Tout savoir sur la résistance à l’insuline

On parle souvent de la résistance à l’insuline lorsqu’on évoque les problèmes de santé liés au diabète ou à une consommation excessive de sucre. Mais de quoi s’agit-il exactement ? Quelles sont les causes et les conséquences de ce problème de santé ? Peut-on le prévenir ou le traiter ? Toutes les réponses à vos questions se trouvent dans cet article.

Qu’est-ce que la résistance à l’insuline ?

Le syndrome de résistance à l’insuline, ou insulinorésistance est souvent associé au diabète de type 2. Il s’agit d’une anomalie de sa sécrétion, dont le degré est variable. Ce syndrome est un problème qui s’associe généralement à d’autres troubles du métabolisme, que l’on regroupe sous le terme « syndrome métabolique » ou syndrome polymétabolique. Il réunit un ensemble d’anomalies métaboliques et de signes cliniques qui s’avèrent être des facteurs de risque cardiovasculaires (1).

En temps normal, l’insuline est produite par le pancréas. Elle a pour mission de réguler le taux de sucre dans le sang, ou taux de glucose. Pour cela, elle favorise l’entrée du sucre dans les cellules, et bien sûr sa conversion en énergie. On parle de résistance à l’insuline lorsque des causes variées (nous allons y revenir) perturbent le rôle de l’insuline dans l’organisme. À termes, ce trouble s’associe à d’autres problèmes de santé pour former le syndrome polymétabolique.

La résistance à l’insuline se traduit donc par une utilisation moins performante du sucre par l’organisme. La glycémie devient alors plus importante. L’augmentation du taux de glucose sanguin hyperstimule le pancréas, qui compense en sécrétant toujours plus d’insuline. Après plusieurs années d’évolution, ce trouble épuise le pancréas et on voit apparaître une intolérance au glucose, et donc un diabète de type 2.

Les causes et conséquences de la résistance à l’insuline

L’insulinorésistance peut voir plusieurs causes et origines possibles, ainsi que des conséquences sur l’état de santé des personnes qui en souffrent. Il existe aussi des facteurs de risque qui peuvent favoriser l’apparition de la résistance à l’insuline, ainsi que ses complications.

résistance à l’insuline

Les causes possibles de l’insulinorésistance

La résistance à l’insuline peut avoir différentes causes, comme une mauvaise hygiène de vie (mauvaises habitudes alimentaires, manque d’exercice physique et sédentarité…) (2). L’augmentation du taux de cholestérol, l’obésité, le surpoids, l’accumulation de graisses autour de la taille ou l’apparition d’un diabète de type 2 sont aussi des causes possibles de ce trouble du métabolisme.

Chez les personnes en surpoids, il est fréquent que l’insulinorésistance soit provoquée par la perturbation de la sécrétion d’insuline, et l’incapacité des organes à capter et à entreposer efficacement le sucre dans l’organisme. D’autres signes cliniques peuvent alors apparaître.

Les facteurs de risque à prendre en compte

Il existe des facteurs de risque qui augmentent les probabilités de souffrir de résistance à l’insuline. C’est le cas d’un antécédent familial de diabète de type 2 (influences génétiques) et d’un IMC (Indice de Masse Corporelle) élevé (3). L’augmentation du tour de taille est un signe clinique à prendre en compte et à moduler en fonction des ethnies. Une glycémie à jeun élevée est l’un de ces facteurs, tout comme un taux de Gamma GT importants. Bien sûr, l’excès de poids, l’obésité, le surpoids et la consommation excessive de produits sucrés viennent s’y ajouter et augmentent le risque de souffrir d’insulinorésistance et des troubles de la santé associés.

Les conséquences pour la santé

Au début, la résistance à l’insuline passe souvent inaperçue. En effet, le pancréas parvient à produire de plus grandes quantités d’insuline pour compenser la perte d’activité de celle-ci, et ainsi permettre aux organes d’entreprise correctement le sucre. On parle alors d’« hyperinsulinémie compensatoire », qui permet de maintenir le taux de glucose sanguin à un niveau à peu près normal. Toutefois, cette compensation du pancréas provoque le plus souvent des anomalies métaboliques. Elles-mêmes favorisent le développement de certaines pathologies, souvent graves. Par exemple, la stéatose hépatique (accumulation de gras dans le foie), qui conduit ensuite à des dyslipidémies, une hausse du cholestérol et une augmentation du risque cardiovasculaire.

