Testostérone : définition, bienfaits sur l'homme et effets en cas de déficit

    La testostérone est l'hormone androgène centrale de la physiologie masculine. Elle conditionne le développement des caractères sexuels, la fonction reproductrice, mais également la composition corporelle, la densité osseuse et certains aspects de la cognition et de l'humeur. Comprendre le rôle de la testostérone et ce qu'implique un déficit permet de mieux distinguer les variations physiologiques liées à l'âge des situations pathologiques nécessitant une évaluation médicale[1]. Cette page propose une synthèse rigoureuse : définition biochimique, sites de synthèse, rôles dans l'organisme, valeurs de référence du dosage sanguin, signes cliniques évocateurs de carence (hypogonadisme), démarche diagnostique, conduite à tenir et leviers d'hygiène de vie documentés. L'objectif est strictement informatif. Toute suspicion de déficit hormonal doit conduire à une consultation auprès d'un médecin généraliste, d'un endocrinologue ou d'un andrologue qualifié.

    Définition et biochimie de la testostérone

    La testostérone (formule C19H28O2) appartient à la famille des hormones stéroïdes androgènes[2]. Sa structure dérive du cholestérol, précurseur commun à l'ensemble des stéroïdes endogènes. Chez l'homme adulte, elle constitue l'androgène circulant le plus abondant et exerce des effets génomiques, via la liaison à un récepteur nucléaire spécifique (RA), et non génomiques.

    Une hormone stéroïde androgène

    La testostérone se classe parmi les stéroïdes à 19 carbones. Une fois libérée dans la circulation sanguine, elle se lie majoritairement à deux protéines de transport : l'albumine (environ 54 %) et la sex hormone-binding globulin (SHBG, environ 44 %). Seule une fraction réduite, dite testostérone libre (1 à 3 %), traverse aisément les membranes cellulaires pour exercer son action biologique[3]. La testostérone biodisponible regroupe la fraction libre et celle faiblement liée à l'albumine.

    Conversion en DHT et en œstradiol

    La testostérone subit deux conversions enzymatiques notables. La 5-α-réductase, présente dans la peau, le follicule pileux, la prostate et les organes génitaux, la transforme en dihydrotestostérone (DHT), un androgène plus puissant impliqué dans la pilosité, la trophicité prostatique et certaines formes d'alopécie. L'aromatase, exprimée principalement dans le tissu adipeux, le foie et le cerveau, la convertit en œstradiol. Ce dernier contribue notamment à la minéralisation osseuse et à la régulation de la libido masculine. Un excès de tissu adipeux augmente l'activité aromatase, ce qui peut réduire la fraction de testostérone disponible.

    Synthèse, régulation et métabolisme

    La production de testostérone est étroitement encadrée par l'axe hypothalamo-hypophyso-gonadique. Toute perturbation à l'un de ses étages peut retentir sur la testostéronémie.

    Cellules de Leydig et stimulation par LH

    Environ 95 % de la testostérone circulante chez l'homme provient des cellules de Leydig, situées dans le tissu interstitiel des testicules[2]. Le reste, secondaire, est produit par les glandes surrénales. La sécrétion testiculaire est commandée par l'hormone lutéinisante (LH) hypophysaire, elle-même libérée sous l'influence de la gonadolibérine (GnRH) hypothalamique. La testostérone exerce un rétrocontrôle négatif sur l'hypothalamus et l'hypophyse, ce qui assure une homéostasie hormonale fine.

    Catabolisme et élimination

    La testostérone est métabolisée essentiellement au niveau hépatique. Les métabolites inactifs (androstérone, étiocholanolone) sont conjugués puis éliminés dans les urines. La demi-vie plasmatique courte (10 à 100 minutes pour la fraction libre) impose une production continue et explique la sensibilité de la testostéronémie aux variations diurnes et au stress aigu.

    Rôles physiologiques chez l'homme

    Les actions biologiques de la testostérone sont vastes et s'expriment dans la plupart des tissus de l'organisme. On distingue classiquement plusieurs grands domaines d'effet[1].

    Développement et entretien des caractères sexuels

    La testostérone, conjointement à la DHT, est responsable de la différenciation sexuelle masculine in utero, de la masculinisation à la puberté (croissance pénienne et testiculaire, pilosité corporelle, mue laryngée) puis du maintien de ces caractères à l'âge adulte. Elle conditionne également la spermatogenèse, en synergie avec la FSH hypophysaire et grâce à des concentrations intratesticulaires très supérieures à la testostéronémie périphérique.

