Comment soulager naturellement une tendinite ?

    Douleur vive au niveau d'une articulation sollicitée, gêne persistante à l'effort, raideur au réveil : la tendinite correspond à une atteinte du tendon, cette bande fibreuse qui relie le muscle à l'os. Elle concerne aussi bien les sportifs (épicondylite du joueur de tennis, tendinopathie d'Achille du coureur, atteinte de la coiffe des rotateurs) que les personnes exerçant des gestes répétitifs au travail ou au quotidien. Bénigne dans la majorité des cas, elle peut devenir chronique si elle n'est pas prise en charge avec méthode. Ce dossier propose une approche d'hygiène de vie et de nutrition pour accompagner le confort tendineux, en complément — et jamais en remplacement — de l'avis et du suivi d'un professionnel de santé.

    Face à une tendinite récente, trois gestes simples ont fait leurs preuves : mettre le tendon au repos relatif (on arrête le geste qui fait mal, sans immobiliser), appliquer du froid 15 à 20 minutes plusieurs fois par jour les premiers jours, puis reprendre le mouvement avec des exercices progressifs, idéalement guidés par un kinésithérapeute. Curcuma, gingembre, harpagophytum ou argile peuvent accompagner ces gestes ; ce que l'on sait de chacun est détaillé plus bas.

    Comprendre la tendinite : mécanismes et types

    Le tendon est constitué essentiellement de collagène de type I, une protéine fibreuse qui donne sa résistance mécanique à la structure. Sollicité en tension, le tendon transmet la force du muscle à l'os. Lorsqu'il est soumis à des contraintes répétitives, à des microtraumatismes ou à des surcharges, des micro-lésions apparaissent dans les fibres de collagène. L'organisme déclenche alors une réponse inflammatoire pour réparer les tissus : c'est la tendinite aiguë.

    Important — La prise en charge d'une tendinopathie (terme moderne pour « tendinite ») associe, sous suivi professionnel : repos relatif, glaçage, gestion de la charge et exercices excentriques (protocole Stanish/Alfredson). Les apports nutritionnels (collagène alimentaire + vitamine C, que l'on trouve surtout dans les fruits frais, oméga-3) s'inscrivent en simple soutien d'hygiène de vie.

    Si le processus se répète ou si la réparation n'est pas menée à terme, la structure du tendon se modifie : c'est la tendinopathie chronique, parfois appelée à tort « tendinite chronique ». À ce stade, on observe une dégénérescence des fibres, une désorganisation de la matrice et parfois une calcification localisée.

    Tendinite de l'épaule : coiffe des rotateurs et tendon de l'épaule

    Localisations fréquentes

    • Épaule : tendinite de la coiffe des rotateurs, bursite sous-acromiale.
    • Coude : épicondylite (tennis elbow) ou épitrochléite (golf elbow).
    • Poignet : tendinite de De Quervain.
    • Hanche : tendinite du moyen fessier.
    • Genou : tendinite rotulienne, syndrome de l'essuie-glace.
    • Cheville : tendinite du tendon d'Achille, tendinite du tibial postérieur.

    Causes principales et facteurs favorisants

    La tendinite résulte d'un déséquilibre entre les sollicitations imposées au tendon et sa capacité à les encaisser. Plusieurs facteurs peuvent se combiner :

    Famille de facteurs Exemples Niveau d'action
    Mécaniques Gestes répétitifs, matériel inadapté, mauvaise technique sportive Ergonomie, coaching, matériel
    Surcharge Augmentation brutale du volume d'entraînement, efforts répétés Planification, progression douce
    Hygiène de vie Déshydratation, sommeil insuffisant, stress Repos, eau, gestion du stress
    Alimentaires Alimentation déséquilibrée, apports insuffisants en micronutriments Rééquilibrage alimentaire global
    Médicamenteux Certains antibiotiques (fluoroquinolones), corticoïdes par voie générale Avis médical, substitution éventuelle
    Terrain Âge (> 40 ans), diabète, troubles métaboliques Suivi médical, équilibre glycémique
    Bon à savoir : une hydratation insuffisante est souvent citée parmi les facteurs de fragilité tendineuse, même si les études restent rares sur ce point. Le tendon est en grande partie composé d'eau : viser 1,5 à 2 litres par jour, plus si activité physique intense ou chaleur, fait partie intégrante d'une bonne hygiène de vie.

