Stévia : vérités et mensonges sur un édulcorant naturel

    Souvent présenté comme une alternative saine et naturelle au sucre raffiné, le stévia (et non "la" stévia) défraie la chronique et est souvent décrié. Pourtant, cette plante possède bien d’autres intérêts que son pouvoir sucrant. Il est temps de rétablir la vérité à son sujet.

    Qu’est-ce que le stévia ?

    Le Stévia est un genre de plante qui appartient à la famille botanique des Asteraceae, qui compte environ deux cent quarante herbes aromatiques et arbrisseaux. Parmi eux se trouvent plusieurs édulcorants naturels tels que Stevia rebaudiana et Stevia eupatoria que l’on connaît plus sous le nom de stévias. Ces plantes sont originaires du continent sud-américain et poussent dans les massifs montagneux et les prairies qui profitent d’un climat semi-aride. La faible teneur en glucides des stévias en fait des substituts idéaux au saccharose et donc, au sucre.

    Petite histoire de la plante

    Depuis bien longtemps, le stévia est utilisé par les tribus indigènes Guarani du Paraguay. Cela fait donc des siècles qu’elle sert d’alternative au sucre en raison de son profil nutritionnel spécifique et sûr. Ces tribus l’utilisent dans les préparations culinaires, les boissons et leurs pratiques traditionnelles. Mais ils l’utilisent aussi pour accompagner les infections cutanées (plaies infectées), les affections inflammatoires, l’obésité et la dépression. Au Brésil, on l’utilise pour accompagner le stress, le diabète et l’hypertension artérielle. La « plante au miel », comme elle est appelée en Amérique du Sud, est aujourd’hui cultivée au Brésil, au Paraguay, en Thaïlande et en Chine. La Chine étant devenue le premier exportateur mondial de produits contenant du stévia.

    La composition du stévia

    Que contient cette plante au juste ? On y trouve des nutriments, comme des vitamines (A et C) ainsi que des minéraux et oligo-éléments essentiels. Parmi eux se trouvent le potassium, le magnésium, le fer, le calcium, le phosphore et le zinc. Le stévia contient également des protéines et des fibres alimentaires. Mais ce n’est pas tout ! En effet, comme beaucoup d’autres végétaux, le stévia est riche en flavonoïdes, en triterpènes et en tanins, des composés naturellement antioxydants.

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    Vérités et mensonges sur le stévia

    Sur quoi se base la controverse au sujet du stévia et de ses usages ? Voici quelques points clés à connaître pour restaurer la vérité au sujet de cette plante pour le moins singulière.

    Une plante potentiellement toxique ?

    Si le stévia est souvent décrié, c’est parce qu’elle est souvent présentée comme une plante toxique. Et pourquoi remplacer le sucre par un produit toxique ? Pourtant, une équipe de chercheurs japonais estime être parvenue à démontrer l’innocuité de la plante et des extraits standardisés en stéviosides. Suite à la publication de cette étude, plusieurs pays d’Asie et d’Amérique latine ont autorisé son utilisation en tant qu’additif alimentaire. Cela fait donc plus de trente ans que le stévia sert d’additif alimentaire dans ces régions, alors que d’autres pays ne l’ont pas encore autorisé.

    Cette prudence est justifiée par l’idée que les stéviosides pourraient avoir un effet néfaste sur la reproduction humaine. En effet, à fortes doses, le stévia est utilisé comme plante abortive selon une source ethnobotanique paraguayenne.

    Une plante cancérigène ? Pas selon l’OMS

    D’autre part, les autorités de santé se sont interrogées sur un possible effet cancérigène de la plante. Après analyse des données à sa disposition, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a conclu que les stéviosides n’étaient pas cancérigènes et qu’ils n’ont pas d’effets négatifs sur la reproduction. Par conséquent, il faut respecter les doses usuelles pour ne prendre aucun risque avec la plante reconnue sécuritaire par l’OMS. Dans le monde, cette dose sécuritaire a été fixée à 700 mg par jour pour un adulte pesant 70 kilogrammes. En cas de consommation de feuilles de stévia en poudre, la dose maximale à ingérer est de 50 mg/kg, ce qui représente 3 500 mg pour un adulte de 70 kilogrammes.

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    Les effets et bienfaits du stévia sur la santé

    On considère que le stévia est compatible avec le régime hypoglycémique ainsi que le régime alimentaire des personnes diabétiques. D’ailleurs, il est courant de l’utiliser pour remplacer le sucre lorsqu’on doit surveiller son alimentation de très près. Mais qu’en est-il vraiment de ses bienfaits sur la santé ?

