Végétarien et musclé : Est ce possible?

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    Peut-on développer sa masse musculaire en étant végétarien ou végétalien ? Oui, à condition d'optimiser ses apports en protéines, fer, vitamine B12 et oméga 3 EPA/DHA. Cet article fait le point sur les sources de protéines végétales, les associations alimentaires et les compléments utiles pour les sportifs au régime végétarien.

    Bon à savoir — Pour un sportif végétarien/végétalien : 1,5 à 2,0 g/kg/jour de protéines, en associant céréales + légumineuses dans la même journée pour obtenir un profil aminé complet (méthionine + lysine couvertes). Les protéines contribuent à la croissance et au maintien de la masse musculaire (allégation autorisée, UE 432/2012) [6].

    Généralement, la première critique que l'on adresse aux végétariens (qui ne mangent pas de viandes) et aux végétaliens (qui ne consomment aucun produit issu de l'exploitation animale), c'est qu'ils ne pourraient pas être en bonne santé - et encore moins musclés - à cause d'une probable carence en protéines. De même, avec toutes ces idées reçues, de nombreux végétariens eux-mêmes se demandent s'il est possible de se muscler en ayant un tel régime alimentaire. Nous avons donc décidé de répondre à cette fameuse question...

    Peut on être végétarien et musclé ?

    Le mythe des protéines : Vrai ou faux ?

    Beaucoup de personnes (notamment celles qui ne sont pas végétariennes) pensent que les protéines ne peuvent se trouver que dans la viande, le poisson, les crustacés ou toute autre chair animale, et que de ce fait les végétariens sont forcément carencés. Ce qui est complètement faux. Dans notre environnement, de nombreux aliments d'origine végétale sont concentrés en protéines, sans être composés de chair animale [1]. La seule chose à laquelle ils doivent faire attention, c'est à leur consommation de vitamine B12, presque exclusivement concentrée dans des produits d'origine animale.

    Bien que disponible dans les noix et certaines graines, elle n'y est pas assez présente pour maintenir un taux correct. De ce fait, se complémenter en B12 est nécessaire quand on est végétarien ou végétalien. La vitamine B12, appelée aussi cobalamine, est essentielle à la croissance, au fonctionnement du système nerveux, à la formation des globules rouges et au fonctionnement cellulaire global du corps humain. Autrement dit, il s'agit d'une vitamine essentielle pour le bon fonctionnement du corps humain.

    Un végétarien peut-il remplacer les protéines animales ?

    protéines et sport

    Comme nous le disions plus haut, il existe des aliments riches en protéines, pouvant remplacer la consommation de viande. En effet, pour fabriquer de la masse musculaire, le corps a besoin d'acides aminés particuliers que nous retrouvons dans les protéines, quelle que soit leur origine (animale ou végétale). La protéine animale présente naturellement l'ensemble des acides aminés essentiels dans de bonnes proportions ; côté végétal, il suffit de combiner les bonnes sources pour obtenir le même profil complet [3]. Pour consommer assez de protéines et permettre un bon développement musculaire, un végétarien a plusieurs choix qui s'offrent à lui :

    1. Un végétarien peut se maintenir en très bonne santé avec des protéines végétales ; développer du muscle lui demandera simplement un peu plus d'attention (mais ce n'est pas du tout impossible). En se complémentant correctement avec de la protéine végétale à base de pois chiche ou de soja, par exemple, ou avec de la protéine de lait (la whey, disponible en complément alimentaire, en poudre), la prise de muscle se fera de manière beaucoup plus simple.
    2. Il est également possible de combiner protéines végétales et céréales complètes (qui, prises seules, ne possèdent qu'une partie des acides aminés essentiels) : associées, elles apportent un bon équilibre en acides aminés dits « essentiels ».
    3. Contrairement à un végétalien, le végétarien peut consommer des œufs et du lait. Ces aliments apportent des protéines animales et permettent de compléter les protéines végétales. Ainsi, en mangeant des œufs, des laitages, des céréales et des légumineuses, le corps a tout ce qu'il lui faut pour construire du muscle. On peut consommer des œufs quotidiennement : chez la plupart des personnes en bonne santé, une consommation régulière et raisonnable n'a pas d'impact défavorable marqué sur le cholestérol sanguin (en cas de cholestérol élevé ou de pathologie, demandez l'avis d'un professionnel de santé). Les laitages, eux, sont à consommer avec modération : 1 à 2 par jour suffisent. Privilégiez les laits et fromages de brebis ou de chèvre, qui se digèrent souvent plus facilement.

