Vous possédez un compte ?
Connectez-vous pour payer plus vite.
Je reçois toutes les astuces bien-être, les nouveautés, actus, offres…et plus encore !

La « vitamine B17 » est une expression fréquemment rencontrée dans la littérature alternative et sur internet, souvent associée à des allégations spectaculaires. La réalité scientifique est plus nuancée : il ne s'agit pas d'une vitamine à proprement parler, mais d'un hétéroside cyanogène naturellement présent dans les amandes de certains fruits à noyau. Contrairement à ce que son nom suggère, cette molécule n'est pas reconnue comme essentielle à l'organisme par les autorités de santé et ne bénéficie d'aucune allégation de santé officielle. Son ingestion peut même être associée à des risques toxiques liés à la libération de cyanure. Ce dossier fait le point, de manière informative et neutre, sur ce qu'est réellement l'amygdaline, ce que disent les travaux scientifiques disponibles, et pourquoi les agences sanitaires européennes et nord-américaines se montrent prudentes.
La « vitamine B17 » désigne en réalité l'amygdaline (ou amygdaloside), un composé aromatique appartenant à la classe des hétérosides cyanogènes. Malgré son appellation, ce n'est pas une vitamine au sens biochimique du terme : elle n'est pas indispensable au métabolisme, son absence dans l'alimentation n'entraîne aucune carence, et elle n'est reconnue comme vitamine par aucune autorité scientifique (1). L'amygdaline a été isolée en France au tout début du XIXe siècle à partir des amandes amères. Sous l'action de l'eau et d'enzymes digestives, elle se décompose en trois éléments : cyanure d'hydrogène, benzaldéhyde et glucose. C'est cette libération de cyanure qui fonde à la fois son intérêt présumé et sa toxicité.
À côté de l'amygdaline circule un dérivé semi-synthétique, le laetrile, obtenu par modification chimique de la molécule d'origine. Le terme « vitamine B17 » a été proposé dans les années 1950 pour le laetrile, dans un contexte commercial et idéologique, mais n'a jamais été reconnu officiellement. Dans la littérature courante, « amygdaline », « laetrile » et « vitamine B17 » sont souvent employés comme synonymes, bien qu'il s'agisse de molécules proches mais distinctes. Pour situer cette substance par rapport aux autres vitamines réellement reconnues (A, B, C, D, E, K), il faut rappeler qu'une vitamine répond à des critères stricts d'essentialité.
L'amygdaline est présente surtout dans les amandes et les noyaux de certains fruits : amandes amères, noyaux d'abricot, de pêche, de cerise, de prune, de pomme, ainsi que dans le manioc non transformé. Les concentrations varient fortement selon l'espèce, la variété et le degré de maturation. Les amandes douces couramment consommées contiennent, elles, très peu d'amygdaline — l'essentiel du composé se trouvant dans la forme amère. Dans l'alimentation occidentale classique, l'exposition est généralement faible ; elle peut en revanche devenir significative en cas de consommation répétée de noyaux d'abricot « crus » vendus comme compléments alimentaires.
| Source végétale | Partie concernée | Teneur relative en amygdaline | Remarques |
|---|---|---|---|
| Amande amère | Graine | Très élevée | Non consommée crue en Europe |
| Noyau d'abricot | Amande contenue dans le noyau | Élevée | Exposition au cyanure en cas de consommation répétée |
| Noyau de pêche, cerise, prune | Amande du noyau | Moyenne à élevée | Ne jamais mâcher les noyaux |
| Pépin de pomme | Graine | Faible à modérée | Risque négligeable en usage alimentaire normal |
| Manioc | Racine brute non fermentée | Variable | Doit être traité avant consommation |

Plusieurs travaux précliniques ont exploré l'activité anti-inflammatoire de l'amygdaline. Des études sur cellules et sur modèles animaux rapportent une modulation de certains facteurs inflammatoires (cytokines TNF-α, IL-1β) et une réduction de l'œdème dans des modèles d'arthrite (2) (3). Ces observations, obtenues dans des conditions expérimentales contrôlées, n'ont pas été confirmées chez l'humain par des essais cliniques de grande ampleur, méthodologiquement robustes. Elles appartiennent à la recherche de base, dont le chemin jusqu'à l'application clinique est long et incertain.
