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Lactobacillus plantarum, renommé Lactiplantibacillus plantarum en 2020, figure parmi les bactéries lactiques les plus étudiées et les plus polyvalentes du monde microbien. On la retrouve aussi bien dans le tube digestif humain que dans les aliments fermentés traditionnels : choucroute, kimchi, olives, fromages, bière artisanale, levain. Sa capacité à coloniser transitoirement l'intestin, à produire de l'acide lactique, à moduler le microbiote et à renforcer la barrière intestinale en fait un probiotique d'intérêt. Dans cet article, nous précisons ce qu'est L. plantarum, détaillons les souches identifiées (299v, L137, DR7, PS128, WCFS1), présentons les applications documentées en digestion, immunité et confort du côlon irritable, et situons cette espèce par rapport aux autres lactobacilles et bifidobactéries.
Lactobacillus plantarum est une bactérie Gram positive, non sporulante, anaérobie facultative, appartenant historiquement au genre Lactobacillus et reclassée en 2020 sous le nom Lactiplantibacillus plantarum à la suite d'une révision taxonomique majeure par Zheng et collaborateurs. Elle fait partie des bactéries hétérofermentaires facultatives : elle produit principalement de l'acide lactique à partir des sucres, mais peut également générer d'autres métabolites selon les conditions.
Son génome, l'un des plus grands parmi les bactéries lactiques (environ 3,3 Mb), lui confère une plasticité métabolique remarquable. Cette adaptabilité explique qu'on la retrouve dans des environnements aussi variés que le tractus gastro-intestinal humain, les végétaux fermentés, le vin, la bière, la salive humaine et même la flore vaginale de certaines femmes. La souche WCFS1, séquencée en 2003, sert de référence pour l'étude comparative des génomes de lactobacilles.
La recherche sur L. plantarum s'organise autour de souches spécifiquement identifiées, chacune présentant un profil d'effets documenté par des essais cliniques. Une même espèce peut regrouper des souches très différentes dans leurs propriétés, ce qui explique pourquoi un probiotique efficace se définit toujours par son identité de souche, pas seulement par son espèce.
| Souche | Origine | Applications documentées |
|---|---|---|
| L. plantarum 299v | Muqueuse intestinale humaine | Syndrome de l'intestin irritable, ballonnements |
| L. plantarum L137 | Poisson fermenté japonais | Immunomodulation, voies respiratoires |
| L. plantarum DR7 | Lait fermenté malaisien | Stress, cognition, profil lipidique |
| L. plantarum PS128 | Lait fermenté taïwanais | Axe intestin-cerveau, humeur |
| L. plantarum WCFS1 | Salive humaine | Souche de référence génomique |
| L. plantarum CCFM8610 | Aliment fermenté chinois | Toxicologie, métaux lourds |
La souche 299v est sans doute la plus documentée. Plusieurs essais randomisés publiés depuis le début des années 2000, dont ceux de Nobaek et Ducrotté, ont objectivé une réduction des ballonnements, des douleurs abdominales et des troubles du transit chez des patients atteints de syndrome de l'intestin irritable. La souche PS128 a fait l'objet d'études pilotes sur l'anxiété et les troubles du spectre autistique.
L. plantarum agit par une combinaison de mécanismes complémentaires, au-delà du simple « apport de bactéries vivantes ». Plusieurs sont documentés in vitro et in vivo.
Certaines souches (notamment 299v) expriment des protéines de surface (mannose-specific adhesin) qui leur permettent d'adhérer transitoirement aux cellules épithéliales intestinales. Cette adhésion empêche l'installation de bactéries potentiellement pathogènes (E. coli entéropathogènes, Salmonella, Clostridioides difficile) par un mécanisme d'exclusion compétitive.
L. plantarum produit de l'acide lactique, de l'acide acétique et des bactériocines (plantaricines) qui acidifient le milieu et inhibent la croissance de micro-organismes indésirables. Cette activité antimicrobienne naturelle contribue à l'équilibre du microbiote.
Plusieurs études in vitro et sur modèle animal ont montré que L. plantarum augmente l'expression des protéines des jonctions serrées (occludine, claudine-1, ZO-1), limitant la perméabilité intestinale. Cet effet est étudié dans le contexte de l'hyperperméabilité digestive, parfois qualifiée de « leaky gut ».
L'interaction avec les cellules dendritiques de la muqueuse intestinale oriente la réponse immunitaire vers un profil équilibré, en stimulant la production de cytokines anti-inflammatoires (IL-10) et en modulant les cellules T régulatrices. Certaines souches (L137) ont démontré un effet immunostimulant particulier.
L. plantarum possède une activité bile salt hydrolase (BSH) qui déconjugue les acides biliaires, ce qui influence le métabolisme du cholestérol. Des essais cliniques sur la souche DR7 ont rapporté une baisse modérée du cholestérol total et LDL après 12 semaines de supplémentation.
Les indications digestives de L. plantarum sont parmi les mieux documentées dans la littérature scientifique.
La souche 299v, administrée à 10 milliards de UFC/jour, a montré dans plusieurs essais randomisés contrôlés une amélioration significative des ballonnements, des douleurs abdominales et de la qualité de vie chez des patients atteints de SII. Les études de Ducrotté (2012) et Niedzielin (2001) sont emblématiques dans ce domaine. Pour approfondir les probiotiques en général, consulter notre dossier sur les probiotiques et quand et comment prendre des probiotiques.
Les antibiotiques, en perturbant le microbiote, favorisent les diarrhées. L. plantarum, associé à d'autres souches (Saccharomyces boulardii, Lactobacillus rhamnosus GG), contribue à préserver l'équilibre du microbiote pendant et après l'antibiothérapie.