    Libido, érection et fonction sexuelle

    La testostérone module le désir sexuel et participe aux mécanismes érectiles, en partie par son action sur la voie du monoxyde d'azote dans le tissu caverneux. Une baisse marquée peut s'accompagner d'une réduction de la libido, mais la dysfonction érectile relève souvent d'étiologies multiples (vasculaire, psychogène, métabolique) qui doivent être recherchées indépendamment du statut hormonal[4].

    Masse musculaire, force et densité osseuse

    Hormone anabolisante, la testostérone favorise la synthèse protéique musculaire, l'augmentation de la masse maigre et le maintien de la force. Elle agit également sur le tissu osseux en stimulant les ostéoblastes et en limitant la résorption ostéoclastique, en partie après conversion en œstradiol. Un déficit prolongé constitue un facteur de risque d'ostéopénie et d'ostéoporose masculines.

    Métabolisme, érythropoïèse et cognition

    La testostérone influence la répartition de la masse grasse, en particulier au niveau viscéral, et participe à la régulation de la sensibilité à l'insuline. Elle stimule l'érythropoïèse par l'intermédiaire de l'érythropoïétine et de l'inhibition de l'hepcidine, ce qui explique l'hématocrite plus élevé chez l'homme. Au plan cognitif et thymique, elle est associée à la vigilance, la motivation et la stabilité de l'humeur, bien que les mécanismes restent partiellement élucidés.

    Valeurs normales et variations diurnes

    L'interprétation d'un dosage de testostérone repose sur la connaissance des intervalles de référence, du rythme circadien et du contexte clinique. Les valeurs ci-dessous correspondent à l'homme adulte, en l'absence de pathologie aiguë et après prélèvement matinal à jeun[3]. Elles sont fournies à titre indicatif et l'interprétation revient au médecin et au biologiste.

    Paramètre Intervalle adulte usuel Conditions de prélèvement
    Testostérone totale 300 à 1000 ng/dL (9 à 35 nmol/L) Matin entre 7 h et 11 h, à jeun, idéalement 2 dosages
    Testostérone libre calculée environ 5 à 21 ng/dL (0,17 à 0,73 nmol/L) Calcul à partir de la totale, SHBG et albumine
    SHBG 10 à 70 nmol/L À doser conjointement à la testostérone totale
    LH 1,7 à 8,6 UI/L Permet de différencier hypogonadisme primaire / secondaire
    FSH 1,5 à 12,4 UI/L Évaluation de la fonction des tubes séminifères
    Œstradiol 10 à 40 pg/mL Reflet indirect de l'activité aromatase
    Prolactine 4 à 15 ng/mL Hyperprolactinémie : cause possible d'hypogonadisme central
    Variations diurnes et conditions de prélèvement. La testostérone suit un rythme circadien marqué : les concentrations sont maximales au réveil et baissent de 20 à 30 % en fin de journée. Un prélèvement effectué l'après-midi peut conduire à une sous-estimation. Un seul dosage anormal ne suffit pas à porter un diagnostic : les recommandations de l'Endocrine Society retiennent deux dosages matinaux espacés, réalisés dans des conditions standardisées[1]. Toute suspicion de déficit relève d'un diagnostic et d'un suivi médical : il ne faut ni s'auto-doser ni s'auto-traiter.

    Évolution de la testostérone avec l'âge

    Après l'âge de 30 ans, la testostérone totale décline lentement, à raison d'environ 1 à 2 % par an[5]. La SHBG augmente parallèlement, ce qui amplifie la baisse de la fraction libre. Ce phénomène, parfois nommé andropause ou syndrome de déficit en testostérone lié à l'âge (LOH, late-onset hypogonadism), n'a pas la systématicité de la ménopause féminine et ne concerne qu'une fraction des hommes vieillissants.

    Un déclin progressif et hétérogène

    Les études de cohorte (MMAS, EMAS) montrent qu'à 70 ans, la prévalence de valeurs de testostérone totale inférieures à 300 ng/dL approche 20 à 30 %, mais qu'une fraction notable d'hommes conserve des valeurs comparables à celles du jeune adulte. Le poids, le tabagisme, la sédentarité et la qualité du sommeil influencent fortement cette trajectoire individuelle.

