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La ménopause est une étape physiologique naturelle, pas une maladie. Ses manifestations (bouffées de chaleur, troubles du sommeil, sécheresse, fluctuations d'humeur, évolution du poids) varient considérablement d'une femme à l'autre. Plusieurs approches naturelles peuvent en accompagner la traversée, en complément d'un suivi gynécologique.
La ménopause correspond à l'arrêt des règles, qui survient le plus souvent vers l'âge de cinquante ans. Ce phénomène naturel marque l'arrêt du fonctionnement hormonal des ovaires. Cet article fait le point sur les approches naturelles qui peuvent aider à mieux vivre cette période et à atténuer ses désagréments les plus courants, sans se substituer à un suivi médical.
Les signes avant-coureurs de la ménopause sont assez caractéristiques. Ils débutent généralement par le raccourcissement des cycles menstruels et l'apparition d'une certaine irrégularité dans leur fréquence. Les seins deviennent tendus et douloureux avant les règles. Un ballonnement abdominal en rapport avec la baisse de la progestérone peut apparaître. Ensuite, l'absence de règles pendant douze mois consécutifs vient confirmer la ménopause. C'est là que les manifestations se font souvent plus présentes.
Il s'agit le plus souvent de bouffées de chaleur, ou bouffées vasomotrices (BVM). Elles peuvent survenir au cours de la journée ou durant la nuit et se déroulent classiquement en trois phases. La première phase, appelée aura ou prodrome, consiste en la survenue de frissons, de tremblements, de malaise et/ou de vertiges. La seconde phase produit une sensation de chaleur, qui débute au niveau du thorax et des épaules. Elle s'étend ensuite au cou et au visage avec l'apparition de rougeurs et de sueurs. Vient enfin la phase de résolution, avec transpiration, palpitations et retour lent à l'état normal. Les sueurs nocturnes peuvent survenir de façon isolée, sans bouffées de chaleur ; elles ont tendance à réveiller la femme.
Avec l'arrivée de la ménopause, certains troubles et douleurs ont tendance à se multiplier. Il s'agit fréquemment de troubles génito-urinaires comme la sécheresse vulvo-vaginale, qui peut s'aggraver avec le temps. Ils occasionnent parfois des douleurs lors des rapports sexuels et, par voie de conséquence, une diminution du plaisir et du désir. La femme peut également ressentir des troubles urinaires : irritations, gêne pour uriner, envies pressantes.
La ménopause s'accompagne aussi de douleurs articulaires, fréquentes, pouvant toucher l'ensemble des articulations avec une sensation de « dérouillage matinal ». Apparaissent également des troubles du sommeil, souvent secondaires aux réveils nocturnes liés aux bouffées vasomotrices. La fatigue est plus présente, tout comme certaines variations de l'humeur et une irritabilité.
Il faut rappeler que la ménopause n'est pas une maladie, mais une étape de la vie. Elle marque la fin de la période durant laquelle une femme peut concevoir. Pour cette raison, mieux vaut l'aborder sereinement, en s'appuyant si besoin sur des approches naturelles et sur un accompagnement médical.
Le traitement hormonal de la ménopause (THM, anciennement THS) est l'une des options proposées par le médecin lorsque les symptômes climatériques sont gênants au quotidien. Comme tout traitement, il présente à la fois des bénéfices et des risques, qui s'évaluent au cas par cas : âge, ancienneté de la ménopause, antécédents personnels et familiaux, facteurs de risque. C'est une décision individuelle, à prendre avec son gynécologue ou son médecin traitant, dans le cadre des recommandations des autorités de santé (1).
Les approches naturelles présentées ci-dessous ne remplacent pas un traitement médical : elles peuvent l'accompagner ou répondre à des situations où les symptômes restent modérés. En cas de doute sur la meilleure stratégie, l'avis d'un professionnel de santé reste la référence.
Comment mieux vivre cette phase naturelle de la vie d'une femme ? Plusieurs leviers, à commencer par le mode de vie, font une vraie différence sur le confort au quotidien.

Quelques ajustements du mode de vie changent significativement la façon dont la ménopause se traverse. Trente à 45 minutes de marche rapide par jour contribuent à entretenir la densité osseuse, à soutenir l'humeur et à mieux gérer le poids. Le tabac aggrave les symptômes vasomoteurs : un sevrage accompagné par le médecin traitant reste la meilleure option. L'alcool, le café et le sucre en excès peuvent accentuer l'inconfort ; ce sont d'ailleurs des variations hormonales voisines qui nourrissent les désagréments du syndrome prémenstruel les années précédentes. Les limiter dès les premiers signes peut aider.
Côté alimentation, réduire les glucides rapides aide à stabiliser la glycémie. Un rééquilibrage alimentaire suivi avec un médecin ou un diététicien est plus efficace qu'un régime strict appliqué seul. Les troubles intimes qui accompagnent parfois cette période — baisse du désir, sécheresse, inconfort — relèvent quant à eux d'un accompagnement sexologique adapté, distinct du suivi nutritionnel mais tout aussi utile.