    Symptômes : reconnaître la tendinite

    Les signes classiques d'une tendinite débutante :

    • Douleur localisée sur le trajet du tendon, augmentant à la mobilisation active contre résistance.
    • Raideur matinale ou après un temps d'immobilisation prolongé.
    • Gonflement discret ou chaleur locale dans les formes aiguës.
    • Craquements à la mobilisation (crépitations dans la gaine du tendon).
    • Douleur nocturne dans les formes avancées de la coiffe des rotateurs.

    Ces symptômes doivent conduire à une consultation médicale, d'autant plus s'ils persistent au-delà de 7 à 10 jours, s'accompagnent d'une impotence fonctionnelle marquée ou de signes généraux (fièvre, rougeur intense). Seul un professionnel de santé peut confirmer le diagnostic, écarter les diagnostics différentiels (rupture partielle, tendinopathie calcifiante, atteinte articulaire) et définir la prise en charge adaptée.

    Prise en charge médicale : le socle

    La prise en charge d'une tendinite repose classiquement sur le protocole RICE (Rest, Ice, Compression, Elevation), complété selon les cas par :

    • Repos relatif : éviter le geste déclencheur, sans immobilisation totale prolongée qui pourrait fragiliser davantage le tendon.
    • Kinésithérapie : travail excentrique (protocole de Stanish), étirements adaptés, mobilisations.
    • Traitement médical : médicaments sur prescription, parfois infiltrations pour les formes rebelles — décidés et suivis par le médecin.
    • Imagerie : échographie ou IRM pour objectiver la lésion et écarter les diagnostics différentiels.

    Les approches nutritionnelles et les plantes décrites ci-dessous relèvent d'une démarche d'hygiène de vie complémentaire à ce socle médical.

    Alimentation et terrain inflammatoire

    L'alimentation participe à l'équilibre global de l'organisme. Les grandes lignes d'une alimentation variée, dans le cadre d'une bonne hygiène de vie tendineuse :

    À privilégier

    • Oméga-3 à chaîne longue : poissons gras (sardines, maquereau, saumon), huiles de lin et de colza vierges. L'EPA et le DHA contribuent à une fonction cardiaque normale (allégation EFSA à partir de 250 mg/j) et s'inscrivent dans une alimentation équilibrée.
    • Fruits et légumes colorés : baies, crucifères, légumes-feuilles. Source de vitamine C et de composés végétaux variés.
    • Protéines de qualité : œufs, viandes blanches, poissons, légumineuses. Elles apportent les acides aminés, matière première du collagène tendineux.
    • Hydratation : 1,5 à 2 litres d'eau par jour, davantage si sport ou chaleur.

    À limiter

    • Sucres raffinés et produits ultra-transformés.
    • Graisses trans et excès d'oméga-6 (huiles de tournesol/maïs raffinées), pour préserver un bon ratio oméga-3/oméga-6.
    • Alcool (perturbation du sommeil et de la récupération).
    • Excès de charcuteries et de viandes rouges.

    Tendinite du genou : tendon rotulien et alimentation

    Nutriments clés pour le tendon

    Plusieurs micronutriments interviennent dans la synthèse et la qualité du collagène, principal constituant du tendon :

    Nutriment Rôle (allégation EFSA le cas échéant) Sources principales
    Vitamine C Contribue à la formation normale de collagène (allégation EFSA) Agrumes, kiwi, poivron, cassis, persil
    Zinc Contribue à protéger les cellules contre le stress oxydatif ; rôle dans la synthèse protéique Huîtres, germes de blé, graines de courge, bœuf
    Cuivre Contribue au maintien de tissus conjonctifs normaux (allégation EFSA) Foie, cacao cru, fruits secs, crustacés
    Manganèse Contribue à la formation normale de tissus conjonctifs (allégation EFSA) Thé, céréales complètes, ananas, oléagineux
    Silicium Constituant traditionnellement associé au tissu conjonctif Prêle, ortie, bambou, eaux minérales riches
    Magnésium Contribue à une fonction musculaire normale (allégation EFSA) Cacao, oléagineux, légumineuses, eaux
    Vitamine D Contribue à une fonction musculaire normale (allégation EFSA) Poissons gras, exposition solaire, œufs
    Protéines Contribuent au maintien d'une masse musculaire normale (allégation EFSA) ; matière première du collagène Œufs, viandes, poissons, légumineuses

    Ces allégations encadrent les communications autorisées ; elles ne valent pas indication thérapeutique. Dans certains cas, une supplémentation ciblée en collagène hydrolysé (associée à de la vitamine C) ou en silicium organique peut être envisagée dans le cadre d'un accompagnement professionnel. Le collagène marin en poudre apporte par exemple la glycine, la proline et l'hydroxyproline du collagène. Les compléments articulaires à base de glucosamine et chondroïtine concernent plutôt le cartilage que le tendon.