    Distinguer biologique et clinique

    Une testostérone basse à l'analyse ne définit pas à elle seule un hypogonadisme. Le diagnostic exige l'association d'une baisse biologique confirmée à des symptômes cliniques évocateurs. À l'inverse, une fatigue isolée chez un sexagénaire ne traduit pas nécessairement un déficit hormonal et impose une démarche diagnostique large.

    Déficit en testostérone : signes cliniques

    Le terme médical d'hypogonadisme masculin désigne l'incapacité des testicules à produire des quantités physiologiques de testostérone et/ou un nombre normal de spermatozoïdes[1]. Les symptômes sont peu spécifiques et se chevauchent avec ceux d'autres affections (états dépressifs, anémie, hypothyroïdie, apnées du sommeil), d'où l'importance d'une démarche structurée conduite par un professionnel de santé.

    Catégorie Signes parfois évocateurs d'un déficit
    Sphère sexuelle Baisse de libido, raréfaction des érections matinales, troubles de l'érection, hypofertilité
    Énergie et humeur Fatigue chronique inexpliquée, baisse de motivation, irritabilité, humeur basse
    Composition corporelle Diminution de la masse musculaire et de la force, prise de gras abdominal, gynécomastie possible
    Os et hématologie Diminution de la densité minérale osseuse, fractures à bas niveau d'énergie, anémie modérée
    Cognition Baisse de concentration, sensation de brouillard mental, troubles légers de la mémoire
    Signes physiques Raréfaction de la pilosité, atrophie testiculaire, bouffées de chaleur dans les formes marquées
    À noter. Aucun de ces signes pris isolément n'est spécifique. C'est l'association de plusieurs symptômes, leur installation progressive et la confirmation par un bilan biologique qui orientent le diagnostic. Une fatigue ressentie après une période de surcharge, par exemple, ne signe pas un déficit hormonal.

    Causes du déficit androgénique

    On distingue habituellement deux grandes catégories d'hypogonadisme selon le siège de l'atteinte[4].

    Hypogonadisme primaire (testiculaire)

    L'atteinte concerne directement les testicules : LH élevée et testostérone basse. Les causes incluent les anomalies chromosomiques (syndrome de Klinefelter), les orchites virales (oreillons), les traumatismes ou torsions testiculaires, la cryptorchidie non traitée, les irradiations, les chimiothérapies cytotoxiques et certaines pathologies infiltratives.

    Hypogonadisme secondaire (central)

    L'atteinte siège au niveau hypothalamo-hypophysaire : LH et FSH inappropriément basses ou normales devant une testostérone effondrée. Sont en cause les adénomes hypophysaires, l'hyperprolactinémie, l'hémochromatose, les traumatismes crâniens, certaines maladies génétiques (syndrome de Kallmann) et les pathologies systémiques sévères.

    Formes mixtes et facteurs de mode de vie

    Chez l'adulte d'âge mûr, les formes mixtes prédominent. Plusieurs facteurs sont régulièrement incriminés : vieillissement physiologique, obésité (augmentation de l'aromatisation et baisse de la SHBG), syndrome métabolique, diabète de type 2, syndrome d'apnées obstructives du sommeil, consommation chronique d'alcool, maladies inflammatoires, insuffisance rénale ou hépatique. Le stress chronique et la dette de sommeil constituent également des contributeurs documentés. Plusieurs médicaments (opiacés au long cours, corticoïdes systémiques, certains antiandrogènes, kétoconazole) peuvent abaisser la testostéronémie.

    Bilan biologique recommandé

    Lorsque la clinique est évocatrice, un bilan structuré est demandé par le médecin. Les recommandations internationales (Endocrine Society, EAU, AFU) convergent sur un certain nombre de points[1][4].

    Bilan de première ligne

    Le bilan initial comporte une testostérone totale matinale à jeun, à confirmer par un second dosage en cas de valeur abaissée. Il est complété par : SHBG (avec calcul de la testostérone libre), LH, FSH, prolactine, œstradiol, numération formule sanguine, ionogramme, glycémie à jeun, bilan lipidique, ferritine, TSH ainsi que la fonction rénale et hépatique.

    Examens complémentaires selon orientation

    En fonction de l'orientation : IRM hypothalamo-hypophysaire en cas d'hypogonadisme central, caryotype en cas de suspicion de Klinefelter, ostéodensitométrie chez l'homme avec déficit prolongé, spermogramme si désir de procréation, recherche d'apnées du sommeil, exploration des comorbidités métaboliques.