    Bon à savoir : une absence de protéines animales peut favoriser un déficit en zinc qui, sur le long terme, n'est pas anodin (taches sur la peau, fragilité des cheveux, baisse des défenses immunitaires, fatigue générale et perte d'appétit). Or le zinc se trouve surtout dans les produits animaux, et notamment les huîtres. Le zinc contribue d'ailleurs au fonctionnement normal du système immunitaire et au maintien de cheveux normaux (allégations autorisées, UE 432/2012).

    Cependant, il est possible de compenser en mangeant des lentilles ou du pain complet (les céréales complètes comptent également). Si vous avez des doutes, n'hésitez pas à faire un bilan sanguin total, afin d'être sûr de ne pas souffrir de carence. Si tel devait être le cas, il existe toujours la solution des cures de compléments alimentaires concentrés en zinc.

    Exemple de régime alimentaire destiné à la prise de masse, pour les végétariens

    Voici un exemple de routine alimentaire que vous pouvez mettre en place - en tant que végétarien - si vous souhaitez développer de la masse musculaire. Tous les aliments cités peuvent être remplacés par d'autres, disposant du même apport énergétique.

    Pour le petit déjeuner (9 heures du matin au plus tard)

    • 2 à 3 œufs entiers (œufs brouillés, omelette, œufs à la coque, etc.)
    • 150 grammes de flocons de sarrasin
    • 1 portion de fromage blanc à 0% de matières grasses (entre 150 et 200 grammes)
    • Une orange ou une banane

    Pour la collation du matin (indispensable les jours d'entraînement)

    • 50 grammes d'amandes ou de noix

    Pour le déjeuner (13 heures au plus tard, et plus tôt si vous n'avez pas pris de collation)

    • 150 grammes de lentilles cuites
    • 150 grammes de riz complet (les 150 grammes doivent être pesés avant la cuisson)
    • 200 grammes de brocolis (pour l'apport en fibres / à adapter selon votre appétit)
    • Assaisonnement simple : limiter sel et poivre. Utiliser principalement de l'huile d'olive.

    Pour la collation de l'après-midi (encore une fois, indispensable les jours d'entraînement)

    • 50 grammes d'amandes ou de noix

    Pour le diner (20 heures au plus tard)

    • De nouveau 2 à 3 œufs entiers (en omelette, en œufs brouillés, selon vos goûts).
    • 150 grammes de quinoa (pesés avant la cuisson)
    • 150 grammes de ratatouille
    • Un fruit au choix (de préférence une banane, l'orange étant beaucoup trop vitaminée pour un dîner).

    Exemple d'un régime alimentaire, destiné à la sèche, pour les végétariens

    protéines végétalesSi vous ne le savez pas, dans le domaine de la musculation, l'action de « sécher » consiste à réduire au maximum la masse graisseuse du corps, tout en conservant - évidemment - un maximum de masse sèche (musclée, mais dénuée de graisse). La sèche s'apparente à une sorte de régime hypocalorique très riche en protéines. Ainsi, le corps est obligé de puiser dans ses réserves de graisse pour produire de l'énergie. Une sèche ne doit pas excéder 8 à 12 semaines (selon la morphologie), au risque de se créer des carences.

    On pourrait penser qu'il est difficile - pour un végétarien - de réaliser une période de sèche. Pourtant, s'il fait bien attention à son apport journalier de protéines, tout est possible. Voici donc un petit exemple de régime alimentaire à réaliser pendant une période de sèche (il est possible que le végétarien ait besoin de se supplémenter en protéines durant cette période). Évidemment, comme le menu précédent, ce dernier est à adapter selon vos goûts, votre appétit et votre morphologie.

    Bon à savoir : gardez à l'esprit que le fait d'être végétarien, lors de la sèche, peut être un avantage non négligeable. Grâce à votre éthique et à votre régime alimentaire particulier, vous avez déjà l'habitude de manger beaucoup de fibres et de légumineuses. Durant la sèche, vous n'aurez qu'à vous occuper de la réduction des calories. Vous aurez également potentiellement moins de graisse à perdre, ce qui vous permettra de raccourcir votre période de sèche.

