Le rôle du microbiote intestinal et des fibres spécifiques - Natura Force

Le rôle du microbiote intestinal et des fibres spécifiques

Le microbiote intestinal, composé d’environ dix mille milliards de micro-organismes (bactéries, virus, champignons et parasites non pathogènes), représente jusqu’à 2 kg de biomasse chez l’adulte. Au-delà de son rôle digestif, il influence aussi notre système immunitaire, notre métabolisme, notre humeur et notre appétit.

Les fibres alimentaires constituent le principal carburant de ces micro-organismes. En favorisant certaines bactéries bénéfiques, elles participent au maintien d’un équilibre microbien essentiel à notre santé. Cette relation étroite entre alimentation et flore intestinale ouvre des pistes majeures pour la prévention de nombreuses maladies.

Nous allons ici aborder 5 aspects clés : la composition du microbiote, ses fonctions digestives et métaboliques, le rôle des fibres, la communication intestin-cerveau et les effets des déséquilibres microbiens sur la santé digestive.

Composition et diversité du microbiote intestinal

La richesse incroyable de notre microbiote

Le microbiote héberge environ 10 mille milliards de micro-organismes, principalement localisés dans l’intestin grêle et le côlon. Leur densité augmente tout au long du tube digestif : très faible dans l’estomac, intermédiaire dans l’intestin grêle, et maximale dans le côlon, où l’environnement anaérobie favorise une diversité bactérienne exceptionnelle (1).

Les techniques de séquençage ont permis d’identifier près d’un millier d’espèces, majoritairement bactériennes. Chaque individu possède ainsi un microbiote unique, avec en moyenne 160 espèces, dont seule une partie est partagée entre les individus. Malgré cette variabilité, un noyau commun de 15 à 20 espèces assure les fonctions essentielles du microbiote.

Cette diversité microbienne dépend fortement de l’alimentation, en particulier de l’apport en fibres fermentescibles. Des fibres comme celles contenues dans le psyllium blond bio participent à nourrir différentes familles bactériennes et à soutenir l’équilibre global de cet écosystème intestinal complexe.

Outre les bactéries, le microbiote comprend également des phages, qui régulent les populations bactériennes, ainsi que des champignons et levures, formant un ensemble interconnecté indispensable au bon fonctionnement digestif et métabolique.

Fonctions digestives et métaboliques

Les fonctions digestive

Le microbiote participe à la digestion en fermentant les fibres et autres substrats non digestibles par nos enzymes. Il permet ainsi l’assimilation de nutriments et la production d’acides gras à chaîne courte (AGCC) tels que l’acétate, le propionate et le butyrate (2).

Fournir de l'énergie à nos cellules

Ces AGCC fournissent de l’énergie aux cellules intestinales, renforcent la barrière intestinale et exercent des effets anti-inflammatoires. Le butyrate joue un rôle central dans la santé de la muqueuse intestinale.

Les autres fonctions du microbiote

Le microbiote contribue également à la synthèse de vitamines (K et groupe B), de certains acides aminés essentiels, et à la régulation de l’absorption des minéraux. Les études chez les animaux sans microbiote montrent une augmentation significative des besoins énergétiques et des altérations digestives et immunitaires, soulignant son rôle fondamental dans le métabolisme humain.


Image floue de cellule biologique avec zones sombres et claires

Les fibres alimentaires au service du microbiote

Définition et types de fibres prébiotiques

Les fibres alimentaires prébiotiques sont des polysaccharides complexes que nos enzymes digestives ne peuvent dégrader. Elles traversent l’estomac et l’intestin grêle intactes, puis sont fermentées dans le côlon par certaines bactéries intestinales, entraînant la production de métabolites bénéfiques, notamment les acides gras à chaîne courte (AGCC).

Les prébiotiques stimulent sélectivement la croissance de bactéries bénéfiques, en particulier les Bifidobacterium et les Lactobacillus. Il existe plusieurs types de fibres prébiotiques selon leur longueur de chaîne et leur vitesse de fermentation. Les fructo-oligosaccharides à chaînes courtes, comme les fibres Actilight, sont rapidement fermentées et bien tolérées sur le plan digestif, contrairement aux fibres à chaînes longues comme l’inuline de chicorée, dont la fermentation est plus progressive.

Type de fibre Longueur de chaîne Fermentation Tolérance digestive
Fructo-oligosaccharides (FOS) Courte Rapide Excellente
Inuline de chicorée Longue Progressive Variable
Fibres de maïs Longue Lente Bonne
Pectine d'agrumes Moyenne Moyenne Bonne

Les bactéries intestinales présentent des capacités différentes pour dégrader ces fibres. Les bifidobactéries privilégient certains prébiotiques comme l’inuline, tandis que les Bacteroides utilisent une plus grande variété de substrats. Cette complémentarité explique pourquoi une consommation diversifiée de fibres favorise la richesse du microbiote (3).

