Vous possédez un compte ?
Connectez-vous pour payer plus vite.
La grossesse s'accompagne de nombreux changements physiologiques, y compris au niveau de la digestion et du transit. Les probiotiques et les aliments fermentés suscitent un intérêt grandissant chez les futures mamans, et c'est bien compréhensible : ils touchent à l'alimentation du quotidien et à un domaine de recherche particulièrement actif, le microbiote. Que désigne-t-on exactement par « probiotiques », que nous apprend la recherche actuelle, et quels repères retenir pour bien vivre cette période ? Cette page fait le point, de façon claire et factuelle, sur le thème « probiotiques et grossesse ».
Nous hébergeons tous des communautés de micro-organismes qui vivent à l'intérieur et à la surface de notre corps. Ils composent notre microbiote : intestinal pour l'essentiel, mais aussi présent sur la peau et dans les muqueuses de la bouche ou du vagin. Le terme « probiotiques » désigne, selon la définition de l'OMS/FAO, des micro-organismes vivants qui, ingérés en quantité suffisante, sont étudiés pour leur interaction avec ce microbiote (1).
On les retrouve naturellement dans certains aliments fermentés et, sous forme concentrée, dans des compléments alimentaires associant le plus souvent des souches de Lactobacillus et de Bifidobacterium. Sur le plan réglementaire, ces produits sont des denrées alimentaires : ils s'inscrivent dans le cadre d'une alimentation variée et ne relèvent pas du médicament.
Le microbiote intestinal est l'un des domaines de recherche les plus effervescents de la nutrition contemporaine, et la grossesse y occupe une place de choix. On sait que ce microbiote se constitue très tôt : le tube digestif du nouveau-né est quasi stérile à la naissance, puis se colonise progressivement au cours des premières années de vie. Sa composition se façonne au fil de plusieurs facteurs, dont l'alimentation et le mode de naissance — un sujet passionnant qui mobilise aujourd'hui de nombreuses équipes.
Plusieurs études explorent le lien entre l'apport de probiotiques pendant la grossesse et le microbiote de la mère comme de l'enfant. À ce stade, les résultats sont variables selon les souches employées : ils dessinent des pistes prometteuses plutôt qu'un effet santé démontré, et c'est précisément ce qui rend ce champ d'étude vivant. Les données disponibles n'autorisent pas, pour l'heure, de recommandation générale de supplémentation ; la question se discute donc au cas par cas avec un professionnel de santé.
Pour les futures mamans, le socle reste une alimentation variée et équilibrée — et les aliments fermentés y trouvent naturellement leur place, dans l'esprit des recommandations de l'ANSES pour les femmes enceintes et allaitantes (2).
Les aliments fermentés accompagnent l'humanité depuis des millénaires. Du yaourt au kéfir, de la choucroute au miso, la fermentation est l'une des plus anciennes techniques culinaires du monde : un véritable patrimoine, transmis de génération en génération sur tous les continents. Au-delà de cette richesse culturelle, ce sont aussi des saveurs franches et une façon simple et gourmande de diversifier son assiette au quotidien. Parmi les plus appréciés :
Une nuance importante pendant la grossesse : les produits au lait cru et certaines préparations artisanales non pasteurisées font l'objet de précautions spécifiques en raison du risque infectieux. On privilégie alors les versions pasteurisées du commerce, qui se dégustent en toute sérénité (voir la section sécurité ci-dessous).
Au-delà des probiotiques, la grossesse et l'allaitement modifient sensiblement les besoins en énergie et en plusieurs nutriments — et c'est là que la nutrition révèle de vrais leviers reconnus. Plusieurs de ces nutriments bénéficient en effet d'allégations de santé autorisées, qui décrivent précisément leur rôle physiologique. Ainsi, le folate (vitamine B9) contribue à la croissance des tissus maternels durant la grossesse ; le fer participe au transport normal de l'oxygène dans l'organisme et aide à réduire la fatigue ; l'iode contribue à une fonction thyroïdienne normale ; le calcium et la vitamine D soutiennent le maintien d'une ossature normale ; et le DHA maternel contribue au développement normal du cerveau et des yeux du fœtus et de l'enfant allaité (avec un apport de 200 mg de DHA en plus de l'apport recommandé en oméga-3 pour l'adulte) (3, 4). Autant de repères solides sur lesquels appuyer une assiette bien pensée.