    À retenir : le collagène alimentaire (bouillon d'os, gelée, peau) fournit les acides aminés glycine, proline et hydroxyproline impliqués dans la synthèse du collagène. Consommé avec une source de vitamine C (orange, kiwi, poivron) — qui contribue à la formation normale de collagène —, il s'intègre à un soutien nutritionnel du tissu conjonctif.

    Plantes et approches traditionnelles

    La phytothérapie et l'herboristerie traditionnelle proposent plusieurs approches d'accompagnement :

    • Harpagophytum (griffe du diable) : racine sud-africaine traditionnellement utilisée pour le confort articulaire et musculo-tendineux.
    • Curcuma : rhizome riche en curcuminoïdes, à associer au poivre noir pour améliorer l'absorption ; on le trouve aussi en gélules, comme notre Curcuma Liposomal. Une méta-analyse de 8 essais, menés surtout chez des personnes souffrant d'arthrose, a observé une baisse de la douleur avec environ 1 000 mg de curcumine par jour ; les auteurs jugent ces essais trop peu nombreux pour conclure, et aucun ne porte sur le tendon (1). Si vous en prenez, gardez-le en complément des exercices, et consultez les contre-indications du curcuma à connaître avant d'en prendre, notamment avec un anticoagulant.
    • Gingembre : une méta-analyse de 5 essais (593 personnes souffrant d'arthrose) a relevé une baisse modeste de la douleur avec des extraits de gingembre, avec toutefois plus d'arrêts pour effets indésirables qu'avec le placebo (2). En cuisine ou en infusion, il se consomme sans précaution particulière ; les extraits concentrés demandent un avis médical sous anticoagulant.
    • Ginseng : souvent associé à la tendinite dans les recherches, il n'a pourtant pas été testé chez des personnes qui en souffrent. Les travaux sur ses ginsénosides et le tendon portent sur des cellules ou des animaux. Il est traditionnellement consommé pour la vitalité.
    • Aloe vera : le gel, appliqué en massage, laisse une sensation de fraîcheur appréciée. Quelques études chez le rat ont porté sur la cicatrisation du tendon, aucune chez l'humain.
    • Huile de nigelle : quelques petits essais iraniens chez des personnes souffrant d'arthrose du genou, en application locale, aucun sur le tendon. Elle s'emploie diluée comme huile de massage.
    • Reine-des-prés : plante européenne contenant des salicylés naturels, à éviter en cas d'allergie à l'aspirine.
    • Cassis (bourgeons, feuilles) : tradition européenne pour le confort musculo-squelettique.
    • Prêle : riche en silicium, traditionnellement associée au tissu conjonctif.
    • Bromélaïne (ananas) : enzyme protéolytique, traditionnellement employée dans l'accompagnement des suites d'effort.

    Notre dossier sur les plantes et nutriments du confort articulaire détaille les usages traditionnels de ces plantes et leurs modes d'emploi dans une démarche d'hygiène de vie.

    Applications externes traditionnelles

    En usage externe, plusieurs préparations sont employées par la tradition pour le confort des articulations et des tendons, en complément d'un suivi médical :

    • Cataplasme d'argile verte : application froide de 20 à 30 minutes, renouvelable 1 à 2 fois par jour. L'effet ressenti tient surtout au froid et au repos pendant la pose ; notre page sur les usages de l'argile verte en cataplasme détaille la préparation. Le cataplasme de curcuma n'a pas été étudié, et il colore la peau pendant quelques jours.
    • Huile essentielle de gaulthérie couchée : très concentrée en salicylate de méthyle, toujours diluée dans une huile végétale et jamais en cas de grossesse, d'allergie à l'aspirine ou de traitement anticoagulant.
    • Huile d'arnica : application locale, hors plaie ouverte.

    Prévention au quotidien

    Mieux vaut prévenir que prendre en charge : plusieurs habitudes simples aident à réduire le risque de tendinite.

