Bêta-alanine : action, dosage et bénéfices pour repousser la fatigue musculaire

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    La bêta-alanine est un acide aminé non essentiel devenu fréquent en nutrition sportive. Son intérêt ne vient pas d'une action directe sur la performance. Elle agit en amont, comme précurseur de la carnosine musculaire, un dipeptide qui participe à la capacité tampon du muscle pendant les efforts intenses et répétés (1). Le bénéfice est surtout attendu sur les efforts soutenus d'environ une à quatre minutes ; certains protocoles suggèrent un intérêt possible sur des fenêtres plus larges, avec un niveau de preuve plus variable.

    complément de bêta-alanine à côté d'un shaker sportif, pour illustrer la supplémentation et la fatigue musculaire
    À retenir : la bêta-alanine elle-même n'a pas d'action directe sur la performance. Elle agit par accumulation progressive de carnosine dans le muscle sur plusieurs semaines. Le moment de prise n'a pas d'importance, c'est l'observance quotidienne sur huit à douze semaines qui compte.

    Qu'est-ce que la bêta-alanine ?

    La bêta-alanine est un acide aminé un peu particulier. Son groupement amine se trouve sur le carbone bêta et non sur le carbone alpha. Conséquence directe : elle n'entre pas dans la fabrication des protéines tissulaires. Elle sert plutôt de brique de base à la carnosine, un dipeptide stocké dans les muscles squelettiques, formé par l'association de la bêta-alanine et de la L-histidine.

    Pour mieux situer cette molécule dans la grande famille des acides aminés, il faut retenir un point clé : la bêta-alanine est le facteur limitant. C'est elle, et non l'histidine, qui détermine la vitesse de synthèse de la carnosine musculaire. D'où l'intérêt d'en augmenter les apports quand on cherche à élever le pool de carnosine.

    Côté alimentation, on la trouve dans la viande, la volaille et le poisson. L'organisme en produit aussi un peu, via la dégradation hépatique de l'uracile. Un régime omnivore classique apporte environ 0,5 à 1 g par jour, très en dessous des doses utilisées dans les études sportives, qui visent une saturation du muscle.

    Dernier point qui surprend souvent : prendre directement de la carnosine par voie orale ne sert à rien. Elle est hydrolysée dans le tube digestif avant d'atteindre le muscle. La bêta-alanine, elle, passe la barrière intestinale, circule, et alimente la synthèse de carnosine dans la cellule musculaire. C'est pour cette raison que la supplémentation cible le précurseur, pas le produit fini.

    À retenir. La bêta-alanine n'a pas d'effet direct sur la performance. C'est la carnosine qu'elle permet de fabriquer qui agit sur la fatigue. Le mécanisme est indirect, par accumulation progressive du stock musculaire.

    Comment agit-elle sur la fatigue musculaire ?

    Athlète en effort intense, illustration de la fatigue musculaire liée aux efforts glycolytiques

    Pendant un effort intense, la glycolyse s'emballe. Les muscles consomment beaucoup de glucose, et la chaîne biochimique libère des ions H+ qui font chuter le pH intramusculaire. Le pH passe d'environ 7,1 au repos à 6,4 voire 6,2 au pic d'effort glycolytique. À ces valeurs, plusieurs enzymes clés de la production d'énergie sont inhibées, et la contraction perd en force. C'est la sensation de brûlure des dernières répétitions ou de la fin d'un sprint prolongé.

    Une précision importante. Le lactate n'est pas en lui-même responsable de la baisse de performance. Le facteur limitant, c'est l'accumulation d'ions H+ et la baisse du pH qui l'accompagne. Dire « acidose lactique » est un raccourci dépassé. Parler de baisse du pH intramusculaire est plus juste sur le plan physiologique.

    La carnosine joue le rôle de tampon intramusculaire. Elle capte une partie des ions H+ et freine la chute de pH. Plus la concentration musculaire en carnosine est élevée, plus cette capacité tampon est importante. La carnosine contribue de manière mesurable au pouvoir tampon du muscle squelettique humain, mais sa part exacte reste discutée selon les méthodes d'estimation, les muscles étudiés et les populations.

    La supplémentation en bêta-alanine agit à trois niveaux.

