Longtemps résumée à une seule vitamine, la vitamine K se décline en réalité en deux grandes familles aux origines alimentaires très différentes : la vitamine K1, ou phylloquinone, que l'on trouve surtout dans les légumes verts à feuilles, et la vitamine K2, ou ménaquinones, issue de produits fermentés et de certains aliments d'origine animale. Comprendre où puiser l'une et l'autre permet de composer une assiette variée, ce qui reste la meilleure façon de couvrir ses besoins. Cette page fait le point sur les sources naturelles de vitamine K1 et K2, leurs teneurs indicatives, leurs différences et leur biodisponibilité, en s'appuyant sur les données de composition et les repères d'apport publiés par les agences de référence.
Le terme « vitamine K » recouvre un groupe de molécules liposolubles apparentées. On distingue deux formes naturelles principales. La vitamine K1 (phylloquinone) est synthétisée par les végétaux, où elle participe à la photosynthèse : elle se concentre donc logiquement dans les parties vertes des plantes. La vitamine K2 (ménaquinones) regroupe une série de molécules notées MK-4 à MK-13 selon la longueur de leur chaîne latérale ; elles sont majoritairement produites par des bactéries, ce qui explique leur présence dans les aliments fermentés, ainsi que dans certains tissus animaux (1).
Dans l'alimentation occidentale, la phylloquinone représente l'essentiel des apports en vitamine K, tandis que les ménaquinones n'y contribuent que pour une part plus modeste, très dépendante des habitudes culinaires. Les deux formes partagent le même rôle biochimique de fond, mais leur répartition dans les aliments et leur comportement une fois ingérées diffèrent, d'où l'intérêt de les présenter séparément.
Sur le plan réglementaire, deux allégations de santé sont autorisées au niveau européen pour la vitamine K (Règlement UE 432/2012) : la vitamine K contribue à une coagulation sanguine normale et contribue au maintien d'une ossature normale (2). Ces formulations s'attachent au nutriment lorsqu'il est apporté en quantité significative ; elles décrivent un fonctionnement physiologique normal et ne constituent en rien une promesse de traiter, prévenir ou guérir une quelconque affection. À noter d'ailleurs qu'au terme de son évaluation, l'autorité européenne n'a pas retenu d'allégation liant la vitamine K à la fonction du cœur et des vaisseaux, faute de preuves jugées suffisantes (2) : nous nous en tenons donc strictement aux deux libellés validés.
La vitamine K1 est la forme la plus facile à intégrer au quotidien, car elle abonde dans des aliments courants et bon marché. Les légumes verts à feuilles en sont de loin les plus riches, leur teneur suivant globalement l'intensité de leur couleur verte (1) (3).
Ces valeurs sont données à titre indicatif : la teneur réelle d'un aliment varie avec la variété botanique, la saison, le mode de culture et la portion consommée. Pour des chiffres précis aliment par aliment, la table de composition Ciqual de l'ANSES et les bases de l'USDA restent les références à consulter (3).
La vitamine K2 se rencontre dans un éventail d'aliments plus restreint, surtout d'origine fermentée ou animale. Sa source la plus concentrée est un aliment traditionnel japonais.
Là encore, les teneurs indiquées restent des ordres de grandeur : la composition en ménaquinones d'un fromage ou d'un produit fermenté dépend étroitement des souches microbiennes et de la durée d'affinage (1).
Un détail culinaire éclaire l'écart entre K1 et K2 dans nos assiettes. La vitamine K étant liposoluble, elle s'absorbe mieux en présence de matières grasses : c'est pourquoi un filet d'huile sur des épinards ou une vinaigrette sur une salade a un sens nutritionnel, au-delà du goût. Le natto cumule pour sa part deux atouts rarement réunis dans un même aliment : une très forte densité en MK-7 issue de la fermentation bactérienne, et une matrice qui n'est pas dépourvue de lipides, favorable à la solubilisation de cette forme. À l'inverse, dans le régime occidental, les principales sources de K2 — fromages et jaune d'œuf — sont consommées en portions plus petites et de façon moins régulière que les légumes verts riches en K1. On comprend ainsi pourquoi, concrètement, la phylloquinone domine statistiquement les apports européens : ce n'est pas seulement une question de teneur brute, mais aussi de fréquence et de taille des portions dans nos habitudes de table.
La quantité de vitamine K présente dans un aliment ne dit pas tout : encore faut-il qu'elle soit absorbée. Sur ce point, plusieurs travaux ont mis en évidence des différences entre les formes.
La phylloquinone des végétaux est en partie liée aux membranes des chloroplastes, ce qui peut limiter sa libération lors de la digestion ; sa biodisponibilité tend à être meilleure lorsque le légume est accompagné d'un corps gras. Du côté des ménaquinones à longue chaîne, l'équipe de Schurgers a observé chez des volontaires que la MK-7 restait présente dans la circulation nettement plus longtemps que la phylloquinone après un repas, du fait de sa demi-vie plus longue (4). Une étude de Sato et collaborateurs a par ailleurs comparé deux ménaquinones : la MK-7 était bien absorbée et détectable dans le sérum jusqu'à plusieurs dizaines d'heures après la prise, alors que la MK-4 aux doses nutritionnelles testées ne l'était pas dans les mêmes conditions (5).