    • Échauffement systématique avant tout effort, même court, avec mobilisations articulaires douces.
    • Étirements après l'effort, sur un tendon chaud, sans à-coups.
    • Progression douce dans le volume et l'intensité (règle des +10 % par semaine maximum).
    • Ergonomie : poste de travail, matériel sportif, technique gestuelle.
    • Hydratation continue, surtout en activité ou en atmosphère chaude/sèche.
    • Sommeil : 7 à 9 heures, principal moment de réparation tissulaire.
    • Alternance d'activités pour éviter la surcharge d'un même groupe musculo-tendineux.
    Bon à savoir : les sportifs de plus de 40 ans gagnent à intégrer 2 à 3 séances de renforcement excentrique par semaine, accompagnées d'un travail de mobilité. Le protocole de Stanish, utilisé en kinésithérapie, cible particulièrement le tendon et favorise sa robustesse dans la durée.

    Précautions et signes d'alerte

    Certaines situations imposent un avis médical rapide :

    • Douleur très intense, impossibilité de mobiliser l'articulation.
    • Craquement brutal ressenti pendant un effort (évoquant une rupture).
    • Gonflement important, rougeur, chaleur, fièvre (risque infectieux).
    • Douleur persistant plus de 2 semaines malgré le repos.
    • Douleur nocturne invalidante.
    • Antécédent de prise récente de fluoroquinolones (antibiotiques).

    Les compléments alimentaires, les plantes et les préparations traditionnelles ne remplacent jamais un diagnostic et un traitement médical. Ils s'inscrivent dans une démarche d'hygiène de vie, toujours en complément d'un suivi professionnel. En cas de grossesse, d'allaitement, de maladie chronique ou de prise de médicaments, un avis pharmacologique préalable est indispensable.

    Quand consulter — Une douleur persistante au-delà de 2 semaines, un gonflement, une perte de mobilité ou une rougeur imposent un avis médical (orthopédiste, kinésithérapeute). Une tendinopathie négligée peut évoluer vers la rupture tendineuse.

    Comprendre la tendinite : physiopathologie

    Le terme « tendinite » est aujourd'hui considéré comme imprécis par les sociétés savantes : l'atteinte correspond plus exactement à une « tendinopathie », terme générique qui regroupe les atteintes tendineuses dégénératives (tendinose), micro-traumatiques répétitives, ou inflammatoires aiguës. Histologiquement, la grande majorité des « tendinites chroniques » sont en réalité des tendinoses, c'est-à-dire une dégénérescence des fibres de collagène avec néo-vascularisation aberrante et désorganisation matricielle, sans inflammation marquée.

    Les tendons les plus fréquemment touchés sont ceux de la coiffe des rotateurs (épaule, sus-épineux), le tendon d'Achille, le tendon rotulien (genou du sauteur), les tendons épicondyliens du coude (tennis-elbow), les tendons des fléchisseurs (doigts à ressaut) et le tendon du moyen fessier (hanche). Les facteurs favorisants incluent la surutilisation, les gestes répétitifs, le vieillissement (perte de qualité du collagène après 40 ans), le diabète, l'hypercholestérolémie et certains médicaments (fluoroquinolones, corticoïdes systémiques).

    Approches de prise en charge documentées

    La prise en charge médicale d'une tendinopathie repose sur plusieurs piliers, définis et suivis par le professionnel de santé. Le repos relatif (pas l'immobilisation totale) avec adaptation des activités est la première mesure. La cryothérapie (glace, 15-20 minutes, plusieurs fois par jour) en phase aiguë vise à réduire la douleur. Le choix des médicaments (antalgiques, traitements locaux ou par voie orale) relève du médecin. L'infiltration de corticoïdes peut soulager rapidement mais reste discutée car elle peut fragiliser le tendon à long terme.

    La rééducation par kinésithérapie est aujourd'hui considérée comme le traitement de référence. Le protocole le mieux validé scientifiquement (Stanish, Alfredson (3)) repose sur des exercices excentriques progressifs, qui favorisent la réorganisation de la matrice tendineuse. Au coude, plusieurs essais cliniques rapportent de meilleurs résultats avec la rééducation qu'avec les infiltrations à 6 mois et au-delà. La physiothérapie complémentaire (ondes de choc radiales, laser, ultrasons) est étudiée avec des résultats variables selon les indications.

    Les chiffres de ces essais aident à remettre plantes et compléments à leur juste place. Le protocole d'Alfredson prévoit 3 séries de 15 répétitions, genou tendu puis genou fléchi, deux fois par jour et 7 jours sur 7 : cela fait 180 descentes lentes par jour, soit environ 15 000 sur les 12 semaines du programme (3). Dans l'essai de Praet sur le collagène, les 20 participants suivaient eux aussi des exercices du mollet, et le groupe placebo a progressé de 5,3 points au score VISA-A en trois mois, contre 12,6 avec les peptides de collagène (4). Un complément se juge donc par-dessus un travail de renforcement régulier ; sans les exercices, aucun de ces résultats ne s'applique.