    Pour le petit déjeuner (9 heures du matin au plus tard)

    • 2 à 3 œufs entiers (œufs brouillés, omelette, œufs à la coque, etc.)
    • 100 grammes de flocons d'avoine
    • 1 portion de fromage blanc à 0% de matières grasses (150 à 200 grammes)
    • Une pomme ou une orange (pour le plein de vitamines)

    Pour la collation du matin (indispensable les jours d'entraînement)

    • 50 grammes de noix ou d'amandes, selon vos préférences

    Pour le déjeuner (13 heures au plus tard, et plus tôt si vous n'avez pas pris de collation)

    • 200 grammes de tomates en salade (assaisonnées d'une cuillère à soupe d'huile d'olive et d'un minimum de sel)
    • 200 grammes de haricots blancs (pesés également avant la cuisson)
    • 80 grammes de quinoa (idem, pesés avant la cuisson)

    Pour la collation de l'après-midi (encore une fois, indispensable les jours d'entraînement)

    • 50 grammes d'amandes ou de noix

    Pour le dîner (20 heures au plus tard)

    • 1 à 2 œufs entiers
    • 150 grammes d'avocat
    • 150 grammes de carottes
    • 20 grammes de parmesan (en assaisonnement ou en fromage)
    • Deux kiwis, ou une pomme, ou une banane

    Attention : si vous sentez une fatigue trop importante, cela peut signifier que vous vous fatiguez trop durant vos phases d'entraînement, ou bien que vous devriez prendre davantage de repos et de temps de récupération. Il est ainsi conseillé de réduire les charges et la durée des entraînements durant une période de sèche. De même, votre régime ne doit pas être trop strict dès le départ : il est préférable de commencer par une baisse de 100 à 200 calories les deux premières semaines, puis d'y aller progressivement.

    Quel entraînement de musculation pour les végétariens ?

    J'ai une bonne nouvelle pour vous. Si vous parvenez à adapter votre régime alimentaire à votre pratique sportive, vous pouvez suivre n'importe quel entraînement « classique ». À apport protéique équivalent, un végétarien obtient des gains musculaires comparables à ceux d'un omnivore [2].

    L'important (à ne surtout pas oublier), c'est le repos après l'entraînement. Que vous soyez végétarien ou non, vous allez beaucoup solliciter votre organisme durant vos entraînements. De ce fait, le sommeil ainsi que de bonnes phases de repos sont primordiaux. En effet, ce n'est pas durant l'effort que vos muscles augmentent de volume, mais durant les phases de repos qui surviennent après l'effort. Le sommeil est important quand on pratique la musculation.

    Compléments alimentaires pour végétariens

    compléments alimentairesComme nous l'avons dit plusieurs fois dans l'article, si vous êtes végétarien et que vous craignez de ne pas consommer assez de protéines, vous pouvez utiliser des compléments alimentaires (qui compléteront votre alimentation, mais ne la remplaceront pas). Voici les compléments pour lesquels vous pouvez opter.

    Les protéines en poudre : il existe plusieurs types de protéines en poudre vegan à base de pois, de riz, de chanvre, de tournesol, ou bien encore des mélanges de protéines vegan. Il s'agit d'une solution pratique et facile à utiliser. Qui plus est, certaines de ces protéines en poudre sont enrichies en vitamine B12. Un complément plutôt idéal, donc, pour les végétariens !

    Les algues : elles sont riches en protéines et en acides aminés essentiels. Notamment le klamath, la chlorelle et la spiruline. Disponible sous forme de poudre ou de comprimés, la spiruline est l'un des compléments les plus prisés chez les végétariens et les végétaliens pour son apport en protéines. Attention toutefois : contrairement à une idée répandue, la spiruline n'est pas une source fiable de vitamine B12 — elle contient majoritairement une pseudo-vitamine B12 inactive chez l'humain, qui ne remplace donc pas une supplémentation en B12 [4].

    Les BCAA à base de végétaux : des acides aminés (leucine, isoleucine, valine) que l'on retrouve aussi dans les sources animales et qui participent au métabolisme des protéines musculaires. Ils peuvent être un appoint lorsque l'apport protéique global est insuffisant, mais ne remplacent pas une alimentation protéinée complète. La whey : elle peut être consommée par les végétariens car elle provient principalement des produits laitiers, mais pas par les végétaliens (qui ne consomment ni œufs ni laitages). Il existe deux types de whey : l'isolat et l'hydrolysat. Le second est généralement le plus intéressant en termes d'acides aminés, mais aussi le plus cher : tout dépend de vos moyens. Il existe aussi des protéines en poudre à base d'œuf, ou même de pois, de pois chiche, de chanvre ou de soja. Ces dernières sont très prisées chez les sportifs végétariens et végétaliens.