    Stévia et glucose sanguin : quels liens ?

    Si le stévia est aussi populaire, c’est avant tout pour son pouvoir sucrant. Les extraits de la feuille de la plante ont un pouvoir sucrant nettement supérieur à celui du sucre blanc classique (sucre raffiné), sans apporter les glucides du sucre. Les scientifiques ont manipulé génétiquement la plante de façon à réduire son arrière-goût de réglisse et son amertume ([1]). Naturellement, les pouvoirs sucrants de cette plante l’ont conduite sur le banc d’essai des chercheurs, qui ont cherché à connaître son impact sur le taux de glucose sanguin (autrement dit, la glycémie).

    Selon les recherches réalisées à ce chapitre, l’extrait de stévia pourrait influer sur la tolérance au glucose. Les données suggèrent aussi une glycémie plus basse après un repas chez certaines personnes, y compris chez des personnes présentant un diabète de type 2. Il s’agit de résultats préliminaires, qui méritent une confirmation supplémentaire par des études de plus grande ampleur.

    Ces premiers résultats semblent faire écho à l’usage traditionnel de la plante, notamment en lien avec le diabète en Amérique latine. Seulement, les études réalisées à ce jour restent limitées et ne permettent pas de tirer de conclusion ferme, en particulier chez les personnes en bonne santé.

    Les effets de la plante sur l’hypertension artérielle

    Certaines recherches se sont intéressées au lien entre les extraits de stévia et la pression artérielle. Les données disponibles, portant surtout sur des personnes présentant une tension légère à modérément élevée, restent préliminaires et parfois contradictoires : dans plusieurs études, l’absence d’un véritable groupe placebo invite à interpréter les conclusions avec prudence. Ces travaux ont surtout permis d’observer une bonne tolérance de la plante sur des périodes prolongées. Les données ne suggèrent pas d’effet notable chez les personnes dont la pression artérielle est déjà normale.

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    Une plante antioxydante par nature

    Les feuilles de stévia présentent une composition qui inclut des composés naturellement antioxydants, notamment des flavonoïdes polyphénoliques (quercétine et kaempférol) ainsi que des tanins et des triterpènes. Ces composés font l’objet de travaux de recherche, encore préliminaires, portant sur leur comportement vis-à-vis des radicaux libres ([2]). À ce jour, ces données ne permettent pas d’attribuer à la stévia un bénéfice de santé démontré chez l’humain.

    Les autres recherches sur la plante

    La stévia renferme aussi, en petites quantités, des vitamines (notamment A et C) et des minéraux. La vitamine C et la vitamine A comptent parmi les nutriments étudiés pour leur rôle dans l’organisme ([3])([4]). Ces éléments restent toutefois présents à l’état de traces dans les feuilles : la stévia ne constitue pas une source nutritionnelle significative de ces nutriments.

    Enfin, en tant qu’édulcorant, la stévia n’apporte pas ou très peu de calories, à la différence du sucre. Des travaux menés en laboratoire (in vitro) se sont par ailleurs intéressés à l’action de certains composés de la stévia sur des bactéries buccales (Streptococcus mutans), impliquées dans la formation des caries ; ces données, préliminaires, ne valent pas conclusion pour l’usage courant.

    Précautions, usages et consommation

    Voici quelques informations importantes à connaître pour utiliser correctement le stévia.

    Contre-indications et effets indésirables

    Les personnes qui souffrent d’hypotension, d’hypertension ou de diabète de type 2 doivent vérifier régulièrement leur pression artérielle ou leur taux de glucose sanguin si elles souhaitent utiliser cette plante. Cela leur permettra d’ajuster leur suivi si nécessaire, avec l’aval du médecin traitant ou spécialiste qui les suit. En outre, et par prudence, on recommande aux femmes enceintes (ou désirant l’être) et aux femmes allaitantes de ne pas consommer de grandes quantités de stévia. Si elles le souhaitent, elles peuvent se tourner vers d’autres alternatives au sucre blanc.

    choisir son stévia

    En ce qui concerne les effets indésirables liés à sa consommation, ils sont rares, mais il est important de les présenter. La plante peut provoquer des allergies chez les personnes allergiques aux plantes Asteraceae comme le pissenlit, la marguerite ou les chrysanthèmes. En revanche, on ne recense aucun cas à ce jour. D’autre part, et contrairement aux idées reçues, le stévia ne provoque pas de carie.

