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La maca du Pérou (Lepidium meyenii) est une racine des hautes Andes consommée depuis des siècles en Amérique du Sud, où on la rencontre aussi bien dans l'assiette qu'en racine séchée. En France, on la trouve surtout sous forme de complément alimentaire, associée à des usages traditionnels autour de la vitalité et du confort féminin. La question qui revient le plus souvent reste pourtant délicate : peut-on en prendre quand on est enceinte ? Cette page fait le point, sans dramatiser ni promettre, sur ce que dit (et surtout ce que ne dit pas) la recherche, et sur la conduite à tenir.
Disons-le d'emblée : pendant la grossesse, les données de sécurité spécifiques au maca en complément ne sont pas établies, faute d'études cliniques contrôlées chez la femme enceinte. Dans ce contexte précis, le bon réflexe est simple : en parler à son médecin ou à sa sage-femme avant toute prise.


Le maca (Lepidium meyenii) est une crucifère qui pousse à plus de 4 000 mètres d'altitude sur les hauts plateaux péruviens. C'est l'hypocotyle, la partie renflée entre racine et tige, qui est récolté, séché puis réduit en poudre. Les Andins le consomment depuis des millénaires, le plus souvent cuit ou fermenté, et lui prêtent traditionnellement un rôle de soutien de la vitalité (1).
On distingue couramment trois couleurs de racine (jaune, rouge et noire) selon le phénotype dominant. Sur le plan nutritionnel, la poudre apporte des glucides, des fibres, des protéines végétales, plusieurs minéraux dont le fer, et des composés soufrés caractéristiques de la famille (glucosinolates, macamides). Cette richesse explique l'intérêt qu'elle suscite, mais elle ne suffit pas à en faire un produit « à part » dont la sécurité serait acquise dans toutes les situations : la grossesse en est précisément l'exemple.
Le maca ne bénéficie pas d'une allégation de santé autorisée dans la liste de l'Union. Des formulations botaniques restent en attente d'évaluation, mais leur usage commercial suppose une vérification juridique des conditions transitoires applicables. Cela ne le disqualifie pas : cela invite à parler au conditionnel et à distinguer ce qui est documenté de ce qui ne l'est pas.
En Amérique latine, le maca est traditionnellement associé à la période où l'on cherche à concevoir. C'est ce qui explique sa réputation auprès des couples en désir d'enfant. Il faut toutefois rester mesuré sur ce que la science a réellement établi.
Une revue systématique de Shin et coll., publiée dans BMC Complementary and Alternative Medicine en 2010, s'est penchée sur le maca et la fonction sexuelle : les auteurs concluent à des résultats encourageants mais reposant sur un nombre limité d'essais de faible qualité méthodologique, qui ne permettent pas d'affirmer un effet solide (2). Autrement dit, l'usage traditionnel autour de la libido et du désir existe, mais le niveau de preuve reste faible et les données ne valent pas indication. Pour le projet de conception lui-même, nous détaillons les limites des données sur la fertilité dans une page dédiée.
Sur la fertilité proprement dite, les travaux disponibles restent surtout précliniques ou de petite ampleur. La composition minérale de la racine varie selon l'origine, la couleur et la préparation. Faute de teneur en fer vérifiée par portion pour le maca vendu en complément, aucune allégation nutritionnelle liée à ce minéral ne peut lui être rattachée : ce serait détacher une mention légale de sa condition d'emploi. On en reste donc à un usage traditionnel, décrit au conditionnel, sans promesse de conception.

La grossesse impose une vigilance particulière sur tout ce que l'on ingère : aliments, boissons, plantes, compléments. Beaucoup de produits parfaitement anodins en temps normal demandent un avis avant d'être consommés enceinte. Le maca n'échappe pas à cette règle.
