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Aussi connu sous le nom de vitamine B9 ou folates sous sa forme naturelle, l'acide folique est une vitamine hydrosoluble indispensable à de nombreuses fonctions vitales de l'organisme. Synthèse de l'ADN, division cellulaire, formation des globules rouges, développement du système nerveux du fœtus pendant la grossesse, métabolisme des acides aminés : son rôle est si large que l'Organisation Mondiale de la Santé en fait l'un des nutriments les plus surveillés. Pourtant, malgré sa présence dans de nombreux aliments, une partie significative de la population occidentale n'atteint pas les apports recommandés. Tour d'horizon complet des meilleures sources d'acide folique, des besoins selon les âges, des risques en cas de carence et des précautions d'usage.
Sommaire
Trois termes circulent, souvent confondus, alors qu'ils recouvrent des réalités légèrement différentes :
La forme biologiquement active, celle qui agit dans les cellules, est le 5-méthyltétrahydrofolate (5-MTHF). Certaines personnes portent une mutation génétique (MTHFR) qui rend moins efficace la conversion de l'acide folique en 5-MTHF : elles bénéficient alors de supplémentations directement sous forme de folates actifs.

L'acide folique (vitamine B9) regroupe plusieurs molécules : les folates naturels présents dans l'alimentation (sous forme de polyglutamates), l'acide folique synthétique des compléments et aliments enrichis, et le 5-MTHF (méthyltétrahydrofolate) actif. Tous sont essentiels à la synthèse de l'ADN, à la division cellulaire et au métabolisme de l'homocystéine.
L'apport recommandé par l'EFSA est de 330 µg/jour pour l'adulte, 600 µg/jour pour la femme enceinte et 500 µg/jour pour l'allaitante. La supplémentation périconceptionnelle (400 µg/jour 4 semaines avant et 8 semaines après conception) est non négociable pour prévenir les anomalies de fermeture du tube neural fœtal (spina bifida, anencéphalie).
| Aliment | Folates (µg/100 g) | Portion typique | Apport par portion |
|---|---|---|---|
| Levure alimentaire | 3 050 | 10 g (1 c.s.) | 305 µg |
| Foie de volaille cuit | 578 | 100 g | 578 µg |
| Foie de bœuf cuit | 253 | 100 g | 253 µg |
| Lentilles cuites | 181 | 200 g | 362 µg |
| Pois chiches cuits | 172 | 200 g | 344 µg |
| Haricots blancs cuits | 140 | 200 g | 280 µg |
| Asperges cuites | 149 | 150 g | 224 µg |
| Brocoli cuit | 108 | 200 g | 216 µg |
| Épinards crus | 194 | 100 g (salade) | 194 µg |
| Mâche | 198 | 50 g | 99 µg |
| Cresson | 200 | 50 g | 100 µg |
| Avocat | 81 | 100 g (½) | 81 µg |
| Œuf cuit | 50 | 100 g (2 œufs) | 50 µg |
| Orange | 30 | 180 g | 54 µg |
| Mangue | 43 | 180 g | 77 µg |
| Kiwi | 25 | 80 g | 20 µg |
| Fraise | 24 | 150 g | 36 µg |
| Chou de Bruxelles cuit | 61 | 200 g | 122 µg |
| Salade verte (laitue) | 136 | 50 g | 68 µg |
| Persil frais | 152 | 10 g | 15 µg |
| Quinoa cuit | 42 | 200 g | 84 µg |
| Riz brun cuit | 4 | 200 g | 8 µg |
| Pain complet | 40 | 50 g | 20 µg |
| Yaourt nature | 11 | 125 g | 14 µg |
| Spiruline séchée | 94 | 5 g | 5 µg |
Les folates sont thermolabiles et hydrosolubles : la cuisson prolongée à grande eau peut détruire 50 à 90 % des folates initiaux. Pour préserver les apports, privilégier les cuissons douces et brèves : vapeur (5-10 minutes pour les légumes verts), étuvée à couvert avec peu d'eau, sauté rapide à feu modéré. La consommation crue (salades de mâche, épinards, persil frais, agrumes) maximise l'apport.
Pour les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots), la cuisson nécessaire à la digestibilité dégrade environ 30 % des folates. C'est acceptable car leurs teneurs initiales sont élevées (170-180 µg/100 g cuites). La conservation au réfrigérateur ne dégrade pas significativement les folates ; en revanche, la lumière solaire et la cuisson répétée (réchauffages multiples) accélèrent la destruction.
La supplémentation périconceptionnelle en acide folique (400 µg/jour, 4 semaines avant à 8 semaines après conception) est l'une des recommandations de santé publique les mieux établies. Elle réduit de 50-70 % le risque d'anomalie de fermeture du tube neural fœtal (spina bifida, anencéphalie). Pour les femmes ayant des antécédents personnels ou familiaux, des doses plus élevées (4-5 mg/jour) peuvent être prescrites.
