Calculer son IMC : ce que vous devez savoir avant 

L’IMC, ou indice de masse corporelle est un indice métrique qui permet de se situer vis-à-vis des normes en termes de poids. Grâce à son calcul, on peut savoir si l’on se trouve en situation normale, en surpoids, en obésité ou à l’inverse, en situation de dénutrition ou de maigreur. Très fiable, cet indice est utilisé par les médecins et il est recommandé par l’Organisation mondiale de la Santé comme indicateur de forme et de santé. Toutefois, il comporte quelques limites qu’il faut connaître et absolument prendre en compte avant de le calculer. Voici donc tout ce que vous devez savoir avant de calculer votre IMC.

Les limites du calcul de l’IMC

L’indice de masse corporelle est aussi utile qu’il est… incomplet ! Il ne permet pas à lui seul d’évaluer l’état de santé et de forme d’une personne, bien qu’il y contribue grandement. Quelles sont ses limites ?

L’IMC des enfants et des jeunes adultes

Le calcul de l’indice de masse corporelle est possible chez les enfants et les jeunes adultes âgés de deux à dix-neuf ans. Néanmoins, ici, l’interprétation des résultats n’est pas la même que chez l’adulte : il faut en avoir conscience. La taille, comme le poids, n’est pas une donnée définitive pour les personnes qui n’ont pas terminé leur croissance (1). La croissance est une variable qui peut véritablement tout changer, c’est pourquoi le suivi d’un professionnel de santé reste essentiel. Tout au long de la croissance, les données (taille, poids, etc.) doivent être renseignées dans le carnet de santé de chaque personne afin de pouvoir déterminer une courbe de corpulence à laquelle se référer. Le sexe et l’âge de l’enfant sont, avec la croissance, des données à prendre en compte.

L’IMC des sportifs

Les sportifs et athlètes ne doivent surtout pas se reposer sur le seul calcul de l’indice de masse corporelle. En effet, leur IMC est souvent très élevé (entre 25 et 30), alors qu’ils ne se trouvent absolument pas en situation de surpoids ou d’obésité. Pour les sportifs de haut niveau, le calcul de l’IMC n’est absolument pas pertinent, car une grande partie de leur poids de corps est composé de muscles. Dans ce cas, il est nécessaire d’établir le rapport entre la masse musculaire et la masse graisseuse de la personne. L’accompagnement d’un professionnel de la santé est ici vivement recommandé.

IMC des hommes versus IMC des femmes

Si l’OMS recommande l’usage de l’IMC, elle rappelle qu’il présente des imprécisions notoires dont il faut tenir compte. L’indifférenciation entre les genres en est une. L’indice de masse corporelle ne tient compte que de l’âge, du poids et de la taille de la personne. Pourtant, les hommes et les femmes présentent des différences physiques importantes qui font partie des variables à prendre en considération. Pour remédier à cela, des variations d’interprétation des résultats du calcul de l’IMC existent entre les hommes et les femmes. Toutefois, le calcul demeure incomplet. Pour déterminer l’état de forme et la santé d’une personne, solliciter un avis médical reste indispensable.

Calculer son IMC

Un sentiment de sécurité parfois trompeur

L’une des grandes limites de l’indice de masse corporelle est le sentiment de sécurité que représente un résultat dans les normes. En effet, pour les personnes dont l’IMC est normal, il existe un risque de développement de diabète ou de maladies cardiovasculaires. La localisation de la graisse corporelle est, par exemple, un indicateur dont il faut tenir compte. Face à un IMC normal, on peut être tenté de ne pas pratiquer de sport ou de maintenir une alimentation malsaine. Ou de ne pas maintenir une alimentation saine sur la durée. La multiplication des facteurs de risque devient souvent un problème. Installation de mauvaises habitudes alimentaires, sédentarité accentuée, consommation d’alcool ou de tabac, etc. L’IMC n’est qu’un indicateur parmi d’autres, il ne faut pas considérer une valeur normale comme une finalité en soi.

Régime alimentaire et IMC

Nombreuses sont les personnes qui se fixent sur cet indicateur afin d'entamer un régime afin de se stabiliser à un IMC qui leur indiquera qu'elles sont revenues à un poids normal. L'IMC pourra les aider à trouver une certaine motivation, tout comme la consommation d'un bruleur de graisse puissant qui leur donnera un coup de pouce mais ne remplacera en aucun cas l'accompagnement d'un nutritionniste avec une alimentation plus adapté et plus équilibrée ou bien la pratique d'une activité physique, particulièrement recommandée lorsque l'on cherche à perdre du poids. Idem chez les personnes qui souhaitent au contraire prendre du poids, elles devront faire attention à ce que ce poids soit pris de manière saine et non au détriment de leur santé dans le seul but d'atteindre cet IMC.