Le point central est simple à formuler : aucune étude clinique contrôlée n'a évalué la consommation de maca en complément pendant la grossesse chez la femme. Il n'existe donc ni démonstration d'un bénéfice, ni démonstration d'une innocuité dans ce contexte précis. Cette absence de données est exactement ce qui fonde la position prudente des autorités et des fabricants européens.
Le raccourci « aucune toxicité démontrée = aucun risque » est aussi à éviter : l'absence de preuve d'un risque n'équivaut pas à une preuve d'innocuité, d'autant que la femme enceinte et le fœtus ne font quasiment jamais partie des populations étudiées.
En pratique, si une future mère s'interroge sur le maca, la réponse passe avant tout par un échange avec son médecin, sa sage-femme ou son pharmacien, seuls à même d'évaluer la situation individuelle (terrain, traitements en cours, trimestre). L'ANSES recommande d'ailleurs de demander un avis professionnel avant toute prise de complément pendant la grossesse (3).
Le principe de précaution n'est pas une posture alarmiste, c'est une logique de bon sens quand les données manquent. Trois éléments le justifient ici.
En clair : en l'état des connaissances, le maca en complément n'est pas recommandé pendant la grossesse.
Une fois l'enfant né, la question se déplace vers l'allaitement, et la prudence reste de mise pour une raison simple : certaines substances ingérées par la mère peuvent passer partiellement dans le lait maternel et atteindre le nourrisson.
Sur le plan nutritionnel, l'allaitement augmente réellement les besoins de la mère. L'ANSES situe le surcroît énergétique autour de +500 kcal par jour, avec des besoins accrus en protéines, calcium, fer et iode (4). Couvrir ces besoins passe d'abord par une alimentation variée et de qualité ; toute complémentation ciblée éventuelle doit faire l'objet d'un avis médical, justement parce que ce qui est ingéré peut influer sur le nourrisson.
Concernant le maca lui-même, les données de sécurité pendant l'allaitement restent insuffisantes. Les revues consacrées aux plantes chez la femme allaitante pointent d'ailleurs, plus largement, la faiblesse des données d'innocuité (5).
Quant aux montées de lait, les leviers les mieux documentés ne sont pas phytothérapiques mais comportementaux. La fréquence et l'efficacité des tétées, ou de l'expression du lait, sont les principaux moteurs de la lactation. Une hydratation normale et un accompagnement adapté soutiennent le confort de la mère. Pour aller plus loin, notre page sur les compléments pendant l'allaitement détaille ces approches.

Plutôt que de chercher une plante « miracle », l'essentiel pendant la grossesse se joue sur quelques nutriments dont les besoins augmentent nettement. Voici les repères usuels, à adapter toujours avec son suivi médical, car certains apports se complètent quand d'autres doivent au contraire être plafonnés. Pour une vue d'ensemble, voir aussi les vitamines utiles pendant la grossesse.
| Nutriment | Grossesse (ordre de grandeur) | Allaitement / remarque |
|---|---|---|
| Énergie | +70 kcal (T1), +260 kcal (T2), +500 kcal (T3) | +500 kcal pendant l'allaitement |
| Protéines | Minimum 10 % de l'apport énergétique total (T1-T2), 12 % au T3 | 12 % de l'apport énergétique total |
| Folates (B9) | 600 µg EFA/j | 500 µg EFA/j ; préconception et 1er trimestre les plus sensibles |
| Fer | 16 mg/j | À adapter selon le bilan, surtout T2-T3 |
| Calcium | ~1000 mg/j | Stable |
| Iode | 200 µg/j | Important pour la thyroïde fœtale |
| Vitamine D | 15 µg/j | Apport et éventuelle complémentation à évaluer avec le professionnel qui suit la grossesse. Voir la vitamine D pendant la grossesse. |
| Oméga-3 DHA | +200 mg/j en plus des 250 mg EPA+DHA adulte | Développement normal du cerveau et des yeux du fœtus et du nourrisson allaité |
Le DHA mérite un mot. La réglementation européenne reconnaît que l'apport maternel en DHA contribue au développement normal du cerveau et des yeux du fœtus et du nourrisson allaité, pour un apport de 200 mg de DHA par jour s'ajoutant aux 250 mg d'EPA et de DHA recommandés à l'adulte (6). C'est l'une des rares allégations spécifiquement liées à la grossesse. On la trouve principalement dans les poissons gras et, à défaut, dans des compléments d'oméga-3 à dominante DHA. Pour approfondir les apports en DHA pendant la grossesse, voir notre page dédiée. Ces mentions encadrent les communications autorisées, elles ne valent pas indication thérapeutique.
