- Perte de poids : tonification et dépense calorique ne sont pas la même chose
- Combien de calories une séance de Pilates fait-elle réellement dépenser ?
- Ce que montrent les études sur le Pilates et la composition corporelle
- Pilates au sol ou sur Reformer : la différence change-t-elle la donne ?
- Pilates seul ou associé à d'autres activités : quelle place dans une stratégie minceur
- Alimentation, récupération musculaire et régularité
- À quel rythme pratiquer le Pilates pour viser un objectif de poids
- Attentes réalistes : ce que le Pilates peut, et ne peut pas, faire
- Questions fréquentes
- Références scientifiques
Le Pilates est aujourd'hui proposé dans de nombreuses salles comme une option « minceur », parfois au même titre que le cardio-training. Cette réputation résiste-t-elle vraiment à l'examen des données ? Cet article ne revient ni sur l'histoire de la méthode, ni sur le détail de ses exercices : vous trouverez tout cela sur notre page consacrée à la méthode Pilates et à ses exercices pas à pas. Il se concentre sur une question plus précise : le Pilates fait-il perdre du poids, par quel mécanisme, et à quelles conditions peut-on l'intégrer intelligemment dans un objectif de perte de poids ?
Perte de poids : tonification et dépense calorique ne sont pas la même chose

La confusion la plus fréquente autour du Pilates et de la minceur tient à un raccourci : « ça muscle en profondeur, donc ça fait maigrir ». Or ce sont deux phénomènes distincts. La tonification musculaire — le renforcement du transverse, des muscles profonds du tronc, des stabilisateurs de la posture — est un effet bien documenté du Pilates, quel que soit l'objectif de poids. La perte de masse grasse, elle, dépend avant tout d'un déficit calorique global, construit sur la semaine entière à partir de l'alimentation et de l'ensemble de l'activité physique. Un même exercice peut renforcer un muscle sans faire fondre la graisse qui le recouvre : la silhouette « affinée » ressentie après quelques semaines de Pilates régulier tient souvent davantage à l'amélioration du gainage et de la posture qu'à une perte de tissu adipeux mesurable.
Combien de calories une séance de Pilates fait-elle réellement dépenser ?
Une revue systématique récente, portant sur six études mesurant la dépense énergétique du Pilates par calorimétrie ou analyse des gaz respiratoires, situe l'intensité moyenne d'une séance à environ 3,7 MET (intervalle de confiance à 95 % : 3,1-4,3), soit approximativement 3,8 kilocalories par minute [1]. Ce niveau correspond globalement à une intensité légère à modérée, plus proche d'une marche active que d'un effort cardio soutenu. Un facteur ressort nettement de cette synthèse : des temps de récupération courts entre les exercices (60 secondes ou moins) sont associés à une intensité sensiblement plus élevée (environ 3,4 MET) que des récupérations plus longues (environ 2,0 MET) [1]. Autrement dit, la façon d'enchaîner les exercices pèse davantage sur la dépense calorique que le choix des exercices eux-mêmes.
Concrètement, une dépense de l'ordre de 3 à 4 kcal par minute [1] situe une séance de Pilates de 50 minutes dans un ordre de grandeur proche de celui d'une marche active de même durée, et nettement en dessous d'une séance de course à pied ou de vélo à intensité soutenue sur la même durée — un repère chiffré utile pour situer concrètement le Pilates parmi les activités disponibles avant de construire un programme.
Ce que montrent les études sur le Pilates et la composition corporelle

Au-delà de la dépense calorique instantanée, plusieurs essais cliniques se sont penchés sur les effets d'une pratique régulière de Pilates, sur plusieurs semaines, chez des adultes en surpoids ou en situation d'obésité. Une méta-analyse regroupant onze essais randomisés et 393 participants observe une réduction du poids corporel, de l'indice de masse corporelle et du pourcentage de masse grasse chez les pratiquants de Pilates par rapport aux groupes témoins n'ayant pas suivi de programme structuré [2]. Ce résultat doit toutefois être nuancé : une revue systématique antérieure sur le même sujet rapportait des données plus hétérogènes, certaines études ne retrouvant aucun changement significatif de la composition corporelle après plusieurs semaines de Pilates, faute notamment de groupes de comparaison suffisamment rigoureux [3].
Un essai comparant directement Pilates et marche à intensité modérée chez des adultes en surpoids apporte un éclairage utile : sur la durée de l'étude, aucun des deux groupes n'a connu de perte de poids totale significative en l'absence d'intervention nutritionnelle associée. En revanche, le groupe Pilates a présenté une amélioration plus marquée de la composition corporelle (gain de masse maigre, réduction de la masse grasse) que le groupe marche, avec des tailles d'effet toutefois modestes [4]. Ce type de résultat illustre bien la distinction posée plus haut : le Pilates semble davantage agir sur la répartition entre masse grasse et masse maigre que sur le poids total affiché par la balance.
Pilates au sol ou sur Reformer : la différence change-t-elle la donne ?