Calcul de l’IMC pendant la grossesse : une affaire de médecin

Le calcul de l’IMC est particulier durant la grossesse. Il ne se repose pas sur le calcul habituel, puisque celui-ci ne tient pas compte de cet état. Le poids de la femme enceinte doit faire l’objet d’un suivi médical adapté. Il faut pour cela se rapprocher d’une sage-femme, d’un gynécologue ou d’un médecin généraliste. D’ailleurs, le suivi du poids de grossesse est très différent d’une femme à l’autre, d’une morphologie à l’autre et d’une situation à l’autre. Certaines femmes enceintes doivent veiller à ne pas prendre beaucoup de poids durant la grossesse. Pour d’autres, cela n’aura pas autant d’importance. Le calcul de l’IMC est obsolète ici et il n’est généralement réalisé qu’au tout début de la grossesse, en tenant compte du poids avant grossesse pour d’autres raisons comme l’évaluation du risque de diabète gestationnel, par exemple.

L’IMC quand on prend de l’âge

Les personnes âgées de plus de 65 ans font toujours l’objet d’un suivi médical particulier. Avec l’âge, la prise de poids devient bénéfique, dans une certaine mesure, et permet de prévenir certains problèmes de santé. Ici, le seul calcul de l’IMC n’a pas de pertinence, puisqu’il n’implique plus les mêmes normes de santé. D’après les statistiques, les personnes âgées qui présentent le meilleur taux de survie sont celles dont l’IMC se situe entre 23 et 27, tandis que le risque de mortalité augmente pour les personnes dont l’IMC se situe entre 18 et 25. Il se stabilise jusqu’à un IMC de 33. Un avis médical est donc nécessaire pour élaborer un plan alimentaire, tout comme une activité physique suffisante.

Les solutions pour compléter le calcul de l’IMC

Le poids et la taille ne font pas tout, comme nous l’avons vu dans le point précédent. Un IMC hors normes n’est donc pas systématiquement synonyme de problème. Il faut connaître son taux de graisse corporelle pour déterminer l’utilité ou l’inutilité d’un régime alimentaire. Pour cela, il existe des balances à impédancemétrie, ou impédancemètre, qui permettent de déterminer le pourcentage exact de graisse dans le corps.

Ces balances sont nécessaires et indispensables pour suivre l’état de santé d’une personne et sa forme. Elles complètent le calcul régulier de l’IMC (tout en tenant compte de ses limites). Ce type de balance convient aux personnes qui souhaitent perdre du poids ou suivre l’état de développement de leur musculature (les athlètes) à travers le pourcentage de graisses du corps.

La balance impédancemètre permet de savoir si l’on perd du muscle, de la graisse ou de l’eau. Cela permet d’adapter au mieux son alimentation, ses pratiques sportives ou son régime. Ces balances ne conviennent pas aux femmes enceintes et aux personnes qui portent un stimulateur cardiaque.

Le fonctionnement de la balance impédancemètre

Ce type de pèse-personne envoie de faibles courants électriques dans le corps. La masse graisseuse fournit une résistance plus importante au courant que les autres tissus qui composent l’organisme. C’est ainsi que la balance peut déterminer la quantité de masse grasse. Elle évalue son pourcentage global en fonction du poids de l’utilisateur. Le taux de graisse idéal n’est jamais nul, toutefois, il se situe dans une certaine fourchette qui varie en fonction de l’âge du sexe de la personne. Pour les hommes, le taux de masse grasse idéal se situe entre 10 et 25 % du poids de corps. Pour la femme, il oscille entre 20 et 35 % du poids corporel (il s’agit de moyennes).

Compléter l’IMC par d’autres indicateurs

Comme nous l’avons vu, un IMC hors normes ne traduit pas nécessairement un problème de poids (en particulier pour les sportifs ou les enfants). Il faut prendre et interpréter cet indicateur avec des pincettes. Et lui superposer d’autres variables et indicateurs ! Le BAI ou « Body Adiposity Index » en est un très bon exemple. En effet, cet indice va permettre d’apporter plus de précisions à l’IMC, bien qu’il soit très récent et pas encore validé par l’Organisation mondiale de la Santé. Ses résultats restent donc également à interpréter avec des pincettes.

Le suivi médical reste indispensable pour chacun

Que l’on soit sportif, sédentaire, âgé ou jeune, en surpoids ou en situation de poids « normale », le suivi médical régulier reste nécessaire et indispensable. Il permet de s’assurer du maintien d’un poids de forme pour chacun de nous, et du suivi de l’état de santé dans la durée. Un suivi médical adapté est nécessaire à la prévention de facteurs de risques, mais aussi de maladies diverses. Il permet en outre de bénéficier de conseils hygiénodiététiques de qualité et personnalisés, qui vont dépendre de notre mode de vie et de nos habitudes propres.