    • Stock musculaire. Quatre à six semaines de prise quotidienne élèvent la carnosine musculaire ; l'ISSN évoque environ +40 à +60 % à 4 semaines, et jusqu'à +80 % autour de 10 semaines selon les protocoles (1).
    • Pouvoir tampon. Retard de l'acidification intramusculaire pendant les efforts à forte composante glycolytique.
    • Intensité tenue plus longtemps. Maintien d'une intensité élevée sur les efforts d'une à quatre minutes, avec un effet plus net chez les pratiquants entraînés que chez les sédentaires.

    À côté du tampon, la carnosine remplit d'autres rôles intéressants pour le sportif : action antioxydante directe sur les radicaux libres générés à l'exercice, chélation de métaux pro-oxydants, modulation de la sensibilité calcique des protéines contractiles. Ces effets sont moins centraux que le pouvoir tampon, mais ils complètent le profil de la molécule.

    Pour quels efforts est-elle utile ?

    nageur en effort intense d'une à quatre minutes

    Toutes les disciplines ne tirent pas le même bénéfice. La fenêtre d'efficacité de la bêta-alanine se situe dans les efforts qui sollicitent fortement le métabolisme glycolytique, là où l'accumulation d'ions H+ devient un vrai facteur limitant. Hors de cette zone, le bénéfice attendu est faible ou nul.

    Sports d'endurance à haute intensité. Course 800 m, 1500 m, 3000 m. Aviron 2000 m. Natation 200 à 800 m. Cyclisme sur piste. C'est sur ce type d'efforts que l'effet est le mieux documenté. Pour aller plus loin sur les leviers d'entraînement, voir le dossier sur améliorer ses performances sportives sur la durée.

    Sports collectifs. Football, rugby, handball, basket. Les phases répétées de sprints courts à récupération incomplète peuvent tirer profit du pool de carnosine, avec des résultats qui restent variables selon les protocoles et les niveaux de pratique.

    Musculation en séries longues. Programmes orientés hypertrophie avec séries de 15 à 30 répétitions, drop-sets, supersets enchaînés. Les efforts deviennent assez longs pour faire chuter le pH localement, ce qui rejoint la fenêtre d'action de la bêta-alanine.

    HIIT et CrossFit. Séances en intervalles courts à haute intensité, WOD type Tabata, MetCons. L'intérêt est possible quand les intervalles génèrent une forte acidification musculaire ; il reste plus limité sur les formats très courts ou peu acidifiants.

    Sports de combat. Boxe, MMA, judo, lutte. Rounds de deux à cinq minutes à intensité élevée avec récupération incomplète. Quelques études spécifiques évoquent un intérêt sur le maintien des actions techniques en fin de combat, mais les résultats dépendent fortement du protocole et du niveau des pratiquants.

    À l'inverse, un coureur de marathon, un cycliste sur 100 km ou un haltérophile centré sur les charges maximales ne tireront pas grand-chose d'une cure de bêta-alanine. Trop court d'un côté, trop long de l'autre : on est hors de la fenêtre où le pouvoir tampon devient déterminant.

    Quels bénéfices attendre, et dans quelles limites ?

    Séance de musculation en séries longues où la bêta-alanine peut aider à retarder la fatigue

    Les synthèses scientifiques suggèrent un effet moyen modeste de la bêta-alanine, surtout lorsque l'effort sollicite fortement le pouvoir tampon musculaire. L'amplitude moyenne tourne autour de 2 à 3 % d'amélioration de performance, ce qui peut compter pour un athlète confirmé mais reste discret chez le pratiquant occasionnel (4).

    Un point réglementaire à connaître : à ce jour, l'EFSA n'a pas considéré la relation de cause à effet comme établie pour une allégation de santé visant l'augmentation de performance liée à la bêta-alanine. Les études existent, l'effet biologique est plausible, mais le niveau de preuve n'a pas atteint le seuil européen pour une allégation officielle.

    Type d'effort Effet attendu Niveau de preuve
    Efforts 1 à 4 min (course 800-1500 m, aviron, natation) +2 à +4 % Élevé
    HIIT et Tabata Endurance accrue si forte acidification Modéré
    Musculation séries longues (15 à 30 reps) Quelques répétitions supplémentaires Modéré
    Sprints répétés (sports collectifs) Maintien de la qualité d'effort, résultats variables Modéré
    Force maximale (1 à 5 reps) Pas d'effet attendu Faible
    Endurance > 25 min Pas d'effet documenté de manière fiable Faible

    La bêta-alanine n'apporte donc pas grand-chose aux efforts très courts ni aux efforts très longs. Sa fenêtre se concentre sur la zone glycolytique, là où la baisse du pH intramusculaire devient le facteur limitant (5).

