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Le calendula, également appelé souci officinal ou Calendula officinalis, est une plante herbacée annuelle de la famille des Astéracées, dont les capitules lumineux allant du jaune solaire à l'orange cuivré ornent depuis des siècles les jardins de médecine monastique et les pharmacopées occidentales. Cultivée pour ses fleurs entières ou pour ses seuls pétales ligulés, elle est l'une des plantes cicatrisantes traditionnelles les mieux documentées, avec une reconnaissance par la Commission E allemande et par le Comité des médicaments à base de plantes (HMPC) de l'Agence européenne du médicament. Dans le cadre d'une hygiène de vie globale, le calendula est traditionnellement associé au confort cutané, à l'apaisement des peaux sensibles et, à l'usage interne en infusion douce, au confort digestif. Ces usages s'inscrivent toujours dans une approche éducative, sans se substituer à un avis médical.
Le souci officinal est une plante herbacée annuelle de 30 à 70 cm, aux feuilles lancéolées et aux capitules solitaires terminaux pouvant atteindre 5 à 7 cm de diamètre. Il se distingue facilement du souci des champs (Calendula arvensis), plus petit, au capitule d'un jaune plus pâle, d'usage plus limité. Originaire du pourtour méditerranéen et probablement du sud de l'Europe, Calendula officinalis s'est largement naturalisée dans toute l'Europe tempérée, l'Asie Mineure et l'Amérique du Nord.
Son usage en phytothérapie est documenté depuis Dioscoride et Galien. Hildegarde de Bingen, au XIIᵉ siècle, en loue les vertus pour la peau, et la médecine de la Renaissance, avec Paracelse, la place parmi les plantes vulnéraires majeures. Aujourd'hui, elle figure dans la Pharmacopée européenne sous le nom de Calendulae flos pour les capitules séchés, et Calendulae flos sine calyce pour les seuls pétales ligulés.
Les capitules de calendula renferment une mosaïque chimique complexe qui explique la richesse de ses usages.
Les pétales concentrent des esters triterpéniques pentacycliques, notamment le faradiol, le psi-taraxastérol et l'arnidiol, considérés comme les principaux responsables de l'activité anti-inflammatoire cutanée documentée in vitro et sur modèles animaux (1).
Rutine, isoquercitrine, narcissine, caroténoïdes lipophiles (lutéine, zéaxanthine, lycopène en petites quantités, carotènes) contribuent à l'activité antioxydante et à la teinte caractéristique des pétales.
Les polysaccharides ramifiés apportent une action apaisante sur les muqueuses en usage oral et favorisent la formation d'un film protecteur sur les peaux irritées en usage cutané. Les mucilages contribuent au pouvoir adoucissant global.
| Composé | Localisation | Rôle identifié |
|---|---|---|
| Esters triterpéniques (faradiol) | Pétales ligulés | Modulation inflammatoire cutanée |
| Flavonoïdes (rutine, quercétine) | Pétales et capitule | Activité antioxydante |
| Caroténoïdes | Pétales | Protection antioxydante, couleur |
| Polysaccharides | Capitule entier | Action adoucissante |
| Saponosides triterpéniques | Capitule | Amertume, effets digestifs |
| Huile essentielle (traces) | Capitule | Notes aromatiques légères |
C'est sur la peau que le calendula révèle l'essentiel de son intérêt traditionnel. L'HMPC européen reconnaît l'usage traditionnel du calendula pour le traitement symptomatique des irritations cutanées mineures, des petites plaies superficielles et des inflammations cutanées mineures de la bouche et de la gorge, à titre d'usage établi sur l'ancienneté et l'expérience (2).
Les extraits hydroalcooliques et les macérats huileux de calendula sont classiquement utilisés en application locale sur peaux sensibles, peaux de bébé (fesses érythémateuses, légères irritations), gerçures, crevasses, rougeurs liées aux frottements, pressions ou exposition au froid. Leur tolérance cutanée est généralement excellente.
Plusieurs études précliniques ont documenté une accélération de la contraction des plaies et une modulation de l'inflammation cutanée en application locale. Une étude clinique ancienne, portant sur la radiodermite post-radiothérapie mammaire, a suggéré un intérêt en accompagnement, avec un bénéfice modéré comparé à la trolamine (3). Ces données, si elles nourrissent la tradition, ne permettent pas d'allégation thérapeutique définitive.