    Approches nutritionnelles et plantes étudiées

    Plusieurs nutriments et plantes ont fait l'objet d'études en accompagnement. Le collagène hydrolysé (5-15 g/jour, peptides spécifiques) associé à la vitamine C (50-200 mg) environ une heure avant l'effort fait l'objet d'études cliniques sur la synthèse du collagène et le tissu tendineux, notamment chez les sportifs (5)(4)(6). La vitamine C contribue à la formation normale de collagène (allégation EFSA), ce qui la rend pertinente pour le tissu conjonctif (7).

    Le silicium organique est traditionnellement associé au tissu conjonctif. La vitamine D (1 000-2 000 UI/jour) et le magnésium contribuent à une fonction musculaire normale (allégations EFSA). Le curcuma à dose biodisponible (avec pipérine ou phytosomes) et la bromélaïne (250-1 000 mg entre les repas, issue de l'ananas) sont étudiés dans le contexte tendineux, avec un niveau de preuve qui reste limité chez l'humain (8)(9).

    Côté plantes, l'harpagophyton (Harpagophytum procumbens) ou « griffe du diable » est l'une des plantes les mieux documentées pour le confort articulaire, traditionnellement employée à 600-1 800 mg/jour d'extrait standardisé en harpagosides. Le boswellia (Boswellia serrata), à 300-500 mg/jour d'extrait titré en acides boswelliques, fait l'objet de plusieurs essais. La reine-des-prés et le saule blanc, sources naturelles de salicine, comptent parmi les plantes traditionnelles du confort musculo-articulaire.

    Hygiène de vie et prévention

    La prévention des récidives passe par plusieurs leviers. L'analyse du geste sportif ou professionnel à l'origine de la sollicitation excessive est essentielle (kinésithérapeute du sport, ergonome). L'échauffement progressif avant l'effort et les étirements doux après sont importants. L'augmentation progressive de la charge d'entraînement (règle des 10 % d'augmentation hebdomadaire maximale) aide à éviter les surcharges.

    L'hydratation, le sommeil de qualité et une alimentation variée soutiennent la récupération tissulaire. Le contrôle des facteurs de risque associés (diabète, dyslipidémie, surpoids) est important pour les tendinopathies chroniques récidivantes. L'arrêt du tabac est essentiel : la nicotine altère la microcirculation tendineuse et freine la cicatrisation.

    Quand consulter et signaux d'alerte

    Bon réflexe — Quand voir un médecin

    Une douleur tendineuse qui persiste plus de 4-6 semaines malgré le repos, qui s'aggrave la nuit, qui s'accompagne d'un gonflement marqué, d'un hématome, d'une perte de force, d'un craquement audible (rupture tendineuse possible) ou d'une limitation fonctionnelle importante doit conduire à une consultation médicale. Une échographie ou une IRM peut être nécessaire pour préciser le diagnostic et orienter la prise en charge.

    Le suivi est multidisciplinaire : médecin du sport ou rhumatologue, kinésithérapeute, parfois chirurgien orthopédiste pour les tendinopathies sévères ou rebelles. Le pronostic des tendinopathies bien prises en charge est généralement favorable, avec une récupération en 3-6 mois pour la majorité des patients. Les formes chroniques (> 3 mois) imposent une rééducation prolongée et parfois des techniques avancées (PRP, ondes de choc, chirurgie en ultime recours).

    Questions fréquentes sur la tendinite

    Combien de temps dure une tendinite ?

    Une tendinite aiguë bien prise en charge dure typiquement 2 à 6 semaines. Sans prise en charge ou avec poursuite du geste déclencheur, elle peut se chroniciser et durer plusieurs mois. La rééducation par un kinésithérapeute accélère généralement la récupération.

    Faut-il immobiliser complètement l'articulation ?

    Non, l'immobilisation totale prolongée est contre-productive et peut aggraver la dégénérescence tendineuse. Le repos doit être relatif : éviter le geste déclencheur, mais maintenir une mobilisation douce et un travail excentrique progressif selon les recommandations du kinésithérapeute.

    Le froid ou le chaud ?