    Bon réflexe : avant de commencer une cure, se poser une question simple : est-ce que mes séances comportent des efforts d'une à quatre minutes répétés, ou des sprints courts enchaînés ? Si la réponse est non, l'investissement n'a pas grand sens.

    Études cliniques marquantes

    Quelques travaux structurent l'essentiel de ce qu'on sait aujourd'hui sur la bêta-alanine. Voici ceux qu'il faut connaître.

    Harris et al. (2006), Amino Acids. Étude historique. Premier travail à démontrer qu'une supplémentation orale en bêta-alanine élevait nettement la carnosine musculaire mesurée par biopsie, et à poser les bases du protocole de saturation (2).

    Hill et al. (2007), Amino Acids. 25 sujets supplémentés à 4 à 6,4 g par jour sur dix semaines. La carnosine musculaire grimpe d'environ +58 % à 4 semaines et +80 % à 10 semaines, contre aucun changement dans le groupe placebo. La capacité totale de travail à 110 % de VO2max progresse en parallèle (3).

    Hobson et al. (2012), méta-analyse Amino Acids. Analyse de 40 études. Effet médian de +2,85 % sur les efforts de 60 à 240 secondes, statistiquement significatif. Aucun effet retrouvé sur les efforts de moins de 60 secondes ou plus longs que 240 secondes. C'est cette méta qui fixe la fenêtre d'efficacité « cœur de preuve » (4).

    Saunders et al. (2017), méta-analyse British Journal of Sports Medicine. Revue de 65 études. Effet de petite à modeste taille (g = 0,18), maximal sur les efforts de 30 secondes à 10 minutes. L'effet apparaît plus marqué chez les pratiquants entraînés que chez les sédentaires, ce qui suggère un seuil minimal d'entraînement pour exprimer le bénéfice (5).

    Histoire et émergence de la recherche

    Petit détour historique pour situer la molécule. La carnosine a été identifiée pour la première fois en 1900 par Vladimir Gulevich, biochimiste russe, dans des extraits de viande de bœuf. Son rôle dans le pouvoir tampon musculaire a été pressenti dès les années 1930. Mais c'est dans les années 2000, avec les travaux de Roger Harris à l'Université de Chichester, qu'on démontre clairement qu'une supplémentation orale en bêta-alanine permet d'élever la carnosine musculaire mesurée par biopsie.

    Depuis les années 2000, plusieurs dizaines d'études humaines et de synthèses ont exploré ses effets sur la performance. La bêta-alanine fait aujourd'hui partie des compléments ergogènes les plus étudiés en nutrition sportive, derrière la créatine et la caféine. L'International Society of Sports Nutrition (ISSN) a publié dès 2015 une position officielle encadrant son intérêt et ses limites.

    Dosage : charge, entretien, fractionnement

    supplémentation sportive avec dose fractionnée de bêta-alanine

    La bêta-alanine n'a pas d'effet aigu. Elle agit par accumulation progressive de carnosine sur plusieurs semaines. Le protocole suit donc une logique de saturation, pas une logique de « prise avant la séance ».

    Phase de chargement. Le consensus ISSN tourne autour de 4 à 6 g par jour pendant au moins deux à quatre semaines, fractionnés en plusieurs prises de 0,8 à 1,6 g pour limiter les picotements cutanés. Une fourchette élargie de 3,2 à 6,4 g par jour reste pertinente selon le poids corporel et la tolérance individuelle. La durée minimale utile est de quatre semaines. La durée optimale se situe plutôt entre huit et douze semaines, le temps de bien saturer le pool musculaire.

    Phase d'entretien. 1,2 à 3,2 g par jour suffisent à maintenir la carnosine élevée une fois la saturation atteinte. Cette phase peut se poursuivre tant que la pratique sportive intense continue.

    Moment de prise. Peu important. La bêta-alanine ne se prend pas « avant la séance ». Mieux vaut l'avaler à des moments fixes pour ne pas oublier. Prendre la dose pendant ou juste après un repas réduit les picotements ressentis.

