Lait d'ânesse : propriétés, bienfaits peau et composition

Lait d'ânesse : propriétés, bienfaits peau et composition

Longtemps associé aux soins de beauté de l'Antiquité, le lait d’ânesse revient aujourd'hui en force, en particulier dans les cosmétiques ou bien encore dans le lait en poudre infantile. Tour d'horizon de sa composition et de ses usages, à la lumière de ce que montrent réellement les analyses réalisées et les dernières études.

On prête au lait d'ânesse une réputation flatteuse depuis des siècles. La légende veut que Cléopâtre y ait pris ses bains, et Poppée, épouse de Néron, aurait entretenu la même habitude. Au-delà de l'anecdote, ce lait intrigue par une particularité bien réelle : sa composition est, parmi les laits animaux, l'une des plus proches du lait maternel humain[1]. Cette proximité explique l'intérêt qu'il suscite à la fois en cosmétique et en nutrition. Voyons ce que l'on sait, et ce qui relève encore de l'hypothèse.

Bon à savoir

Le lait d'ânesse est un aliment et un ingrédient cosmétique, pas un médicament. Cet article a une vocation informative : il ne décrit ni traitement, ni prévention, ni guérison d'une quelconque maladie. Pour toute question de santé, allergie, pathologie, alimentation d'un nourrisson, l'avis d'un professionnel de santé reste la seule référence.

Un lait d'exception : un peu d'histoire

Le lait d'ânesse n'est pas une nouveauté. Hippocrate, déjà, en mentionnait l'usage. Pendant des siècles, il a servi à nourrir des nourrissons qui ne supportaient pas le lait de vache, faute d'alternative. Puis il est tombé en désuétude avec l'essor des laits infantiles industriels, avant de réapparaître plus récemment, porté par deux mouvements : l'intérêt pour les cosmétiques d'origine naturelle d'un côté, et la recherche de laits mieux tolérés de l'autre.

Sa rareté tient à un fait simple : une ânesse produit peu de lait, et seulement en présence de son ânon. Les volumes restent donc modestes et le prix élevé. C'est aussi ce qui en fait un ingrédient de niche, valorisé pour son origine plutôt que pour des rendements industriels.

Que contient le lait d'ânesse ?

L'intérêt nutritionnel du lait d'ânesse repose sur un profil assez singulier, documenté par plusieurs travaux d'analyse[1]. Les 4 points ci dessous méritent une attention particulière.

Des protéines proches de celles du lait maternel

La teneur en protéines totales du lait d'ânesse est faible, de l'ordre de 1,5 à 1,8 g pour 100 grammes, soit bien moins que le lait de vache et nettement plus proche du lait maternel[1]. Surtout, sa répartition est particulière : il est pauvre en caséines et riche en protéines solubles du lactosérum (55 à 65 % des protéines), un profil qui rappelle là encore le lait humain[3]. Parmi ces protéines, on trouve l'alpha-lactalbumine et la bêta-lactoglobuline.

Du lactose, peu de matières grasses

Le lait d'ânesse est plutôt riche en lactose (environ 6 à 7 g pour 100 g), à un niveau comparable au lait maternel. En revanche, sa teneur en matières grasses est basse, avec une part notable d'acides gras insaturés[1]. Ce profil « peu gras » explique en partie l'image de légèreté qui lui est associée.

Vitamines et minéraux

Les analyses relèvent une teneur en vitamine C plus élevée que dans le lait de vache, ainsi que la présence de vitamine D et de vitamines du groupe B[2]. Côté minéraux, on y mesure du calcium, du magnésium, du phosphore, du fer et du zinc[1]. Les quantités restent toutefois celles d'un lait, et non d'un complément concentré : il s'agit d'un aliment, à replacer dans le cadre d'une alimentation variée.

Lysozyme et lactoferrine

Le lait d'ânesse se distingue par une teneur élevée en lysozyme et en lactoferrine, deux protéines aux propriétés antimicrobiennes étudiées en laboratoire[1]. Ces molécules contribuent notamment à la bonne conservation naturelle du lait. Il faut rester prudent sur leur portée : décrire une activité mesurée in vitro n'autorise pas à en déduire un bénéfice de santé pour la personne qui le consomme.