Le Pilates se pratique sous deux formes principales : au sol, sur tapis, à mains nues ou avec de petits accessoires ; ou sur des appareils, dont le plus connu est le Reformer, un chariot coulissant relié à un système de ressorts qui ajoute de la résistance au mouvement. Une étude ayant comparé les deux formats sur les mêmes participants a mesuré une dépense énergétique moyenne de 2,59 kcal par minute sur Reformer contre 1,93 kcal par minute au tapis, ainsi qu'une consommation d'oxygène et une fréquence cardiaque plus élevées sur l'appareil [5]. Concrètement, cela représente environ 130 kilocalories pour une séance de 50 minutes sur Reformer, contre environ 95 kilocalories au tapis sur la même durée — un écart réel mais qui reste, dans les deux cas, dans une fourchette d'intensité légère, sans élévation significative de la lactatémie [5]. Un essai plus récent mené spécifiquement chez des femmes en surpoids ou obèses a par ailleurs observé, après huit semaines de Pilates sur Reformer à raison de plusieurs séances hebdomadaires, une diminution du poids, de l'IMC et du pourcentage de masse grasse plus marquée que dans un groupe témoin, associée à une augmentation de la masse musculaire [6].
Le Reformer, équipement spécifique à la méthode Pilates, se retrouve aussi bien en studio qu'en version compacte pour un usage à domicile. Plusieurs fabricants se partagent ce marché, dont des marques françaises, positionnées comme une alternative aux fabricants historiques nord-américains, plus anciens et généralement plus haut de gamme. Le choix entre tapis et Reformer dépend surtout de votre budget, de l'accès à un studio et de la fréquence de pratique envisagée, plus que d'un écart de dépense calorique qui, on l'a vu, reste mesuré dans les deux cas.
Pilates seul ou associé à d'autres activités : quelle place dans une stratégie minceur

Les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé sur l'activité physique préconisent, pour les adultes, au moins 150 à 300 minutes par semaine d'activité d'intensité modérée, associées à des exercices de renforcement musculaire au moins deux jours par semaine [7]. Le Pilates répond bien au second volet — le renforcement musculaire global et profond — mais, compte tenu de son intensité mesurée plus haut, il complète rarement à lui seul le volet cardio-respiratoire de ces recommandations. Pour un objectif de perte de poids, l'associer à une activité plus intense sur le plan calorique, comme la marche rapide ou la course à pied, permet de couvrir les deux dimensions plutôt que de miser sur une seule pratique. Notre page sur la course à pied comme levier de perte de poids détaille cette logique complémentaire entre dépense cardio et renforcement musculaire.
Dans les faits, beaucoup de pratiquants alternent deux à trois séances de Pilates par semaine avec une ou deux sorties de marche rapide, de vélo ou de course, ce qui permet de bénéficier à la fois du travail postural et musculaire du Pilates et d'une dépense calorique plus soutenue sur les autres séances.
Alimentation, récupération musculaire et régularité
Quel que soit le format choisi, la régularité prime sur l'intensité ponctuelle d'une séance isolée. Une pratique de Pilates deux à trois fois par semaine, maintenue sur plusieurs mois, a plus de chances de produire des changements de composition corporelle mesurables qu'une séance occasionnelle très intense [2]. Cette régularité suppose une récupération correcte entre les séances : le magnésium contribue à une fonction musculaire normale et à réduire la fatigue, ce qui en fait un nutriment à surveiller particulièrement chez les personnes qui sollicitent régulièrement leurs muscles profonds, comme c'est le cas en Pilates. Natura Force propose à ce titre un complément de Magnésium naturel à trois formes assimilables (citrate, bisglycinate, glycérophosphate).
Côté alimentation, un objectif de perte de poids repose avant tout sur l'équilibre global de l'assiette plutôt que sur l'activité physique seule. Notre page sur les principaux aliments à limiter pour perdre du poids détaille les catégories d'aliments à surveiller en priorité pour ne pas neutraliser les efforts fournis en séance. La place des apports en oméga-3 dans une stratégie de perte de poids est un autre point souvent posé par les pratiquants réguliers d'activité physique, en particulier pour la récupération.
À quel rythme pratiquer le Pilates pour viser un objectif de poids
Les protocoles utilisés dans les études ayant observé des changements de composition corporelle allaient généralement de deux à cinq séances par semaine, sur des durées de six à seize semaines [2] [6]. En dessous de deux séances hebdomadaires, les effets rapportés sur la composition corporelle deviennent plus incertains et se limitent souvent à une amélioration de la force et de la posture, sans changement mesurable du poids ou de la masse grasse. À l'inverse, multiplier les séances sans agir sur l'intensité ou l'alimentation change peu la donne, la dépense calorique de l'activité restant modérée quel que soit le nombre de séances.