Le tableau ci-dessous synthétise quelques repères d'apports indicatifs, à individualiser avec un professionnel de santé.
| Nutriment | Grossesse | Allaitement / remarque |
|---|---|---|
| Énergie | +340 kcal (T2) à +450 kcal (T3) | +500 kcal pendant l'allaitement |
| Protéines | +10 g/j à partir du T2 | +20 g/j pendant l'allaitement |
| Folate (vitamine B9) | 400-600 µg/j | Pré-conception et 1er trimestre +++ |
| Fer | 20-27 mg/j | Surtout T2-T3 |
| Calcium | 1000 mg/j | Stable |
| Iode | 200-250 µg/j | Important pour la fonction thyroïdienne |
| Vitamine D | 15 µg/j | Souvent à compléter |
| DHA | 250 mg/j (dont +200 mg pour le fœtus) | Développement cérébral et visuel |
Ces allégations encadrent les communications autorisées ; elles ne valent pas indication thérapeutique. Pour aller plus loin sur l'assiette de la future maman, voir notre page alimentation pendant la grossesse.
Chez la femme enceinte ou allaitante, quelques repères de bon sens s'imposent avant d'envisager un complément, probiotique ou non :
Une prudence renforcée s'applique aux personnes immunodéprimées : dans ce contexte, l'usage de probiotiques doit impérativement être encadré par un médecin.
Plusieurs plantes et compléments sont déconseillés pendant la grossesse et/ou l'allaitement par principe de précaution. Ce tableau est donné à titre de repère ; il ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.
| Substance | Point de vigilance | Recommandation |
|---|---|---|
| Sauge officinale (forte dose) | Effet emménagogue décrit | À éviter |
| Persil (huile essentielle) | Effet abortif possible | À éviter |
| Réglisse | Effet sur la tension artérielle | À limiter fortement |
| Vitamine A (rétinol >3000 µg) | Risque tératogène à forte dose | À éviter pendant la grossesse |
| Phytothérapie en général | Données toxicologiques limitées | Avis médical |
| Caféine | Apport à limiter | ≤ 200 mg/j |
| Alcool | Risque tératogène | Abstinence totale |
L'allaitement prolonge naturellement l'attention portée à l'alimentation maternelle, et là encore les aliments fermentés s'intègrent volontiers à une assiette variée et savoureuse. La question d'une éventuelle supplémentation, elle, se discute avec un professionnel de santé. Pour s'orienter, les organismes de référence comme l'OMS et les ressources spécialisées en allaitement (LactMed) offrent des points d'appui fiables pour évaluer la compatibilité d'un complément avec l'allaitement (1, 5).
Pour approfondir d'autres aspects de cette période, découvrez aussi nos pages gelée royale et allaitement et plantes galactogènes.
La question se décide au cas par cas avec un professionnel de santé (médecin, sage-femme), qui tient compte de votre suivi de grossesse, de vos antécédents et d'un éventuel traitement en cours. Aucune allégation de santé n'étant autorisée pour les probiotiques, l'avis médical individualisé reste le meilleur repère.
Bonne nouvelle : les aliments fermentés pasteurisés (yaourts, laits fermentés du commerce) s'intègrent sans souci à une alimentation variée. La prudence concerne surtout le lait cru et les préparations artisanales non pasteurisées, déconseillés pendant la grossesse en raison du risque infectieux. En cas de doute, demandez conseil.
Une alimentation diversifiée, une hydratation suffisante et des apports adaptés en micronutriments clés : fer, calcium, iode, folate (B9) et DHA, selon les repères rappelés plus haut. L'individualisation avec un professionnel de santé reste essentielle.
Toute fièvre, douleur inhabituelle, trouble digestif persistant ou symptôme qui vous inquiète pendant la grossesse ou l'allaitement justifie un avis médical sans tarder. Ne tardez pas à consulter en cas de doute.