Après la ménopause, la baisse des œstrogènes accélère la perte osseuse : veiller à ses apports en calcium et en vitamine D prend toute son importance. Le calcium contribue au maintien d'une ossature normale (allégation de santé autorisée, Règlement UE 432/2012) (2). La référence nutritionnelle de l'ANSES est de l'ordre de 950 à 1 000 mg de calcium par jour chez l'adulte ; on le trouve dans les produits laitiers mais aussi dans de nombreuses sources végétales (amandes, brocoli, épinards, eaux minérales calciques). Varier son alimentation au quotidien aide à couvrir ces besoins.
La vitamine D contribue à une absorption normale du calcium, au maintien d'une ossature normale et à une fonction musculaire normale (Règlement UE 432/2012) (2). Une exposition raisonnée au soleil de 15 à 30 minutes par jour participe à la synthèse cutanée, mais celle-ci diminue avec l'âge. Compte tenu de la fréquence des déficits, l'ANSES retient une référence d'environ 15 µg/j (600 UI) ; en cas de besoin, le médecin peut proposer une supplémentation adaptée plutôt qu'une auto-prescription. Certaines huiles de poisson en sont par ailleurs de bonnes sources naturelles.
Pour les bouffées de chaleur invalidantes, des options médicamenteuses (certains antidépresseurs, la clonidine…) peuvent aussi être proposées par le médecin. N'hésitez pas à lui en parler afin d'adapter la prise en charge à votre situation.
Plusieurs compléments alimentaires sont traditionnellement associés à cette période. Ils apportent des vitamines, des minéraux et des composés végétaux qui peuvent compléter une alimentation variée. Voici ce que l'on peut en dire honnêtement, niveau de preuve à l'appui.
Le maca du Pérou (Lepidium meyenii) est un tubercule andin consommé depuis des siècles, sous forme de poudre ou de gélules. Il est traditionnellement utilisé pour soutenir le tonus et la vitalité. Sur le plan scientifique, une revue systématique a recensé quelques essais cliniques portant sur le confort à la ménopause : les résultats sont plutôt favorables mais reposent sur des effectifs limités, et le niveau de preuve reste insuffisant pour conclure (3). À retenir : le maca n'agit pas comme une hormone et ne « rééquilibre » pas le système hormonal. Pour aller plus loin, voir notre page dédiée au maca et la ménopause.
La spiruline est une cyanobactérie riche en protéines (environ 60 à 70 % de son poids sec), qui apporte aussi du fer et divers minéraux. Les protéines contribuent au maintien de la masse musculaire et le fer aide à réduire la fatigue et participe au transport normal de l'oxygène (Règlement UE 432/2012) (2) — deux points utiles à un moment où l'on cherche à préserver son énergie. Aux doses usuelles (quelques grammes par jour), les apports restent toutefois modestes : la spiruline complète une alimentation équilibrée, elle ne la remplace pas. Elle n'a pas d'allégation de santé spécifique à la ménopause.
L'huile de poisson est riche en oméga-3 à longue chaîne (EPA et DHA). L'EPA et le DHA contribuent à une fonction cardiaque normale à partir de 250 mg par jour (Règlement UE 432/2012) (2), un repère intéressant après la ménopause, période où l'on est attentive à son hygiène de vie cardiovasculaire. Concernant l'humeur et les bouffées de chaleur, les données restent limitées et contrastées : les oméga-3 pourraient apporter un soutien chez certaines femmes, mais l'effet n'est pas démontré de façon consistante. À envisager comme un complément d'une alimentation incluant des poissons gras.
La progestérone est une hormone féminine qui intervient dans le cycle menstruel. On lit souvent que l'igname sauvage (Dioscorea villosa) permettrait d'« augmenter naturellement » la progestérone. C'est une idée reçue : la diosgénine contenue dans la plante n'est pas transformée en progestérone par l'organisme, et aucun effet hormonal n'a été démontré chez l'humain. L'igname relève d'un usage traditionnel, sans bénéfice établi sur les symptômes de la ménopause. D'autres plantes (gattilier, mélisse, sauge…) sont employées traditionnellement autour du cycle féminin ; là encore, mieux vaut en parler à un professionnel de santé avant toute prise prolongée.
Le ginseng de Corée (Panax ginseng) est une plante adaptogène utilisée de longue date en Asie. Quelques travaux se sont intéressés à son rôle sur la qualité de vie, l'humeur ou la libido des femmes à la ménopause, mais les données restent limitées et il ne semble pas agir sur les bouffées de chaleur. Traditionnellement, on lui prête un intérêt pour accompagner les périodes de fatigue passagère. Comme pour toute plante, un avis médical est recommandé en cas de traitement en cours.
Au-delà des compléments, plusieurs plantes et infusions sont traditionnellement utilisées pour accompagner le confort à la ménopause. Elles s'inscrivent dans un usage de bien-être et ne constituent pas un traitement ; les essais cliniques disponibles montrent des effets variables. Voici quelques préparations classiques, à tester avec mesure. Vous pouvez aussi consulter notre page sur les plantes traditionnellement associées à la ménopause.