Au-delà de son usage cutané dominant, le calendula possède une tradition en usage interne, sous forme d'infusion légère, pour le confort digestif. Les saponosides triterpéniques contribuent à une légère stimulation biliaire (cholérétique), tandis que les amers soutiennent la digestion des repas lourds. L'infusion douce est traditionnellement consommée après les repas en cas de digestion lente, sensation de pesanteur ou légère dyspepsie.
Son action apaisante sur les muqueuses, liée aux polysaccharides, est également mise à profit en bain de bouche pour le confort des gencives sensibles ou des aphtes mineurs. La Commission E allemande reconnaît cette indication dans les inflammations mineures de la cavité buccale.
Le calendula se prépare sous plusieurs formes, chacune avec ses usages préférentiels.
L'infusion est aqueuse, riche en flavonoïdes et polysaccharides hydrosolubles : elle convient à l'usage interne (tisane digestive, bain de bouche) et au soin cutané des muqueuses (bain oculaire sur paupière en trouble léger, avec précaution). L'huile végétale, en revanche, est un macérat lipidique qui capte les caroténoïdes, les triterpènes et la fraction lipophile : elle est privilégiée en application cutanée, en soin des peaux sèches, irritées, sensibles.
Les teintures de calendula, par extraction alcoolique, concentrent à la fois des composés hydro- et liposolubles. Elles sont utilisées diluées en bain de bouche ou en compresse pour de petites irritations. Leur usage pur n'est pas recommandé en raison de l'alcool.
Verser 150 à 200 ml d'eau frémissante sur 1 à 2 g de capitules séchés ou de pétales. Laisser infuser 10 minutes à couvert. Une à deux tasses après les repas principaux suffisent pour accompagner le confort digestif. Cette infusion possède un léger goût amer caractéristique.
Préparer une infusion plus concentrée (3 à 5 g de pétales pour 150 ml d'eau), laisser refroidir, puis utiliser en bain de bouche après brossage (trois fois par jour en cas d'aphte mineur) ou en compresse sur une peau irritée. Le liquide doit être filtré avec soin.
Le macérat de calendula se réalise en laissant infuser des capitules séchés dans une huile végétale neutre (amande douce, olive, tournesol désodorisé) pendant trois à quatre semaines, à l'abri de la lumière, puis en filtrant avec un linge propre. Il s'applique pur ou dilué sur les zones de peau sèche, rouge, sensible, en massage doux.
Le calendula est largement disponible en crèmes cosmétiques, baumes et soins bébé. Choisir des formulations peu chargées en excipients et idéalement bio pour limiter l'exposition à des additifs inutiles sur une peau sensibilisée.
Une infusion concentrée de capitules de calendula, ajoutée à l'eau d'un bain de pieds tiède, apporte un moment de confort apprécié des personnes à peau sèche, après une longue journée en station debout ou à la suite d'une exposition au froid. Compter une grosse poignée de fleurs séchées pour un litre d'eau bouillante, laisser infuser dix minutes sous couvercle, filtrer puis ajouter au bassin. L'eau obtenue, d'une teinte dorée discrète, s'utilise tiède pendant une quinzaine de minutes. Ce geste simple, issu de la tradition rurale européenne, s'inscrit parfaitement dans une hygiène de vie globale et peut se répéter deux à trois fois par semaine en période de fragilité cutanée.
Le calendula s'associe volontiers à d'autres plantes aux propriétés cutanées traditionnelles pour enrichir les macérats ou les crèmes maison. Avec la camomille romaine, il apporte un confort renforcé sur les peaux sensibles. Avec la lavande vraie, il complète une action apaisante sur les rougeurs légères. Avec le plantain ou la consoude, il rejoint les préparations vulnéraires classiques des herboristeries. Ces synergies relèvent d'un savoir-faire ancien, à manier avec discernement — deux à trois plantes maximum dans une même préparation pour éviter les interactions complexes et les risques d'allergie croisée.
| Forme | Dosage usuel | Indication |
|---|---|---|
| Infusion digestive | 1-2 g pour 200 ml, 1-2 tasses/jour | Confort après les repas |
| Bain de bouche | 3-5 g pour 150 ml | Inconfort buccal léger |
| Macérat huileux | Application pure ou diluée | Peaux sèches, irritées |
| Crème cosmétique | 1-2 applications/jour | Soin quotidien peaux sensibles |
| Teinture diluée | 20-30 gouttes dans un verre d'eau | Bain de bouche |
La qualité d'un calendula se reconnaît à plusieurs critères : une couleur vive (jaune d'or à orangée vif, jamais terne), une odeur caractéristique légèrement herbacée, la présence des pétales ligulés entiers (et non d'un capitule fermé), une origine précise (Europe, Afrique du Nord) et, idéalement, une certification biologique. Les pétales fragmentés ou décolorés sont le signe d'une récolte ancienne ou d'une conservation imparfaite.
