle atténue les symptômes, freine l'évolution des varices et accompagne les suites de la plupart des traitements. Elle est prise en charge par l'Assurance Maladie sur prescription, selon un tarif de référence [3]. Seule réserve notable : elle est contre-indiquée en cas d'atteinte artérielle des jambes, ce que le bilan initial permet justement de vérifier.

Sclérothérapie, laser, radiofréquence, ultrasons : les méthodes qui agissent sur la veine

Pour supprimer la veine responsable du reflux, la médecine vasculaire dispose aujourd'hui de plusieurs techniques, du geste réalisé au cabinet à la chirurgie classique.

La sclérothérapie consiste à injecter dans la varice un produit qui irrite sa paroi et provoque sa fermeture progressive. Elle se pratique au cabinet, sans anesthésie ni immobilisation, éventuellement sous guidage échographique et sous forme de mousse pour les veines plus larges [3]. C'est aussi la méthode de référence pour les varicosités, ces fines veines rouges ou violettes visibles en surface, dont l'enjeu est surtout esthétique — à condition de ne pas oublier qu'un reflux profond non traité expose à les voir réapparaître.

Les techniques endoveineuses thermiques — laser ou radiofréquence — ferment la veine de l'intérieur, par la chaleur, au moyen d'une fibre ou d'une sonde introduite sous contrôle échographique. Réalisées le plus souvent en ambulatoire sous anesthésie locale, elles ont largement remplacé la chirurgie pour les troncs saphènes. La radiofréquence a fait l'objet d'une évaluation de la Haute Autorité de Santé, qui l'a jugée efficace et suffisamment sûre tout en recommandant un suivi de la pratique [4]. Après ce type de geste, la reprise du travail est en général possible dès le quatrième jour pour une activité sédentaire, et vers le huitième jour pour un travail physique [3].

Plus récemment sont apparus des traitements par ultrasons focalisés de haute intensité, qui concentrent l'énergie des ultrasons sur la veine à fermer sans incision ni introduction de matériel, la peau n'étant pas franchie. Le principe de cette approche non invasive du reflux veineux est détaillé sur cette page. Comme toute technique récente, sa place exacte dans l'arsenal thérapeutique se discute au cas par cas avec le médecin vasculaire, en fonction de la cartographie veineuse.

La chirurgie — éveinage (ou stripping), phlébectomies, ligatures — reste enfin indiquée pour certaines varices volumineuses ou certaines configurations anatomiques particulières. Elle demande une convalescence plus longue que les techniques endoveineuses, mais bénéficie d'un recul important [3].

Plantes veinotropes et gestes de confort : quel rôle réel ?

Beaucoup de personnes se tournent d'abord vers des solutions naturelles, et plusieurs plantes sont traditionnellement associées au confort circulatoire des jambes. C'est le cas de la vigne rouge, dont l'usage traditionnel et les précautions d'emploi sont bien documentés, du marronnier d'Inde et de son extrait de graine, du petit houx (fragon) ou encore de l'hamamélis, utilisé de longue date en applications locales. Ces plantes, présentes dans de nombreux compléments et gels, peuvent contribuer à atténuer la sensation de jambes lourdes chez certaines personnes ; en revanche, les données disponibles n'ont pas démontré d'effet sur l'évolution de la maladie veineuse ni, a fortiori, sur une varice déjà constituée [5].

Un repère simple aide à situer chaque option à sa juste place : demandez-vous sur quoi elle agit. La compression, la marche, la surélévation des jambes et les plantes veinotropes jouent toutes sur le même terrain, limiter la stagnation du sang et ses conséquences ressenties, tandis que seuls les gestes médicaux (sclérothérapie, techniques thermiques, ultrasons focalisés, chirurgie) suppriment la veine qui reflue. C'est pourquoi une approche de confort, aussi utile soit-elle au quotidien, ne « remplace » jamais un traitement du reflux : les deux n'interviennent tout simplement pas au même niveau du problème, et c'est précisément leur complémentarité qui rend la prise en charge cohérente.

Les gels frais, les douches d'eau fraîche sur les jambes en fin de journée et les massages remontants, de la cheville vers le genou, procurent quant à eux un soulagement immédiat mais transitoire, lié notamment à l'effet de la fraîcheur sur le calibre des veines. Ces gestes ont toute leur place en complément — jamais en remplacement — d'une prise en charge médicale lorsque celle-ci est nécessaire.

Hygiène de vie et alimentation : des leviers à ne pas négliger

Le mode de vie pèse à la fois sur l'apparition des varices et sur leur évolution, avant comme après un traitement. La marche quotidienne active la pompe musculaire du mollet, véritable moteur du retour veineux ; à l'inverse, les stations debout ou assises prolongées, la chaleur (bains chauds, sauna, exposition prolongée au soleil) et le surpoids favorisent la stagnation du sang dans les jambes [3]. Surélever légèrement les jambes en fin de journée ou pendant le sommeil aide également le sang à redescendre... dans le bon sens. Terminer la douche par un jet d'eau fraîche remonté le long des jambes s'inscrit dans la même logique de confort circulatoire.