    Pourquoi deux dosages ? Une testostérone totale peut être abaissée par un état inflammatoire aigu, un manque de sommeil ponctuel, un repas récent ou un stress important. La répétition à quelques semaines d'intervalle, dans des conditions standardisées, limite les faux positifs et évite des prises en charge inutiles.

    Conduite à tenir en cas de carence

    Devant un déficit confirmé, la décision de prise en charge repose sur la sévérité, l'étiologie, l'âge, le projet de paternité et la balance bénéfice-risque individuelle. Elle relève du médecin et ne se décide pas seul.

    Qui consulter ?

    Le médecin traitant constitue le point d'entrée. Selon le contexte, il oriente vers un endocrinologue (notamment en cas d'hypogonadisme central, d'anomalie hypophysaire ou de comorbidités endocriniennes), un andrologue ou un urologue (notamment en cas de problème de fertilité, de troubles de l'érection associés ou de suspicion de pathologie prostatique).

    Prise en charge médicale encadrée

    Lorsqu'un traitement substitutif par testostérone (TRT) est indiqué, il est strictement encadré par un spécialiste. Les formes disponibles incluent les gels transdermiques, les injections intramusculaires (énanthate, undécanoate) et, plus rarement, des implants. Un suivi régulier (clinique, testostéronémie, hématocrite, PSA, bilan lipidique) accompagne ce type de prise en charge. Seul le médecin est en mesure d'en évaluer la pertinence.

    Avertissement. La testostérone exogène est un médicament soumis à prescription. Son auto-administration expose à des risques : polyglobulie, complications cardiovasculaires, atrophie testiculaire, infertilité induite, troubles de l'humeur. Les compléments alimentaires, quels qu'ils soient, ne sont pas des médicaments : ils ne traitent pas un déficit hormonal et ne se substituent pas à une prise en charge médicale.

    Place de l'hygiène de vie

    En parallèle d'un suivi médical, les leviers d'hygiène de vie sont systématiquement abordés, en particulier dans les situations associées à l'obésité ou au syndrome métabolique. Plusieurs travaux observent qu'une perte de poids significative pourrait s'accompagner d'une amélioration modérée des paramètres hormonaux chez les hommes en surpoids[6]. Ces mesures relèvent de la santé globale et ne constituent pas un traitement du déficit.

    Leviers d'hygiène de vie et nutriments

    Avant d'envisager tout soutien micronutritionnel, l'optimisation du mode de vie reste la première ligne pour la santé masculine en général. Les éléments suivants disposent d'un niveau de preuve correct.

    Sommeil suffisant et régulier

    La sécrétion de testostérone est étroitement liée au sommeil, en particulier au sommeil paradoxal. La privation de sommeil, même modérée (5 heures par nuit pendant une semaine), a été associée à une baisse de 10 à 15 % de la testostéronémie chez de jeunes hommes en bonne santé. Une durée de 7 à 9 heures par nuit, avec des horaires réguliers, constitue un objectif raisonnable.

    Activité physique et entraînement en résistance

    L'exercice contre résistance (musculation, exercices polyarticulaires) est associé à une sécrétion transitoire de testostérone et améliore durablement la composition corporelle. À l'inverse, le surentraînement chronique et les déficits énergétiques sévères peuvent abaisser la testostéronémie. L'activité aérobie modérée régulière apporte des bénéfices métaboliques indirects favorables.

    Gestion du poids et de la composition corporelle

    L'excès de masse grasse, en particulier viscérale, augmente l'activité aromatase, abaisse la SHBG et altère la sensibilité hypothalamique au rétrocontrôle. Chez les hommes en surpoids, une perte pondérale de 5 à 10 % est régulièrement associée à une amélioration des paramètres hormonaux[6].

    Alimentation à densité nutritionnelle élevée

    Sans recettes miracles, une alimentation riche en aliments peu transformés, apportant suffisamment de protéines (animales et végétales), de lipides de qualité (oméga-3, monoinsaturés), de fibres et de micronutriments, soutient l'équilibre nutritionnel général. Les régimes très hypocaloriques prolongés ou très pauvres en lipides peuvent au contraire abaisser la testostéronémie.

