Les feuilles de curry sont connues à travers le monde sous différents noms et occupent une place particulière dans les cuisines et les traditions d’Asie du Sud. Attention, il ne faut pas les confondre avec la poudre ou la pâte de curry, qui sont des mélanges d’épices utilisés en cuisine. Il s’agit ici des feuilles d’une plante à part entière, réputées pour leur profil aromatique et leurs nombreux usages traditionnels.
Un point de vocabulaire revient souvent : la poudre de curry (mélange à base de curcuma, de coriandre, de cumin, de fenugrec, de piment et d’autres épices moulues, selon des recettes très variables d’un fabricant à l’autre) et les feuilles de curry n’ont, sauf exception, rien en commun. La poudre ne contient généralement aucune feuille de Murraya koenigii. Selon l’étymologie la plus courante, le mot « curry » viendrait du tamoul « kari », qui désignait à l’origine une sauce ou un accompagnement en Inde du Sud, bien avant que les Britanniques ne popularisent ce terme pour ce type de mélange d’épices. Les deux produits se cuisinent différemment et ne se substituent pas l’un à l’autre dans une recette.
Les feuilles de curry (Murraya koenigii), aussi appelées « feuilles de cari » (ou encore kaloupilé, caloupilé, kadi patta…) sont issues de la plante curry, ou cari, une plante de la famille des Rutacées. Le tronc et les branches de cette plante sont très fins, tout comme ses feuilles vertes et luisantes, particulièrement riches en arômes. La plante, originaire d’Inde, est utilisée depuis de nombreux siècles pour ses usages culinaires et traditionnels. Très aromatiques, les feuilles se distinguent par des saveurs d’agrumes et de citron. Principalement cultivée en Asie (Inde, Malaisie), la plante est aussi présente sur certaines îles comme l’île Maurice ou l’île de la Réunion.
La composition nutritionnelle des feuilles de cari est souvent mise en avant, notamment pour leur teneur en fer. Mais ce n’est pas le seul nutriment qu’elles renferment. Les feuilles de Murraya koenigii contiennent des vitamines (A, C et E), des minéraux et oligo-éléments (calcium, phosphore…) et des fibres. On y trouve également du bêta-carotène, des flavonoïdes et des alcaloïdes, ainsi que des hydrates de carbone et de l’acide nicotinique (1).
Ces nutriments sont associés à des allégations de santé encadrées par la réglementation européenne. Une allégation ne s’applique que si l’aliment qui la porte en apporte une quantité significative, et elle vise toujours le nutriment lui-même, jamais la plante dans son ensemble (2) :
| Nutriment apporté | Ce que dit l’allégation européenne (EFSA) |
|---|---|
| Fer | Contribue à réduire la fatigue et au transport normal de l’oxygène dans l’organisme. |
| Vitamine A (via le bêta-carotène) | Contribue au maintien d’une vision normale et d’une peau normale. |
| Calcium | Contribue au maintien d’une ossature normale. |
| Vitamine C | Contribue à protéger les cellules contre le stress oxydatif et améliore l’absorption du fer. |

Que sait-on aujourd’hui des feuilles de curry ? On distingue ici deux registres : d’un côté l’apport nutritionnel de la feuille et ses usages culinaires et traditionnels, de l’autre les travaux de recherche encore préliminaires menés sur ses composés.
Le cholestérol figure parmi les thèmes fréquemment cités autour des feuilles de curry. Des travaux essentiellement précliniques, menés in vitro ou chez l’animal, se sont intéressés à leurs composés — en particulier les alcaloïdes carbazoliques et les flavonoïdes — et à leur comportement vis-à-vis du stress oxydatif (1). On retiendra surtout, à ce stade, l’intérêt culinaire de la feuille et son apport nutritionnel.
La feuille de cari est riche en composés végétaux — alcaloïdes, flavonoïdes et tanins — qui font l’objet de recherches en laboratoire (1). À ce stade, il s’agit de données précliniques, qui décrivent le comportement de molécules souvent isolées.
Les feuilles de curry renferment des composés — bêta-carotène, flavonoïdes — dont le comportement vis-à-vis des radicaux libres est exploré in vitro (1).

La feuille de cari est parfois citée parmi les aliments végétaux riches en fer, un point d’intérêt pour les personnes suivant un régime végétarien. Or le fer joue de multiples rôles reconnus dans l’organisme : il contribue à réduire la fatigue, au transport normal de l’oxygène dans l’organisme, à des fonctions cognitives normales et au fonctionnement normal du système immunitaire (2). Cet apport est d’autant plus utile qu’il tend à manquer dans nos assiettes, notamment à certaines périodes de la vie comme la grossesse.