Les bouffées de chaleur peuvent perturber la vie quotidienne et le sommeil. La sauge et l'actée à grappes (Cimicifuga racemosa) figurent parmi les plantes les plus citées : l'actée à grappes bénéficie d'un usage traditionnel reconnu par l'Agence européenne des médicaments (EMA/HMPC) pour atténuer les bouffées de chaleur et la transpiration excessive liées à la ménopause (4). Les phytoœstrogènes du soja ou du trèfle rouge ont fait l'objet de méta-analyses : ils sont associés à une réduction modeste de la fréquence des bouffées de chaleur, sans effet net sur les sueurs nocturnes (5).

Recette traditionnelle : versez deux cuillères à café d'un mélange de sauge dans 25 cl d'eau bouillante. Laissez infuser dix minutes et filtrez. Ajoutez une demi-cuillère à café de miel dans laquelle vous aurez versé une goutte d'huile essentielle de sauge sclarée. Buvez deux à trois tasses par jour, en cures de vingt jours.
Quand l'humeur est affectée, certaines plantes amères sont traditionnellement employées en infusion. Versez deux cuillères à dessert de gentiane dans un litre d'eau froide. Laissez macérer douze heures et filtrez.
Ajoutez ensuite dans chaque tasse une demi-cuillère à café de miel (pour contrer l'amertume de la gentiane) dans laquelle vous aurez versé une goutte d'huile essentielle de verveine citronnée ou d'angélique. Buvez votre litre de préparation au cours de la journée, entre les repas, en plusieurs tasses tièdes si vous le souhaitez. Faites une cure d'une vingtaine de jours. Si la tristesse ou l'anxiété s'installent durablement, elles relèvent d'un avis médical.
La sécheresse vaginale peut occasionner un réel inconfort. Au-delà des solutions locales (gels hydratants, lubrifiants) à évoquer avec son médecin, une infusion traditionnelle peut accompagner le quotidien. Versez une cuillère à dessert d'anis vert dans 25 cl d'eau froide. Portez à ébullition, laissez bouillir trois minutes, coupez le feu et faites infuser cinq minutes. Filtrez. Ajoutez une demi-cuillère à café de miel additionnée d'une goutte d'huile essentielle de fenouil. Buvez deux tasses par jour tant que l'inconfort persiste.
Le tableau ci-dessous oriente vers les approches traditionnellement associées à chaque situation, avec un repère honnête sur le niveau de preuve.
| Contexte | Approche traditionnelle | Niveau de preuve |
|---|---|---|
| Bouffées de chaleur | Sauge, actée à grappes, phytoœstrogènes (soja) | Modeste à variable |
| Sommeil en périménopause | Mélatonine, magnésium, ashwagandha | Limité |
| Tonus, vitalité | Maca, ginseng | Limité |
| Confort du cycle (préménopause) | Gattilier (Vitex agnus-castus) | Variable |
| Apports osseux | Calcium, vitamine D | Allégation autorisée (EFSA) |
Non. C'est une étape physiologique naturelle qui correspond à l'arrêt de la production d'œstrogènes par les ovaires. Ses manifestations (bouffées de chaleur, troubles du sommeil, sécheresse) varient beaucoup d'une femme à l'autre. Un suivi gynécologique permet d'en accompagner la traversée et de choisir, si besoin, la stratégie la plus adaptée.
La sauge, l'actée à grappes (qui bénéficie d'un usage traditionnel reconnu par l'EMA) et les phytoœstrogènes du soja sont les plus citées. Les méta-analyses montrent une réduction modeste et variable des bouffées de chaleur. Ces approches ne conviennent pas à toutes les situations : un avis médical est recommandé, notamment en cas d'antécédent de cancer hormono-dépendant.
Non, le maca n'agit pas comme une hormone et ne « rééquilibre » pas le système hormonal. Il est traditionnellement utilisé pour soutenir le tonus et la vitalité. Quelques essais portant sur le confort à la ménopause sont plutôt favorables, mais sur des effectifs limités : le niveau de preuve reste insuffisant pour conclure.
La baisse des œstrogènes accélère la perte osseuse. Le calcium contribue au maintien d'une ossature normale et la vitamine D à une absorption normale du calcium (allégations autorisées par le Règlement UE 432/2012). Les références de l'ANSES sont d'environ 950-1 000 mg/j de calcium et 15 µg/j (600 UI) de vitamine D ; en cas de besoin, le médecin adapte la supplémentation.
En cas de symptômes gênants au quotidien, de saignements après la ménopause, de douleurs inhabituelles ou de retentissement sur la qualité de vie. Le traitement hormonal de la ménopause (THM) est une option médicale dont les bénéfices et les risques s'évaluent individuellement avec le gynécologue. Les approches naturelles ne remplacent ni un diagnostic ni un traitement médical.