D'autres publications s'intéressent à l'effet de l'amygdaline sur les mécanismes de l'athérosclérose. Une étude sur modèle animal a décrit une réduction de l'expression de certains récepteurs immunitaires impliqués dans le développement de la plaque athéromateuse (5). Là encore, il s'agit de travaux exploratoires, dont la portée clinique reste à démontrer. Ces pistes ne sauraient justifier, en l'état, une consommation d'amygdaline à visée cardiovasculaire.
L'amygdaline et le laetrile ont été abondamment étudiés dans le contexte des cellules tumorales. Des études in vitro ont décrit une régulation de facteurs liés à la migration cellulaire (7), ainsi que des effets sur la prolifération de différentes lignées cancéreuses. Toutefois, les revues cliniques de référence, dont celle du National Cancer Institute américain, concluent que les données disponibles ne démontrent pas d'efficacité anticancer chez l'humain (10). Les essais cliniques menés dans les années 1970-1980 n'ont pas mis en évidence de bénéfice clinique, tandis que plusieurs cas graves d'intoxication au cyanure ont été rapportés chez les patients traités. Aucune autorité sanitaire européenne ou nord-américaine ne reconnaît de propriété anticancer établie à l'amygdaline.
L'amygdaline a également fait l'objet d'études sur la neurogenèse et la neuroprotection (8), ainsi que sur des modèles de pathologies diverses (9). Ces travaux explorent les mécanismes biochimiques de la molécule dans un cadre de recherche fondamentale. Ils ne fondent aucune indication clinique reconnue et n'autorisent pas à revendiquer des effets thérapeutiques. La phytothérapie raisonnée rappelle qu'un effet biologique observé sur une cellule isolée ne se traduit pas automatiquement par un bénéfice clinique chez l'humain.
La vente de l'amygdaline et du laetrile à visée thérapeutique est interdite ou très encadrée dans la plupart des pays occidentaux, y compris l'Union européenne, le Royaume-Uni et les États-Unis. En France, la mise sur le marché de compléments alimentaires contenant de la « vitamine B17 » n'est pas autorisée. Ces restrictions reposent sur un constat simple : le rapport bénéfice/risque documenté à ce jour n'est pas favorable. Les effets allégués ne sont pas établis, tandis que les risques de toxicité cyanhydrique, eux, sont bien documentés.
Lorsqu'elle est ingérée, l'amygdaline est hydrolysée par les enzymes intestinales, en particulier la β-glucosidase, et par les bactéries du microbiote. Cette hydrolyse libère progressivement du cyanure d'hydrogène, un poison métabolique qui bloque la respiration cellulaire en inhibant la cytochrome c oxydase. Les signes d'une intoxication peuvent apparaître pour des doses relativement modestes : céphalées, vertiges, nausées, confusion, accélération du rythme cardiaque, chute de la tension artérielle, difficultés respiratoires. À dose plus élevée, des lésions hépatiques et nerveuses, un coma et un décès ont été décrits (10). L'EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) a publié une évaluation spécifique des risques liés à la consommation de noyaux d'abricot bruts et conclut que leur toxicité apparaît à des doses faibles, avec une marge de sécurité étroite (11).