Les feuilles de curry sont consommées depuis très longtemps dans le cadre du confort digestif. En Ayurveda, on leur prête traditionnellement des propriétés douces sur le transit, et leur teneur en fibres s’inscrit dans une alimentation variée (1). Ces usages relèvent de la tradition culinaire et médicinale d’Asie du Sud ; ils décrivent une habitude de consommation ancienne plutôt qu’un effet démontré.
Les feuilles apportent du bêta-carotène, précurseur de la vitamine A. Or la vitamine A contribue au maintien d’une vision normale (2), ce qui explique l’intérêt nutritionnel des végétaux qui en apportent. Certains composés de la plante font par ailleurs l’objet de recherches précliniques en neurosciences (1).
C’est l’un des usages les plus cités pour cette plante en Asie du Sud : les feuilles de curry entrent traditionnellement dans des préparations capillaires — huiles et macérats appliqués sur le cuir chevelu (1). Cet emploi relève de la cosmétique traditionnelle et correspond à une habitude de soin ancienne. On les retrouve aujourd’hui dans certaines formules de soins pour cheveux, seules ou associées à d’autres plantes.
Dans les médecines traditionnelles, il était courant d’appliquer certaines plantes aromatiques sur la peau. Des études de laboratoire ont exploré l’activité antimicrobienne d’extraits de Murraya koenigii (3). Ces observations sont réalisées in vitro : elles décrivent le comportement d’extraits en conditions expérimentales et ne préjugent pas d’un usage sur la peau ou sur des plaies. Elles éclairent l’usage traditionnel de la plante sans en faire une recommandation de soin.

Contre-indications, précautions, posologie, associations… Quelles sont les choses à savoir sur l’utilisation des feuilles de cari ?
Les feuilles de curry sont surtout mises en avant pour leur apport en fer, utile lorsque l’alimentation en manque — par exemple dans le cadre d’un régime végétarien ou végétalien —, sachant que le fer contribue à réduire la fatigue (2). On les emploie aussi traditionnellement pour le confort digestif. Par ailleurs, certains composés de la plante font l’objet de recherches en laboratoire : ces travaux ne visent aucune indication thérapeutique. En cas de doute ou de traitement en cours, demandez conseil à un professionnel de santé avant d’en consommer sous forme concentrée.
En France métropolitaine, les feuilles de curry fraîches sont difficiles, voire impossibles à trouver dans le commerce. Ne pouvant guère être congelées et se conservant 24 heures au maximum, elles ne courent pas les étals des marchés. Pour en consommer, il faut se tourner vers les feuilles séchées et la poudre, qui sont des extraits secs de plante. On les trouve également dans la composition de certains compléments alimentaires. Ces différents produits peuvent être consommés ou utilisés en application locale, ajoutés à des préparations pour les soins de la peau ou des cheveux.
En pratique, cette fragilité éclaire une particularité que les fiches concurrentes mentionnent rarement : contrairement au laurier ou à la sauge, qui se sèchent en conservant l’essentiel de leur parfum, la feuille de curry perd une partie de ses arômes volatils au séchage. C’est pourquoi la cuisine indienne la fait revenir quelques secondes dans un corps gras chaud en début de cuisson — le « tempering » (tadka) : la matière grasse capte les arômes liposolubles qu’une simple infusion à l’eau laisserait échapper. Pour le consommateur, cela oriente le choix : feuille séchée ou poudre pour l’usage courant, feuille fraîche réservée aux plats où l’arôme tient le premier rôle.
Il faut prêter une attention particulière à l’origine et aux méthodes de fabrication et de transformation employées pour ces produits. Quant aux posologies, elles sont systématiquement indiquées sur les emballages des produits vendus en France. Pour les poudres de feuilles de curry, la posologie journalière indiquée se situe le plus souvent entre un quart et une demi-cuillère à café, deux fois par jour.
Au-delà du tadka en début de cuisson, les feuilles de curry accompagnent une grande variété de préparations du sud de l’Inde et du Sri Lanka : rasam (bouillon acidulé), sambar (ragoût de lentilles et de légumes), poriyal (légumes sautés), chutneys de noix de coco ou de tomate, et bien sûr les currys de poisson ou de viande du Kerala et du Tamil Nadu. On les retrouve aussi dans la cuisine réunionnaise et mauricienne, où elles parfument les caris locaux hérités des vagues d’immigration indienne du XIXe siècle. Une fois la cuisson terminée, certains cuisiniers retirent les feuilles avant de servir, comme on le fait avec une feuille de laurier ; d’autres les laissent, car elles se mangent sans difficulté.