Ces observations, menées sur de petits effectifs, portent sur des marqueurs sanguins et ne se traduisent pas mécaniquement en bénéfice ressenti par le consommateur ; elles éclairent surtout la manière dont les différentes formes se comportent une fois ingérées. En pratique, la diversité alimentaire — légumes verts au quotidien, produits fermentés de temps à autre — reste le moyen le plus simple de couvrir l'ensemble du spectre de la vitamine K.
La vitamine K ne fait pas l'objet d'un besoin chiffré au sens strict d'un « apport journalier recommandé » établi, mais d'un apport satisfaisant, c'est-à-dire une valeur repère estimée pour une population. En France, l'ANSES a actualisé cette référence : l'apport satisfaisant en vitamine K1 est de l'ordre de 79 µg par jour pour l'adulte (6). Aux États-Unis, l'Institute of Medicine retient des apports adéquats voisins, autour de 90 µg/j pour la femme et 120 µg/j pour l'homme adultes (7).
Ces repères se comprennent à l'échelle d'une population et non comme une frontière nette entre suffisance et carence individuelle. Dans les faits, une alimentation qui fait une place régulière aux légumes verts couvre facilement ces valeurs : quelques portions hebdomadaires d'épinards, de brocoli, de chou ou de salade y contribuent largement. Les carences avérées en vitamine K sont rares chez l'adulte en bonne santé qui s'alimente normalement.
Les personnes traitées par un anticoagulant de type antivitamine K (AVK, par exemple warfarine ou fluindione) sont concernées par un point particulier : ces médicaments agissent précisément en s'opposant à l'action de la vitamine K, si bien que des variations importantes et brutales des apports alimentaires en vitamine K peuvent interférer avec l'équilibre du traitement. Il ne s'agit pas d'éviter les légumes verts, mais de conserver des apports réguliers et stables. Toute personne sous AVK, ou envisageant un complément contenant de la vitamine K, doit en parler à son médecin ou à son pharmacien.
Pour la majorité des adultes, une alimentation variée suffit à couvrir les apports de référence en vitamine K, tant la phylloquinone est répandue dans les légumes du quotidien. Un complément peut néanmoins être envisagé dans le cadre d'une démarche globale, par exemple lorsque la consommation de légumes verts est très faible, ou en association avec la vitamine D dans certaines formulations. Le cas échéant, il est utile de repérer la forme apportée (K1, MK-4 ou MK-7) et le dosage indiqué sur l'étiquette.
Chez Natura Force, nous privilégions une information transparente : un complément vient soutenir une alimentation équilibrée, jamais la remplacer. Le choix d'une supplémentation, en particulier en présence d'un traitement en cours, gagne à être discuté avec un professionnel de santé.
Ces informations sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un avis médical. Un complément alimentaire ne se substitue pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain ; il ne soigne, ne prévient ni ne guérit aucune maladie. En cas de doute ou de traitement en cours, demandez conseil à un professionnel de santé.
La K1 (phylloquinone) provient des végétaux, surtout des légumes verts à feuilles ; la K2 (ménaquinones) est produite par des bactéries et se trouve dans les aliments fermentés comme le natto et certains fromages, ainsi que dans le jaune d'œuf. Elles partagent le même rôle de fond mais diffèrent par leur origine alimentaire et leur comportement à l'absorption.
Le natto, à base de soja fermenté, est de loin l'aliment le plus riche en vitamine K2 sous forme de MK-7. Les fromages affinés et le jaune d'œuf en apportent des quantités plus modestes.
Oui. Le chou frisé, les épinards, les blettes, le brocoli ou le persil comptent parmi les aliments les plus riches en vitamine K1. La teneur suit globalement l'intensité de la couleur verte des feuilles.
La vitamine K est relativement stable à la chaleur de cuisson usuelle. Comme elle est liposoluble, l'accompagner d'un peu de matière grasse (huile, vinaigrette) favorise plutôt son absorption.
Non. Il ne s'agit pas de les supprimer mais de maintenir des apports réguliers et stables, car de fortes variations peuvent interférer avec un traitement antivitamine K. C'est un point à aborder avec votre médecin ou votre pharmacien.
Ces repères sur les sources alimentaires se complètent utilement avec nos autres contenus : notre dossier sur le rôle et les sources de la vitamine D éclaire les synergies souvent évoquées entre ces deux vitamines liposolubles, tandis que les nutriments impliqués dans le maintien d'une ossature normale replacent la vitamine K dans un ensemble plus large. Pour une vue d'ensemble, notre fiche sur la vitamine K2 et son rôle détaille ses fonctions reconnues.
Ces allégations encadrent les communications autorisées ; elles ne valent pas indication thérapeutique.
Vous possédez un compte ?
Connectez-vous pour payer plus vite.