Le polymorphisme MTHFR C677T (présent chez 30-40 % de la population) réduit la conversion de l'acide folique synthétique en 5-MTHF actif. Pour ces personnes, le 5-MTHF (Quatrefolic, Metafolin) est une alternative directement utilisable. Les patients sous méthotrexate, antiépileptiques ou metformine peuvent avoir des besoins augmentés sous suivi médical.
Les folates s'utilisent en synergie avec la vitamine B12 (essentielle au cycle méthyle-folate), la vitamine B6 et la riboflavine (cofacteurs enzymatiques). Une carence isolée en folates est rare et s'inscrit souvent dans un déficit multi-vitaminique B chez le sujet à risque (alcoolique, dénutri, sénior fragile, malabsorbant).
Une supplémentation à dose élevée (> 1 mg/jour) peut masquer une carence en B12 (anémie corrigée mais signes neurologiques persistants) : importance du dosage de la B12 en parallèle, particulièrement chez les seniors et vegans. Les folates aux doses recommandées sont sans risque ; au-delà, prudence et avis médical.
La vitamine B9 intervient dans des processus fondamentaux pour la vie cellulaire. L'EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) autorise plusieurs allégations de santé pour l'acide folique, notamment :
Ces allégations reflètent la place centrale de la B9 dans le métabolisme : elle est un cofacteur indispensable aux enzymes qui transfèrent des groupements méthyl, étape-clé de la synthèse de l'ADN et de la régulation épigénétique.
Les apports nutritionnels conseillés (ANSES) varient selon l'âge et la situation physiologique :
| Population | Besoin quotidien (µg) | Remarque |
|---|---|---|
| Enfants 1-3 ans | 120 | Croissance rapide |
| Enfants 4-8 ans | 170 | Apports répartis sur la journée |
| Adolescents | 230-250 | Pic de croissance et maturation |
| Adulte | 330 | Hommes et femmes |
| Femme en âge de procréer | 400 | Avant même la grossesse |
| Femme enceinte | 600 | Jusqu'à 800 en début de grossesse |
| Femme allaitante | 500 | Apports via le lait maternel |
| Senior (> 65 ans) | 330-400 | Absorption parfois réduite |
Le règne végétal est particulièrement riche en folates. L'étymologie du mot folate vient du latin folium (feuille) : c'est dire l'importance des légumes feuillus dans l'apport de cette vitamine.

Souvent oubliées, les herbes fraîches concentrent des quantités remarquables de B9 : persil (150 µg / 100 g), cresson (200 µg / 100 g), ciboulette (105 µg / 100 g). Une poignée ajoutée en fin de cuisson booste l'apport d'un plat sans modifier son profil gustatif.
Le règne animal offre une source exceptionnelle : le foie, particulièrement celui de volaille, qui est l'aliment le plus concentré en B9.
Attention : le foie est à consommer avec modération chez la femme enceinte en raison de sa richesse en vitamine A (risque de surcharge à partir du deuxième trimestre), et à privilégier issu d'élevages biologiques ou label rouge pour limiter les contaminants.
| Aliment | Folates (µg / 100 g) | % des besoins adulte (330 µg/j) |
|---|---|---|
| Foie de volaille cuit | 560 | 170 % |
| Foie de veau cuit | 300 | 91 % |
| Graines de tournesol | 230 | 70 % |
| Cresson | 200 | 61 % |
| Lentilles cuites | 180 | 55 % |
| Pois chiches cuits | 170 | 52 % |
| Persil frais | 150 | 45 % |
| Asperges cuites | 150 | 45 % |
| Épinards cuits | 145 | 44 % |
| Fèves cuites | 145 | 44 % |
| Haricots rouges cuits | 130 | 39 % |
| Brocoli cuit | 110 | 33 % |
| Noix | 100 | 30 % |
| Avocat | 80 | 24 % |
La vitamine B9 est thermolabile (sensible à la chaleur) et hydrosoluble (soluble dans l'eau). Ces deux propriétés en font l'une des vitamines les plus fragiles à la cuisson : jusqu'à 80 % peuvent être perdus lors d'une ébullition prolongée dans un grand volume d'eau.

Une carence en folates peut s'installer progressivement. Les signes les plus fréquents :
Les populations les plus à risque : femmes en âge de procréer, femmes enceintes ou allaitantes, seniors (absorption réduite), personnes sous certains médicaments (antiépileptiques, méthotrexate), grands consommateurs d'alcool, personnes atteintes de maladies inflammatoires intestinales (Crohn, cœliaque), fumeurs, personnes suivant un régime très restrictif. Pour approfondir ce volet, voir notre dossier sur les folates bas.