    Micronutriments d'intérêt : zinc, vitamine D, vitamine B6, magnésium, sélénium

    Plusieurs micronutriments interviennent dans l'équilibre hormonal et bénéficient d'allégations de santé autorisées au niveau européen lorsqu'ils sont apportés en quantité significative[8] :

    • Zinc : il contribue au maintien d'un taux normal de testostérone dans le sang. Il contribue également à une fertilité et à une reproduction normales, à une fonction cognitive normale, à la protection des cellules contre le stress oxydatif et au fonctionnement normal du système immunitaire. Une carence avérée en zinc a par ailleurs été associée à une diminution de la testostéronémie dans la littérature[7]. Pour aller plus loin : zinc et testostérone : que dit la science ? et zinc et fertilité masculine.
    • Vitamine B6 : elle contribue à réguler l'activité hormonale et à réduire la fatigue.
    • Vitamine D : elle contribue au maintien d'une fonction musculaire normale, d'une ossature normale et au fonctionnement normal du système immunitaire. Un statut adéquat (25-OH-D usuellement situé entre 30 et 50 ng/mL) est souhaitable pour des raisons globales de santé.
    • Magnésium : il contribue à réduire la fatigue, à une fonction musculaire normale et au fonctionnement normal du système nerveux.
    • Sélénium : il contribue à une spermatogenèse normale.

    Ces allégations portent sur le maintien de fonctions normales et ne constituent en aucun cas une promesse d'augmentation de la testostérone. Le recours à une supplémentation se justifie surtout en cas d'apports insuffisants et gagne à être discuté avec un professionnel de santé. Les besoins en nutriments de la fertilité sont détaillés dans notre dossier fertilité masculine : les nutriments essentiels.

    Régulation du stress

    Le cortisol, hormone du stress chronique, exerce un effet inhibiteur sur l'axe hypothalamo-hypophyso-gonadique. Les pratiques visant à moduler la charge allostatique (gestion du stress professionnel, sommeil, exercice modéré, techniques de relaxation, lien social) peuvent contribuer indirectement à préserver l'équilibre hormonal.

    Plantes étudiées et précautions

    Certaines plantes sont fréquemment associées à la testostérone dans la littérature non médicale. Le niveau de preuve est hétérogène et appelle à la prudence ; aucune action hormonale directe ne peut leur être attribuée.

    Ashwagandha (Withania somnifera)

    L'ashwagandha (Withania somnifera) est traditionnellement utilisée dans la médecine ayurvédique pour favoriser la résistance de l'organisme au stress. Quelques essais contrôlés randomisés, de faibles effectifs, suggèrent une variation des marqueurs hormonaux chez des sujets stressés ou physiquement actifs, mais le niveau de preuve reste limité et les résultats demandent confirmation. Ces données ne permettent pas d'attribuer à la plante un effet hormonal établi.

    Fenugrec et tribulus

    Le fenugrec a fait l'objet de plusieurs essais aux résultats inconstants concernant la testostéronémie ; les données disponibles restent insuffisantes pour conclure. Le Tribulus terrestris, longtemps présenté comme stimulant hormonal, ne dispose pas de preuves convaincantes d'un effet sur la testostérone dans les essais rigoureux. Le ginseng et la maca sont quant à eux traditionnellement employés dans une logique de vitalité, sans action hormonale revendiquée.

    Précautions générales

    Les compléments alimentaires ne constituent pas une alternative à une prise en charge médicale en cas d'hypogonadisme confirmé. Leur usage doit tenir compte des interactions médicamenteuses, des antécédents personnels (notamment hormonodépendants) et des grossesses dans l'entourage (manipulation de produits). En cas de doute, un avis pharmaceutique ou médical est recommandé.

    Questions fréquentes : testostérone

    Quel est le rôle de la testostérone chez l'homme ?

    La testostérone est l'androgène principal. Elle intervient dans le développement et l'entretien des caractères sexuels masculins, la spermatogenèse, la libido, le maintien de la masse musculaire et de la force, la densité osseuse, l'érythropoïèse et certains aspects de l'humeur et de la cognition. Son action s'étend donc bien au-delà de la seule sphère sexuelle.

    Quels sont les signes qui peuvent évoquer un déficit en testostérone ?

    Aucun signe n'est spécifique à lui seul. C'est l'association de plusieurs symptômes installés progressivement qui peut alerter : baisse de libido, raréfaction des érections matinales, fatigue chronique, baisse de motivation, diminution de la masse musculaire et de la force, prise de gras abdominal, troubles de la concentration. Ces signes peuvent relever de nombreuses autres causes et doivent être évalués par un médecin.

