Calculer son IMC : ce que vous devez savoir avant 

    L’IMC, ou indice de masse corporelle, est un indicateur métrique qui permet de situer son poids par rapport à des repères standardisés. À partir de son calcul, on peut estimer si l’on se trouve dans une situation de poids normal, de surpoids, d’obésité ou, à l’inverse, de maigreur. Simple à obtenir, cet indicateur est utilisé par les professionnels de santé et retenu par l’Organisation mondiale de la Santé comme repère de corpulence à l’échelle d’une population. Il comporte toutefois des limites qu’il faut connaître et prendre en compte avant de le calculer. Voici donc l’essentiel à savoir avant de calculer votre IMC.

    Comprendre et calculer son IMC

    Le calcul de l’IMC repose sur une formule simple : on divise le poids (en kilogrammes) par le carré de la taille (en mètres). Soit IMC = poids (kg) ÷ taille² (m). Par exemple, pour une personne de 70 kg mesurant 1,75 m : 70 ÷ (1,75 × 1,75) = 70 ÷ 3,06 ≈ 22,9. La formule est la même pour les femmes et pour les hommes. Le résultat se lit ensuite à l’aide des catégories définies par l’Organisation mondiale de la Santé, valables chez l’adulte (de 18 à 65 ans environ) (2).

    Catégorie (OMS) IMC (kg/m²)
    Maigreur moins de 18,5
    Corpulence normale 18,5 à 24,9
    Surpoids 25,0 à 29,9
    Obésité 30,0 et plus

    Ces seuils sont des repères statistiques établis à l’échelle des populations. L’IMC est un outil de dépistage utile, mais il ne mesure pas directement la masse grasse et ne distingue pas le muscle de la graisse : il ne suffit donc pas, à lui seul, à décrire l’état de santé d’une personne. C’est pourquoi il s’interprète toujours au regard du contexte individuel et, idéalement, avec un professionnel de santé.

    Les limites du calcul de l’IMC

    L’indice de masse corporelle est aussi utile qu’il est… incomplet ! Il ne permet pas, à lui seul, d’évaluer l’état de santé et de forme d’une personne, même s’il y contribue. Quelles sont ses limites ?

    L’IMC des enfants et des jeunes adultes

    Le calcul de l’indice de masse corporelle est possible chez les enfants et les jeunes de deux à dix-neuf ans. Néanmoins, ici, l’interprétation des résultats n’est pas la même que chez l’adulte : il faut en avoir conscience. La taille, comme le poids, n’est pas une donnée définitive pour les personnes qui n’ont pas terminé leur croissance (1). La croissance est une variable qui peut beaucoup faire varier les résultats, c’est pourquoi le suivi d’un professionnel de santé reste essentiel. Tout au long de la croissance, les données (taille, poids, etc.) sont reportées dans le carnet de santé de l’enfant afin de tracer une courbe de corpulence à laquelle se référer. Le sexe et l’âge de l’enfant sont, avec la croissance, des données à prendre en compte.

    L’IMC des sportifs

    Les sportifs et athlètes ne doivent pas se reposer sur le seul calcul de l’indice de masse corporelle. En effet, leur IMC est souvent élevé (entre 25 et 30) alors qu’ils ne se trouvent pas pour autant en surpoids ou en obésité. Chez les sportifs de haut niveau, le calcul de l’IMC perd de sa pertinence, car une grande partie de leur poids de corps est composée de muscle. Dans ce cas, il est plus utile d’apprécier le rapport entre la masse musculaire et la masse graisseuse. Pour soutenir le développement et le maintien de la masse musculaire, les apports en protéines jouent un rôle reconnu — qu’ils proviennent de l’alimentation ou, en complément, d’une protéine végétale ; l’accompagnement d’un professionnel de santé reste ici recommandé.

    IMC des hommes versus IMC des femmes

    Si l’OMS retient l’usage de l’IMC, elle rappelle qu’il présente des imprécisions dont il faut tenir compte. L’absence de différenciation entre les sexes en est une. L’indice de masse corporelle ne tient compte que de l’âge, du poids et de la taille de la personne. Pourtant, les hommes et les femmes présentent des différences physiques notables, qui font partie des variables à prendre en considération. Pour nuancer cela, des variations d’interprétation des résultats du calcul de l’IMC existent entre les hommes et les femmes. Le calcul demeure toutefois incomplet : pour apprécier l’état de forme et la santé d’une personne, solliciter un avis médical reste la meilleure démarche.