Faute de feuilles fraîches, disponibles surtout dans les épiceries indiennes, sri-lankaises ou asiatiques des grandes agglomérations (ou par la diaspora réunionnaise et mauricienne), la feuille séchée et la poudre restent les formes les plus accessibles en France métropolitaine ; la vente en ligne complète l’offre, notamment pour les compléments alimentaires. Autre option, plus rare : certaines jardineries et pépinières proposent le plant de Murraya koenigii en pot, sous le nom d’« arbre à curry » ou de « caloupilé ». Cultivé en intérieur ou sur une terrasse abritée du froid — la plante craint les températures négatives —, il permet de récolter quelques feuilles fraîches au fil des besoins. Congeler les feuilles fraîches reste possible en dépannage, enveloppées bien serré ou immergées dans un peu d’huile en bac à glaçons, mais le froid, comme le séchage, atténue une partie de leurs arômes volatils.
Murraya koenigii ne compte pas de variété commerciale standardisée comme peuvent en connaître le basilic ou la menthe : les différences observées d’une région à l’autre (feuilles plus ou moins grandes, arôme plus ou moins prononcé) tiennent surtout au terroir et à l’âge de la plante. Originaire du sous-continent indien, elle est aujourd’hui cultivée dans toute l’Asie du Sud, ainsi qu’à la Réunion, à Maurice et dans plusieurs régions tropicales où elle s’est acclimatée. Côté conservation, les feuilles fraîches se gardent au réfrigérateur dans un sac perforé ou un linge légèrement humide, pour une consommation rapide, dans le même délai d’environ 24 heures évoqué plus haut. Les feuilles séchées et la poudre, elles, se conservent plusieurs mois dans un contenant hermétique, à l’abri de la lumière, de la chaleur et de l’humidité — comme la plupart des herbes et épices séchées, elles perdent progressivement en intensité aromatique et gagnent à être renouvelées régulièrement.
Les feuilles de curry s’associent volontiers à d’autres plantes ou nutriments. On peut les rapprocher de la vitamine B9, qui participe à la formation normale des globules rouges, ainsi que du magnésium, qui contribue à réduire la fatigue. Riches en fer, les feuilles de curry se marient aussi très bien avec l’acérola, une excellente source de vitamine C : la vitamine C améliore en effet l’absorption du fer d’origine végétale (4)(5), un point loin d’être négligeable pour ce type de fer.

L’apport en fer des feuilles de curry est déconseillé en cas de pathologie entraînant une accumulation de fer dans l’organisme, comme l’hémochromatose. Certains médicaments peuvent par ailleurs interagir avec cette plante : il est donc important d’en parler avec son médecin, en particulier en cas de traitement en cours.
La consommation culinaire de feuilles de curry est généralement bien tolérée. En revanche, un apport excessif en fer peut entraîner des troubles digestifs tels que des nausées, des vomissements ou une constipation. Les femmes enceintes ou allaitantes demanderont un avis médical avant tout usage concentré.
À ne pas confondre avec le traditionnel mélange curry, les feuilles de curry occupent une place de choix dans la cuisine et les traditions d’Asie du Sud, et apportent des nutriments comme le fer et le bêta-carotène. Les recherches sur leurs composés se poursuivent, pour l’essentiel au stade préclinique : la science n’en a pas terminé avec cette plante aromatique, et nous non plus !
Non. La poudre (ou la pâte) de curry est un mélange d’épices moulues qui varie selon les recettes. Les feuilles de curry, elles, sont les feuilles d’une plante précise, Murraya koenigii, à l’arôme d’agrumes très reconnaissable. Les deux ne sont ni le même produit ni le même goût.
Les feuilles fraîches se conservent mal (environ 24 heures) et se congèlent difficilement, si bien qu’on les trouve rarement fraîches sur les étals. Le plus simple est de se tourner vers les feuilles séchées ou la poudre, vendues en épiceries indiennes et asiatiques, parfois aussi sous forme de compléments alimentaires. Certaines jardineries proposent aussi le plant en pot pour qui veut cultiver ses propres feuilles.
La méthode traditionnelle indienne consiste à les faire revenir quelques secondes dans un corps gras chaud (huile ou ghee) en début de cuisson, ce qu’on appelle le tadka. La matière grasse capte les arômes liposolubles de la feuille, plus qu’une infusion à l’eau. On les ajoute ainsi aux dals, currys de légumes et poêlées, mais aussi aux rasams, sambars et chutneys du Sud de l’Inde.
Elles apportent notamment du fer, du bêta-carotène (précurseur de la vitamine A), du calcium et des fibres. Le fer contribue à réduire la fatigue et au transport normal de l’oxygène ; associées à une source de vitamine C, comme l’acérola, leur fer végétal est mieux absorbé.
La consommation culinaire est généralement bien tolérée. Un apport excessif en fer peut occasionner des troubles digestifs, et les personnes atteintes d’hémochromatose ou sous traitement doivent demander un avis médical. Les femmes enceintes ou allaitantes sont invitées à consulter avant tout usage concentré.
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