Attentes réalistes : ce que le Pilates peut, et ne peut pas, faire

Une étude pilote menée chez des femmes ménopausées illustre bien cette nuance : après plusieurs mois de Pilates régulier, les chercheurs ont observé des améliorations nettes de la force musculaire et du contrôle postural, sans changement statistiquement significatif de la masse grasse totale [8]. Ce type de résultat, retrouvé dans plusieurs études citées plus haut, dessine un profil de bénéfices cohérent : le Pilates est associé de façon assez constante à un gain de force et de contrôle moteur, tandis que son effet sur la perte de graisse pure reste plus modeste et plus variable d'une étude à l'autre.
Pour un objectif de perte de poids, il est donc raisonnable de considérer le Pilates comme un outil de renforcement musculaire et de stabilisation de la silhouette, à intégrer dans une approche plus large associant alimentation équilibrée et activité cardio-respiratoire, plutôt que comme un levier principal de dépense calorique. Ces informations décrivent les données disponibles à ce jour ; elles ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé ou d'un coach diplômé pour construire un programme adapté à votre condition physique.
Questions fréquentes
Le Pilates fait-il maigrir plus vite que la course à pied ?
Non : une séance de Pilates dépense en moyenne 3 à 4 kcal par minute [1], nettement moins qu'une séance de course à pied à allure modérée.
Combien de séances de Pilates par semaine pour viser une perte de poids ?
Les études ayant observé des changements de composition corporelle utilisaient généralement deux à cinq séances hebdomadaires sur plusieurs semaines [2]. En dessous de ce rythme, les effets se limitent le plus souvent à la force et à la posture, sans perte de poids mesurable.
Le Pilates sur Reformer fait-il perdre plus de poids que le Pilates au sol ?
La dépense énergétique est un peu plus élevée sur Reformer (environ 2,6 kcal/min contre 1,9 kcal/min au tapis) [5], mais l'écart reste modéré. Un essai chez des femmes en surpoids a toutefois observé de meilleurs résultats sur la composition corporelle avec le Reformer qu'avec un groupe témoin sans programme structuré [6].
Peut-on perdre du ventre uniquement avec le Pilates ?
Le Pilates renforce efficacement les muscles profonds de la sangle abdominale, ce qui peut améliorer le tonus et l'aspect de la zone ventrale. La perte de graisse localisée en tant que telle n'est en revanche pas démontrée par la recherche scientifique disponible, quelle que soit l'activité pratiquée.
Le Pilates est-il inutile si l'objectif est uniquement de perdre du poids ?
Non, mais son apport principal reste le renforcement musculaire plutôt que la dépense calorique : associez-le à une activité plus intense et à une alimentation adaptée pour un objectif de poids.
Références scientifiques
- Vitor GBB, de Oliveira LC, Pessôa RAG, Aguiar AF, de Oliveira RG. « Metabolic intensity and energy cost of Pilates exercises: an exploratory systematic review and meta-analysis of limited and heterogeneous evidence ». Systematic Reviews, 2026;15:42. PMC
- Wang Y, Chen Z, Wu Z, Ye X, Xu X. « Pilates for Overweight or Obesity: A Meta-Analysis ». Frontiers in Physiology, 2021;12:643455. PMC
- Aladro-Gonzalvo AR, Machado-Díaz M, Moncada-Jiménez J, Hernández-Elizondo J, Araya-Vargas G. « The effect of Pilates exercises on body composition: A systematic review ». Journal of Bodywork and Movement Therapies, 2012;16(1):109-114. PubMed
- Rayes ABR, et al. « The effects of Pilates vs. aerobic training on cardiorespiratory fitness, isokinetic muscular strength, body composition, and functional tasks outcomes for individuals who are overweight/obese: a clinical trial ». PeerJ, 2019;7:e6022. PubMed
- Andrade LS, Almeida IS, Mochizuki L, Sousa CV, Falk Neto JH, Kennedy MD, Durigan JLQ, Mota YL. « What is the exercise intensity of Pilates? An analysis of the energy expenditure, blood lactate, and intensity of apparatus and mat Pilates sessions ». Journal of Bodywork and Movement Therapies, 2021;26:36-42. PubMed
- Gökalp Ö, Kirmizigil B. « Effects of reformer pilates on body composition, strength, and psychosomatic factors in overweight and obese women: A randomized controlled trial ». Scientific Reports, 2025;15:23602. doi.org/10.1038/s41598-025-09683-8
- Bull FC, Al-Ansari SS, Biddle S, et al. « World Health Organization 2020 guidelines on physical activity and sedentary behaviour ». British Journal of Sports Medicine, 2020;54(24):1451-1462. PubMed
- Bergamin M, Gobbo S, Bullo V, Zanotto T, Vendramin B, Duregon F, Cugusi L, Camozzi V, Zaccaria M, Neunhaeuserer D, Ermolao A. « Effects of a Pilates exercise program on muscle strength, postural control and body composition: results from a pilot study in a group of post-menopausal women ». Age (Dordrecht), 2015;37(6):118. PMC






