Sources alimentaires et bénéfices des fibres

Une alimentation riche et variée en fibres est essentielle au bon fonctionnement du microbiote. Elle repose sur la consommation régulière de fruits et légumes entiers, de céréales complètes, de légumineuses et de fruits oléagineux.

De nombreux aliments courants, comme l’oignon, l’ail, la banane, les asperges, l’artichaut, la pomme, la chicorée ou les flocons d’avoine, constituent des sources naturelles de prébiotiques. Ils soutiennent la croissance des bactéries bénéfiques et contribuent à une plus grande diversité microbienne, associée à une meilleure résilience et à un effet protecteur sur la santé digestive.

Vue détaillée de coraux colorés aux formes organiques ondulantes

Système nerveux entérique et voies de communication

Le système nerveux entérique comprend plus de 100 millions de neurones répartis le long du tube digestif. Il régule de façon autonome les fonctions sensorielles, motrices, sécrétoires et immunitaires de l’intestin, ce qui lui vaut le qualificatif de « deuxième cerveau ».

L’axe intestin-cerveau correspond à une communication bidirectionnelle entre l’intestin et le cerveau, assurée par trois voies principales :

  • la voie neuronale, via le nerf vague et le système nerveux entérique,

  • la voie endocrinienne, par des hormones comme le cortisol,

  • la voie immunitaire, par la modulation des cytokines.

Le nerf vague relie directement l’intestin aux centres cérébraux impliqués dans l’appétit et les émotions. Le microbiote peut ainsi influencer le comportement alimentaire et l’humeur, tandis que le cerveau modifie en retour l’environnement intestinal par des signaux nerveux et hormonaux.

Microbiote et signaux de satiété

Les bactéries intestinales produisent des acides gras à chaîne courte (AGCC) qui stimulent la sécrétion du GLP-1 et du PYY, hormones clés de la satiété. Ces métabolites activent également le nerf vague et réduisent l’inflammation de l’hypothalamus, améliorant la régulation de l’appétit (4).

Environ 90 % de la sérotonine de l’organisme est produite dans l’intestin sous l’influence du microbiote. Elle participe à la motricité digestive et à la transmission des signaux de satiété. Certaines souches de Lactobacillus et Bifidobacterium produisent aussi du GABA, tandis que la dopamine, impliquée dans la récompense alimentaire, est modulée par la flore intestinale. Ces interactions expliquent le rôle central du microbiote dans le contrôle de l’appétit.

Dysbiose et santé digestive

Définition et mécanismes

La dysbiose correspond à un déséquilibre qualitatif et fonctionnel du microbiote, marqué par une perte de diversité et une prolifération bactérienne défavorable. Elle s’accompagne d’une diminution des AGCC, d’une altération de la satiété et d’une augmentation de la perméabilité intestinale.

Cette perméabilité facilite le passage de lipopolysaccharides bactériens dans la circulation, induisant une inflammation chronique de bas grade. Celle-ci perturbe la signalisation hypothalamique de la satiété et favorise une élévation de la ghréline, renforçant la sensation de faim. Le stress chronique accentue ces effets via l’augmentation du cortisol.

Pathologies associées

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, comme la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, illustrent les conséquences d’une dysbiose prolongée. Elles se caractérisent par une diminution de bactéries protectrices, telles que Faecalibacterium prausnitzii, et une augmentation de bactéries pro-inflammatoires. La dysbiose entretient alors un cercle vicieux avec l’inflammation (5).

Le syndrome de l’intestin irritable est le trouble le plus fréquent de l’axe intestin-cerveau, associant douleurs abdominales, ballonnements et troubles du transit. Les traitements antibiotiques répétés constituent également un facteur majeur de dysbiose, pouvant altérer durablement la flore intestinale.

Approche nutritionnelle

Pour préserver ou restaurer l’équilibre du microbiote, il est recommandé de privilégier :

  • Légumes crucifères,

  • Racines riches en fibres,

  • Graines (lin, chia, psyllium),

  • Céréales ancestrales.

L’association de fibres prébiotiques variées et d’aliments fermentés riches en probiotiques favorise la diversité microbienne et renforce la barrière intestinale.

Références scientifiques :

(1) https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32483313/

(2) https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6463098/

(3) https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30531842/

(4) https://www.health.harvard.edu/diseases-and-conditions/the-gut-brain-connection

(5) https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0016508519411149

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