    Forme galénique. La bêta-alanine en poudre standard est efficace. Les versions à libération prolongée (CarnoSyn SR par exemple) répartissent l'absorption sur quelques heures et limitent fortement les picotements, ce qui peut être intéressant pour qui supporte mal les bolus.

    Dose cumulée sur la phase de charge. Plusieurs études utilisent des doses cumulées proches de 180 g sur la phase de charge (soit environ 6,4 g/j pendant 4 semaines, ou 3,2 g/j pendant 8 semaines). C'est un repère observé dans la littérature, pas un seuil universel de saturation maximale. L'ISSN précise d'ailleurs que la dose d'entretien optimale n'est pas définitivement établie.

    Phase Dose journalière Fractionnement Durée
    Chargement 3,2 à 6,4 g 2 à 4 prises de 0,8 à 1,6 g 4 à 12 semaines
    Entretien 1,2 à 3,2 g 1 à 2 prises Tant que la pratique intense continue
    À retenir. À l'arrêt, la carnosine musculaire décline progressivement et retrouve les valeurs initiales en six à quinze semaines. Pour conserver le bénéfice, la phase d'entretien doit être maintenue.

    Planifier une cure dans la saison

    Trois cadres de planification fonctionnent bien selon l'objectif et le calendrier de compétition.

    Préparation à un objectif précis. Championnat, compétition cible. Démarrer la phase de chargement 10 à 12 semaines avant le pic de forme visé, à 6 g/jour environ. La saturation sera obtenue au moment où la programmation s'intensifie sur les séances à forte composante glycolytique. Passer ensuite à 3 g/jour de la fin du chargement jusqu'à la compétition.

    Saison complète à intensités répétées. Sports collectifs, CrossFit, tennis. Démarrer en présaison par 6 à 8 semaines de chargement, puis maintenir 3 g/jour en entretien sur la saison. La pause estivale (4 à 8 semaines sans compétition) peut être l'occasion d'arrêter, le bénéfice n'étant pas utile sur cette période de récupération.

    Pratique loisir régulière avec séances exigeantes. Une cure continue de 12 semaines à 3 g/jour, à renouveler une ou deux fois par an, entretient un pool de carnosine intéressant sans complexifier la routine.

    Dans tous les cas, l'efficacité repose sur l'observance. Oublier une prise sur deux divise mécaniquement par deux la dose journalière effective et retarde la saturation d'autant. Mieux vaut une routine simple bien tenue qu'un protocole sophistiqué mal suivi.

    Effets secondaires, paresthésie et précautions

    Lecture d'une étiquette de complément sportif avant une prise de bêta-alanine

    La bêta-alanine compte parmi les compléments les mieux tolérés. Un effet secondaire spécifique mérite cependant d'être connu : la paresthésie.

    Paresthésie cutanée. Sensation de picotements ou de fourmillements, surtout sur le visage, le cou et les mains. Elle apparaît environ 10 à 20 minutes après la prise et dure 30 à 90 minutes. À ce jour, aucun signal ne suggère que cette paresthésie soit dangereuse aux doses recommandées. Elle reste toutefois inconfortable pour certains. Le mécanisme implique l'activation transitoire de récepteurs nerveux sensitifs (MrgprD). Pour la limiter, fractionner les doses (0,8 à 1,6 g par prise plutôt que 3 g d'un coup), prendre avec un repas, ou opter pour une forme à libération prolongée qui étale l'absorption (6).

    Le rôle du magnésium dans la contraction musculaire reste, de son côté, un sujet à part : il intervient sur d'autres maillons de la fatigue (crampes, transmission neuromusculaire) et ne remplace pas la bêta-alanine. Les deux logiques sont complémentaires plutôt que concurrentes.

    Quelques situations imposent prudence ou avis médical avant de commencer une cure.

    • Grossesse et allaitement. Données insuffisantes, supplémentation déconseillée.
    • Enfants et adolescents. Indication non validée, à éviter en automédication.
    • Insuffisance rénale. Éviter ou demander un avis néphrologique avant toute prise.
    • Pathologie cardiaque sévère. Avis médical préalable recommandé.
    • Traitement antiépileptique ou neuropsychiatrique. Prudence en l'absence de données d'interaction spécifiques.
    Important : comme pour tout complément, la qualité du produit conditionne la sécurité. Privilégier des marques traçables, certifiées (Informed Sport, NSF Certified for Sport) et présentant un bulletin d'analyse accessible.

