GABA : propriétés , bienfaits et supplémentation

L’acide γ aminobutyrique ou GABA est généralement associé à une meilleure qualité du sommeil et à une humeur normale, mais qu’est-il ? Comment agit-il et quels sont ses bienfaits ? Voici tout ce qu’il faut savoir sur l’acide gamma-aminobutyrique.

GABA : généralités

Le GABA (acide γ aminobutyrique ou acide gamma-aminobutyrique), de formule chimique C4H9NO2, est un acide aminé. Plus exactement, il s’agit d’un message chimique commun que l’on trouve dans les neurones du cortex. Il est le principal neurotransmetteur inhibiteur de notre système nerveux central. On le trouve donc dans la totalité des zones qui composent le cerveau et il entre en action sur 30 à 40 % des connexions synaptiques de notre système nerveux central, qui regroupe le cerveau, la moelle épinière et le cervelet (1).

Quels rôles joue-t-il ?

Le GABA est un régulateur inhibiteur de notre activité cérébrale. Il opère une régulation qui aide à maîtriser les pensées négatives et les idées noires qui surviennent notamment au cours de l’endormissement. Comment ? En se fixant sur différents récepteurs dont les récepteurs GABA A et GABA B. Ces derniers n’opèrent pas de la même façon. Les premiers se trouvent dans le cervelet et le cortex cérébral, et sont postsynaptiques pour la plupart. Pour les seconds, on les trouve dans le cervelet, le thalamus et la moelle épinière. Certains se trouvent dans la partie présynaptique des terminaisons nerveuses. Par conséquent, l’acide γ aminobutyrique agit sur les récepteurs pour réguler la libération de neurotransmetteurs : réduction de dopamine, de sérotonine, de noradrénaline, de glutamate… (2)

Le rôle premier du GABA est donc de générer une inhibition de la neurotransmission. Il agit comme un stabilisateur qui permet un fonctionnement normal et régulier du physique et du mental. Son effet est apaisant, favorisant le calme et diminuant la tonicité musculaire. Mais pas seulement : ses intérêts sont multiples.

lutter naturellement contre le stress

Reconnaître une carence en GABA

Lorsque les niveaux d’acide acide γ aminobutyrique sont trop bas, on remarque des difficultés d’endormissement malgré une fatigue bien présente. Apparaissent également un terrain anxieux, une irritabilité ainsi que des douleurs musculaires ou neuropathiques fréquentes. Les personnes qui manquent de GABA remarquent souvent certains symptômes comme un certain mal à se focaliser en cas de nervosité, une tendance à l’essoufflement, des sautes d’humeur, des inconstances dans les pensées, une transpiration parfois excessive, des tremblements et une fatigue persistante au réveil, malgré un bon sommeil.

Les bienfaits du GABA

Un grand nombre d’études scientifiques relatent les effets bénéfiques du GABA sur la santé. Il a été étudié pour ses différents rôles, antioxydant, antimicrobien, antidouleur, anti-diabète, anti-cancer, antiallergique, antihypertenseur…

Stress et anxiété

Ce neurotransmetteur est utile pour favoriser la relaxation, la détente et le calme. Il est le régulateur de nos neurones qui, sans lui, pourraient transmettre des influx nerveux complètement désordonnés. Le GABA applique un contrôle indispensable sur les neurones et sur la transmission de l’influx nerveux, ce qui nous aide à réguler nos émotions, à mieux les contrôler. D’ailleurs, les récepteurs GABA sont ceux que certains médicaments anxiolytiques ciblent (notamment les benzodiazépines et les barbituriques) !

On l’appelle le « neurotransmetteur de la relaxation », car il contribue à réduire le stress et l’anxiété en bloquant les signaux que la peur et le stress déclenchent dans notre cerveau. Les niveaux d’acide gamma-aminobutyrique constituent donc une piste intéressante pour mieux lutter contre le stress et l’anxiété (3).

Sommeil et récupération

En tant que neurotransmetteur inhibiteur le plus important, sa prise peut avoir des effets bénéfiques sur le sommeil, et notamment sur la qualité/rapidité de l’endormissement. En luttant contre le stress et l’anxiété, il bloque deux émotions très fortes qui peuvent considérablement nuire à la qualité de notre sommeil. Mieux encore, il permet une meilleure récupération post-effort physique intense puisqu’il favorise la production des hormones de croissance qui a lieu durant le sommeil (4) (5).

En effet, la plupart des troubles du sommeil sont liés à des déficiences au niveau de la sécrétion de neurotransmetteurs (dont l’acide gamma-aminobutyrique fait bien sûr partie). Certains médicaments utilisés contre l’anxiété et les troubles du sommeil associés (ainsi que l’alcool) ciblent également les récepteurs GABA.

Activité hypotensive

En limitant la libération de neurotransmetteurs excitateurs, l’acide gamma-aminobutyrique a la capacité de réduire la tension artérielle. Il peut réduire l’activité de notre système nerveux sympathique, à l’origine de l’élévation de la pression artérielle. Pour les personnes hypertensives, la prise de GABA (sous contrôle médical évidemment) peut engendrer une amélioration cardiovasculaire.