    Bien choisir ses extraits de stevia

    Comme pour tous les produits issus des plantes, on trouve l’excellence comme la médiocrité dans le commerce. Mais pour profiter des qualités de la plante, celle-ci doit être de qualité. C’est pourquoi il est préférable de se tourner vers les extraits de stévia biologiques. Ces plantes proviennent d’une agriculture durable et respectueuse de la planète ainsi que de la biodiversité dont nous faisons partie. En outre, sa provenance aussi est importante : il faut privilégier le stévia sud-américain qui a été cultivé dans les régions originelles de la plante.

    Sachez également que vous pourrez cultiver la plante de stévia sous nos latitudes. Ainsi, vous pourrez récolter et sécher les feuilles en fonction de vos besoins, et fabriquer votre propre édulcorant naturel. Il vous suffit de sécher les feuilles fraîches au soleil avant de les réduire en poudre et de les stocker dans un récipient hermétique. Attention à ne pas abuser des extraits de stévia dont le pouvoir sucrant est vingt à trente fois plus important que celui de la canne à sucre ! On estime qu’une cuillère à café de feuilles séchées non raffinées équivaut à une tasse entière de sucre raffiné.

    Stévia : les vérités à retenir

    La plante de stévia est un édulcorant naturel que l’on peut substituer au sucre blanc sans problème particulier et qui peut aider à se désintoxiquer du sucre. Aux doses usuelles, elle est considérée comme sécuritaire et présente un intérêt pour réduire les apports en sucre raffiné. Néanmoins, on préfère l’éviter chez les femmes enceintes et allaitantes en raison des allégations abortives que lui prêtent les populations d’Amérique latine. Elle trouve facilement sa place dans une alimentation pauvre en sucre raffiné. L’avantage du stévia : de très faibles quantités suffisent pour sucrer une boisson ou une préparation.

    Précautions — Cette page a une vocation informative et ne constitue pas un avis médical. Un édulcorant ne se substitue pas à une alimentation variée et équilibrée ; il ne soigne, ne prévient ni ne guérit aucune maladie. En cas de diabète, d’hypertension, de traitement en cours ou de grossesse, demandez conseil à un professionnel de santé avant tout changement significatif.

    Questions fréquentes

    Le stévia fait-il monter la glycémie ?

    Sous sa forme d’extrait purifié (glycosides de stéviol), le stévia n’apporte ni glucides ni calories : il ne relève donc pas la glycémie comme le fait le sucre. C’est pour cette raison qu’il est souvent utilisé comme alternative au sucre par les personnes qui surveillent leur alimentation. Les feuilles brutes ou les préparations mélangées à d’autres ingrédients peuvent en revanche contenir des glucides : mieux vaut vérifier la composition sur l’étiquette.

    Quelle quantité de stévia peut-on consommer par jour ?

    Les autorités sanitaires ont défini une dose journalière repère de l’ordre de 4 mg de glycosides de stéviol par kilogramme de poids corporel, soit environ 700 mg de stéviosides pour un adulte de 70 kg. En pratique, le pouvoir sucrant très élevé du stévia fait qu’on en utilise de faibles quantités. En cas de doute, l’avis d’un professionnel de santé reste pertinent.

    Le stévia est-il déconseillé pendant la grossesse ?

    Par prudence, il est recommandé aux femmes enceintes ou allaitantes de ne pas consommer de grandes quantités de stévia, notamment en raison d’usages traditionnels à fortes doses rapportés en Amérique latine. Un usage ponctuel et modéré comme édulcorant est généralement considéré comme acceptable, mais il est préférable d’en parler à son médecin ou à sa sage-femme.

    Le stévia a-t-il un arrière-goût ? Comment l’utiliser en cuisine ?

    Le stévia peut présenter un léger arrière-goût de réglisse, plus marqué avec la feuille brute qu’avec les extraits purifiés. Il se prête bien aux boissons, yaourts et desserts. Comme il ne caramélise pas et ne pèse pas comme le sucre, il ne remplace pas toujours le sucre gramme pour gramme en pâtisserie : on ajuste les quantités selon le pouvoir sucrant indiqué par le fabricant.

    Stévia, aspartame, sucre de coco : quelles différences ?

    Le stévia est un édulcorant d’origine végétale, sans calories et avec un pouvoir sucrant très élevé. L’aspartame est un édulcorant de synthèse, également peu calorique aux doses d’usage. Le sucre de coco, lui, reste un sucre : il apporte des glucides et des calories. Le choix dépend de l’objectif recherché (réduction du sucre, goût, usage culinaire) et des préférences de chacun.

    Références scientifiques