Des essais cliniques ont suggéré un effet favorable sur la fréquence et la consistance des selles, bien que les preuves soient moins robustes que pour le SII. Le dossier aloe vera et digestion complète le panorama des approches naturelles du confort digestif.
Dans la rectocolite hémorragique en rémission, certaines études ont évalué L. plantarum en adjuvant du traitement conventionnel. Les résultats sont variables et cette indication relève strictement d'un suivi gastro-entérologique.
Au-delà de la digestion, la recherche explore d'autres champs d'application de L. plantarum.
La souche L137 a fait l'objet d'essais randomisés montrant une réduction de la fréquence des infections des voies respiratoires supérieures et une amélioration des marqueurs immunologiques (cellules NK, réponse vaccinale). D'autres souches ont été évaluées en prévention des infections hivernales chez l'enfant et le sujet âgé. Nos pages sur la vitamine C et la vitamine D complètent l'arsenal de soutien immunitaire.
Plusieurs souches (299v, DR7) ont été évaluées sur le profil lipidique avec des résultats modestes mais cohérents : baisse du cholestérol LDL de 5 à 10 %, amélioration marginale du HDL. L'effet sur la glycémie à jeun reste débattu.
La souche PS128, en particulier, a suscité un intérêt dans la modulation de l'humeur et de la réponse au stress. Des essais pilotes sur le trouble du spectre autistique et l'anxiété ont rapporté des effets prometteurs, qui demandent confirmation par des études plus vastes.
Le monde des bactéries lactiques ne se limite pas à Lactobacillus plantarum. Distinguer les principales espèces aide à comprendre la logique des formulations probiotiques.
| Espèce | Niche principale | Spécificité |
|---|---|---|
| L. plantarum | Végétaux, intestin, salive | Polyvalente, grande adaptabilité |
| L. rhamnosus (GG) | Intestin | Diarrhée, allergie, eczéma |
| L. acidophilus | Intestin, vagin | Digestion, santé vaginale |
| L. casei | Produits laitiers, intestin | Immunité, digestion |
| L. reuteri | Intestin, lait maternel | Coliques nourrisson, pédiatrie |
| Bifidobacterium longum | Côlon adulte | Barrière colique, inflammation |
| Bifidobacterium lactis | Côlon | Transit, immunité |
| Saccharomyces boulardii | Non bactérien (levure) | Diarrhée antibiotique, voyageur |
L. plantarum se distingue par sa polyvalence : elle tolère un pH acide plus bas que L. acidophilus, résiste mieux aux sels biliaires que de nombreux autres lactobacilles, et possède un génome plus riche en gènes métaboliques. Cette robustesse en fait un candidat pertinent dans les formulations destinées à survivre à la barrière gastrique sans enrobage gastro-résistant lourd.
Les doses usuelles de probiotiques s'expriment en unités formant colonies (UFC). Les essais cliniques positifs sur L. plantarum 299v utilisent généralement 10 milliards d'UFC par jour. Pour d'autres souches, les doses varient de 1 à 100 milliards d'UFC/jour selon l'indication.
Gélules, sachets, liquides fermentés, ferments. Privilégier les produits précisant la souche (identifiée par un code), le nombre d'UFC garanti jusqu'à la date limite (pas seulement à la fabrication), et l'existence d'un enrobage gastro-résistant si nécessaire. Les aliments fermentés (choucroute, kimchi, kéfir) apportent également des lactobacilles, mais sans garantie de souche ni de dose.
Une cure d'au moins 4 à 8 semaines est habituelle pour observer un bénéfice digestif, avec parfois une phase d'entretien. Certaines indications (voyage, antibiothérapie) justifient une prise ciblée et plus courte.
Les probiotiques sont en général bien tolérés. Des effets indésirables mineurs et transitoires peuvent apparaître en début de cure : ballonnements, gaz, selles modifiées. La prudence s'impose chez les personnes immunodéprimées, porteuses de cathéters centraux, en soins intensifs, ou présentant une pathologie valvulaire sévère : de rares cas de bactériémie à lactobacilles ont été rapportés dans ces populations fragiles, ce qui justifie un avis médical avant supplémentation.
Les informations nutritionnelles présentées ici ne remplacent pas un avis médical. En cas de grossesse, d'allaitement, de maladie chronique ou de traitement immunosuppresseur, consulter un professionnel de santé avant toute cure probiotique.
Les bénéfices s'installent généralement en 2 à 4 semaines et persistent quelques semaines après l'arrêt, la souche ne colonisant pas durablement l'intestin. Pour un confort régulier, une prise au long cours ou en cures répétées peut être envisagée, en lien avec un professionnel de santé.
Oui, de nombreuses formulations combinent plusieurs souches (Lactobacillus et Bifidobacterium) pour une action multi-cibles. L'association avec Saccharomyces boulardii est également possible, notamment pendant une antibiothérapie. L'essentiel est de respecter les posologies recommandées.
La choucroute crue, le kimchi, le kéfir et certains fromages apportent des quantités variables de lactobacilles. Toutefois, la souche et la concentration ne sont pas standardisées. En usage thérapeutique ciblé, un complément avec une souche identifiée et une dose garantie est plus fiable.
Plusieurs souches sont étudiées en pédiatrie avec une bonne tolérance. Toutefois, les indications et posologies pédiatriques relèvent d'un avis médical, notamment chez le nourrisson et en cas de pathologie associée.
Il s'agit du même micro-organisme avec une nomenclature mise à jour en 2020. Le genre Lactobacillus a été scindé en 25 genres distincts, L. plantarum étant reclassé en Lactiplantibacillus plantarum. Les deux appellations coexistent dans la littérature et sur les étiquettes.