    Le froid (glace enveloppée dans un linge, 15 à 20 minutes) est généralement indiqué en phase aiguë pour réduire la gêne et la douleur. Le chaud est plus adapté en phase chronique ou en préparation à l'effort, pour assouplir les tissus. En cas de doute, demandez l'avis de votre kinésithérapeute.

    Les plantes du confort articulaire sont-elles utiles ?

    Des plantes comme l'harpagophytum, racine africaine dite griffe du diable, le curcuma ou la reine-des-prés sont traditionnellement employées pour accompagner le confort tendineux. Les données cliniques chez l'humain restent limitées. Demandez conseil à un professionnel de santé, surtout en cas de traitement en cours.

    Faut-il éviter complètement le sport ?

    Non. Il faut éviter le geste déclencheur et adapter l'activité. La natation ou le vélo peuvent souvent être maintenus en cas de tendinite de l'épaule ou du coude. L'important est la progressivité et l'écoute du signal douloureux.

    Le collagène hydrolysé aide-t-il vraiment ?

    Les études récentes suggèrent qu'une supplémentation en collagène hydrolysé associée à de la vitamine C, environ 1 heure avant l'effort, pourrait soutenir la qualité du tissu conjonctif. Les résultats sont encourageants mais variables selon les individus. À intégrer dans une démarche globale incluant alimentation, sommeil et prise en charge médicale.

    Les infiltrations sont-elles obligatoires ?

    Non. Les infiltrations de corticoïdes sont une option de seconde intention, sur indication médicale, pour les formes rebelles. Elles soulagent rapidement mais peuvent fragiliser le tendon à long terme. Toujours discuter avec votre médecin du rapport bénéfice/risque.

    Peut-on avoir une tendinite sans faire de sport ?

    Oui, absolument. Les gestes répétitifs au travail, la posture, l'ergonomie du poste, les activités quotidiennes (jardinage, bricolage, port de charges) peuvent provoquer des tendinites sans pratique sportive régulière.

    Que faire naturellement pour une tendinite de l'épaule ?

    Aucune plante n'a été évaluée spécifiquement sur l'épaule. Les gestes restent les mêmes, avec quelques adaptations : du froid sur l'avant et le côté de l'épaule, pas de travail les bras au-dessus de la tête, dormir sur l'autre côté avec un coussin pour caler le bras, et garder l'épaule mobile par des mouvements de pendule (bras relâché, buste penché en avant). La récupération y est souvent plus lente qu'au coude, et le renforcement de la coiffe des rotateurs avec un kinésithérapeute en reste la base.

    Références scientifiques

    1. Daily JW, Yang M, Park S. Efficacy of Turmeric Extracts and Curcumin for Alleviating the Symptoms of Joint Arthritis: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Clinical Trials. J Med Food. 2016;19(8):717-729. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27533649.
    2. Bartels EM, Folmer VN, Bliddal H et al. Efficacy and safety of ginger in osteoarthritis patients: a meta-analysis of randomized placebo-controlled trials. Osteoarthritis Cartilage. 2015;23(1):13-21. doi.org/10.1016/j.joca.2014.09.024.
    3. Alfredson H, Pietilä T, Jonsson P, Lorentzon R. Heavy-load eccentric calf muscle training for the treatment of chronic Achilles tendinosis. Am J Sports Med. 1998;26(3):360-366. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/9617396.
    4. Praet SFE et al. Oral Supplementation of Specific Collagen Peptides Combined with Calf-Strengthening Exercises Enhances Function and Reduces Pain in Achilles Tendinopathy Patients. Nutrients. 2019;11(1):76. pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6356409.
    5. Shaw G et al. Vitamin C-enriched gelatin supplementation before intermittent activity augments collagen synthesis. Am J Clin Nutr. 2017;105(1):136-143. pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5183725.
    6. Khatri M et al. The effects of collagen peptide supplementation on body composition, collagen synthesis, and recovery from joint injury and exercise: a systematic review. Amino Acids. 2021;53(10):1493-1506. pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8521576.
    7. Noriega-González D et al. Effect of Vitamin C on Tendinopathy Recovery: A Scoping Review. Nutrients. 2022;14(13):2663. doi.org/10.3390/nu14132663.
    8. Burton I, McCormack A. Nutritional Supplements in the Clinical Management of Tendinopathy: A Scoping Review. J Sport Rehabil. 2023;32(5):493-504. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37146985.
    9. Fusini F, Bisicchia S et al. Nutraceutical supplement in the management of tendinopathies: a systematic review. Muscles Ligaments Tendons J. 2016;6(1):48-57. pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4915461.
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