    Calculer son IMC

    Un sentiment de sécurité parfois trompeur

    L’une des grandes limites de l’indice de masse corporelle est le sentiment de sécurité qu’inspire un résultat dans les normes. En réalité, un IMC dit « normal » ne garantit pas à lui seul une bonne santé : la répartition de la graisse corporelle, par exemple, est un autre indicateur à considérer. Face à un IMC normal, on peut être tenté de relâcher ses habitudes — activité physique en moins, alimentation moins équilibrée sur la durée. La multiplication des facteurs de risque (sédentarité, consommation d’alcool ou de tabac, etc.) compte autant que le chiffre lui-même. L’IMC n’est qu’un indicateur parmi d’autres : il ne faut pas considérer une valeur normale comme une finalité en soi.

    Régime alimentaire et IMC

    Beaucoup de personnes se fixent sur cet indicateur pour se situer par rapport à un poids de référence et y voir un repère de motivation. L’IMC peut effectivement servir de point de repère, mais il ne remplace en aucun cas l’accompagnement d’un nutritionniste, une alimentation adaptée et équilibrée, ou la pratique d’une activité physique régulière — particulièrement utile dans une démarche de gestion du poids. À l’inverse, les personnes qui cherchent à prendre du poids veilleront à ce que cette prise se fasse de manière saine, sans nuire à leur équilibre, et non dans le seul but d’atteindre une valeur cible.

    Calcul de l’IMC pendant la grossesse : une affaire de médecin

    Le calcul de l’IMC est particulier durant la grossesse. Il ne repose pas sur le calcul habituel, puisque celui-ci ne tient pas compte de cet état. Le poids de la femme enceinte doit faire l’objet d’un suivi médical adapté. Il convient pour cela de se rapprocher d’une sage-femme, d’un gynécologue ou d’un médecin généraliste. Le suivi du poids de grossesse est d’ailleurs très différent d’une femme à l’autre, selon la morphologie et la situation de chacune. Certaines femmes enceintes doivent veiller à ne pas prendre trop de poids ; pour d’autres, cela aura moins d’importance. L’IMC habituel n’est pas pertinent ici : il n’est généralement relevé qu’au tout début de la grossesse, en tenant compte du poids antérieur, notamment dans le cadre d’un suivi médical individualisé.

    L’IMC quand on prend de l’âge

    Les personnes de plus de 65 ans font l’objet d’un suivi médical particulier. Avec l’âge, les repères de corpulence évoluent et un IMC un peu plus élevé qu’à l’âge adulte peut être adapté. Le seul calcul de l’IMC perd ici de sa pertinence, puisqu’il ne s’interprète plus selon les mêmes normes. Les données disponibles suggèrent que, chez les personnes âgées, la fourchette de poids associée au meilleur état de santé tend à se situer un peu au-dessus des repères de l’adulte jeune. Un avis médical est donc nécessaire pour adapter l’alimentation et un niveau d’activité physique suffisant.

    Les solutions pour compléter le calcul de l’IMC

    Le poids et la taille ne font pas tout, comme nous l’avons vu. Un IMC hors normes n’est donc pas systématiquement synonyme de problème. Connaître son taux de graisse corporelle aide à mieux interpréter le chiffre. Pour cela, il existe des balances à impédancemétrie, ou impédancemètres, qui estiment le pourcentage de masse grasse dans le corps.

    Ces balances complètent utilement le calcul régulier de l’IMC (tout en tenant compte de leurs propres marges d’erreur). Elles conviennent aux personnes qui souhaitent suivre l’évolution de leur composition corporelle ou de leur masse musculaire (chez les sportifs) à travers le pourcentage de masse grasse.

    La balance impédancemètre donne une indication sur la part de muscle, de graisse et d’eau. Cela aide à ajuster son alimentation et ses pratiques sportives. Ces balances ne conviennent pas aux femmes enceintes ni aux personnes porteuses d’un stimulateur cardiaque.

    Balance impédancemètre et composition corporelle

    Le fonctionnement de la balance impédancemètre

    Ce type de pèse-personne envoie de faibles courants électriques dans le corps. La masse graisseuse oppose une résistance plus importante au courant que les autres tissus de l’organisme. C’est ainsi que la balance estime la quantité de masse grasse. Elle en évalue le pourcentage global en fonction du poids de l’utilisateur. Le taux de graisse idéal n’est jamais nul ; il se situe dans une fourchette qui varie selon l’âge et le sexe de la personne. Pour les hommes, le taux de masse grasse de référence se situe en moyenne entre 10 et 25 % du poids de corps ; pour la femme, il oscille en moyenne entre 20 et 35 % du poids corporel (il s’agit d’ordres de grandeur).

