Le curcuma et le poivre noir forment une association souvent conseillée pour augmenter l’assimilation de la curcumine par l’organisme. Plus précisément, la pipérine (un principe actif du poivre) aide à améliorer la biodisponibilité de la curcumine (1). Or, cette association peut aussi avoir des effets secondaires importants, qu’il faut connaître avant de consommer des produits qui en contiennent.
Le poivre noir est un excellent associé du curcuma, et vice versa. Mais ils ne conviennent pas à tout le monde ni à toutes les situations. D’ailleurs, cette association perd de son intérêt à mesure que la science progresse vers de nouvelles solutions pour optimiser l’assimilation de la curcumine « libre ».
Avec plus de quinze mille études scientifiques à son actif, le curcuma est l’une des plantes les plus étudiées au monde. La curcumine, un phytopigment jaune, n’est pas facilement absorbée par l’organisme. On l’associe donc à la pipérine pour en améliorer l’assimilation par l’organisme et bénéficier de ses bienfaits. Seulement, en 2012, un lot d’études scientifiques est venu mettre en doute cette particularité, allant même jusqu’à suggérer que la curcumine absorbée avec l’aide de pipérine circule surtout sous une forme transformée par le foie, peu utilisable pour les cellules (2).
Selon cette étude scientifique, la quantité de curcumine « active » ou « libre » n’est presque pas détectée dans le sang, que l’on y ajoute ou non de la pipérine. De ce fait, l’ajout de poivre noir n’augmenterait pas la biodisponibilité de la curcumine active dans le corps. La curcumine active étant celle dont on recherche les bienfaits en consommant du curcuma. Les auteurs de cette étude ont conclu qu’il était nécessaire d’étudier de nouvelles formules contenant de la curcumine.
Ainsi, associer le curcuma au poivre noir ne serait pas indispensable. Mais là où le problème réside, c’est avant tout dans les effets secondaires du poivre, et de la pipérine sur l’organisme. On sait que le poivre peut être bénéfique pour la santé. Notamment si nous le consommons raisonnablement et en dehors des traitements médicaux. Comme le montrent différentes études, le poivre noir augmente la biodisponibilité des médicaments. Il réduit leur élimination progressive et génère une concentration plus prononcée du médicament dans le sang (3).
Dans la même mesure, la pipérine du poivre noir pourrait causer des dommages à la paroi intestinale, et augmenter la perméabilité intestinale. Ce n’est pas confirmé chez l’humain : sur des cellules intestinales humaines, un extrait de poivre noir ne l’a pas reproduit (4). Par prudence, la pipérine, et plus largement le poivre, est alors déconseillée à toutes les personnes qui souffrent de troubles intestinaux ! Dans ce cadre, des compléments alimentaires naturels de curcuma, sans pipérine ajoutée, sont à privilégier. Les formules qui contiennent du poivre noir ou du polysorbate 80 sont à proscrire.

La pipérine est un principe actif à éviter pour de nombreuses personnes, notamment en raison de ses effets irritants. Elle a tendance à exacerber les troubles digestifs existants, tels que les inflammations des muqueuses stomacales ou la gastrite. Les personnes sujettes aux ulcères gastriques et aux hémorroïdes se voient aussi priées de ne pas consommer de poivre ni de complexes contenant de la pipérine. Un avis médical est indispensable pour traiter correctement ces problèmes gastriques. Si vous souhaitez solliciter le curcuma pour ses usages traditionnels liés à l’inflammation, privilégiez des produits qui ne contiennent pas de pipérine ou de poivre. De même, si vous faites face à de tels troubles, évitez de consommer trop de poivre dans vos plats, qui peut avoir des effets négatifs sur votre santé digestive et sur votre estomac. Il peut être bénéfique d’adapter votre alimentation à vos symptômes afin de limiter l’inconfort.
Le poivre semble être l’élément le plus dangereux de cette association entre curcuma et poivre noir. À doses culinaires, le curcuma ne génère pas d’effets secondaires indésirables. En complément alimentaire, l’Anses a cependant recensé en France plus de 100 signalements d’effets indésirables, dont 15 hépatites (5). Il est toutefois préférable de l’éviter pour les femmes enceintes, tout comme les personnes sujettes aux obstructions et aux calculs biliaires. Demandez l’avis d’un médecin en cas de troubles digestifs et avant toute cure de compléments alimentaires.
La poudre de curcuma contient en moyenne 2,86 % de curcumine, selon le comité de toxicologie britannique (6). Les 2 g de curcumine de l’étude sur la pipérine (1) équivalent donc à environ 70 g de curcuma en poudre, et la limite de 153 mg par jour que l’Anses retient pour un adulte de 60 kg (5) à un peu plus de 5 g. Une pincée dans un plat reste très en dessous ; c’est la gélule, surtout avec pipérine, qui demande de surveiller la dose.
Depuis la publication de ces études, une autre association du curcuma est à privilégier. En particulier pour améliorer la biodisponibilité de la curcumine. Il s’agit des oméga-3 des poissons gras et des noix ! D’ailleurs, les oméga-3 EPA et DHA contribuent à une fonction cardiaque normale (250 mg par jour). Ces allégations encadrent les communications autorisées ; elles ne valent pas indication thérapeutique. Naturels et bénéfiques, les oméga-3 sont une source de nutriments sûre et accompagnent bien la curcumine, qui se dissout dans les graisses. C’est une piste à explorer si l’on souhaite éviter le poivre noir et ses dangers.
Si la pipérine permet d’augmenter l’assimilation de la curcumine dans l’organisme, elle ne semble pas avoir cet effet sur la curcumine active présente dans le curcuma. L’association curcuma-poivre noir n’est alors pas essentielle pour profiter des bienfaits du curcuma sur la santé. Pis encore, elle pourrait avoir des effets indésirables, voire dangereux, sur votre santé digestive, et interagir avec certains médicaments. Prenez soin de consulter un médecin pour tout problème de santé !
Si la pipérine du poivre noir améliore l'absorption de la curcumine, cette amplification présente aussi des risques (irritation digestive, interactions avec des médicaments). Des alternatives existent aujourd'hui pour mieux assimiler la curcumine sans recourir au poivre noir.
La pipérine peut être irritante pour la muqueuse digestive, modifier la perméabilité intestinale (vu en laboratoire, non confirmé chez l’humain), et interagir avec de nombreux médicaments via le métabolisme hépatique. Les personnes sensibles, sujettes aux gastrites, calculs biliaires ou sous traitement chronique doivent l'éviter.
Plusieurs technologies récentes améliorent significativement la biodisponibilité de la curcumine sans utiliser de pipérine : phytosomes (curcumine liée à la phosphatidylcholine), formes liposomales, micelles colloïdales, complexes avec les cyclodextrines. Ces alternatives offrent une absorption supérieure.
L'association curcuma + poivre noir est déconseillée aux femmes enceintes ou allaitantes, aux personnes souffrant de gastrite, ulcère, calculs biliaires, troubles intestinaux, ainsi qu'aux personnes sous traitement chronique (anticoagulants, antidiabétiques, immunosuppresseurs).
Privilégier des extraits de curcuma à biodisponibilité optimisée (phytosomes, liposomal, micellaire) qui ne nécessitent pas de pipérine. C'est le choix que nous avons fait pour notre Curcuma Liposomal, sans pipérine. Ces formes augmentent elles aussi la quantité de curcumine absorbée : il faut donc respecter la dose indiquée et les mêmes précautions.
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