| Situation | Conclusion des autorités | Référence |
|---|---|---|
| Efficacité anticancer | Non démontrée chez l'humain | National Cancer Institute (10) |
| Statut de vitamine | Non reconnu | Communauté scientifique (1) |
| Mise sur le marché en Europe | Non autorisée pour usage thérapeutique | Règlementation nationale |
| Consommation de noyaux d'abricot bruts | Risque toxique documenté | EFSA, 2016 (11) |
| Allégations de santé en Europe | Aucune autorisée | Règlement (CE) n° 1924/2006 |
Les personnes qui présentent une insuffisance hépatique ou rénale sont davantage exposées aux risques toxiques, leur organisme éliminant moins efficacement le cyanure. Les enfants et les personnes âgées, dont la masse corporelle ou la capacité de détoxification sont moindres, sont également plus vulnérables. L'association à la vitamine C à haute dose ou à d'autres produits présumés « activateurs » peut, selon certains travaux, augmenter la libération de cyanure — ce qui contredit certaines recommandations circulant en ligne. La grossesse, l'allaitement et la pédiatrie sont des contre-indications claires à toute prise de « vitamine B17 ».
La « vitamine B17 » est avant tout un nom marketing donné à l'amygdaline (ou à son dérivé, le laetrile), une molécule végétale présente dans les amandes de certains fruits à noyau. Les travaux scientifiques décrivent des effets biochimiques intéressants sur cellules et modèles animaux, mais ces pistes n'ont pas été confirmées par des essais cliniques robustes chez l'humain. Dans le même temps, le risque d'intoxication au cyanure est réel et bien documenté, en particulier en cas de consommation de noyaux d'abricot crus ou de compléments dosés. C'est pour ces raisons que les autorités sanitaires européennes, dont l'EFSA, et nord-américaines, dont le National Cancer Institute, ne reconnaissent pas d'usage validé à cette substance et encadrent strictement sa mise sur le marché. Pour toute question relative à votre santé, la consultation d'un médecin reste le seul cadre adapté : il n'existe pas de raccourci sûr, et aucune « vitamine B17 » ne saurait remplacer un accompagnement médical lorsqu'il est nécessaire.
Non, pas au sens strict. L'appellation « vitamine B17 » désigne l'amygdaline ou son dérivé le laetrile, qui ne répondent à aucun des critères officiels de classification des vitamines. Aucune autorité scientifique ne les reconnaît comme vitamines. Ce nom a été proposé au milieu du XXe siècle dans un contexte commercial, jamais validé par la communauté scientifique.
Non. La mise sur le marché de compléments alimentaires contenant de l'amygdaline ou du laetrile à visée thérapeutique est interdite ou fortement encadrée en France et dans l'Union européenne. Les produits rencontrés en ligne circulent en dehors de ce cadre et exposent à un risque sanitaire et juridique.
Cela dépend de la dose et du contexte. L'EFSA a évalué la consommation de noyaux d'abricot bruts et conclut à une marge de sécurité étroite : quelques amandes de noyau seulement peuvent, chez l'adulte sensible, suffire à provoquer des symptômes d'intoxication cyanhydrique. Les enfants y sont plus vulnérables. Mieux vaut s'en abstenir complètement.
Des travaux précliniques sur cellules et modèles animaux décrivent une activité anti-inflammatoire, mais ces observations n'ont pas été confirmées par des essais cliniques rigoureux chez l'humain. Aucune allégation de santé anti-inflammatoire n'est autorisée pour l'amygdaline en Europe.
Oui, mais en très faible quantité. Ce sont les amandes amères et les amandes contenues dans les noyaux de certains fruits à noyau (abricot, pêche, cerise) qui en sont les plus riches. La consommation habituelle d'amandes douces dans l'alimentation n'expose pas à un risque toxique.
Ils peuvent inclure : maux de tête, vertiges, nausées, vomissements, confusion, accélération du rythme cardiaque, chute de la tension artérielle, difficultés respiratoires, voire troubles de la conscience. En cas de suspicion après ingestion de noyaux ou de compléments « B17 », il faut contacter immédiatement un centre antipoison ou les services d'urgence.
Parce qu'elle est associée, depuis les années 1970, à un discours alternatif mettant en cause les autorités de santé et l'industrie pharmaceutique. Ce discours s'appuie sur des récits plus que sur des preuves cliniques. À ce jour, les revues indépendantes du sujet, dont celle du National Cancer Institute, ne retrouvent pas de bénéfice clinique démontré, tandis que la toxicité est, elle, bien établie.