    Associations utiles : créatine, bicarbonate, caféine

    La bêta-alanine se combine logiquement avec d'autres actifs selon l'objectif d'entraînement. Voici les associations les mieux documentées.

    Avec la créatine. La combinaison la plus étudiée. Les deux actifs ciblent des systèmes énergétiques différents : la créatine alimente le système phosphocréatine (efforts très courts et explosifs), la bêta-alanine soutient le tampon glycolytique (efforts d'une à quatre minutes). Pour un cadre complet sur la supplémentation en force, voir notre dossier qui explique comment associer créatine monohydrate et entraînement.

    Avec le bicarbonate de sodium. Tampon extracellulaire complémentaire au tampon intracellulaire qu'offre la carnosine. La combinaison fonctionne bien sur les efforts d'une à huit minutes, mais l'apport en bicarbonate impose des précautions digestives (gêne intestinale fréquente aux doses utiles).

    Avec la caféine. Effet additif sur les performances en efforts intenses. C'est la base de la plupart des pre-workouts commerciaux. Pour mieux articuler le timing de prise des stimulants et des actifs de fond, voir les conseils sur le bon moment pour prendre sa créatine.

    Avec la citrulline malate. Association fréquente dans les pre-workouts du marché. La preuve d'une synergie directe avec la bêta-alanine reste moins solide que pour la créatine ou le bicarbonate. À considérer comme un complément possible, pas comme un duo de référence validé.

    Mythes et erreurs fréquentes

    Plusieurs croyances circulent dans les salles et sur les forums. Quelques recadrages utiles.

    « Les picotements signifient que ça marche. » Faux. Les picotements ne sont qu'un effet secondaire transitoire, indépendant de l'efficacité. Une forme à libération prolongée qui ne picote pas est tout aussi efficace, voire plus pratique au quotidien.

    « Il faut la prendre avant l'entraînement. » Inutile. L'effet ne dépend pas d'une prise pré-séance comme pour la caféine, mais de l'accumulation chronique de carnosine sur plusieurs semaines. Le moment de prise n'a pas d'incidence pratique sur le rendement.

    « Plus on en prend, mieux c'est. » Le rendement est plafonné. Au-delà de 6,4 g par jour, l'élévation supplémentaire de carnosine reste minime, alors que les picotements deviennent franchement inconfortables. Augmenter la dose ne fait pas mieux, ça fait juste plus de désagrément pour rien.

    « Les végétariens en ont besoin de plus. » Partiellement vrai. Les végétariens présentent effectivement des concentrations musculaires de carnosine plus basses (les apports en bêta-alanine via la viande et le poisson étant nuls). La supplémentation peut donc être proportionnellement plus utile chez eux. Mais la dose journalière reste la même.

    Bien choisir son produit

    Trois critères distinguent un bon produit d'une référence quelconque.

    • Dose réelle par portion. Viser au moins 1,6 g par scoop pour la bêta-alanine isolée, 3 g par dose journalière minimum.
    • Forme. CarnoSyn (forme brevetée) ou bêta-alanine pure de qualité pharmaceutique. Éviter les mélanges où la dose réelle est masquée derrière un « blend ».
    • Pureté. Analyses indépendantes attestant l'absence de contaminants, de métaux lourds et de substances dopantes accidentelles.

    Plutôt que de raisonner en prix par pot, comparer le prix au gramme de bêta-alanine réellement dosée. Méfiance vis-à-vis des produits anormalement bon marché : ils peuvent contenir des doses sous-thérapeutiques ou des matières premières de qualité inférieure. Pour un panorama plus large des compléments utiles à la musculation, voir notre dossier dédié.

    FAQ : Bêta-alanine

    La bêta-alanine est-elle nécessaire pour progresser en musculation ?

    Non. La progression repose d'abord sur l'entraînement, le sommeil et l'alimentation. La bêta-alanine offre un gain marginal (2 à 3 %) intéressant surtout pour les pratiquants confirmés ou les séances qui empilent les efforts longs en zone glycolytique.

    Combien de temps avant de ressentir un effet ?

    L'effet n'est pas immédiat. Compter trois à quatre semaines de prise quotidienne pour percevoir une amélioration sur les efforts ciblés (sprints répétés, séries longues). Le bénéfice maximal se situe entre huit et douze semaines.

    Peut-on prendre la bêta-alanine en cure courte ?