Comparaison indicative des compositions

Critère (pour 100 g)

Lait d'ânesse

Lait de vache

Lait maternel

Protéines totales

~1,5–1,8 g

~3,2–3,5 g

~0,9–1,2 g

Part de protéines solubles (lactosérum)

élevée (55–65 %)

faible (~20 %)

élevée (~60 %)

Caséines

faibles

élevées

faibles

Lactose

~6–7 g

~4,7 g

~6,5–7 g

Matières grasses

faibles (~0,3–1,8 g)

~3,5–4 g

~3,5–4 g

Vitamine C

plus élevée que la vache

plus faible

élevée

Valeurs indicatives, variables selon les sources, la race, l'alimentation de l'animal et le stade de lactation.

Lait d'ânesse et peau : les usages cosmétiques

C'est sans doute par la cosmétique que le lait d'ânesse est le plus connu aujourd'hui. Savons, crèmes, laits corporels : on le retrouve dans de nombreuses formulations, où il est apprécié pour son action hydratante et adoucissante. L'hydratation et le confort cutané relèvent du registre cosmétique habituel : il s'agit d'entretenir la peau, pas de la soigner.

Sur le plan de la recherche, les données existent mais restent à un stade préliminaire. Une petite étude a comparé une crème contenant du lait d'ânesse (encapsulé dans des nanoliposomes) à un placebo chez quinze volontaires : les chercheurs y ont observé des propriétés hydratantes satisfaisantes, maintenues sur la durée d'application[5]. D'autres travaux, conduits in vitro ou sur modèles expérimentaux, explorent l'effet de composants du lait d'ânesse sur la barrière cutanée et la pigmentation après exposition aux UVB[4].

Le lait contient par ailleurs des composés aux propriétés antioxydantes mesurées en laboratoire, sans qu'un bénéfice santé puisse, en l'état, en être déduit pour la peau de l'utilisateur[4]. On lui associe souvent une image de soin « anti-âge » : sur ce point précis, les preuves disponibles sont encore minces (essais de petite taille, travaux expérimentaux) et invitent à la mesure. Autrement dit, le lait d'ânesse est un actif cosmétique intéressant et bien toléré, traditionnellement choisi pour les peaux sensibles ou réactives, mais il ne fait pas de miracle.

Le point honnête

En cosmétique, la mention d'une action hydratante ou adoucissante est légitime. En revanche, aucun cosmétique ne « répare » une maladie de peau. Si vous souffrez d'une affection cutanée, c'est un professionnel de santé qui doit vous orienter — un soin au lait d'ânesse peut accompagner une routine, jamais s'y substituer.

Lait d'ânesse dans l'alimentation : ce que dit la recherche

Côté assiette, l'attention s'est portée sur la faible allergénicité du lait d'ânesse, conséquence directe de sa pauvreté en caséines. Plusieurs essais cliniques l'ont étudié comme substitut chez l'enfant allergique aux protéines de lait de vache : il est toléré par environ 85 % de ces enfants, une proportion supérieure à d'autres options[3].

Ce constat appelle une lecture prudente. Il décrit un résultat de recherche, à un niveau de preuve donné ; il ne fait pas du lait d'ânesse un « traitement » de l'allergie. Son usage chez le nourrisson relève d'une décision médicale : son profil nutritionnel doit notamment être complété (en particulier sur le plan des lipides et de l'énergie) pour couvrir les besoins du tout-petit[3]. On ne remplace jamais de sa propre initiative un lait infantile prescrit.

Chez l'adulte, le lait d'ânesse est surtout consommé comme un aliment de curiosité ou de plaisir, frais ou en poudre. Sa richesse en lactose le rend en revanche peu adapté aux personnes intolérantes au lactose, contrairement à une idée parfois répandue.

Sous quelles formes le trouve-t-on ?

  • Lait frais ou pasteurisé : rare, périssable, vendu surtout par des élevages spécialisés.

  • Lait lyophilisé (en poudre) : plus stable et plus facile à conserver, à reconstituer ou à intégrer à des préparations.

  • Cosmétiques : savons surgras, crèmes, laits corporels et soins visage, où il figure parmi les actifs principaux.

  • Compléments : on le rencontre parfois sous forme de poudre conditionnée ; comme pour tout aliment, l'intérêt dépend de la qualité et de l'usage, sans attendre d'effet thérapeutique.