    Les modèle à suivre : bodybuildeurs et végétariens

    Aujourd'hui, des bodybuildeurs très connus respectent un régime végétarien, voire vegan. Leurs témoignages, expériences et entraînements sont très faciles à trouver sur internet. Si vous devez retenir des noms, retenez les suivants :

    1. Billy Simmonds : Monsieur Univers Naturel 2009
    2. Jim Morris
    3. Patrick Baboumian (devenu vegan), nommé homme le plus fort d'Allemagne en 2011
    4. Frank Medrano, très connu sur les réseaux sociaux pour ses performances en calisthénics

    Vous savez maintenant l'essentiel sur la musculation et le végétarisme. N'hésitez pas à partager votre expérience et vos conseils aux débutants, ou à nous aider à compléter cet article. Pour finir, que vous soyez débutant ou vétéran dans le domaine, nous vous souhaitons bon courage pour la suite de vos entraînements !

    Références scientifiques

    1. Berrazaga I et al. The Role of the Anabolic Properties of Plant- versus Animal-Based Protein Sources. Nutrients. PMC PMC6723444.
    2. Hevia-Larraín V et al. High-Protein Plant-Based Diet Versus a Protein-Matched Omnivorous Diet to Support Resistance Training Adaptations. Sports Med. PubMed 33599941.
    3. Mariotti F, Gardner CD. Dietary Protein and Amino Acids in Vegetarian Diets — A Review. Nutrients. PMC PMC6893534.
    4. Pawlak R et al. How prevalent is vitamin B12 deficiency among vegetarians? Nutr Rev. PubMed 23356638.
    5. Burdge GC, Calder PC. Conversion of alpha-linolenic acid to longer-chain polyunsaturated fatty acids in human adults. Reprod Nutr Dev. PubMed 16188209.
    6. ANSES. Actualisation des repères du PNNS — Recommandations pour les protéines. www.anses.fr
    Précautions — Un régime végétarien strict ou végétalien demande une vigilance accrue sur la vitamine B12, le fer, le calcium, l'iode et les oméga 3 EPA/DHA. Ces informations sont fournies à titre indicatif et ne remplacent pas un avis médical : un bilan biologique annuel et l'accompagnement d'un professionnel de santé sont recommandés pour adapter l'alimentation et la supplémentation.

    Questions fréquentes

    Peut-on être musclé en étant vegan ?

    Oui. De nombreux athlètes professionnels et amateurs le démontrent. Les protéines végétales (pois, soja, riz, chanvre) bien dosées et associées couvrent les besoins. Quelques compléments (B12, oméga 3 d'algue, vitamine D) sont nécessaires.

    Quelles sont les meilleures sources de protéines végétales ?

    Légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots, soja), pseudo-céréales (quinoa, sarrasin), oléagineux (amandes, noix), graines (chia, courge, chanvre), produits à base de soja (tofu, tempeh), seitan (gluten).

    La protéine de pois est-elle aussi efficace que la whey ?

    À dose équivalente en leucine (~2,5 g par prise), les études montrent des effets comparables sur la synthèse protéique musculaire. La protéine de pois nécessite parfois une dose un peu plus élevée pour atteindre le même seuil de leucine.

    Comment couvrir ses besoins en B12 sans produits animaux ?

    Une supplémentation est nécessaire chez les vegan : par exemple 25 µg/jour, ou 1 000 µg deux fois par semaine, sous forme de cyanocobalamine ou de méthylcobalamine. Les ovo-lacto-végétariens couvrent généralement leurs besoins via les œufs et les produits laitiers, mais un dosage tous les 2 à 3 ans reste prudent. La carence en B12 peut mettre des années à apparaître et ses conséquences neurologiques peuvent être durables : un point à ne pas négliger.

    Et le fer en régime végétarien ?

    Le fer non héminique (légumineuses, épinards, graines) est moins bien absorbé. Optimisez-le en l'associant à de la vitamine C (citron, kiwi, poivron) et en évitant le thé/café au moment du repas. Bilan biologique annuel recommandé.

    La créatine est-elle utile pour les vegan ?

    Oui, particulièrement : l'alimentation végétale n'apporte pas de créatine (présente surtout dans la viande et le poisson). 3 à 5 g/jour permettent de combler ce déficit et soutiennent la performance et la force. La créatine monohydrate reste la forme la mieux étudiée et la moins chère. Les vegans en bénéficient souvent davantage que les omnivores, déjà fournis par l'alimentation.

    Quels oméga 3 pour un vegan ?

    L'huile d'algue (riche en EPA/DHA, équivalent vegan de l'huile de poisson) est la meilleure option. Les sources ALA végétales (lin, chia, noix) sont peu converties en EPA/DHA chez l'humain (de l'ordre de 5 à 10 %) [5]. Compter 250 à 500 mg d'EPA + DHA par jour, davantage en cas de pratique sportive intense. Conserver les huiles au réfrigérateur.