    L'intérêt est très limité. Contrairement à la caféine ou aux pré-workouts, le mécanisme repose sur l'accumulation progressive de carnosine. Une cure de moins de trois à quatre semaines n'a pas le temps d'agir, même si des protocoles récents à forte dose courte restent discutés.

    Les picotements sont-ils dangereux ?

    À ce jour, aucun signal ne suggère que la paresthésie transitoire soit dangereuse aux doses recommandées. Elle reste inconfortable. Pour la réduire : diminuer la dose par prise, prendre pendant un repas, ou utiliser une forme à libération prolongée.

    Faut-il faire un cycle ou prendre en continu ?

    La prise continue sur la durée de la saison sportive est préférable. La saturation se perd en quelques semaines à l'arrêt. Un cycle de pause de quelques mois reste possible mais sans bénéfice particulier documenté.

    La bêta-alanine est-elle compatible avec un test antidopage ?

    La bêta-alanine ne figure pas sur la liste 2026 des substances interdites de l'Agence mondiale antidopage. Vérifier la liste à jour avant chaque saison reste plus sûr qu'une garantie absolue. Privilégier des produits certifiés Informed Sport ou NSF Certified for Sport pour limiter le risque de contamination accidentelle.

    Peut-on prendre de la bêta-alanine avec des BCAA ou des protéines ?

    Oui, aucune interaction problématique n'est connue aux doses usuelles. Les mécanismes sont différents : la bêta-alanine vise surtout le pouvoir tampon via la carnosine, tandis que les protéines complètes ou les EAA (acides aminés essentiels) apportent l'éventail d'acides aminés nécessaire à la synthèse protéique musculaire. Les BCAA seuls, eux, n'apportent qu'une fraction de cet éventail et ne remplacent pas des protéines complètes.

    Y a-t-il un intérêt pour le grand public non sportif ?

    L'intérêt est faible. Quelques travaux récents explorent des pistes liées au vieillissement musculaire et à la fonction cognitive chez la personne âgée, mais les données restent préliminaires. Pour un adulte non sportif, l'investissement n'est pas justifié au regard des preuves actuelles.

    Conclusion

    La bêta-alanine n'est ni un produit miracle ni un gadget. Son utilité dépend du type d'effort pratiqué. Pour qui aligne des séances comportant des efforts d'une à quatre minutes répétés, des séries longues à la salle ou des sprints enchaînés, la cure mérite d'être testée sur trois mois, à dose progressive et bien fractionnée. Pour les efforts très courts ou les sorties longues d'endurance, l'investissement n'a pas grand sens. Le critère décisif reste le contenu réel des séances, pas le niveau ou la discipline étiquetée.

     

    Références scientifiques

    1. Trexler ET, Smith-Ryan AE, Stout JR, Hoffman JR, Wilborn CD, Sale C, et al. International society of sports nutrition position stand: Beta-Alanine. Journal of the International Society of Sports Nutrition. 2015;12:30. jissn.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12970-015-0090-y.
    2. Harris RC, Tallon MJ, Dunnett M, Boobis L, Coakley J, Kim HJ, et al. The absorption of orally supplied β-alanine and its effect on muscle carnosine synthesis in human vastus lateralis. Amino Acids. 2006;30(3):279-289. PMID 16554972. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16554972.
    3. Hill CA, Harris RC, Kim HJ, Harris BD, Sale C, Boobis LH, et al. Influence of β-alanine supplementation on skeletal muscle carnosine concentrations and high intensity cycling capacity. Amino Acids. 2007;32(2):225-233. PMID 16868650. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16868650.
    4. Hobson RM, Saunders B, Ball G, Harris RC, Sale C. Effects of β-alanine supplementation on exercise performance: a meta-analysis. Amino Acids. 2012;43(1):25-37. PMID 22270875. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22270875.
    5. Saunders B, Elliott-Sale K, Artioli GG, Swinton PA, Dolan E, Roschel H, et al. β-alanine supplementation to improve exercise capacity and performance: a systematic review and meta-analysis. British Journal of Sports Medicine. 2017;51(8):658-669. PMID 27797728. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27797728.
    6. Décombaz J, Beaumont M, Vuichoud J, Bouisset F, Stellingwerff T. Effect of slow-release β-alanine tablets on absorption kinetics and paresthesia. Amino Acids. 2012;43(1):67-76. PMID 22139410. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22139410.