    Quand et comment doser sa testostérone ?

    Le prélèvement s'effectue le matin, idéalement entre 7 h et 11 h, à jeun, car la testostérone suit un rythme circadien marqué. Une valeur abaissée doit être confirmée par un second dosage matinal réalisé à quelques semaines d'intervalle, dans des conditions standardisées. Le dosage de testostérone totale est habituellement complété par la SHBG, la LH et la FSH afin d'orienter le diagnostic. Cette démarche relève d'une prescription médicale.

    Quels nutriments interviennent dans l'équilibre hormonal masculin ?

    Lorsqu'ils sont apportés en quantité significative, plusieurs micronutriments bénéficient d'allégations de santé autorisées en Europe. Le zinc contribue notamment au maintien d'un taux normal de testostérone dans le sang ainsi qu'à une fertilité normale ; la vitamine B6 contribue à réguler l'activité hormonale ; la vitamine D contribue à une fonction musculaire et osseuse normale ; le magnésium contribue à réduire la fatigue ; le sélénium contribue à une spermatogenèse normale. Il s'agit du maintien de fonctions normales, et non d'une augmentation de la testostérone.

    Quelles mesures d'hygiène de vie soutiennent la santé hormonale ?

    Un sommeil suffisant et régulier (7 à 9 heures), une activité physique régulière incluant du renforcement musculaire, le maintien d'un poids de forme, une alimentation à densité nutritionnelle élevée, une consommation d'alcool maîtrisée et une bonne gestion du stress sont les leviers les mieux documentés. Ils relèvent de la santé globale et ne remplacent pas une prise en charge médicale en cas de déficit confirmé.

    Conclusion

    La testostérone occupe une place centrale dans la physiologie masculine, dépassant largement la seule sphère sexuelle pour intervenir sur la composition corporelle, la densité osseuse, l'hématopoïèse et l'équilibre psychique. Son évaluation repose sur une lecture rigoureuse : un dosage matinal, à jeun, idéalement répété, interprété à la lumière du tableau clinique et complété par les marqueurs de l'axe gonadotrope. Le déficit avéré, ou hypogonadisme, est une situation médicale à part entière qui justifie une prise en charge spécialisée. Les leviers d'hygiène de vie (sommeil, activité physique, gestion du poids, alimentation, micronutriments, gestion du stress) constituent une base de santé globale à ne pas négliger, sans se substituer à un avis médical. Toute suspicion de déficit, et a fortiori toute démarche de supplémentation, gagne à être discutée avec un professionnel de santé.

    Références

    Sources scientifiques et institutionnelles citées
    1. Bhasin S, Brito JP, Cunningham GR, et al. Testosterone Therapy in Men with Hypogonadism: An Endocrine Society Clinical Practice Guideline. J Clin Endocrinol Metab. 2018;103(5):1715-1744. academic.oup.com
    2. Nassar GN, Leslie SW. Physiology, Testosterone. StatPearls. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2023. ncbi.nlm.nih.gov
    3. Goldman AL, Bhasin S, Wu FCW, et al. A reappraisal of testosterone's binding in circulation: physiological and clinical implications. Endocr Rev. 2017;38(4):302-324. doi.org/10.1210/er.2017-00025
    4. Salonia A, Bettocchi C, Boeri L, et al. European Association of Urology Guidelines on Sexual and Reproductive Health. Eur Urol. 2021;80(3):333-357. uroweb.org
    5. Wu FC, Tajar A, Pye SR, et al. Hypothalamic-pituitary-testicular axis disruptions in older men: the European Male Aging Study. J Clin Endocrinol Metab. 2008;93(7):2737-2745. doi.org/10.1210/jc.2007-1972
    6. Corona G, Rastrelli G, Monami M, et al. Body weight loss reverts obesity-associated hypogonadotropic hypogonadism: a systematic review and meta-analysis. Eur J Endocrinol. 2013;168(6):829-843. doi.org/10.1530/EJE-12-0955
    7. Te L, Liu J, Ma J, Wang S. Correlation between serum zinc and testosterone: a systematic review. J Trace Elem Med Biol. 2023;76:127124. doi.org/10.1016/j.jtemb.2022.127124
    8. Commission européenne. Règlement (UE) n° 432/2012 établissant une liste des allégations de santé autorisées portant sur les denrées alimentaires. Journal officiel de l'Union européenne, 2012. eur-lex.europa.eu