Le risque majeur : développer le syndrome métabolique

On peut voir la résistance à l’insuline comme l’un des maillons de la chaîne du syndrome métabolique (ou du syndrome polymétabolique). Le diagnostic de l’insulinorésistance (4) est souvent évoqué lorsqu’il coexiste avec au moins trois anomalies métaboliques. Parmi elles, on trouve l’excès de poids, l’hypertension artérielle, les anomalies de la tolérance au glucose ou la dyslipidémie (élévation modérée des triglycérides). À cela s’ajoutent une élévation des protéines de l’inflammation (protéine C réactive et ferritine) ainsi qu’une modification de certains facteurs de l’hémostase. L’élévation des gamma-glutamyl transférases ainsi que quelques autres paramètres entrent aussi en jeu (5).

sport contre la résistance à l'insuline

Les autres risques pour la santé

Un taux de sucre trop élevé dans le sang durant plusieurs années peut avoir de lourdes conséquences sur les petits vaisseaux sanguins, et sur les artères. Les conséquences se font sentir sur l’ensemble de l’organisme. À termes, la résistance à l’insuline peut endommager le cœur par le biais des artères coronaires, entraînant un risque accru d’angine de poitrine, plus d’infarctus du myocarde. Les yeux sont aussi concernés, car le diabète est la première cause de cécité en France. L’insulinorésistance augmente le risque d’hypertension artérielle et d’artérite, avec amputation dans les cas les plus graves. Il existe également un risque d’ulcération avec cicatrisation difficile pour les pieds. Pour les reins, le risque est de développer une insuffisance rénale chronique. Enfin, les neufs peuvent voir leur sensibilité diminuée : on parle alors de neuropathie.

Prévention et vigilance sont de mise face à la résistance à l'insuline

La résistance à l’insuline et le diabète de type 2 sont des maux de plus en plus courants dans la société occidentale, en raison du caractère sédentaire de notre mode de vie, et de nos habitudes alimentaires qui laissent parfois à désirer. De même, les facteurs de risques sont très présents dans notre société : surpoids, obésité, produits industriels sucrés, etc. Alors, peut-on prévenir la résistance à l’insuline ? Si oui, comment s’y prendre ?

Pratiquer une activité physique régulière

Pour prévenir l’insulinorésistance et tous les problèmes de santé associés à ce trouble, il est important de pratiquer régulièrement des exercices physiques. Le maintien en activité de la masse musculaire augmente le débit sanguin musculaire. Le glucose est alors mieux transporté dans les organes et les acides gras sont plus largement consommés par le biais des fibres musculaires pendant, et après les efforts physiques.

Le sport est un traitement préventif de premier ordre face à ces problèmes de santé, mais c’est aussi l’un des moyens thérapeutiques employés pour les contrer. En effet, l’activité physique est idéale pour prévenir et pour lutter contre le syndrome métabolique, ainsi que la résistance à l’insuline. D’une manière générale, le sport se montre bénéfique pour l’organisme. Nous devons tous le pratiquer, à raison de trente minutes par jour.

Adapter une alimentation saine et équilibrée

L’alimentation est notre première médecine. Une alimentation saine et équilibrée permet de prévenir un très grand nombre de pathologies et de problèmes de santé. Il est indispensable d’associer des habitudes alimentaires saines à la pratique régulière d’une activité physique. Cela permet de rester en bonne santé, quel que soit son âge. Mais en plus de prévenir l’insulinorésistance, l’alimentation peut aussi aider à la traiter.

En effet, pour faire du sport une solution efficace contre ce trouble du métabolisme, il faut aussi mettre en place des mesures nutritionnelles efficaces. Et engager une perte de poids saine et durable. Toute perte de poids, même la plus modeste, va se faire aux dépens des tissus adipeux périviscéraux. Ils sont les plus sensibles à la lipolyse. Perdre quelques kilos superflus va permettre d’améliorer la sensibilité à l’insuline de l’organisme. Mais aussi de réduire les facteurs de risque thrombogène et vasculaire.

causes de la résistance à l’insuline

Les traitements médicamenteux de l’insulinorésistance

Pour lutter contre le syndrome métabolique et notamment la résistance à l’insuline, il faut avant tout adopter une hygiène de vie plus saine. Mettre en place de bonnes habitudes que nous avons détaillées dans le point précédent. Pour traiter l’insulinorésistance, il faut adopter une hygiène de vie la plus saine possible. Mais pour beaucoup de patients, des traitements médicamenteux sont également nécessaires. Ils viennent se greffer aux mesures hygiénodiététiques déjà envisagées. C’est pourquoi un suivi médical adapté est indispensable. Au moindre doute, consultez un professionnel de santé.

Il n’existe à ce jour aucune médication approuvée spécifiquement pour le syndrome polymétabolique. Toutefois, certains médicaments démontrent une réelle efficacité au chapitre de la perte de poids. Mais aussi de la réduction de l’insulinorésistance chez les personnes obèses. C’est le cas de la sibutramine, l’orlistat et la metformine (6). Les traitements médicamenteux emploient aussi des médicaments insulino-sensibilisateurs (7). Chaque personne qui se trouve en insulinorésistance doit pouvoir bénéficier des mesures nécessaires pour réduire les facteurs de risque. Et bien sûr, d’un traitement médicamenteux adapté s’il s’avère nécessaire.

Tout savoir sur la résistance à l’insuline : l’essentiel

La résistance à l’insuline désigne un trouble, une perturbation de la sécrétion d’insuline et de l’assimilation des sucres par l’organisme. Avec plusieurs causes et facteurs de risque existants, énormément de personnes sont concernées, parfois sans en avoir conscience. Adopter une hygiène de vie saine, basée sur un exercice physique régulier et une alimentation saine est indispensable. Et ce, aussi bien pour prévenir ce trouble que pour rester en bonne santé.