Côté assiette, une alimentation riche en fibres aide à prévenir la constipation, qui augmente la pression dans l'abdomen et gêne mécaniquement le retour veineux. Une hydratation suffisante et un poids stable complètent ce socle ; à l'inverse, une alimentation très salée peut accentuer le gonflement des jambes, un phénomène proche de celui décrit dans notre article sur la rétention d'eau et les moyens de la limiter. Aucun régime ne fait disparaître une varice, mais ces habitudes freinent l'évolution de la maladie veineuse et potentialisent les autres mesures.

Faut-il traiter toutes les varices, et avec quelles précautions ?

Toutes les varices ne relèvent pas d'un geste immédiat. Une varice discrète, qui n'entraîne ni douleur, ni œdème, ni modification de la peau, peut simplement être surveillée, avec des mesures de prévention et un contrôle régulier. Le traitement se discute plus sérieusement quand la varice devient gênante, s'étend, ou s'accompagne de complications débutantes : gonflement persistant, démangeaisons, coloration ou durcissement de la peau des chevilles [3].

Chaque méthode a par ailleurs ses contre-indications, que l'interrogatoire et le bilan permettent d'écarter : la sclérothérapie est notamment déconseillée en cas de troubles de la coagulation, d'antécédent récent de phlébite ou d'artériopathie des membres inférieurs, et la compression forte suppose de vérifier l'état des artères [3] [6]. C'est tout l'intérêt d'une décision partagée avec le médecin, appuyée sur l'écho-Doppler : choisir la méthode la plus sûre et la plus adaptée, pas seulement la plus récente ou la plus visible.

Après le traitement : préserver le résultat, comprendre la prise en charge

Quelle que soit la technique retenue, le traitement supprime la veine malade mais ne modifie pas le terrain veineux : de nouvelles varices peuvent se former avec le temps si les facteurs favorisants persistent. La compression accompagne le plus souvent les suites du geste, et les habitudes évoquées plus haut — marche régulière, poids stable, méfiance vis-à-vis de la chaleur, jambes surélevées le soir — restent les meilleurs alliés du résultat sur la durée, avec un suivi vasculaire régulier.

Sur le plan financier, la prise en charge varie selon les options : la compression est remboursée sur prescription selon un tarif de référence, tandis que les médicaments veinotoniques ne sont plus remboursés par l'Assurance Maladie [3]. Pour les gestes eux-mêmes — sclérothérapie, techniques endoveineuses, chirurgie —, les conditions de remboursement dépendent de la technique et du cadre de réalisation ; le plus simple est d'en parler en consultation et, le cas échéant, d'interroger sa complémentaire santé avant l'intervention.

À noter — Ces informations sont fournies à titre d'information générale et ne remplacent pas une consultation. Des varices, des douleurs persistantes, un gonflement inhabituel ou une modification de la peau des jambes justifient un avis médical, en particulier avant de choisir un traitement ou de débuter une compression.

Questions fréquentes

Les plantes ou les crèmes peuvent-elles faire disparaître des varices ?

Non. Les plantes traditionnellement associées au confort circulatoire et les gels frais peuvent contribuer à atténuer la sensation de jambes lourdes, mais ils n'agissent ni sur le reflux ni sur une varice déjà constituée [5]. Seul un geste médical supprime la veine responsable.

Peut-on traiter des varices sans chirurgie ?

Oui, dans la plupart des cas. Sclérothérapie, laser ou radiofréquence endoveineux et ultrasons focalisés permettent de fermer la veine sans éveinage chirurgical ; la chirurgie reste réservée à certaines varices volumineuses ou configurations particulières [3].

Le traitement des varices est-il douloureux ?

Les techniques actuelles limitent nettement l'inconfort : la sclérothérapie se pratique sans anesthésie au cabinet, et les gestes endoveineux se font le plus souvent sous anesthésie locale, en ambulatoire, avec un retour à domicile le jour même [3].

Combien de temps d'arrêt prévoir après un traitement endoveineux ?

La reprise du travail est en général possible dès le quatrième jour pour une activité sédentaire et vers le huitième jour pour un métier physique ; la chirurgie classique demande une convalescence plus longue [3].

Les varices peuvent-elles revenir après un traitement ?

Oui, c'est possible : le traitement supprime la veine malade mais ne change pas le terrain veineux. Compression, marche régulière, poids stable et suivi vasculaire réduisent ce risque de récidive.

Quelle différence entre varices et varicosités ?

Les varicosités sont de fines veines rouges ou violettes visibles en surface, dont l'enjeu est surtout esthétique. Les varices sont des veines plus larges, liées à un reflux : elles relèvent d'un enjeu médical, et traiter la surface sans s'occuper d'un reflux profond expose à une récidive.

Références

Sources :
  1. La Revue du Praticien. « Définitions et épidémiologie de la maladie variqueuse ». larevuedupraticien.fr
  2. Assurance Maladie (Ameli). « Comment se déroule un écho-doppler veineux des membres inférieurs ? ». ameli.fr
  3. Assurance Maladie (Ameli). « Bilan et traitement des varices des jambes ». ameli.fr
  4. Haute Autorité de Santé. « Traitement des varices par radiofréquence : la HAS recommande un suivi de la pratique ». has-sante.fr
  5. VIDAL. « La phytothérapie dans le traitement de l'insuffisance veineuse ». vidal.fr
  6. VIDAL. « Le traitement des varices ». vidal.fr
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