La supplémentation en acide folique avant et pendant la grossesse est l'une des mesures de santé publique les mieux documentées. Elle réduit significativement le risque d'anomalies de fermeture du tube neural, comme le spina bifida ou l'anencéphalie, qui font partie des conséquences possibles d'un déficit en folates. Ces défauts congénitaux peuvent survenir dans les 28 premiers jours de la grossesse, souvent avant même que celle-ci ne soit confirmée.
Les recommandations officielles :
La vitamine B9 est globalement bien tolérée. Quelques points de vigilance :
Les compléments alimentaires en acide folique doivent être pris sur avis professionnel, avec une attention particulière à la forme (acide folique vs 5-MTHF) selon le profil individuel.
Le foie de volaille (578 µg/100 g) est l'aliment courant le plus riche en folates, suivi du foie de bœuf et des légumineuses (lentilles, pois chiches : 170-180 µg/100 g cuites). Côté végétal, les légumes verts à feuilles (mâche, épinard, cresson) sont les meilleures sources quotidiennes.
Pour prévenir les anomalies de fermeture du tube neural fœtal (spina bifida, anencéphalie), qui surviennent dans les 4 premières semaines après conception (souvent avant que la grossesse ne soit confirmée). Une supplémentation à 400 µg/jour 4 semaines avant et 8 semaines après conception réduit ce risque de 50-70 %.
L'acide folique est la forme synthétique, stable, utilisée dans les compléments et fortifications. Les folates naturels alimentaires sont moins stables (sensibles à la chaleur et à l'oxygène). Pour la majorité des personnes, l'acide folique est efficace ; pour les porteurs MTHFR, le 5-MTHF est préférable.
Fatigue, pâleur, glossite (langue rouge brillante), troubles digestifs, baisse de moral, troubles cognitifs. À un stade avancé : anémie macrocytaire mégaloblastique. Toute fatigue persistante chez un sujet à risque (vegan, alcoolique, sénior, malabsorbant) impose un dosage des folates et de la B12.
Oui, les épinards crus apportent 194 µg/100 g de folates. Cuits, ils en perdent 50-70 % : privilégier la consommation crue en salade ou cuissons très courtes à la vapeur. Les autres légumes verts à feuilles (mâche, cresson) ont des profils similaires.
Pas systématiquement chez l'adulte sain ayant une alimentation diversifiée riche en légumes verts et légumineuses. Une supplémentation (200-400 µg/jour) peut être discutée chez les vegans, les sujets à régime restrictif, les sportifs en stress oxydatif élevé, ou en cas d'élévation de l'homocystéine plasmatique.
600 µg/jour totaux selon l'EFSA, dont 400 µg en supplémentation systématique d'acide folique pour les 9 mois. Pour les femmes ayant des antécédents (spina bifida précédent, traitement antiépileptique), la dose peut monter à 4-5 mg/jour sous prescription médicale.
Les folates sont la forme naturelle présente dans les aliments. L'acide folique est la forme synthétique des compléments et aliments enrichis. Le 5-MTHF est la forme biologiquement active que l'organisme utilise après conversion.
Oui, pour la plupart des adultes, une alimentation variée incluant légumes verts, légumineuses, œufs et foie couvre les besoins. En revanche, pour les femmes en âge de procréer ou enceintes, une supplémentation est recommandée pour atteindre les 400 à 600 µg/j nécessaires à la prévention des malformations fœtales.
La vitamine B9 se dégrade rapidement. Consommer les légumes frais dans les 3 à 5 jours suivant l'achat, les conserver au réfrigérateur, éviter le stockage prolongé à température ambiante. La congélation préserve mieux les folates que le stockage prolongé au frais.
Rarement pour la B9 seule : les légumineuses, légumes verts et oléagineux sont d'excellentes sources. En revanche, l'association avec un suivi des apports en vitamine B12 est indispensable, car la B12 est quasi absente du règne végétal non fermenté.
Oui. L'alcool perturbe l'absorption intestinale des folates et accèlère leur élimination urinaire. Une consommation régulière ou importante d'alcool est un facteur de carence en B9 bien documenté.
Pas toute, mais une fraction significative (30 à 80 % selon la méthode). La cuisson vapeur préserve le mieux les folates. Intégrer des crudités et des herbes fraîches compense les pertes à la cuisson.
Dans certains pays (États-Unis, Canada), les farines sont enrichies en acide folique. En France, cette fortification n'est pas systématique. Les aliments enrichis peuvent contribuer aux apports, mais une alimentation variée reste la base.
Non, l'organisme élimine facilement les excès de folates d'origine alimentaire. Le risque de surdosage concerne uniquement les suppléments à fortes doses prolongées, qui peuvent masquer une carence en B12.
De manière complémentaire : consultez nos articles sur l'acide folique et la grossesse et les folates bas.
Pour aller plus loin — Découvrez aussi vitamine c, vitamine d, vitamine e.