Précautions et bon usage

Pour profiter pleinement des vertus du lait d'ânesse, il est indispensable de se tourner vers des entreprises spécialisées et idéalement des produits fabriqués en France à partir d'un lait d'ânesse frais et certifié biologique. Parmi les entreprises spécialisées dans le domaine de la cosmétique, Au Pays des Ânes est un spécialiste du lait d'ânesse, proposant une gamme complète de cosmétiques (savons, crèmes, laits corporels, shampoings) formulés avec au minimum 10 % de lait d'ânesse frais, et certifié EcoCert.
Au delà des promesses marketing, prenez soin de regarder la composition, l'origine et les certification du produits recherchés. Il en est de même si vous recherchez des produits à base de lait d'ânesse à consommer sous la forme alimentaire.

À garder en tête

Le lait d'ânesse ne soigne, ne prévient ni ne guérit aucune maladie et ne « protège » aucun organe. C'est un aliment et un ingrédient cosmétique, à intégrer dans une alimentation et une routine de soin variées.

Riche en lactose, il ne convient pas aux personnes intolérantes au lactose. L'alimentation d'un nourrisson, en particulier en cas d'allergie aux protéines de lait de vache, relève exclusivement d'un suivi médical. En cosmétique, en cas de peau lésée ou d'affection cutanée, demandez l'avis d'un dermatologue.

Comme pour tout produit laitier, privilégiez des produits dont l'origine et les conditions d'hygiène sont maîtrisées. Le dispositif de nutrivigilance de l'ANSES permet par ailleurs de signaler tout effet indésirable lié à un complément alimentaire.

En résumé

Le lait d'ânesse doit sa réputation à une composition réellement singulière : peu de caséine, beaucoup de protéines solubles, peu de matières grasses, une bonne dose de lactose et une teneur en vitamine C supérieure à celle du lait de vache. Cette proximité avec le lait maternel explique l'intérêt de la recherche, notamment autour de sa faible allergénicité. En cosmétique, c'est un actif hydratant apprécié, bien toléré, mais dont les bénéfices « anti-âge » restent à confirmer. Un produit de qualité, à apprécier pour ce qu'il est, sans en faire un remède.

Questions fréquentes

Le lait d'ânesse convient-il aux personnes intolérantes au lactose ?

Non. Il est au contraire plutôt riche en lactose (environ 6 à 7 g pour 100 g), à un niveau proche du lait maternel. Les personnes intolérantes au lactose ne le tolèrent donc pas mieux que le lait de vache.

Pourquoi dit-on qu'il ressemble au lait maternel ?

Parce que plusieurs paramètres se rapprochent : une faible teneur en protéines totales, une forte proportion de protéines solubles du lactosérum, peu de caséines et un taux de lactose élevé[1]. Cela ne signifie pas qu'il soit équivalent : il ne remplace pas un lait maternel ou un lait infantile.

Peut-on l'utiliser pour un bébé allergique au lait de vache ?

Des essais cliniques l'ont étudié dans cette situation, avec une bonne tolérance chez environ 85 % des enfants concernés[3]. Cela reste néanmoins une décision strictement médicale : le lait doit être adapté sur le plan nutritionnel et l'enfant suivi. Ne remplacez jamais de vous-même un lait prescrit.

Le lait d'ânesse est-il efficace contre les rides ?

En cosmétique, il est surtout reconnu pour son action hydratante et adoucissante. Quant à un effet « anti-âge » à proprement parler, les données disponibles sont encore préliminaires[4][5] : mieux vaut le considérer comme un actif de confort que comme une solution anti-rides démontrée.

Où trouver du lait d'ânesse de qualité ?

Auprès d'élevages spécialisés et de marques qui précisent l'origine du lait et leurs conditions de production. Le lait lyophilisé offre une conservation plus pratique que le lait frais, naturellement périssable.

Références

1. Nutritional Composition and Biological Activities of Donkey Milk: A Narrative Review. PMC. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12249444/

2. Vitamins in Human and Donkey Milk: Functional and Nutritional Role. PMC. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8145040/

3. Use of Donkey Milk in Children with Cow's Milk Protein Allergy (Foods, 2013). PMC. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5302262/

4. Effects of donkey milk on UVB-induced skin barrier damage and melanin pigmentation: a network pharmacology and experimental validation study. PMC. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10033878/

5. Milk Proteins — Their Biological Activities and Use in Cosmetics and Dermatology. PMC. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8197926/

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