Pour l'usage cosmétique ou de confort cutané, privilégier les macérats réalisés à partir d'huiles de qualité (amande douce bio, tournesol désodorisé bio) sans conservateurs synthétiques. Pour les crèmes et baumes, lire la liste INCI : l'idéal est que « Calendula Officinalis Flower Extract » apparaisse parmi les premiers ingrédients, et non en fin de liste.
Le calendula jouit d'un excellent profil de tolérance, mais quelques précautions s'imposent. L'allergie aux Astéracées (famille de la marguerite, de l'arnica, de la camomille, de l'armoise) représente la principale contre-indication : les personnes allergiques au pollen de ces plantes doivent éviter le calendula ou réaliser un test cutané préalable au pli du coude.
En usage interne, les doses traditionnelles d'infusion sont bien tolérées. L'usage de teintures ou d'extraits concentrés à forte dose n'est pas recommandé sans encadrement. Les interactions médicamenteuses documentées restent rares, mais la vigilance est de mise chez les patients sous traitement hypnotique, sédatif ou antiépileptique, en raison de composés sédatifs légers parfois rapportés.
Natura Force propose des ressources complémentaires sur les soins de la peau, les aliments anti-inflammatoires et les compléments digestion.
Pour aller plus loin — Découvrez aussi valeriane, aubepine.
Le calendula est traditionnellement utilisé pour le confort cutané des peaux sensibles ou irritées (en macérat huileux, crème, baume) et pour le confort digestif en infusion légère. Son usage est reconnu par le HMPC européen à titre d'usage traditionnel.
En macérat huileux pur ou dilué, appliqué en massage léger sur peaux sèches ou irritées. En crème ou baume pour les soins quotidiens des peaux sensibles, peaux de bébé (fesses rouges) et zones de frottements.
Oui, en infusion légère (1 à 2 g de capitules pour 200 ml d'eau, 1 à 2 tasses par jour après les repas). Elle accompagne le confort digestif. Éviter pendant la grossesse et l'allaitement, et en cas d'allergie aux Astéracées.
La tradition et plusieurs données précliniques documentent un soutien du processus de réparation cutanée. Les essais cliniques restent limités, et le calendula ne remplace aucun traitement médical en cas de plaie significative.
« Calendula » et « souci officinal » désignent la même plante (Calendula officinalis). Le souci des champs (Calendula arvensis) est une espèce voisine, plus petite, d'usage médicinal plus limité.
Il est couramment utilisé dans les soins pour bébés (liniments, crèmes fessier) et généralement bien toléré. Tester une petite zone avant une application étendue, et éviter en cas d'allergie familiale aux Astéracées. Consulter un pédiatre en cas de doute.
Les personnes allergiques aux Astéracées (marguerite, arnica, camomille, armoise, ambroisie) doivent éviter le calendula ou réaliser un test cutané préalable. Les autres types de pollinose ne contre-indiquent pas l'usage.
Placer des capitules séchés dans une huile végétale neutre (amande douce, olive, tournesol désodorisé). Laisser macérer 3 à 4 semaines à l'abri de la lumière, en remuant régulièrement. Filtrer avec un linge propre et conserver au frais, à l'abri de la lumière.
Le calendula demeure une plante précieuse de l'herboristerie occidentale, dont les pétales lumineux concentrent une chimie végétale riche et bien connue. Ses usages traditionnels en confort cutané, soutenus par une reconnaissance européenne, et son emploi en infusion légère pour le confort digestif en font un allié fidèle d'une hygiène de vie globale. Son excellent profil de tolérance, tempéré par quelques précautions ciblées (allergie aux Astéracées, grossesse, allaitement), explique sa place durable dans les pharmacies familiales comme dans les cosmétiques naturels. Toujours dans le dialogue avec un professionnel de santé pour les situations qui dépassent le cadre du simple confort.