    Compléter l’IMC par d’autres indicateurs

    Comme nous l’avons vu, un IMC hors normes ne traduit pas nécessairement un problème de poids (en particulier chez les sportifs ou les enfants). Cet indicateur se prend et s’interprète avec prudence — et gagne à être croisé avec d’autres mesures, comme le tour de taille, qui renseigne sur la répartition de la graisse abdominale (3). Le BAI (« Body Adiposity Index ») est un autre exemple : il vise à préciser l’IMC, mais il reste récent et n’est pas encore validé par l’Organisation mondiale de la Santé. Ses résultats sont donc, eux aussi, à interpréter avec recul.

    Le suivi médical reste indispensable pour chacun

    Que l’on soit sportif, sédentaire, âgé ou jeune, en surpoids ou en situation de poids « normal », un suivi médical régulier reste précieux. Il permet de suivre l’évolution de son poids de forme et de son état de santé dans la durée, et de bénéficier de conseils hygiéno-diététiques de qualité et personnalisés, adaptés à son mode de vie et à ses habitudes propres.

    Repères d’hygiène de vie autour du poids

    Au-delà du chiffre de l’IMC, les habitudes du quotidien comptent. Voici quelques repères généraux, sans valeur de prescription, qui s’inscrivent dans un mode de vie équilibré.

    Levier Repère pratique Intérêt
    Alimentation variée et équilibrée Privilégier les aliments bruts et peu transformés Densité nutritionnelle
    Apport protéique suffisant Réparti sur les repas Contribue au maintien de la masse musculaire
    Activité physique régulière ≈ 150 min par semaine + renforcement musculaire Recommandation OMS
    Sommeil 7 à 9 h par nuit Équilibre général
    Hydratation 1,5 à 2 L par jour Repère usuel

    Pour aller plus loin — consultez aussi nos pages jeûne intermittent et aliments à limiter pour mincir.

    Bon à savoir — Cette page a une vocation informative et ne se substitue pas à un avis médical. L’IMC est un indicateur de dépistage, pas un diagnostic. En cas de question sur votre poids, de pathologie chronique ou de traitement en cours, parlez-en à un professionnel de santé. Un complément alimentaire ne remplace ni une alimentation variée et équilibrée ni un mode de vie sain.

    Questions fréquentes

    Comment calculer son IMC ?

    On divise le poids (en kilogrammes) par le carré de la taille (en mètres) : IMC = poids ÷ taille². Par exemple, 68 kg pour 1,70 m donne 68 ÷ (1,70 × 1,70) ≈ 23,5. La formule est identique pour les femmes et les hommes adultes.

    Quel est un IMC « normal » selon l’OMS ?

    Chez l’adulte, l’OMS situe la corpulence normale entre 18,5 et 24,9 kg/m². En dessous de 18,5, on parle de maigreur ; entre 25 et 29,9, de surpoids ; à partir de 30, d’obésité. Ces seuils sont des repères statistiques, à interpréter selon le contexte de chacun.

    L’IMC est-il fiable pour tout le monde ?

    Non. L’IMC ne distingue pas la masse grasse de la masse musculaire et ne tient pas compte de la répartition de la graisse. Il est peu pertinent chez les sportifs très musclés, les enfants en croissance, les femmes enceintes et les personnes âgées. Il s’interprète toujours avec d’autres indicateurs.

    Quelles mesures complètent l’IMC ?

    Le tour de taille (répartition de la graisse abdominale) et la mesure de la composition corporelle par impédancemétrie sont les compléments les plus courants. Un bilan auprès d’un professionnel de santé reste la référence pour une évaluation globale.

    L’IMC remplace-t-il un avis médical ?

    Non. L’IMC est un outil de repérage simple, pas un diagnostic. Seul un professionnel de santé peut évaluer votre état de santé global et vous accompagner dans une démarche de gestion du poids.

    Références

    Sources :
    1. Bel-Serrat S. et al. Early Life Factors and Inter-Country Heterogeneity in BMI Growth Trajectories of European Children: The IDEFICS Study. PLoS ONE 2016;11(2):e0149268. doi:10.1371/journal.pone.0149268
    2. OMS — Obésité et surpoids (définition de l’IMC et seuils, fiche d’information)
    3. Assurance Maladie (ameli.fr) — Calcul de l’IMC, tour de taille et bilan médical