Activité cognitive

Des taux trop bas d’acide gamma-aminobutyrique peuvent être un facteur favorisant le déclin cognitif avec l’âge. Cela peut également être un facteur en faveur des affections associées au vieillissement comme la maladie de Parkinson ou la démence sénile. Avec l’âge, nous perdons de plus en plus notre capacité neuronale à synthétiser ce neurotransmetteur. D’ailleurs, les personnes qui présentent les taux les plus bas de GABA sont aussi celles qui obtiennent les scores les plus faibles aux tests de dépistage des atteintes neurocognitives. Afin de préserver nos facultés cognitives au fil du temps qui passent, il est important de maintenir des taux corrects de GABA dans l’organisme (6). Et cela passe en grande partie par l’alimentation.

Consommation/utilisation de GABA : ce qu’il faut savoir

Comment favoriser la synthèse de GABA ?

Des apports par l’alimentation

L’alimentation est un moyen de prévention utile contre le manque de GABA. Cela permettrait d’améliorer la mémoire et les fonctions cognitives, mais aussi de freiner les maladies neurodégénératives. Il est donc intéressant de consommer des aliments qui en contiennent comme les épinards, les brocolis et les pommes de terre. Le GABA est donc présent dans certains végétaux comme le riz, certaines variétés de thés et l’astragale, par exemple.

Mais plutôt que de se supplémenter directement en GABA, le mieux est encore de favoriser sa synthèse et donc sa libération par les neurones. En effet, il peine à passer la barrière hématoencéphalique pour atteindre notre cerveau, c’est pourquoi une approche alternative est préférable. Pour cela, il faut s’intéresser aux précurseurs du GABA comme la glutamine (7). Elle se trouve dans les aliments riches en protéines végétales et animales. Une large diversité de protéines peut considérablement favoriser de bons niveaux d’acide γ aminobutyrique.

Une alimentation variée, équilibrée et diversifiée sera votre meilleure alliée. Et si elle ne suffit pas, il faut envisager la supplémentation.

La supplémentation

Certains dysfonctionnements métaboliques sont susceptibles de gêner la synthèse du GABA. Ils peuvent également accélérer sa dégradation dans l’organisme. Cela provoquera différents inconforts, des troubles du comportement ou autres problèmes. Dès lors, une supplémentation peut être nécessaire et tout à fait bénéfique. Elle permet notamment d’offrir aux personnes qui prennent des anxiolytiques une alternative sans accoutumance et sans effet secondaire.

Mais ici, la meilleure option reste de fournir des précurseurs de GABA plutôt que du GABA lui-même.

La L-théanine

La L-théanine, présente dans le thé, est l’un de ces précurseurs : elle améliore la synthèse du neurotransmetteur. Et ce n’est pas tout, puisqu’elle favorise aussi un sommeil de qualité et la relaxation sans produire d’effet sédatif ! La L-théanine présente d’autres avantages, comme augmenter la concentration et la vigilance en phase d’éveil, par exemple. Elle figure souvent parmi les ingrédients de multiples formules de supplémentation, avec de la mélatonine, du tryptophane, de l’extrait de scutellaire et des plantes relaxantes (valériane, mélisse, camomille…).

L’alpha-casozépine

Ne vous fiez pas à son nom barbare : l’alpha-casozépine est un produit naturel. Il possède une certaine affinité avec les récepteurs GABA. Il s’agit d’un peptide dérivé de la caséine du lait. Son effet anxiolytique est important que l’on peut associer à la mélatonine et aux plantes du sommeil en cas de troubles du sommeil. Avantage : il ne provoque pas d’accoutumance ni d’effets indésirables. N’hésitez pas à demander conseil à votre médecin.

Les champignons médicinaux

Le GABA serait présent dans certains champignons dont le pleurote en huître, le cordyceps et le coprin chevelu font partie. Il s’agit de champignons basidiomycètes. Ces champignons ont la capacité de produire de multiples métabolites bioactifs tels que l’acide gamma-aminobutyrique, l’ergothionéine et la lovastatine. Il s’agit d’une solution de supplémentation intéressante, aux nombreux avantages.

favoriser un bon microbiote

Acide γ aminobutyrique et microbiote

L’axe intestin-cerveau est particulièrement étudié depuis quelques années. Les chercheurs tentent de déterminer les liens existants entre les fonctions intestinales périphériques et les centres émotionnels et cognitifs du cerveau. Et les résultats de ces études sont surprenants : le microbiote joue un rôle dans la production de neurotransmetteurs comme le GABA (8) ! D’après les chercheurs, une bactérie peut produire du GABA et réduire les douleurs en agissant sur les neurones sensitifs de notre ventre. Il existerait aussi un lien entre la dépression et l’abondance de bactéries qui synthétisent et dégradent l’acide γ aminobutyrique. Soigner son microbiote est donc indispensable pour prévenir les troubles cognitifs et autres soucis !

Tout savoir sur le GABA : pour conclure

Notre corps est une machine formidable, douée de multiples mécanismes que nous appréhendons petit à petit. En prendre soin est indispensable. Cela passe par la qualité de l’alimentation, la pratique d’une activité physique régulière, un sommeil réparateur, de la relaxation… La population s’intéresse de plus en plus à la prévention active de la santé, ce qui est une excellente chose ! Et pour ce qui concerne le GABA, il faut miser sur l’alimentation et la supplémentation en précurseurs pour s’assurer des taux toujours corrects, jour après jour.