Pour un apport complémentaire en DHA validé avec le professionnel qui suit la grossesse, l'huile de poisson riche en DHA Oméga-3 EPAX® Natura Force apporte 315 mg de DHA et 435 mg d'EPA pour 3 capsules. Cette portion dépasse le seuil de 200 mg de DHA prévu par la condition d'emploi de l'allégation maternelle et apporte également plus de 250 mg d'EPA et de DHA.
Le maca n'est pas un cas isolé. Pendant la grossesse, les huiles essentielles, les extraits concentrés et les compléments botaniques s'évaluent au cas par cas. Le risque dépend de l'espèce, de la partie utilisée, de la dose et de la forme. En l'absence de données suffisantes, un avis professionnel est nécessaire avant usage.
L'alcool reste à proscrire et la caféine à limiter (repère usuel autour de 200 mg par jour), conformément aux repères de santé publique pour la grossesse.
Tout au long de la grossesse et de l'allaitement, le bon réflexe est de centraliser ses questions auprès de l'équipe qui assure le suivi : médecin traitant, gynécologue, sage-femme ou, pour l'allaitement, consultante en lactation. Quelques situations méritent un avis sans attendre :
Par précaution, les compléments à base de maca sont déconseillés pendant la grossesse, en l'absence de données cliniques contrôlées chez la femme enceinte. La consommation alimentaire traditionnelle au Pérou (racine intégrée à la cuisine) reste très différente d'une supplémentation concentrée en gélules ou en extrait. Avant toute prise, demandez l'avis de votre médecin ou de votre sage-femme.
On ne dispose pas d'études permettant d'affirmer qu'il serait sûr ni qu'il serait dangereux pendant la grossesse ou l'allaitement : les données manquent. Cette incertitude justifie de s'abstenir d'une supplémentation par défaut.
Même prudence : pas de données suffisantes sur la sécurité d'une supplémentation en maca durant l'allaitement, sachant que certaines substances ingérées passent partiellement dans le lait. Pour soutenir la lactation, les leviers les mieux documentés sont la fréquence des tétées, l'hydratation et le repos. En cas de question, voyez votre médecin, votre sage-femme ou une consultante en lactation.
Folates (B9, dès la préconception et au 1er trimestre), iode, fer en cas de carence avérée, oméga-3 DHA, vitamine D, et parfois du magnésium. Le tout sous suivi médical pour éviter les surdosages, certains nutriments comme la vitamine A à forte dose devant au contraire être plafonnés. L'alimentation reste la base, mais certains besoins, notamment en B9, fer, iode ou vitamine D, demandent une évaluation individualisée.
Il n'existe pas de liste universelle qui vaudrait pour toutes les situations. Certaines plantes sont écartées par prudence (effet décrit ou données manquantes), d'autres selon le terrain et les traitements en cours. Plutôt que de trancher seule, le plus sûr est de valider chaque plante ou complément avec un professionnel de santé, qui tient compte du trimestre, des antécédents et du reste du suivi.
Le sommeil reste prioritaire (la sieste est non seulement permise mais recommandée), avec une bonne hydratation, un apport en fer si le bilan biologique le justifie, et une activité douce régulière. Un complément de magnésium ne s'envisage qu'après évaluation des apports et avis professionnel. Le repos en journée n'est pas un luxe mais un besoin physiologique : réduire les engagements et déléguer ce qui peut l'être aide réellement.